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Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Elle lève son crayon et quitte des yeux son carnet, écoutant l'horloge sonner l'heure dans l'escalier, tandis que la pluie cingle la maison, que le temps se déchaîne. Il a plu tous les jours depuis qu'ils sont rentrés. Le vent d'ouest mugit alentour. Elle écoute ses notes, sent ses assauts contre les murs, une présence qui perce et vrille, tels les cris des âmes sans repos. Elle entend le grattement des crayons de ses soeurs, le cliquetis des aiguilles à tricoter de la servante, un roulement sur le toit.
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Par Theoma, le 24/02/2012
Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Le nom lui vient comme ça. Elle ne croit pas l'avoir jamais entendu. A-t-elle connu quelqu'un qui le portait ? Est-il inspiré de la rivière et de la belle vallée de l'Ayre qu'elle connaît si bien? Vient-il de l'air, ou du feu, peut-être? Il y aura du feu et de la colère dans son livre, il sera en guerre contre le monde tel qu'il est. Injuste ! Injuste ! Colère visionnaire : elle est celle qui voit maintenant pour son père. Le voyeur, l'observateur, c'est elle. Jane si ordinaire, Emily Jane, le deuxième prénom de sa sœur chérie, Jane si proche de Jeanne, la courageuse Jeanne d'Arc, Jane si proche de Janet, Jeannette, la petite Jane. Un nom qui évoque le devoir et la tristesse, l'enfance et l'obéissance mais aussi le courage et la liberté, un nom d'elfe, un nom de fée, mi-esprit, mi-chair. Lumière dans la nuit, vérité au milieu de l'hypocrisie. Le nom de quelqu'un qui voit : Jane Eyre.
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Par Artemia, le 08/02/2012
Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Entre fiction et réalité, un roman dense et fort servi avec originalité par un vrai style littéraire.
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Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Elle accordera à sa Jane d'être heureuse auprès de son maître, la laissera s'épanouir dans cette passion nouvelle, sentir son existence s'exalter à Thornfiel, la grande demeure où elle a été embauchée comme gouvernante.
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Par makary, le 29/04/2012
Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Elle l’entend encore lui dire qu’ils pourraient communiquer même de loin, simplement en pensées, et s’atteindre à travers le temps et l’espace.
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Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
L'incendie consumera Thornfield et Berthe Rochester comme il aurait pu consumer leur presbytère et son frère si Emily ne n'avait sauvé. C'est Jane qui sauvera M. Rochester, tout comme Charlotte a sauvé son père, qu'elle lui a redonné vie en inversant leurs rôles.
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Par pattypp7, le 31/01/2012
Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
C'est un moment de sa vie où elle écrit heure après heure, jour après jour. Elle sait que jamais elle ne retrouvera de meilleures conditions de travail : le silence sans la solitude, la nuit perpétuelle. Ce logement dans une ville étrangère lui permet d'écrire librement, mais elle le perdra bientôt...... Le temps lui est compté.
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Par pattypp7, le 31/01/2012
Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Ecrire est sa façon de s'évader, de fuir cette cellule de solitude, d'obscurité et de désespoir. Son esprit est libre d'errer à sa guise. Elle ose s'affronter à ses humiliations, à ses peines et leur donner une structure.
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Par Melopee, le 11/06/2011
Splash de
Sheila Kohler
Elle aimait nager parce qu'on l'avait trouvée près de l'eau, disait-elle, en tout cas, c'est ce que lui avait raconté le vieux domestique - un grand conteur. Il était en train de nettoyer les cabanes près du lac, quand un cri avait retenti. Il avait craint qu'un paysan ne soit en train de noyer un chat [...]. Mais au lieu de cela, il avait trouvé un nouveau-né dans un panier. "[...]Dans mon châle, il y avait un billet de ma mère où était écrit : "Je te rends ce qui t'appartient", nous dit-elle de son ton placide.
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Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Charlotte a pris la résolution de ne plus écrire de lettres pathétiques et suppliantes à son professeur, et de ne plus penser à lui, sauf à s'en inspirer pour son travail - ultime revanche. Elle a abandonné tout espoir pour ce frère qu'elle a tant aimé. Sa déception à son endroit est maintenant totale, à la mesure de son ancienne adulation. Leur ressemblance physique, leur promptitude à s'enflammer, l'ont déterminée à se détacher de lui. Elle transformera ces créatures faillibles en sujets qui serviront ses desseins. Elle s'inspirera de tous ceux qui l'ont rabrouée ou ignorée. Elle écrira en s'appuyant sur sa rage, sur la conscience de sa propre valeur, sur l'injustice que représente le rejet de ses écrits. Elle traitera de quelque chose qu'elle connaît bien : la passion.
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Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Qui donc voudrait lire les écrits de la fille d'un obscur pasteur, installé au fin fond du Yorkshire ? Et qu'est-ce qu'elle a bien pu raconter ? Que sait-elle, ayant vécu la plus grande partie de sa vie isolée, préservée, protégée dans son presbytère reculé, sans rien autour d'elle sinon la lande nue, ses sœurs célibataires, sa tante célibataire, une vieille servante ignorante, un frère délinquant et un père pasteur ?
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Par XoArum, le 27/02/2012
Quand j'étais Jane Eyre de
Sheila Kohler
Griffant la page avec fureur, elle écrivit au poète sa respectueuse réponse, trempée dans l'ironie et la rage. "Le soir, je l'avoue, quoique je tente de m'en empêcher, je pense vraiment…"