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Par nadejda, le 19/10/2011
Apophtegmes de
Maria Zambrano
Vivre c'est épuiser les passions, jusqu'à les conduire à la liberté de leur mort.
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Par nadejda, le 19/10/2011
Apophtegmes de
Maria Zambrano
Quelques poètes lucides (...) ont su que la nostalgie qui les dévore non seulement se rapportait à l'enfance, mais à un temps antérieur à tout temps déterminable. Et ils savent que leur passion de la parole a pour but de lui rendre son innocence perdue grâce à laquelle la leur serait retrouvée ; en vérité atteinte.
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Par nadejda, le 24/10/2011
L'homme et le divin de
Maria Zambrano
Prologue de Maria Zambrano à la seconde édition (1973)
Ecrire dans la solitude, sans but, sans projet, parce que, parce que c'est comme ça, peut sembler être un acte transcendantal que nous ne pouvons appeler sacré que parce qu'il s'agit d'un acte très humain. Mais il y a quelque chose du rite, de la conjuration et, plus encore, de l'offrande, de l'acceptation : celle de l'inéluctable présent du temps, celle de passer dans le temps, d'aller à sa rencontre, comme il le fait, lui, qui ne nous abandonne pas. Et, finalement, comme le temps est mouvement, il met en mouvement l'être humain ; être en mouvement, c'est faire, faire vraiment quelque chose, tout simplement. Faire la vérité, même si c'est en écrivant.
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Par nadejda, le 27/10/2011
L'homme et le divin de
Maria Zambrano
Dionysos, en pénétrant l'âme humaine, la sort d'elle-même, la fait danser dans une métamorphose libératrice ; il lui donne, en somme, le don de l'expression, de l'ivresse -- furie et oubli -- pour qu'elle ose s'exprimer. Telle est la vertu curative de Dionysos et l'origine sacrée de la médecine la plus humaine, de celle qui aujourd'hui tombe sous l'empire de la psychiatrie, comme à d'autres époques sous celui de la magie et de l'exorcisme religieux ; la guérison radicale de toutes les perturbations qui affectent un être humain à cause de ce qu'on appelle aujourd'hui ses "inhibitions" et, en d'autres temps, la possession démoniaque. p 72
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Par nadejda, le 19/10/2011
Apophtegmes de
Maria Zambrano
Si l'amour, non seulement pour s'exprimer mais aussi pour exister, a besoin de liberté, l'adoration, elle, repose seulement sur l'esclavage.
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Par nadejda, le 25/10/2011
L'homme et le divin de
Maria Zambrano
L'apparition des dieux homériques produit, plus que celle d'aucun autre dieu, un impression de légèreté, en même temps que d'éternité, propre à l'aurore. Et comme l'aube, ils sont annonciation et réalité. Apparition d'une lumière pleine de promesses qui survient après une longue attente angoissée et qui semble apporter avec elle un royaume impérissable. Les instants qui précèdent le lever du soleil révèlent mieux la lumière, de leur faible clarté, que l'apparition de l'astre roi qui trouve déjà l'atmosphère préparée, l'obscurité vaincue. C'est la subtile, la légère clarté de l'aube, sa timide lumière, encore vacillante, qui triomphe des ombres dans une lutte sans aucune violence, où la simple apparition de la lumière en sa vibration la plus ténue suffit à rejeter les ténèbres dans le passé, en les faisant non seulement disparaître mais oublier ; leur souvenir viendra plus tard, avec l'agonie de la dense lumière solaire. (Des dieux grecs) p 58
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Par nadejda, le 19/10/2011
Apophtegmes de
Maria Zambrano
Danse et extase sont des états de l'âme où coïncident le plein mouvement et la pleine quiétude. L'âme recueillie en elle-même est dans beaucoup de lieux à la fois, elle voyage, transite, connaît.
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Par nadejda, le 19/10/2011
Apophtegmes de
Maria Zambrano
Un secret est toujours un secret d'amour.
La poésie demeure dans le sacré et pour cela requiert, exige, un état de sacrifice permanent.
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Par nadejda, le 25/10/2011
L'homme et le divin de
Maria Zambrano
Incorporelle, la clarté du matin danse. Comment ne pas voir dans la clarté du matin, dans sa danse parfaite qui est métamorphose, une pluralité de formes qui, tissées et détissées, ne prennent pas corps, se transforment inlassablement ? Elles naissent et se défont ; elles s'enlacent et se retirent ; elles se cachent pour réapparaître, comme le fait l'homme quand il est enfant et qu'il joue, ou quand il joue à ces jeux où s'éternise l'enfance : la musique, la poésie. p 60