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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Nous devons apprendre à retrouver notre place au coeur de la nature, nous qui avons trop longtemps cru en occuper le centre. Et si nous éprouvons le désir de nous distinguer de l'animalité et revendiquons une souveraineté quelconque, que ce soit en ne limitant pas nos efforts à la seule protection de la vie humaine mais en l'étendant à l'ensemble du vivant. Tous ensemble, exerçons enfin sur cette Terre, non pas une domination aveugle, mais une vigilance globale.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Nous avons pu filmer des ours blancs, ces plus grands carnassiers terrestres, errant à bout de souffle sur la glace de l'inlandsis. L'été trop long avait usé leurs ultimes forces, et ils attendaient que le froid revienne pour que la mer se forme en banquise et qu'ils puissent enfin remonter vers le nord à la recherche de nourriture sous la température qui leur convient, -30 degrés. Faim oblige, nous les avons vu perdre leurs dernières forces en se risquant sur une banquise encore fragile qui craquait sous leurs pas et les obligeait à une progression difficile, entre nage et marche, où ils achevaient de s'épuiser. Malgré les efforts des femelles pour protéger leur progéniture, les mâles n'ont d'autre issue que de dévorer les petits des autres pour survivre. Ainsi, en quelques années, ces seigneurs de la glace ont perdu des repères vieux de 300 000 ans.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
La leçon est dure à admettre pour notre amour-propre; elle n'en est pas moins implacable: les phénomènes sont beaucoup plus liés les uns aux autres que nous le croyons. Chaque fois que l'homme modifie un système naturel, il déstabilise des équilibres ancestraux et, croyant contribuer au confort de ses contemporains, il joue pour les générations futures le rôle d'un dangereux apprenti sorcier.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Les marées noires représentent moins de 3% des pollutions par hydrocarbures, lesquelles viennent pour 75% des terres, via les fleuves ! Autre remarque: si surprenant que cela puisse paraître, le pétrole n'est pas, et de beaucoup, le polluant le plus dangereux. Les bactéries qui peuplent les océans en raffolent et le boulottent à qui mieux mieux.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Vivre au sein du monde sauvage, dormir sous la tente n'importe où, ça crée une vision des choses; une perception plus juste des risques encourus, de la fragilité humaine, mais aussi une force en soi qu'aucun enjeu social ne pourra ébranler durablement. Cette intensité folle que j'ai vécue pendant quelques minutes dans l'Okavango, à quelques centimètres d'un lion, je ne l'oublierai jamais. Pas plus que je n'oublierai le froid ou la chaleur terribles que j'ai endurés dans d'autres lieux, la saleté, la poussière, le manque de sommeil. D'où la colère qui parfois s'empare de moi.
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Par iarsenea, le 08/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
La destruction des forêts prend de telles proportions que, chaque année, une surface équivalente à celle de la Californie est rayée de la carte. La biomasse des océans, c'est-à-dire la quantité de matière vivante, a été divisée par dix en un siècle, tandis que les moyens technologiques de pêche ont été multipliés par autant, agggravant ainsi le mécanisme de surexploitation des bandes côtières. Quant à l'agriculture, sous la pression de la déforestation et des méthodes intensives de production, elle transforme un hectare en désert à toutes les quatre secondes.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Produire toujours plus, quitte à appauvrir la terre, à polluer les nappes, à répandre dans l'atmosphère des matières toxiques, ce n'est pas le métier que les paysans ont choisi.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Pour une seule calorie alimentaire qui aboutira dans notre assiette, dix calories industrielles ont été consommées. Trois pour les engrais et l'amortissement du matériel agricole, liées directement à la production; mais aussi sept calories industrielles pour le transport, la conservation, l'emballage la promotion du produit, et autres tâches annexes. L'absurde est bel et bien à nos portes.
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Par iarsenea, le 11/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
Nous savions que des traces de pesticides se trouvaient dans le lait maternel. Mais peu d'entre nous avaient pris connaissance de ces rapports et études qui parviennent aux mêmes conclusions: «Résidus de parfum ou d'huile solaire, de dioxine ou de pesticides; le lait maternel est une véritable bombe à retardement. Plus de 350 substances toxiques y ont été recensées.»
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Par iarsenea, le 10/01/2010
Le Syndrome du Titanic de
Nicolas Hulot
L'équation du progrès raisonnable pourrait tenir en une formule: en toute chose, savoir opérer la distinction entre fatalité et fatalisme. D'une part un ensemble de nécessités existe: nous devons nous nourrir, nous déplacer, nous chauffer, nous éclairer, etc. Appelons cet ensemble fatalité. En son nom, il faut payer un tribut à la nature puisque, du moins dans l'état actuel des choses, nous n'avons pas trouvé d'autres solutions.
Mais à côté de cette fatalité existe le fatalisme. Il consiste à ne pas chercher d'alternatives pour économiser, gérer mieux, faire moins de dégâts et entraîner moins de gâchis. Cette attitude foncièrement conservatrice peut se résumer en deux ou trois formules simples. Par exemple: nous avons toujours fait ainsi, inutile de chercher à faire autrement. Ou bien: travailler sur d'autres solutions serait trop coûteux.
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