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Par JAsensio, le 05/07/2010
Les fous du roi de
Robert Penn Warren
La vérité est une chose terrible. On commence par y poser le bout du pied, sans rien éprouver. Quelques pas de plus, et on s’aperçoit qu’elle vous entraîne comme le ressac, vous aspire comme un remous. D’abord, la vérité vous attire à elle d’un mouvement si lent, si régulier, si mesuré, qu’on s’en rend à peine compte ; et puis le mouvement s’accélère, et puis c’est le tourbillon vertigineux, le plongeon dans la nuit. Car la vérité a ses ténèbres. On assure qu’il est terrible d’être saisi par la grâce divine.
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Par nadejda, le 20/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
p172 Une fois, il avait observé à la dérobée le visage de Simms Purdew, le seul homme au monde qu'il détestait. Il avait d'abord vu la mâchoire épaisse, veule, mal rasée, s'ouvrir et se refermer pour émettre une raillerie obscène,......, et puis, tout d'un coup, il n'avait plus vu les traits de cet être abominable. Il avait vu, en quelque sorte, le visage d'un petit garçon --- celui que Simms Purdew avait été jadis ---, un petit garçon aux cheveux d'un blond fauve, aux yeux bleus éclatants de gaieté, et dont la bouche souriait innocemment au milieu des taches de rousseur.
Durant cette brève vision, Adam avait entendu une voix dire en lui : Je ne dois pas le détester, je ne dois pas le détester sinon je mourrai.
Son coeur s'était ouvert à la joie.
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Un endroit où aller de
Robert Penn Warren
En ce qui concernait les femmes,je m'arrangeais au jour le jour. Après le divorce,je découvris que le monsieur,dans ce cas là,à moins d'être totalement démuni d'argent ou en proie à un trop grand chagrin,tend à devenir le point de mire de la curiosité et de la passion féminines.
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Par nadejda, le 19/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Si la montagne n'avait pas étincelé d'un éclat aussi blanc.
Si là-bas, au-dessous des blancs sommets, la ligne irrégulière des forêts de sapins n'avait pas paru d'un bleu aussi noir.
Si le ciel, au-dessus des miroitements neigeux du Zelzsteinberg, n'avait pas été d'un bleu tout neuf, déchirant d'innocence. Si un léger nuage, tel un flocon de crème fouettée, n'avait pas flâné très haut dans ce bleu purifié, éblouissant. Si l'univers n'avait pas été d'une beauté absolue.
Si aucune de ces choses n'avait été ce qu'elles étaient, lui, Adam Rosenzweig, aurait pu se réfugier en son moi profond, dans les paradoxes de l'Histoire et de la connaissance, dans cette sagesse qui est résignation.
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Par nadejda, le 19/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Alentour, la poussière calcaire de la route blanchissait l'herbe, le fenouil, les oeillets sauvages. Des fleurs d'un orange incandescent se détachaient avec netteté sur le vert talqué de blanc. Un papillon -- un grand porte-queue tigré de noir et d'or -- pendait à l'une des fleurs. Les pieds dans la poussière blanche, Adam regarda les ailes du papillon s'ouvrir et se fermer lentement, palpitantes dans le soleil.L'après-midi flamboyait. L'air était immobile. Et, dans cet air sans mouvement, Adam était presque sûr de sentir sur ses joues les brises minuscules, cadendées, veloutées, nées du frémissement voluptueux des ailes noir et or.
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Par nadejda, le 21/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Adam regarda vers l'ouest. Le ciel rougeoyant déversait sur la campagne une lueur tardive. Il pensa à l'herbe qui commençait à sortir de terre et qui allait recouvrir les champs ; il pensa à l'ivraie qui, elle aussi, sortait de terre. Dans cette lumière, la campagne était belle, parée de cette couleur vert pâle. Au nord, dans un petit bois, se mêlaient l'or de l'érable et la brume rouge du chêne qui met ses feuilles. Adam s'assit sur une souche, au bord du chemin abandonné, et laissa la paix lui entrer dans le coeur. Il se demanda ce qu'il éprouverait quand il serait vieux. Connaîtrait-il une paix semblable à celle-ci ? p205
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Par nadejda, le 20/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Ces hommes qui étaient couchés dans les cahutes, ils ne savaient pas ! Ils ne connaissaient pas leur valeur. La vague de pitié qui le submergeait lui fit oublier sa solitude.
Puis il pensa à Aaron Blaustein, debout dans sa somptueuse maison et qui disait : "Dieu s'est lassé d'être tenu pour responsable. Alors Il laisse l'Histoire prendre Sa place pour quelques temps."
Il pensa au vieillard riant sous les scintillements du lustre. Puis, il pensa : C'est seulement en mon coeur que je peux retrouver l'unité du monde. p177
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Par nadejda, le 20/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Mais Jeeden Hawksworth et Mose Talbutt avaient tout compris depuis le début et ils n'avaient cessé de l'observer, avec un sourire en coin. Ils avaient pénétré le sens de chacun de ses gestes, de chacun des mensonges qu'il se faisait à lui-même. Tristement, il se demanda si l'on se résigne à la vertu seulement lorsque les autres ont découvert les mobiles qui vous font agir, lorsqu'on a peur d'être accusé par les autres. Il se demanda s'il existait quelque chose qui ressemble à la vertu dans la nuit profonde de l'âme.
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Par nadejda, le 20/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Adam regarda vers les bois. Les premières ombres commençaient à descendre. La profondeur des bois augmentait de plus en plus, et des voûtes successives, évocatrices d'ombre et de fraîcheur, se faisaient de plus en plus noires jusqu'à ce point central où l'ombre se coagulait en obscurité. Tout en regardant vers ces profondeurs, Adam songea à la tranquillité. Il songea à la paix. Il songea au temps qui s'enfonçait dans une obscurité de plus en plus profonde pour entrer dans la fraîcheur de la paix
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Par nadejda, le 19/03/2011
La Grande Forêt de
Robert Penn Warren
Vous savez, il y a toujours un mobile à n'importe quel événement. C'est cela, l'Histoire, la recherche des mobiles qui ont provoqué tel ou tel événement. C'est pourquoi elle peut remplir la place vide laissée par Dieu. Dieu était le mobile suprême... Oui, c'est cela"
Il se tut et eut un bref rire ironique.
"Oui, c'est cela, reprit-il. Tout simplement, Dieu s'est lassé d'être tenu pour responsable. Alors, il laisse l'Histoire prendre sa place pour quelque temps.