Biographie et informations
Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Berlin , 1883
Mort(e) : 1956
Biographie :
C'est le premier en date des grands romanciers juifs américains. Le premier, surtout, à rompre avec l'optimisme progressiste d'un peuple qui se voulait avant tout « tourné vers l'avant ». L'avenir intéressait pourtant Lewisohn, mais il le voyait en noir : un noir sans mélange. On ne le lui a pas encore tout à fait pardonné. Né à Berlin peu avant le tournant du siècle, il a sept ans quand ses parents s'installent en Amérique (dans le sud), et il décide de faire tout pour devenir un bon Américain sans histoires (il ira pour cela jusqu'à abandonner la religion de ses ancêtres et rejoindra l'Église méthodiste !). Mais il ne tarde pas à s'apercevoir — la Grande guerre aidant — que la société entend lui faire jouer un autre rôle, tristement traditionnel : celui du sale Boche (juif au surplus), au nez duquel les gens bien se feront un plaisir de claquer leur porte. Une façon comme une autre de se former à ce que tous les parents du monde appellent « la dure réalité de l'existence ». Il est têtu, et parvient à s'imposer par son talent. Dans le journalisme d'abord ; puis, très vite, dans la littérature. Il enseigne, traduit les poètes allemands et français, fait publier des nouvelles, deux romans, des essais. En 1926, il met la dernière main à un roman qui lui tient particulièrement à coeur — The Case of Mr Crump — …et se voit jeter à la figure son manuscrit dans toutes les maisons où il s'est risqué à le présenter. Certains éditeurs n'hésitent pas à le traiter de tous les noms : pervers, sournois, calomniateur de la vertueuse Amérique, démolisseur des valeurs du mariage, pornographe… Bref, il lui arrive exactement ce qui arrivera à Nabokov en 1958 avec Lolita — et pour les mêmes raisons (empressons-nous pourtant de dire tout de suite que Le Destin de Mr Crump, même s'il est l'oeuvre d'un esprit « libre », n'a aucun caractère scandaleux). Et il réagit au refus et à l'insulte comme fera plus tard Nabokov : en se tournant vers la vieille Europe, où son livre paraîtra d'abord en français, en 1931 (chez Plon), à tirage limité. Mais quelques bons esprits le remarquent, et parmi eux Thomas Mann — qui consacrera une préface enthousiaste à l'édition allemande du livre (préface que reprend la présente édition). Freud le lit, salue le « chef-d'oeuvre incomparable ». Sinclair Lewis, Theodore Dreiser plus tard crieront à leur tour au génie. Antonin Artaud traduit un autre roman de Lewisohn (Crime passionnel). Bref, il se murmure un peu partout qu'on a affaire à un nouveau Flau
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Source : Phébus
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