AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
Citations sur Le tambour (108)

A Reims, on pouvait encore admirer les dégâts de la Première Guerre mondiale. La ménagerie de pierre de la célèbre cathédrale, écœurée de l'humanité vomissait sans arrêt de l'eau sur les pavés ; ce qui veut dire il pleuvait à Reims tous les jours et même la nuit.
Commenter  J’apprécie          270
Vinrent d'abord les Rugiens, puis les Goths et les Gépides, ensuite les dont Oscar descend en ligne directe. Peu de temps après, les Polonais envoyèrent Adalbert de Prague. Il vint avec la croix, et les Kachoubes ou Borusses l'occirent avec la hache. Cela arriva dans un village de pêcheurs appelé Gyddanyzc. De Gyddanyzc on fit Danczik, Danczik devint Dantzig, qui plus tard s'écrivit Danzig ; et aujourd'hui Danzig s'appelle Gdansk. Mais avant qu'on ait trouvé cette orthographe, après les Kachoubes, ce furent les ducs de Pomérélie qui vinrent à Gyddanyzc. Ils portaient des noms comme Subislaus, Sambor, Mestwin et Swantopolk. Le village devint une petite ville. Puis vinrent, de très loin les Brandebourgeois, et ils détruisirent aussi quelque peu. Boleslav de Pologne voulut en faire autant ; et pareillement l'ordre des chevaliers Teutoniques prit soin que son glaive séculier remît à neuf les dégâts à peine réparés.
Plusieurs siècles durant, un petit jeu de démolition et de reconstruction fut pratiqué par les ducs de Pomérélie, les grands maîtres de l'Ordre, les rois et anti-rois de Pologne, les margraves de Brandebourg et les évêques de Wloclawek. Architectes et démolisseurs s'appelaient : Othon et Waldemar, Bogussa, Henri de Plotzke et Dietrich von Altenberg qui construisit le château de l'Ordre sur les lieux où, au vingtième siècle, sur la place Hévélius, on défendit la poste polonaise.
Vinrent les Hussites ; après avoir mis le feu en quelques endroits. Puis les Teutoniques furent expulsés de la ville, leur château rasé, parce qu'on ne voulait pas de château dans la ville. On se fit Polonais, et ça n'allait pas si mal.
Commenter  J’apprécie          165
Ô folle cavalerie ! - Aller à cheval cueillir la brimbelle ! Avec des lances à fanions rouges. Des escadrons de neurasthénie et de tradition. Des charges comme dans les livres d'images. À travers champs devant Lodz et Kutno. A Modlin, en guise de citadelle. Oh ! Quel chic pour galoper ! Toujours toujours dans l'attente du rouge crépuscule. C'est seulement quand le premier plan et l'arrière-plan sont splendides que la cavalerie attaque, car la bataille est pittoresque. La mort sert de modèle aux peintres, debout d'abord, jambe d'appui-jambe libre, puis tout s'effondre, va cueillir la brimbelle, les gratte-cul ; ils culbutent et s'étalent ; ça donne le chatouillis sans lequel ne saurait galoper une cavalerie. Des Uhlans, voici que ça les reprend, ils opèrent une conversion à côté des meules de paille - ça fait encore un tableau -, se reforment derrière un homme qui, en Espagne, s'appelle Don Quichotte ; pourtant c'est un Polonais pur sang, Pan Kiehot, d'une silhouette triste et noble, qui a fait le baisemain à tous ses uhlans à cheval, si bien qu'ils brûlent toujours d'envie de faire le baisemain à la mort, comme à une vieille dame, selon le bon genre ; mais auparavant il faut qu'ils se reforment, le soleil couchant dans le dos, car l'atmosphère leur tient lieu de réserves, les blindés allemands devant eux.Les étalons de l'élevage Krupp von Bolhen et Halbach, on n'a jamais rien chevauché de plus noble. Mais ce dernier chevalier métissé d'Espagnol et de Polonais, présomptueux à en mourir - bien doué Pan Kiehot, trop bien doué ! -, le voilà qui baisse sa lance à fanion, il vous lance sa blanche et rouge invitation au baisemain et crie au couchant, aux cigognes qui claquettent de leur becs blanc et rouge, aux cerises qui crachent leurs noyaux, il crie à la cavalerie : «Nobles Polonais à cheval, ce ne sont pas des blindés d'acier, ce sont seulement des moulins à vent ou des brebis, je vous invite au baisemain ! »
Adonc s'élancèrent escadrons dans le flanc feldgrau de l'acier et donnèrent au couchant matière à se teindre d'encore plus de pourpre.
On voudra bien pardonner à Oscar cette envolée finale et identiquement le côté inspiré de cette description de bataille en rase campagne.
Commenter  J’apprécie          340
Accepté, rejeté, éliminé, intégré, rejeté, rappelé : c'est seulement en qualité de sous-locataire qu'Oscar apprit l'art de remonter dans le passé en jouant du tambour.
Commenter  J’apprécie          200
«Maman est morte », dis-je en manière d'explication. «Elle n'aurait pas dû. Je le prends mal. Les gens disent tout le temps : une mère voit tout, sent tout, une mère pardonne tout. Ce sont des slogans pour journée des mères ! Elle a vu en moi un gnome. Elle aurait fait son affaire au gnome si elle avait pu. Mais elle ne le pouvait pas, parce que les enfants, même les gnomes, sont déclarés sur les papiers et ne peuvent pas être supprimés simplement ; et aussi parce que j'étais son gnome, parce qu'en me tuant elle se serait supprimée et gênée elle-même. "Ou bien moi, ou bien le gnome ?" s'est-elle demandé. Puis elle en a fini avec elle-même. Elle n'a fait que manger du poisson, et encore pas frais, elle a donné congé à son amant et, maintenant qu'elle est à Brenntau, morte, tout le monde dit, les amants et les clients dans la boutique : "le gnome l'a mise à la tombe avec son tambour. C'est à cause du petit Oscar qu'elle n'a pas voulu continuer à vivre, il l'a tuée !".
J'exagérais amplement, je voulais si possible impressionner signora Roswitha. En fait c'était Matzerath et Jan Bronski que la plupart des gens rendaient responsables de la mort de maman. Bebra pénétra ma pensée.
«Vous exagérez, très cher. C'est par jalousie pure que vous boudez votre maman défunte. Parce qu'elle n'est pas morte de votre fait, mais du fait d'amants fatigants, vous vous sentez dédaigné. Méchant et vain que vous êtes, comme il n'est pas permis de l'être à un génie ! »
Puis après un soupir et un coup d'œil en biais à signora Roswitha : «Il est malaisé de persévérer dans notre grandeur. Rester humain sans croissance externe, quelle tâche, quelle vocation ! »
Commenter  J’apprécie          240
Le fil des événements faisait des boucles et parfois des nœuds ; mais, plus loin, déjà tricoté, il était l'Histoire.
Commenter  J’apprécie          291
Je perçus un essaim d'odeurs: la vanille de Maria jeune fille. L'huile à sardines que ma pauvre mère réchauffait pour la boire tiède, et elle en mourut. Jan Bronski gaspillait toujours l'eau de Cologne et pourtant tous ses vêtements exhalaient un relent de mort précoce. Ça sentait les pommes de terre d'hiver dans la cave de Greff-légumes. Encore un coup l'odeur des éponges sèches pendues par une ficelle aux ardoises du cours élémentaire, première année. Et ma Roswitha qui fleurait la cannelle et le musc. Je nageais dans un nuage de carbol quand M. Fajngold pulvérisait ses désinfectants sur ma fièvre.
Commenter  J’apprécie          3210
A mon coup de sonnette, ce fut Zeidler lui-même qui ouvrit. Il était la dans l'encadrement de la porte, petit, trapu, le souffle court, hérissonesque, portait des lunettes à verre épais, cachait la moitié inférieure de son visage sous une mousse floconneuse de savon à raser, tenait de la main droite le blaireau contre sa joue, semblait alcoolique et, d'après son parler, Westphalien.
Commenter  J’apprécie          142
On l'affirme ici : les partisans ne sont jamais des partisans à titre temporaire, mais sont des partisans permanents et définitifs, qui remettent en selle les gouvernements renversés et renversent les gouvernements précisément remis en selle avec l'aide des partisans. Les partisans incorrigibles, qui sapent leurs propres fondements, sont d'après M. Matzerath, parmi toutes les personnes, qui se vouent à la politique, celles qui ont le plus de dons artistiques, parce qu'ils rejettent aussitôt ce qu'ils viennent de créer.
Commenter  J’apprécie          140
Et puis il y avait de poudre effervescente au goût framboise, et aussi une poudre effervescente qui, quand on l'arrosait avec de l'eau claire du robinet, sifflait, faisait des bulles, jouait les énervées, qui, quand on la buvait avant qu'elle ne se fût calmée, avait de loin, très lointaine, une saveur de citron et en prenait aussi la couleur dans le verre, mais avec plus de zèle encore : un jaune artificiel qui se donnait des airs de poison.
Commenter  J’apprécie          222






    Lecteurs (2586) Voir plus



    Quiz Voir plus

    Quiz: l'Allemagne et la Littérature

    Les deux frères Jacob et Whilhelm sont les auteurs de contes célèbres, quel est leur nom ?

    Hoffmann
    Gordon
    Grimm
    Marx

    10 questions
    416 lecteurs ont répondu
    Thèmes : littérature allemande , guerre mondiale , allemagneCréer un quiz sur ce livre

    {* *}