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Critiques sur Je n'ai pas dansé depuis longtemps (4)


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    • Livres 4.00/5
    Par SebastienFritsch le 17/04/2012


    En 1991, Ivan décolle de Baïkonour, avec deux autres cosmonautes, pour rejoindre la station Mir. Il est le premier homme qui doit passer plus de 400 jours en orbite.
    Avec une foule de détails, Hugo Boris nous fait vivre cette "expérience" (le mot convient tout à fait : Ivan n'est qu'un cobaye dont le rôle est de montrer quelles conséquences un long séjour en apesanteur peut avoir sur l'organisme). Ces détails concernent tout autant la technique que les bouleversements physiologiques que subissent les hommes ballotés dans la station, loin de ce phénomène physique avec lequel on vit quotidiennement, auquel on ne fait pas (et on ne peut pas faire) attention et qui influence pourtant nombre de nos fonctions vitales : la pesanteur.
    Hugo Boris s'est documenté scrupuleusement, en allant, notamment, interroger des cosmonautes à la Cité des Etoiles près de Moscou. Cela nous permet d'être vraiment immergés dans cette vie, loin de tout repère, de devenir nous-même Ivan, de souffrir comme lui de tous ces changements physiques. Et aux lecteurs un peu curieux, le réalisme et la précision de l'auteur offrent une possibilité d'une découverte tout à fait fascinante d'un mode de vie et de contraintes qu'on ne soupçonne pas.
    Oui, et après ?
    Après, il m'a semblé que la technique prenait trop de place : on se sentait écrasés par autant de détails, les hommes présents n'étaient que des seconds rôles : seule Mir comptait. D'ailleurs les cosmonautes échangent peu de mots, sinon des blagues idiotes pour détendre l'atmosphère confinée de la station, et des considérations qui tombent à plat, mal comprises par leurs acolytes ou mal exprimées. Et la tension, les doutes, les questionnements d'Ivan qui pointent de temps à autres, semblent ne pas avoir leur place. Il a une mission à remplir : il n'est pas là pour se poser des questions. Et surtout pas : "Qu'est-ce que je fous là ? Dans cette station ? Dans ce corps ? Dans cette vie ?"
    Mais ça, c'est dans la première moitié du roman. Car au milieu, très exactement au milieu, Ivan sort dans l'espace. Et nous vivons alors avec lui l'un des moments les plus intenses du livre. Et ensuite, tout bascule (du moins, est-ce l'impression que j'ai eue) : l'humain ose enfin s'affirmer, reprendre sa place, comprendre son importance. Alors que, lors de sa sortie à l'extérieur de Mir, Ivan n'était qu'une miette perdue dans l'immensité du cosmos, il prend par la suite une envergure énorme. Comme s'il lui avait fallu tout ce temps (et surtout cette expérience unique) pour réaliser qu'il comptait, qu'il avait un rôle à jouer.
    Alors, finalement, même si nous ne vivons pas dans les mêmes conditions, ce roman nous pose aussi cette même question : à quoi servons-nous ? Et quelle importance avons-nous, nous qui sommes si fragiles, qui pouvons disparaître en une seconde (même pas : en une poussière de seconde) à cause d'un geste, d'un acte irréparable ?
    La seconde partie du roman est donc celle de l'humain et offre de nombreux moments très beaux, dans lesquels Ivan redécouvre l'importance de détails que l'on considère si négligeables et qui font pourtant toute notre vie. Servis par la plume riche et dansante d'Hugo Boris, certains de ces passages sont vraiment poignants. Je ne peux évidemment rien en dire, et juste vous inviter à les lire... et à lire tout le roman, puisque l'un de ces passages forts (et peut-être le plus fort) est constitué par les toutes dernières pages.
    C'est donc un roman ambitieux, complexe, superbement écrit, foisonnant, très "instructif", autant sur le plan technique qu'historique, mais également sur le plan humain.
    Pour conclure, je ne peux que vous inviter à découvrir les deux autres romans d'Hugo Boris (Le Baiser dans la nuque et La délégation norvégienne), qui n'ont vraiment rien à voir, ni dans l'ambiance, ni dans le style, ni dans le thème. Comme si l'auteur aimait plus que tout nous surprendre et s'imposer des défis à lui-même. Défis qu'il sait relever avec talent.


    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2010/02/03/16688991.h..

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    • Livres 2.00/5
    Par nuitet0ilee le 08/09/2011


    Ce livre m'a attiré par son titre et sa couverture, le bleu étant ma couleur favorite. Et, je n'avais pas encore lu de livres se déroulant dans l'espace, en tout cas je n'en ai pas de souvenirs.
    Ivan m'a laissé de marbre, je n'ai pas réussi à m'attacher à lui, il repense trop au passé, à ses fautes, ne vit pas pleinement son expérience jusqu'à un certain moment où il se réveille.
    Par compte, ce qui m'a plu dans ce livre, c'est l'espace, malgré les termes techniques de l'auteur qui au début n'aident pas à rentrer dans l'histoire. Il y a eu des moments forts comme le décollage de la fusée, l'apesanteur qui commence, les sorties de la station et l'atterrissage finale, j'étais complètement plongé avec les personnages pour ces instants. Les scaphandres sont vraiment inconfortables, je le sentais, ça me mettait mal à l'aise. Et il y a la description des douleurs physiques et l'effet de l'apesanteur, l'apesanteur m'a paru fascinant au premier abord puis vraiment inconfortable. J'ai adoré les descriptions des levers/couchers de soleil, et la Terre vu de l'espace, je trouve ça magique.

    Bref c'était une lecture intéressante pour son lieu mais je n'ai pas vraiment accroché.


    Lien : http://blueandnight.wordpress.com/2010/11/01/je-nai-pas-danse-depuis..

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    • Livres 2.00/5
    Par eli-re le 19/08/2011


    Alors oui, certes, je l'ai dévoré. Mais avec moi, ce n'est généralement pas bon signe... Des moments passionnants contre des moments très (voire très très) ennuyeux... le fil conducteur du type paumé qui se demande s'il veut mourir et qui, au moment où il a la mort en face, s'accroche à la vie, ne date pas d'hier, même s'il a, je pense, rarement (ou jamais ?) été imaginé dans ce contexte. Cependant, on vit quelques moments de la conquête spatiale soviétique avec plaisir et curiosité (mes connaissances en la matière sont trop faibles pour savoir s'il s'agit uniquement de fiction, ou si l'auteur relate des faits réels, notamment à la fin, juste avant qu'Ivan redescende sur Terre). Et puis, je ne peux pas le nier, on finit par s'y attacher, à ce héros paumé !!
    Même si la scène d'amour de la fin m'a un peu gonflée, je me suis posé la question suivante : existe t-il, dans la littérature, d'autre(s) description(s) de l'amour en apesanteur ?

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    • Livres 2.00/5
    Par alaiseblaise le 11/04/2011


    Fasciné, attiré, passionné par la conquête de l'espace depuis ma plus tendre enfance, je devais lire ce roman.
    Comme un pouvoir d'attraction !

    Petit, j'ai longtemps rêvé, la tête dans les étoiles de Youri Gagarine, Alan Shepard, Neil Armstrong, Buzz Aldrin, Michael Collins...comme des noms de rock stars !

    Le soviétique Ivan, donc, médecin-cosmonaute ou cosmonaute-médecin, marié, 3 enfants, compte bien battre le record de "longévité" dans l'espace : 400 jours !

    Objectif des missions futures : relier Mars.
    1 an l'aller. 1 an le retour.

    A bord d'un Soyouz, accompagné de 3 équipes successives qui vont se relayer, Ivan va tour à tour contrôler la santé physique de ses coéquipiers (la santé mentale, elle, sera surveillée de très près par une équipe de spécialistes-voyeurs...au sol), prélever le sang et les urines des spationautes pour mesurer les effets de l'apesanteur, réparer des dégâts, causer des dégâts et même effectuer une sortie dans l'espace (un moment très très prenant).
    Les mots d'Hugo Boris excellent à traduire, sans démonstration ennuyeuse ou lourdeur prétentieuse les mots techniques d'un voyage spatial : module, baie de chargement, bouclier (mais non, pas le bouclier fiscal mais le bouclier spatial !), etc.

    L'auteur a cogité pendant 3 ans le sujet : étude technique d'un vol spatial, rencontres avec des spationautes, lectures...

    Petit rappel.
    Un spationaute soviétique se nomme cosmonaute. Un spationaute américain se nomme astronaute. Dans les 2 cas il s'agit de spationautes. C'est clair ?

    L'aventure spatiale est toute jeune. Seulement 53 ans d'âge.
    Le 1er lancé de satellite, un Spoutnik soviétique, date de 1957 !

    Le roman décrit cette fabuleuse et dangereuse expérience humaine. le corps, comme l'esprit, ne sortent pas indemmes d'une telle expédition et il faudra longtemps, longtemps pour réapprendre à vivre...les pieds sur terre.

    C'est tout cela que raconte l'auteur : la sélection draconienne parmi les candidats spationautes pour espérer voler un jour dans l'espace, le mal de l'apesanteur, le manque de sommeil pendant les incessants levers et couchers de Soleil journaliers, le semblant de nourriture séchée et déshydratée, les os et les muscles affaiblis, atrophiés par l'apesanteur, la solitude, le manque d'air, le manque d'amour, le manque de terre...

    Comme ce cosmonaute qui, revenu sur terre, refuse de marcher sur l'herbe de peur de l'abimer !

    Le titre énigmatique du livre vient nous prévenir qu'une danse, même anodinement spatiale, peut s'avérer fatale...

    Pourtant, dans ce livre il manque un "je-ne-sais-quoi" de "Houston ! Houston ! Nous avons un problème !".

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