Qui ne connait pas le conte du Petit Poucet ? Sept frères abandonnés dans les bois qui trouvent refuge chez un ogre un peu trop affamé. Dupé par une ruse de Poucet, logre égorge ses sept filles Depuis des siècles... > voir plus
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C'est ici que s'arrête l'adaptation du conte de Charles Perrault. Il ne sera donc pas question de suivre Le Petit Poucet et ses frères, de vivre leurs retrouvailles avec leurs parents ou d'assister à la scène du vol des bottes de 7 lieues. de même, Bernadette Appert s'arrête très peu sur le personnage de l'Ogre, que l'on voit horrifié d'apprendre qu'il a dévoré ses propres filles. Il préfère prendre la fuite et nous ne le reverrons qu'au moment du dénouement. En revanche, c'est pour nous l'occasion de suivre l'Ogresse dans son difficile processus de deuil et de découvrir un personnage que le conte original ne développe pas
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Au final, on est tout de même impressionné par une vraie prise de risque narrative et des essais graphiques proches de l’abstraction plutôt convaincants.
À l’image de Flood de Eric Drooker, La Femme de l’ogre se prive de tout texte : ni récitatif, ni bulle, ni voix-off... Uniquement l’enchainement des dessins en noir et blanc d’Étienne Appert. Les péripéties ne manquant pas, on doit parfois garder sa concentration pour éviter le tangage. Mais le voyage en vaut la peine.
Une superbe expérience de lecture qui mérite de s'y pencher à plusieurs fois pour en saisir toute la portée, un ovni du 9ème art bien loin des classiques du genre, inclassable et bouleversant.