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Par meyeleb, le 21/08/2011
Poésie la vie entière de
René Guy Cadou
Penche toi à l'oreille un peu basse du trèfle
Avertis les chevaux que la terre est sauvée
Dis leur que tout est bon des ciguës et des ronces
Qu'il a suffi de ton amour pour tout changer
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Hélène ou le Règne végétal de
René Guy Cadou
Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu'une oreille dans l'herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps
Je t'attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais
Tu ne remuais encore que par quelques paupières
Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou
Et pourtant c'était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m'éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d'astres qui se levaient
Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu'un vin nouveau
Quand les portes s'ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues.
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Par erellwen, le 22/12/2009
Hélène ou le Règne végétal de
René Guy Cadou
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente
Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain
Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne
Par toutes ces prairies que tu portes en toi.
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Par cathcor, le 16/02/2012
Hélène ou le Règne végétal de
René Guy Cadou
Ce sera comme unarrêt brutal du train
Au beau milieu de la campagne un jour d'été
Des jeunes filles dans le wagon crieront
Des femmes éveilleront en hâte les enfants
La carte jouée restera tournée sur le journal
Et puis le train repartira
Et le souvenir de cet arrêt s'effacera
Dans la mémoire de chacun
Mais ce soir là
Ce sera comme un arrêt brutal du train
Dans la petite chambre qui n'est pas encore située
Derrière la lampe qui est une colonne de fumée
Et peut-être aussi dans le parage de ces mains
Qui ne sont pas déshabituées de ma présence
Rien ne subsistera du voyageur
Dans le filet troué des ultimes voyages
Pas la moindre allusion
Pas le moindre bagage
Le vent de la déroute aura tout emporté.
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Par cathcor, le 03/02/2012
Hélène ou le Règne végétal de
René Guy Cadou
Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises
A Dieu de s'en servir pour des besognes bleues
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Poésie la vie entière de
René Guy Cadou
Automne
Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été
O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.
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Hélène ou le Règne végétal de
René Guy Cadou
« Ô, poésie, écarte-toi de ton miroir ! Je parle pour des jeunes gens et pour des hommes de tous âges. Je parle de ce qui m'arrive. Je parle d'un monde absous de sa colère. Et peut-être entendrez-vous cette voix volontairement monocorde, désarçonnée à bas du cheval dans l'allée, derrière cette grille à triple verrou, derrière cette grille, derrière cette âme, cette voix, ô jeunes gens et vous hommes de tous âges, peut-être entendrez-vous cette voix qui frappe, qui veut entrer, qui frappe, ô jeunes gens, qui frappe comme vous à la porte de son destin et qui chante sous les balles. »
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Par mgeffroy, le 21/03/2012
Comme un oiseau dans la tête : Poèmes choisis de
René Guy Cadou
Les chiens qui rêvent dans la nuit
Il y a toujours un poète qui leur répond par une petite luieur
Tirée comme un bas jaune sur une maigre lampe
Et l'on ne sait rien du poète
Et l'on se cache de ces chiens
Qui tirent sur leur chaîne comme s'ils remontaient
Du fond de la journée un seau lourd de ténèbres
Mais l'homme qui se tient penché sur sa jeunesse
Et la main répandue comme un trieur de grains
Reconnaît dans la voix confuse de ces bêtes
La diane doucement poignante du destin.
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Poésie la vie entière de
René Guy Cadou
Dans la calèche emballée du sommeil
Dis!vieil homme,en cette nuit nouvelle du printemps
Sur la route aux bourgeons nouveaux
Où me mènes-tu?Où conduis-tu cet enfant
Qui dort sous l'épaisse couverture de voyage
Avec son pauvre rêve à ses pieds
Et l'allure accélérée du paysage..."
p.7 de l'introduction de Michel Manoll
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Par cathcor, le 19/02/2012
Hélène ou le Règne végétal de
René Guy Cadou
Pourquoi n'allez-vous pas à Paris?
-Mais l'odeur des lys! Mais l'odeur des lys!