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Par urbanbike, le 01/03/2008
Les brouillards de la Butte de
Patrick Pécherot
Attelé à une charrette de livraison, un gaye mâchouillait son mors en attendant son cocher parti lever le coude. Au gré des fils électriques, des trams traversaient les avenues. Un receveur est descendu remettre la perche sur les câbles d'où elle avait sauté. Une moto au side-car plein de journaux nous a croisé en pétaradant. Au guidon, un gars à blouson de cuir et lunettes de soudeur avait l'air de vouloir tout bouffer sur sa route.
— On va rentrer, dit Lebœuf, le sac plus gonflé que celui du Père Noël.
— On a pas gagné un petit café ?
— Si. Au coin, on fait la pause.
La Civette levait son rideau de fer. Le patron tenait encore la manivelle à la main quand on a franchi le seuil. L'intérieur sentait la salle que l'on chauffe et le jus qui passe. Trois cantonniers qui nous avaient précédés se tapaient un calva. Lebœuf a commandé deux crèmes. J'ai épluché un œuf dur à la coquille rougie par l'oignon de la cuisson. Le taulier a servi nos cafés brûlants et le miroir du bar s'est couvert de buée. Chacune des bouchées, chaque gorgée bue me procuraient une sensation de plénitude. Lebœuf avalait son jus avec l'air de s'en foutre, mais je n'étais pas dupe. Je lui ai tapé sur l'épaule. Il n'a pas moufté. Je voyais qu'il m'observait dans la glace du comptoir. Sa canadienne raidie par le froid faisait comme une carapace. Il a posé sa tasse dans la soucoupe et il a dit :
— Va falloir y aller, môme.
Je savais qu'il était heureux.
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Par urbanbike, le 04/01/2009
Boulevard des Branques de
Patrick Pécherot
Le restau s'était rempli. Ça faisait de la vie ordinaire, toute bourdonnante de conversations, du cliquetis des couverts et du bruit des mandibules. Avec de la chaleur qui montait des plats et des corps emmitouflés. Au fil du repas, on avait dénoué les écharpes de laine et tombé les manteaux. Pour oublier son assiette morose, on se racontait les bœufs gros sel et les civets d'avant. Des boustifailles à desserrer sa ceinture. C'était du gigot qui fondait sus la langue, de l'entrecôte marchand de vin. Des sauces et des petits oignons. On se calait l'estomac aux souvenirs. Et on passait l'eau avec l'air de ne pas remarquer les places vides. Celles des habitués qu'étaient pas revenus d'exode.
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Par crapette, le 28/04/2011
Les brouillards de la Butte de
Patrick Pécherot
Je m'apprêtais à jeter leur prose dans le caniveau quand je suis tombé sur le titre : la Révolution surréaliste. Ca sonnait bien. Comme un coup de pistolet. Sans compter que la révolution, moi j'étais plutôt pour. J'ai empoché la brochure.
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Par yv1, le 16/05/2011
L'homme à la carabine de
Patrick Pécherot
Prenez le tram à l'Opéra, passé la porte des Lilas, il vous mènera jusqu'à Romainville. Après les fortifications, vous longerez les carrières de gypse. Les cratères et le blanc crayeux comme une Voie lactée évoquent un décor de Méliès mais vous n'êtes pas sur la Lune, vous arrivez place Carnot. Descendez, à présent. Vous êtes rue de Bagnolet. Suivez-la. C'est une rue tranquille, avec ses maisonnettes et de petits immeubles. Le n°16 jouxte les établissements Renaud, meubles neufs et d'occasion. On y voit un pavillon à étages, d'assez belle allure. Poussez la grille, entrez dans le jardin. Il ressemble à ceux qu'on dit de curé mais vous n'y rencontrerez nul ecclésiastique. Quoique strictement végétariens, ceux qui vivent ici en font leur ordinaire. (p.41)
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Par vonnette, le 14/09/2011
Les brouillards de la Butte de
Patrick Pécherot
J'ai remonté mon col. Mes fringues s'imprégnaient d'une humidité salée. Un rafiot a lancé un coup de sirène. Embarquer...On s'est plantés face à la mer et on a craché le plus loin possible. Le vent du Nord nous a tout ramené en pleine figure. On est restés interdits, comme deux crétins de marins d'eau douce.
Et on a rigolé dans le soleil qui se levait.
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Par yv1, le 16/05/2011
L'homme à la carabine de
Patrick Pécherot
- Ils ont retrouvé la bagnole. Tout de même, on avait encore jamais vu ça. Le hold-up en auto, c'est de l'inédit. Je sais même pas si en Amérique ils y ont pensé. Pourtant, ils en ont des gangsters en Amérique. Et des autos aussi. Eh bien, le premier hold-up à moteur, il a eu lieu chez nous. A Paris. Rue Ordener. C'est historique... (p.82)
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Par HerveSard, le 02/02/2011
Terminus nuit de
Patrick Pécherot
- C'est là que je jouais quand j'étais petit...
- T'as été petit, toi ?