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Par Jdo, le 30/01/2012
Descends, Moïse de
William Faulkner
Et, lorsqu’il lui parlait de cet ancien temps et de ces gens, morts et disparus, d’une race différente des deux seules que connaissait l’enfant, peu à peu, pour celui-ci, cet autrefois cessait d’être l’autrefois et faisait partie de son présent à lui, non seulement comme si c’était arrivé hier, mais comme si cela n’avait jamais cessé d’arriver, les hommes qui l’avaient traversé continuaient, en vérité, de marcher, de respirer dans l’air, de projeter un ombre réelle sur la terre qu’ils n’avaient pas quittée.
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Par Piling, le 16/08/2008
Première phrase du livre
Sanctuaire de
William Faulkner
incipit :
Caché derrière l'écan des broussailles qui entouraient la source, Popeye regardait l'homme boire. Un vague sentier venant de la route aboutissait à la source. Popeye avait vu l'homme, un grand sec, tête nue, en pantalon de flanelle fatigué, sa veste de tweed sur le bras, déboucher du sentier et s'agenouiller pour boire à la source.
La source jaillissait à la racine d'un hêtre et s'écoulait sur un fond de sable tout ridé par l'empreinte des remous. Tout autour s'était développée une épaisse végétation de roseaux et de ronces, de cyprès et de gommiers, à travers lesquels les rayons d'un soleil visible ne parvenaient que divisés et diffus. Quelque part, mystérieux, et pourtant tout proche, un oiseau lança trois notes, puis se tut.
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Par vincentf, le 06/02/2011
William Faulkner
Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide; je savais que, le moment venu, on n'aurait pas plus besoin de ce mot que des mots orgueil ou honte.
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Par chartel, le 21/06/2008
Pylône de
William Faulkner
Car ils n’ont pas besoin d’argent ; ce n’est pas après l’argent qu’ils courent, pas plus qu’après la gloire, parce que la gloire, ça ne peut durer seulement que jusqu’à la course suivante, c’est-à-dire pas même jusqu’au lendemain. Il n’est donc pas besoin d’argent, sauf de temps en temps quand ils prennent contact avec l’espèce humaine, par exemple, une fois en passant, pour dormir ou manger dans un hôtel, ou encore pour acheter un pantalon ou une chemise afin de ne pas attirer l’attention de la police.
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Par vincentf, le 06/02/2011
Tandis que j'agonise de
William Faulkner
Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide; je savais que, le moment venu, on n'aurait pas plus besoin de ce mot que des mots orgueil et honte.
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Par Lilly, le 14/02/2009
Tandis que j'agonise de
William Faulkner
"Des fois, je ne sais pas trop si l'on a le droit de dire qu'un homme est fou ou non. Des fois, je crois qu'il n'y a personne de complètement fou et personne de complètement sain tant que la majorité n'a pas décidé dans un sens ou dans l'autre."
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Par chartel, le 27/12/2008
Absalon, Absalon! de
William Faulkner
On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.
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Pylône de
William Faulkner
Il se redit à lui-même qu'il se sentait très bien. Mais, en vérité, l'insistance même qu'il mettait à se le répéter eût suffi à faire comprendre que tout n'allait pas pour le mieux.
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Par chartel, le 01/08/2008
Requiem pour une nonne de
William Faulkner
Et il n’y aurait plus un seul bandit de la vieille souche, de la vielle tradition sanglante des Hare, des Mason et de ces fous de Harpe ; Murrel lui-même, héritier, apothéose en un seul homme de ce trio, Murrel qui avait converti son héritage de simple rapacité, de goût du sang en un rêve sanglant d’empire de hors-la-loi, était fini, avait disparu […] mis en échec et dépouillé non par l’homme, mais par le Progrès, par une barrière impénétrable de moralité de classe moyenne qui lui refusa même la dignité de l’exécution que l’on doit au bandit, préférant le marquer au fer rouge à la main comme un pickpocket du temps d’Elisabeth – si bien qu’il ne resta plus qu’à la vieille prison, en souvenir des temps anciens, que la ressource de garder, enfermé entre ces quatre murs, l’esclave fugitif pendant la petite heure, la petite minute qui lui restait encore, cependant que le temps, la terre, la nation, le sol américain tournoyait vite, plus vite, toujours plus vite, vers l’abîme où les précipitait leur destinée.
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Le Bruit et la fureur de
William Faulkner
C'est toujours ceux qui ne sont bons à rien qui vous donnent des conseils. C'est comme ces professeurs d'Université qui ne possèdent même pas une paire de chaussettes et qui vous enseignent comment gagner un million en dix ans ; et une femme qui n'a jamais pu trouver de mari vous dira toujours comment élever vos enfants.