ISBN : 2714442498
Éditeur : Belfond (2007)


Note moyenne : 3.18/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
" Est-ce l'alcool en carafon, le cuir brun, le mobilier vieux chêne, le feu qui crépite dans la cheminée ? Ce climat anglais où l'on s'assassine en grignotant des scones et en buvant du thé ? Il lui semble que chaque chose est bien à sa place, que chaque personne autour... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Woland, le 25 novembre 2008

    Woland
    Bon, alors, ce sera franc et massif : je suis très déçue. Ce livre, dont la quatrième de couverture est extrêmement alléchante et d'autant plus mensongère, est une catastrophe.
    Ce petit passage de la quatrième, notamment :"Un style vif et moderne, des personnages énigmatiques et ambivalents, "La délégation norvégienne" est un roman fantastique au climat lourd et oppressant. Une mise en abyme vertigineuse !" est l'un des plus grossiers mensonges qu'il m'a été donné de lire.
    "Un style vif et moderne" ? ... Tout d'abord, le narrateur n'y emploie que le présent, son vocabulaire est extrêmement plat, ses phrases plus journalistiques qu'autre chose. C'est peut-être "moderne", effectivement mais vif, certes pas.
    "Des personnages énigmatiques et ambivalents" ? ... Non, des silhouettes, comme sur les affiches, plates, plates, si plates qu'elles s'évanouissent avant même qu'on ait fini le livre. N'ayant aucun passé expliqué ni aucune profondeur psychologique, elles auraient d'autre part beaucoup de difficultés à manifester la moindre ambivalence ! La seule chose qui les intéresse, c'est abattre du gibier. C'est tout. L'auteur a pris des caricatures extrêmement simplifiées, il les a jetées sur le papier et hop ! en avant, marche ! ... Elles ne marchent pas, les pauvres : elles piétinent. On devrait leur donner le coup de grâce dès le premier repas qu'elles prennent ensemble : ce serait faire oeuvre pie, croyez-moi.
    "Une mise en abîme vertigineuse ?" ... La mise en abîme de quoi ? par qui ? Il n'y a rien ni personne dans ce livre sauf la neige, omniprésente mais sans originalité. Elle est froide, glaciale, blanche, épaisse, traîtresse, elle gèle les tuyaux, les orteils, tout ce qui lui tombe sous le flocon, bref, rien de nouveau sous le rare soleil polaire. Ce que Hugo Boris dit d'elle, vous le trouverez dans tous les dictionnaires et dans tous les petits romans à deux sous. Rien à voir avec Peter Hoeg, par exemple, quand il l'évoque ...
    Non, il n'y a rien dans ce livre : aucun style, aucun personnage digne de ce nom, encore moins d'intrigue et surtout ni mystère, ni meurtrier bien que, effectivement, un homme y soit assassiné et que les chiens tremblent tous quand ils regardent la forêt sombre (quelle originalité ! n'en jetez plus, la cour est pleine !)
    Si vous voulez mon avis, le seul éclair de génie d'Hugo Boris (enfin, lui, il a imaginé que c'était un coup de génie), c'est d'avoir mélangé une nouvelle très célèbre de Robert Bloch (où le narrateur achète un livre qui écrit sa propre vie jusqu'à ce que ...) aux fameux "Dix petits nègres" d'Agatha Christie. Il a secoué le tout et il en a barbouillé ses pages, en s'imaginant que cela suffirait à reproduire l'imagination et l'originalité de ces deux auteurs. Comme touche finale, il a aboli la frontière entre mystère policier et histoire fantastique : sans doute ignore-t-il que d'autres l'ont fait bien avant lui avec grand talent, voire avec génie.
    Et puis, il a dû s'auto-congratuler. Quant à savoir comment il s'est fait éditer, ma foi, c'est peut-être un proche de Philippe Sollers ou de Josyane Savigneau ...
    Mais aucune quatrième de couverture dithyrambique ne suffit à faire un bon livre. Celle qu'on lui a fournie ne permet donc en aucun cas à "La délégation norvégienne" de se révéler ce que'elle prétend être : une bonne histoire, pas plus qu'elle ne permettra à son auteur de prendre pied dans ma bibliothèque. Si j'ai un conseil à vous donner, c'est de passer au large. Ou alors, si vous y tenez vraiment, retenez-le à la médiathèque du coin.
    Nota Bene : et pour le "climat lourd et oppressant", franchement, on s'ennuie, oui ! Dame, on attend, on attend, on attend ... Quelque chose va bien se passer ... Mais non, rien ne se passe, on bâille, on commence à somnoler (forcément, toute cette neige, moi, ça me fait somnoler), on se force à aller jusqu'au bout et on n'a même pas eu peur !
    Par contre, comme vous le voyez, on est très en colère. ;o)
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par SebastienFritsch, le 17 avril 2012

    SebastienFritsch
    Que dire de ce roman ? Que dire pour ne pas trop en dire ? Pour vous laisser le découvrir comme il doit être découvert : progressivement. Car Hugo Boris s'applique, par une construction soignée, à faire venir progressivement les questions qu'il a choisies de nous poser. Et derrière ces questions, des réponses inquiétantes. Car il s'agit bien d'un roman inquiétant, où la réalité se trouve peu à peu emprisonnée dans le fantastique.
    « Progressivement », « peu à peu ». Oui, tout est là : dans la progression que conduit l'auteur. Cela ne veut pas dire qu'il y ait la moindre longueur dans ce roman. Au contraire, le texte est dense, chaque mot est utile : pour camper les personnages, pour décrire le décor, pour faire tomber la neige, pour la rendre omniprésente, étouffante, puis faire s'accentuer le froid, le doute, et enfin la panique. On a réellement froid en lisant. On a réellement des engelures aux orteils, les yeux brûlés par la blancheur qui écrase la forêt norvégienne, les lèvres blessées de profondes gerçures. Et, ensuite, quand viennent les doutes, on les sent réellement comme s'ils étaient les nôtres. Et la panique nous prend réellement : on veut trouver une solution, une issue, on veut sortir du livre, le plus vite possible. C'est sans doute pour cela que je l'ai lu d'une traite.

    J'ai insisté sur l'adverbe « progressivement », et me voilà maintenant accroché à un autre adverbe : « réellement ». C'est sans doute là que réside le talent d'Hugo Boris pour nous entraîner à sa suite et à la suite de ses personnages. Car un roman fantastique, si l'on ne suit pas l'auteur, si l'on ne croit pas ce qu'il veut nous faire croire, on ne parvient pas à entrer dedans. Et ce roman, il faut entrer dedans. Pour réussir cela, Hugo Boris utilise une autre « arme » très efficace (en plus de sa construction progressive parfaitement agencée), c'est son écriture.
    Lorsque nous nous étions rencontrés à la Foire du Livre de Brive, il m'avait prévenu qu'il avait simplifié son écriture, par rapport à son premier roman : moins d'adjectifs, des phrases plus courtes. C'est vrai. le style est plus direct, moins poétique. Mais c'est normal : on n'est plus dans l'exploration des sentiments que nous offrait « Le Baiser dans la nuque », on est dans une réunion de chasseurs dans un chalet perdu dans le grand nord Norvégien. La nature est rude, les personnages sont carrés. Parmi les cinq hommes et les cinq femmes, dont certains ont, curieusement, des noms de peintres ou d'écrivains ayant réellement existé (ce qui n'est certainement pas fortuit), nous trouvons des gens rustiques (un garde forestier, un garçon boucher), mais aussi des personnes d'un autre niveau social (dont un colonel qui, lui, n'a pas de nom). Tous sont pourtant des gens simples. Même la vieille écossaise (qui s'offusque ou rougit par moment) n'est pas aussi sophistiquée que ce que l'on pourrait attendre. Sinon, elle ne serait pas là, perdue dans cette forêt pour un séjour de chasse.
    Pour rendre ses personnages encore plus « réels » Hugo Boris utilise différents moyens : les descriptions de repas, de préparation avant de partir à la chasse, les scènes de chasse aussi. Et il en profite, peu à peu pour distiller quelques petits détails « anormaux », pour ne pas dire « irréels », pour ne pas dire « inquiétants ». Il ne veut sans doute pas nous inquiéter si tôt.
    Par ailleurs, il utilise des « astuces » de langage pour ses dialogues qui donnent réellement vie à ses personnages (tiens, l'adverbe réellement revient encore !)
    Ainsi, il retranscrit avec beaucoup de véracité les défauts d'élocution de ceux qui parlent la bouche pleine, ceux qui parlent en grelottant de froid, ceux qui doutent, qui s'énervent, qui s'affolent. Il a une écriture qui permet d'entendre, de voir, de vivre au coeur de l'intrigue. C'est sans doute la plus grande qualité que peut avoir la plume d'un écrivain.
    Enfin, Hugo Boris nous rend plus réels ses sept chasseurs (et même plus sympathiques) en les laissant se découvrir les uns les autres par quelques petites anecdotes ou quelques petites habitudes. Les anecdotes sont surtout des souvenirs de chasse, échangés autour de la table. Et là encore, Hugo Boris distillera quelques petits détails « inhabituels », pour ne pas dire, « étonnants », pour ne pas dire « inquiétants ».
    Et à force de nous rendre ses personnages réels, éventuellement sympathiques, à force de nous faire manger à côté d'eux, de nous faire ressentir le froid qui les attaque, les harcèle et leur voue même une véritable haine (René Derain, le personnage central, se dit même à un moment que « quelque chose, dans ce froid, empêche tout mouvement et le hait. »), Hugo Boris parvient à ce qu'il voulait : il nous emprisonne avec eux dans l'hiver du grand nord.
    Alors, quand vient la fin il nous impose de la créer nous même. Oui, comme les personnages, nous devons avancer dans les dernières pages, dans la neige épaisse. Comment ? En prenant la décision de nous arrêter à la page 265 ou, au contraire, en prenant la décision de séparer, à l'aide d'un couteau, les pages qui suivent et qui ne sont pas massicotées.
    A la maison, je fus le deuxième à lire ce roman. Les pages de la fin étaient donc séparées. Mais j'ai joué le jeu : je me suis demandé si j'allais m'arrêter à la page 265 ou si j'allais continuer. Mon coup de couteau entre les pages fut virtuel, mais je le fis quand même : je continuai ma lecture. Je savais pourtant que cela aurait des conséquences irrémédiables sur les personnages : par mon geste, je décidai de leur sort.
    Mais une fois arrivé à la seconde fin, je compris que j'avais bien fait.
    Et si j'avais fait ce choix, ce fut pour une seule et unique raison : je trouvai moins grave de soumettre à un sort sans doute funeste des êtres auxquels j'avais fini par m'identifier que de ne pas lire des pages écrites par un écrivain.
    Peut-être est-ce ce que Hugo Boris souhaitait. Comment savoir ? Comment vraiment savoir ce qu'il voulait faire de nous. On sent tout au long du roman qu'il se joue de ses personnages et que, en nous imposant de nous identifier à eux, il se joue de nous. Et par la même occasion, il nous invite à nous jouer, nous aussi des ses personnages… jusqu'au puissant geste final. Mais au moment de le commettre, on peut se demander si finalement, ce ne sont pas les personnages d'Hugo Boris qui se jouent de nous. Ou de lui.
    Finalement, de l'écrivain, du personnage ou du lecteur, qui décide et qui subit ? Qui domine et qui est dominé ? Qui est le chasseur et qui est la proie. Qui ? La réponse est entre nos mains.

    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2007/11/12/6804027.html
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    • Livres 5.00/5
    Par acariatre, le 03 janvier 2008

    acariatre
    Ça commence comme un roman d'Agatha Christie avec son refuge en forêt, ses habitants d'un jour qui s'y découvrent. La seule activité ici consacrée est la chasse. La forêt, frigorifiée, isole l'ensemble.. L'ambiance s'installe lentement, froide et oppressante. La tension va crescendo. Les esprits et les corps vacillent.
    Dans son roman La délégation norvégienne, l'auteur, Hugo Boris, dessine sur la neige quelques pistes, sème quelques indices pour mieux perdre son lecteur. Petit à petit, mot à mot, ce dernier sent se dessiner une machination bien plus dense qu'en apparence et dont il pourrait devenir la première victime.
    Difficile d'en dire d'avantage sans trahir la composition de l'ouvrage. Il s'agit simplement ici d'en apprécier la main, sûre d'elle et de ses effets, diluant la tension et les interrogations avec retenue. L'auteur, jeune écrivain, maîtrise sa chose et ose beaucoup, faisant éclater les limites de l'ouvrage et du genre. le style, sobre et direct, les personnages, hauts en faits et gestes, la structure maîtrisée, servent le procédé, quant à lui vertigineux.
    Pour ceux qui aiment être surpris et manipulés par leur auteur, essayez-le. Pour les autres, plus adeptes des lectures classiques au coin du feu, merci de repasser plus tard, le bois de chauffe venant déjà à manquer...
    (critique rédigée dans le cadre du programme "Masse Critique" de Babelio)
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    • Livres 3.00/5
    Par BlueGrey, le 23 décembre 2009

    BlueGrey
    Sept personnes qui ne se connaissent pas, cinq hommes et deux femmes, tous grands chasseurs, sont venus des quatre coins de l'Europe pour assouvir leur passion. Ils se retrouvent dans une maison de chasse très isolée, en pleine forêt, comme hors du monde. La neige tombe sans discontinuer, le froid devient mordant, la forêt est sombre et glacée, inquiétante... Ils se sentent vite comme des prisonniers, cernés par les arbres, piégés par la neige. Alors montent les angoisses des uns, la paranoïa des autres. Au fil des pages, René Derain acquiert la conviction qu'il est condamné, qu'il va mourir. Pas de froid, ni de fatigue, ni de faim, ni de gangrène : il sera assassiné. Il le sait. Il le sent.
    Au début, ce groupe de viandards qui parle fort, lève haut le coude et part gaiment en chasse n'est pas très sympathique. Et les battues, les divagations dans la neige ou les soirées près du feu pendant la tempête n'inspirent guère a priori. Tout cela peut donc paraître, dans un premier temps, long, lourd et ennuyeux. Mais quand le groupe de chasseurs se retrouve piégé par la neige, le récit vire au huis-clos et devient plus angoissant, et plus intéressant : la suspicion s'installe, la tension monte crescendo, et l'atmosphère devient pesante, oppressante...
    En maniant une écriture simple, sans fioriture, des phrases courtes et un style direct, Hugo Boris parvient à raconter une histoire de plus en plus complexe sans en avoir l'air. Un peu entre Stephen King et Agatha Christie, il s'amuse avec les règles du polar et du thriller. Il imagine ainsi une drôle de chose, un dernier cahier non massicoté qu'il faut découper soi-même pour connaître le fin mot de l'histoire. Et cette idée du livret à découper soi-même, au-delà du procédé qui pourrait paraître un effet un peu "gadget", est d'autant plus amusante et intéressante qu'elle est complètement intégrée au récit, elle a du sens dans le récit. Et ce récit est ainsi, aussi, un hommage rendu au pouvoir de l'imagination et de la littérature... Mais je ne peux en dire plus de peur d'en révéler trop !
    Un roman ludique donc, à mi-chemin entre le roman à suspense et le roman fantastique.

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2009/12/21/la..
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    • Livres 4.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, le 22 avril 2009

    les-bibliotheques-valentinoises
    Une épaisse forêt, dans le Grand Nord. René Derain rejoint un groupe de chasseurs venus de toute l'Europe pour assouvir leur passion. Mais dès le début quelque chose cloche : cette assemblée manque de naturel, elle met René mal à l'aise. La forêt, la neige tout est oppressant. Et puis il y a ce livre, abandonné dans la bibliothèque du pavillon de chasse… ce livre dans lequel René a l'impression de lire sa propre histoire.
    Le style d'Hugo Boris est captivant : ses magnifiques descriptions d'une forêt qui semble vivante, s'écartant parfois autour des personnages pour mieux se refermer sur eux à l'improviste ; d'un gibier avec lequel le chasseur Derain fraternise, car il est lui-même la proie d'un bien étrange prédateur…
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Citations et extraits

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  • Par kilitou, le 18 août 2010

    Ils ne reconnaissent pas tout à fait le chemin pris à l'aller. La forêt semble s'être un peu resserrée. Les sapins rapprochés forcent à des crochets, des évitements. Les branches les plus basses les obligent parfois à se glisser de profil. [...] Ils ne traversent pas la forêt, c'est elle qui les laisse passer.
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Vidéo de Hugo Boris

Je nai pas dansé depuis longtemps Hugo Boris éd. Belfond Ivan est désigné pour être le premier homme à rester plus de quatre cents jours en orbite autour de la Terre. Un homme ordinaire, marié, père de deux enfants, quitte la planète. Tandis que l'Empire soviétique plonge dans le chaos, il tourne sans fin. Pour lui, le Soleil se lève et se couche seize fois par jour. Au fil du temps, il perd le sommeil, l'odorat, le goût. Sa colonne ne le porte plus. Sa raison vacille. Il sentraînait depuis des années, l'esprit entièrement tendu vers le cosmos. Maintenant, il na d'yeux que pour la Terre. Elle lui manque comme une femme.








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