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Par boudicca, le 05/02/2012
Les Enchantements d'Ambremer de
Pierre Pevel
A présent imaginez... Imaginez des nuées d'oiseaux multicolores nichés parmi les gargouilles de Notre-Dame; imaginez que, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée; imaginez des sirènes dans la Seine ; imaginez une ondine pour chaque fontaine, une dryade pour chaque square; imaginez des saules rieurs qui s'esclaffent ; imaginez des chats ailés, un rien pédants, discutant philosophie ; imaginez le bois de Vincennes peuplé de farfadets cachés sous les dolmens (...) Imaginez tout cela, et vous commencerez à vous faire une petite idée du Paris des Merveilles...
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Par Melisende, le 11/09/2010
Les Lames du Cardinal, tome 3 : Le Dragon des Arcanes de
Pierre Pevel
C'est la nuit. Des foules paniquées courent dans des rues qu'éclairent des incendies dont les crépitations assourdissent. Le feu tombe du ciel en cataractes éphémères et puissantes. Il est craché par un grand dragon noir. Des jets brûlants frappent les toitures ; des colonnes éblouissantes soulèvent des explosions de tuiles ; des pluies ardentes tombent en particules incandescentes. Tous les tocsins battent à la volée. Les habitants terrifiés veulent fuir. On hurle, on se bouscule, on se bat et se piétine. La peur et la panique tuent autant que la fournaise et les effondrements. Quelques soldats tirent vers le ciel des coups de mousquet dérisoires. Des torches humaines se débattent. Les brasiers dévorent des quartiers entiers, et leurs flammes immenses se reflètent dans les eaux sombres de la Seine, qui longent le Louvre incendié.
Paris brûle, livré à la colère d'un dragon dont les écailles d'onyx luisent de rouge et d'or. Il rugit, crache et triomphe. Un joyau façonné flamboie à son front. Son feu frappe à droite et à gauche tandis que, tombé des hauteurs, il plane au ras des toits. Puis il s'élève en quelques battements d'ailes, laissant derrière lui un sillage de destruction. Il est immense et puissant. Sa colère est bestiale. Il reste un moment dans les cieux noirs, à contempler son oeuvre, à chercher sans doute où poursuivre ses ravages. Alors, ayant trouvé, il replonge vers les flammes et l'effroi...
Soudain, le glas de Notre-Dame sonne.
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Par Lefso, le 25/04/2011
Les Lames du Cardinal de
Pierre Pevel
Un carrosse richement décoré arrivait. Tiré par un splendide attelage, il s’arrêta sur la route poudreuse et un homme en descendit. Son pourpoint était entièrement déboutonné et sa chemise sortait à demi de ses chausses. Le chapeau dans la main droite et la gauche reposant sur le pommeau de son épée, il garda une semelle sur le marchepied pour embrasser une jolie jeune femme blonde penchée par la portière ouverte. Ce spectacle n’étonnait pas d’Orvand, qui leva cependant les yeux au ciel en voyant qu’un second baiser d’adieu était échangé avec une autre beauté, brune celle-là.
— Marciac, murmura le vicomte pour lui-même. Tu ne changeras donc jamais !
Le gentilhomme chargé de transmettre les récriminations du marquis de Brévaux retrouva ses amis tandis que le luxueux carrosse doré faisait demi-tour en direction de Paris et que Nicolas Marciac rejoignait d’Orvand. Il était bel homme, séduisant malgré le négligé de sa tenue et peut-être un peu grâce à cela, aurait eu besoin d’un coup de rasoir et souriait de toutes ses dents. Il trébuchait à peine et était l’image même du noceur ravi de sa nuit et insoucieux du lendemain.
— Mais tu as bu, Nicolas ! s’inquiéta d’Orvand en flairant son haleine.
— Non ! s’insurgea un Marciac très choqué… Enfin… à peine.
— Avant un duel ! C’est folie !
— Ne t’alarme pas. Ai-je déjà perdu un duel ?
— Non, mais…
— Tout ira bien.
Près de l’autre carrosse, le marquis de Brévaux était déjà en chemise et esquissait quelques fentes.
— Bon, finissons-en, décréta Marciac.
Il ôta son pourpoint, le jeta dans le carrosse du vicomte, dit bonjour au cocher, s’inquiéta de sa santé, fut ravi d’apprendre qu’elle était excellente, surprit le regard de d’Orvand, ajusta sa chemise dans ses chausses, dégaina son épée et alla vers Brévaux qui marchait déjà à sa rencontre.
Puis, après quelques pas, il se ravisa, tourna les talons sans se soucier d’exaspérer plus encore le marquis, et glissa à l’oreille de son ami :
— Dis-moi juste une chose…
— Oui ? soupira d’Orvand.
— Promets-moi d’abord de ne pas te fâcher.
— Soit.
— Alors voilà, j’ai deviné que je me bats contre celui qui est en chemise et me regarde d’un mauvais air. Mais pourrais-tu m’indiquer pourquoi ?
— Hein ? s’exclama le vicomte plus fort qu’il ne l’aurait voulu.
— Si je le tue, je lui dois bien de connaître le motif de notre querelle, ne crois-tu pas ?
Les mots manquèrent d’abord à d’Orvand, qui se ressaisit et annonça :
— Une dette de jeu.
— Quoi ? Je lui dois de l’argent ? À lui aussi ?
— Mais non ! Lui ! … C’est lui qui… Bon, en voilà assez. Je vais annuler cette folie. Je dirai que tu es souffrant. Ou que tu…
— Combien ?
— Hein ?
— Combien me doit-il ?
— Quinze cents livres.
— Diable ! Et moi qui allais le tuer ! …
Joyeux, Marciac s’en retourna devant le marquis qui fulminait. Il prit la pose d’une garde incertaine et lâcha :
— À votre disposition, monsieur le marquis.
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Par boudicca, le 17/01/2012
Les Enchantements d'Ambremer de
Pierre Pevel
Les contes d'autrefois, ainsi que les fabuleuses créatures qui les inspirèrent, ont une patrie. Cette patrie se nomme l'OutreMonde (…) Cet univers voisine avec le nôtre. Jadis ils étaient si proches qu'ils se frôlaient parfois (…) Tel promeneur pouvait ainsi rencontrer, au détour d'un sentier perdu, une reine attristée caressant un grand cerf blanc dont une flèche perçait le flanc; tel berger explorait une ravine et découvrait au-delà une vallée que la vengeance d'un sorcier condamnait à un hiver éternel; tel chevalier solitaire passait, en quête de gloire, le rideau étincelant d'une cascade vers des régions inconnues où l'attendait l'aventure. Combien firent semblables expériences? Combien de poètes et de ménestrels contèrent ces voyages? Assez pour être entendus, sans doute. Trop peu pour être crus. A l'époque déjà, les esprits sages niaient l'existence de l'OutreMonde et de ses prodiges. Et les mêmes, aujourd'hui, continuent doctement à vouloir peindre nos rêves en gris...
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Par Lefso, le 26/06/2011
Les Lames du Cardinal, tome 3 : Le Dragon des Arcanes de
Pierre Pevel
La créature dévala la pente de la colline en prenant au plus court, puis suivit la route aux trousses des cavaliers. Elle ne courait pas. Elle progressait par bonds en s’aidant des bras comme des jambes, son corps se ramassant au contact du sol et s’étirant en l’air à chaque impulsion vers l’avant. Sa vitesse était extraordinaire et les Lames au grand galop perdirent bientôt du terrain.
Agnès et Ballardieu fermaient la marche.
Sans ralentir l’allure, le vieux soldat fit glisser sa besace en bandoulière contre son ventre. Il y puisa une grenade dont il alluma la mèche dans le fourneau de sa pipe, avant de la laisser tomber derrière lui. Il répéta l’opération deux fois, mais les grenades rebondissaient au petit bonheur. Seule la troisième resta sur la route, pour exploser bien avant que le dragon arrive sur elle.
Ballardieu comprit alors qu’il n’arriverait à rien de la sorte.
Il comprit également qu’ils étaient perdus si lui ne faisait rien.
—CONTINUEZ !
Tirant sur les rênes, Ballardieu obligea sa monture à se cabrer et à pivoter sur ses postérieurs. Et avant qu’Agnès ait pu réagir, il repartait en sens inverse. Sans réfléchir, elle rebroussa chemin à son tour.
Ballardieu galopa à bride abattue vers le dragon qui, les yeux étincelant d’une rage sauvage, redoubla d’ardeur. Ils se rencontrèrent peu après un pont enjambant le lit d’une rivière à sec. Le vieux soldat alluma une dernière mèche. La créature bondit. Elle renversa le cavalier et sa monture. Le cheval poussa un hennissement douloureux tandis que les deux adversaires roulaient dans la poussière et disparaissaient à la vue d’Agnès en dégringolant dans le cours asséché. Le monstre fut le premier à se relever. Écumant, il chercha autour de lui et vit Ballardieu qui s’enfuyait en trébuchant maladroitement. Puis le dragon s’aperçut qu’une sangle lui serrait le cou et qu’un poids pendait entre ses omoplates.
Le sac à malices de Ballardieu explosa et décapita le dragon sous les yeux d’Agnès qui avait sauté de selle et accourait, l’épée à la main. Elle se protégea instinctivement du coude et ne put contenir une grimace de dégoût en découvrant ce qui restait de la créature écailleuse.
Puis elle se tourna vers Ballardieu qui se tenait debout mais chancelait, comme ivre, le front en sang et une épaule démise. Elle se dit alors qu’ils n’avaient pas fini d’entendre parler du jour où Ballardieu avait tué un dragon. Elle esquissa un sourire…
… qui s’effaça aussitôt.
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Par Deuzenn, le 05/04/2012
L'Alchimiste des Ombres: Les Lames du Cardinal, T2 (Fantasy) de
Pierre Pevel
Juin 1633
C'est l'heure fragile d'avant l'aube, celles des derniers calmes et des nouvelles brumes, quand le matin n'est qu'une promesse blafarde à la lisière de la nuit. Aux confins de l'Alsace et de la Lorraine, à l'entour d'un manoir solitaire, un voile de rosée recouvre déjà la campagne. Et cependant que de longs nuages déchirés paressent dans un ciel piqueté d'étoiles pâlissantes, un grand silence règne.
Depuis l'orée d'un bois, un élégant gentilhomme observe le manoir et les quelques lueurs qui le hantent. Ombre parmi les ombres sous les ramures, il se tient bien droit, les jambes légèrement écartées, un pouce passé dans la boucle du ceinturon et une main en conque sur le pommeau de l'épée. Grand, bel homme, jeune encore, il se nomme François Reynault d'Ombreuse.
Aujourd'hui, selon toute vraisemblance, il aura tué un dragon ou un dragon l'aura tué.
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Les Enchantements d'Ambremer de
Pierre Pevel
La mémoire est un ciment solide. Si solide et durable que la nostalgie survit parfois longtemps à l'amitié. Elle peut même s'y substituer et nous tromper. Combien de fois nous sommes-nous aperçus trop tard que rien ne nous attachait désormais à tel ou telle, sinon le souvenir d'une époque évanouie? Quand cette idée frappe, douloureuse, le temps paraît faire un bond et nous nous découvrons subitement face à un étranger que les hardes de sentiments défunts ont cessé de déguiser. Cela, plus que les ans, fait que l'on vieillit. L'âge est le catalogue de nos désenchantements intimes. (p.263)
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Les lames du cardinal : L'intégrale de
Pierre Pevel
"De fines lames loyales, courageuses, habiles à agir promptement dans le secret, et enfin qui tuent sans remords et meurent sans regret pour le service du roi. (p. 22)
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Par Pamw, le 14/02/2009
Les Lames du Cardinal de
Pierre Pevel
4ème de couverture:
Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne. Le Cardinal, l'une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse regarder des ennemis de la Couronne. L'espionnage, l'assassinat, la guerre, tout est bon tour parvenir à leurs fins... et même la sorcellerie, qui est l'œuvre des plus fourbes adversaires du royaume: les dragons! Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps ont en effet survécu et se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la cour d'Espagne est tombée entre leurs griffes... Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n'ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l'heure est venue de reformer l'élite secrète qu'il commandait jadis, une compagnie d'aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d'élégance, de courage et d'astuce, ne redoutant nul danger: les Lames du Cardinal!
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Par Deuzenn, le 05/04/2012
Les Lames du Cardinal de
Pierre Pevel
Haute et longue, la pièce était tapissée de livres dont les élégantes dorures luisaient dans une pénombre roussie à la flamme des bougies. Dehors, derrière les épais rideaux de velours rouge, Paris dormait sous un ciel étoilé et la grande quiétude de ses rues enténébrées parvenait jusqu'ici, où le grattement d'une plume troublait à peine le silence. Mince, maigre, pâle, la main qui tenait cette plume traçait une écriture fine et serrée, nerveuse mais dominée, sans rature ni surcharge. Souvent, la plume allait à l'encrier. Elle était guidée par un geste précis et, sitôt revenue sur le papier, elle continuait de crisser au fil d'une pensée qui n'hésitait pas. Rien, sinon, ne bougeait. Pas même le dragonnet pourpre qui, roulé en boule, le museau sous l'aile, dormait d'un sommeil paisible près du sous-main en maroquin.
On frappa à la porte.
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