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Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
Tout à coup, un après-midi, regardant sa beauté dans la glace, elle se mit à penser qu’il existait encore une date bien plus importante pour elle, la date de sa propre mort, quand ses charmes auraient disparu : jour caché, invisible et sournois parmi tous ceux de l’année, qui passait devant elle sans donner de signe et n’en était pas moins sûrement là. Quel était-il ? Pourquoi, quand venait chaque année, ne sentait-elle pas le frisson de cette froide et familière rencontre ?
Comme Jeremy Taylor, elle songeait que, dans l’avenir, ceux qui l’auraient connue diraient : « C’est le tant…, le jour où est morte cette pauvre Tess Durbeyfield », et ces mots ne leur sembleraient pas étranges. De ce jour destiné à être le terme de son voyage dans le temps à travers les âges, elle ne connaissait ni le mois ni la semaine ni la saison ni l’année.
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Jude l'obscur de
Thomas Hardy
Les sillons encore frais ressemblaient aux lignes d'une pièce de velours côtelé toute neuve et donnaient à cette vaste étendue un aspect mesquinement utilitaire. Tous les accidents de terrain avaient disparu ; plus la moindre trace d'histoire : ne restait que celle des quelques derniers mois. Et pourtant à chaque motte de terre, à chaque pierre, s'attachaient des souvenirs innombrables - échos des chansons entendues lors des moissons passées, paroles échangées, faits et gestes audacieux. Sur chaque pouce de terrain, combien n'y avait-il pas eu de manifestations d'énergie et de gaieté, de jeux brutaux, de querelles ? Sur chaque mètre carré, des groupes de glaneurs s'étaient courbés au soleil. Les mariages d'amour qui avaient peuplé le hameau voisin s'étaient noués ici, après le dernier coup de faux et avant la rentrée des blés. Sous la haie qui bordait le champ, des filles s'étaient données à des amoureux qui n'avaient même plus tourné la tête pour leur accorder un regard à la moisson suivante ; dans les blés, plus d'un homme avait fait des serments d'amour à une femme : après le mariage, au temps des semailles le printemps suivant, la voix de cette même femme l'avait fait tressaillir par son ton aigre et autoritaire. Mais de tout cela, ni Jude, ni les corbeaux qui l'entouraient, n'avaient cure : ils ne voyaient là qu'un terrain dénudé, bon champ de travail pour l'un, bon grenier de provisions pour les autres.
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Par Carosand, le 26/02/2011
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
Pauvres petits ! Me croire l'être le plus misérable de la terre en face d'une misère comme la vôtre ! s'écriait-elle ; et ses larmes coulaient pendant qu'elle tuait tendrement les oiseaux. Je ne sens pas la moindre douleur dans le corps ; je ne suis pas mutilée et je ne saigne pas, et j'ai deux mains pour me nourrir et me vêtir !
Elle avait honte d'elle même et de sa mélancolie de la nuit, car sa souffrance venait seulement de la conscience de sa condamnation par une loi sociale arbitraire, qui n'avait son fondement dans aucune loi naturelle.
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Par Kittiwake, le 24/05/2011
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
Elle s'exprimait à sa façon naïve, aidée un peu par son éducation primaire, des sentiments que l'on pourrait presque appeler ceux de l''époque : le mal moderne. Il en fut moins étonné en réfléchissant que nous appelons : idées avancées, ce qui n'est en réalité le plus souvent que la définition nouvelle, donnée par la mode à l'aide de mots en logie et en isme des sensations vaguement saisies depuis des siècles
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Par Malice, le 04/08/2010
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
Quelques robes étaient d'un blanc presque franc ; d'autres d'une pâleur bleuâtre ; d'autres encore (depuis longtemps, sans doute pliées dans les armoires et appartenant aux plus âgées) tiraient sur le livide et rappelaient le temps du roi Georges. En outre, toutes les femmes et toutes les jeunes filles tenaient dans la main droite une baguette, et dans la gauche, un bouquet de fleurs blanches.
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Par wictoria, le 07/01/2009
L'Homme démasqué de
Thomas Hardy
Il se rapprocha et lui prit la main
-J'ai fait faire ce masque à Venise, commença-t-il, visiblement mal à l'aise. Barbara ma chérie, ma femme bien aimée, croyez-vous pouvoir me supporter, quand je l'ôterai ? Vous n'allez pas éprouver de répulsion...non, n'est-ce pas ?
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Par Kittiwake, le 24/05/2011
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
Le matin fixé pour son départ, Tess était réveillée avant l'aube, à cette minute extrême de la nuit où le bocage est encore muet, à part un oiseau prophétique qui chante d'une voie claire, convaincu de savoir, lui au moins, l'heure exacte du jour, tandis que les autres demeurent silencieux, également convaincus de son erreur
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Par Kittiwake, le 24/05/2011
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
L'horloge sonna une heure, cette heure solennelle où la pensée marche furtive, séparée de la raison, où d'effrayantes possibilités semblent avoir l'inébranlable certitude des faits
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Par csapin, le 30/03/2011
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
Ainsi commença l'aventure. Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre, elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu'elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l'homme qui n'était pas fait pour elle, et non par quelque autre, par celui qui eût été désirable à tous égards, autant que l'humanité peut en fournir de ce genre ; et cependant, parmi ceux qu'elle avait rencontrés, l'homme qui serait le plus rapproché de cet idéal ne conservait d'elle qu'une impression passagère, à demi oubliée.
Dans l'exécution malhabile du plan habile et sage des choses, celui qui doit venir vient rarement à l'appel ; l'être que l'on aimerait n'arrive guère à l'heure de l'amour. La Nature dit bien peu souvent à sa pauvre créature : "Regarde !" à l'instant où ce regard pourrait conduire au bonheur ; et au cri de "Où es-tu ?" elle ne répond "Ici !" qu'une fois le jeu de cache-cache devenu lassant et fastidieux. On voudrait savoir si une intuition plus délicate, une interaction plus intime du mécanisme social qui, pour le moment, nous secoue de droite et de gauche, ne corrigeront pas ces anachronismes, quand nous serons parvenus au faîte et à l'apogée du progrès humain ; mais comment prophétiser un tel âge d'or, et même le croire possible !
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Par marie36, le 09/10/2011
Tess d'Urberville de
Thomas Hardy
D'abord elle ne voulut pas le regarder en face, mais elle leva bientôt les yeux, et ceux d'Angel sondèrent la profondeur des pupilles toujours changeantes, avec leurs fibrilles radiées de bleu, de noir, de gris et de violet, tandis qu'elle le contemplait comme Eve à son second réveil avait du contempler Adam.