Note moyenne : 4.26/5 (sur 91 notes)
Magasin général, Tome 2 : Serge12Ajouter à mes livres
"Ca fait qu'à c't heure, il est rendu indispensable. Parait qu'on peut plus tuer un cochon sans lui... Comme disait mon oncle Isidore : quand les chiens sont dans les bois, le renard entre dans le poulailler. Dans la vie, j'ai peut-être pas apporté grand chose, mais je ... > voir plus
Le 2e tome, Serge, voit la vie du village – et de Marie – bouleversée par l'arrivée d'un étranger : un gars de Québec parlant un français de France où il a vécu la Grande Guerre. Passionné de cuisine, il va apporter un peu de bonheur et de joie de vivre aux villageois alors que l'hiver fait rage et que les distractions sont rares à Notre-Dame des Lacs. Cette histoire simple et sensible est racontée avec beaucoup de tendresse et d'humour. Rien de spectaculaire ne se passe : les saisons sont ponctuées de naissances et de morts, d'événements anodins comme la fête de la St Jean ou la mort du cochon à laquelle tout le village participe…mais l'on s'attache très rapidement aux personnages, rudes parfois, mais au grand cœur. Loisel et Tripp ont mis en commun leurs expériences et leurs talents pour nous proposer un dessin accompli, aux charmes indéniables où les petits détails subtils apportent émotion et humour. Lapierre est aux couleurs. J'ai trouvé le tout savamment dosé, aucun mot n'est superflu, les interventions off de Félix sont savoureuses et les planches muettes font efficacement ressortir toute une gamme de sentiments.
La vie s'écoule doucement dans ce petit coin de Québec et pourtant la vie de chaque habitant est une épopée en soi. Si, lors du premier tome, nous avons découvert Marie qui venait de perdre son époux et qui devait reprendre le magasin général qui fournit toute la paroisse, dans ce tome-ci, c'est par elle qu'un nouveau personnage est introduit. Et la rumeur enfle dans les rues du hameau. Car Marie est une brave femme et elle ne laisserait jamais son prochain dans l'ennui. Et certains commencent à jaser parce que Marie héberge un homme. Un homme, rendez-vous compte chez cette brave Marie. Ce n'est pas correct du tout. Aussi, quelques commères décident d'envoyer monsieur le curé s'enquérir de la situation. L'homme se prénomme Serge. Il a vécu la grande guerre du fond des tranchées comme beaucoup à cette époque. de retour à Montréal, il a décidé de faire un tour du pays avec sa moto. La neige et une panne malencontreuse, l'amène à s'échouer près du magasin général. Et Marie, n'écoutant que son cœur, décide de l'aider jusqu'à ce qu'il puisse reprendre son périple. Nous découvrirons comment le village va peu à peu accepter Serge et en saurons progressivement plus sur sa vie.
Je me suis laisser prendre au piège de la séduction ; piège tendu, entre autres, par le site de Véro. 5 tomes : 5 jours. La première impression qui m'est venu : "il ne se passe pas grand chose dans ce village proche de Montréal qui aurait pu se trouver au fin fond de la Creuse" et à la fois il y a tout : une histoire simple à la Christian Signol ; des personnages typiques à souhait. Des tronches du terroir : le menuisier, le curé, le simplet du village..... et Marie, cette trop jeune veuve qui reprend à bouts de bras le Magasin général.
Et il y a cette association de deux dessinateurs, Loisel et Tripp, qui, mélangeant leur art pour créer cet auteur virtuel.
Alors maintenant, me voilà au même point que vous autres à attendre le 6e. (Je suis très content de n'avoir découvert cette serie qu'au cinquième).
Merci à Véro et les autres pour leurs conseils et démontré ainsi toute la force de leur site.
Dans le T2, le village appartient de nouveau aux femmes. Marie a bon cœur, elle aime rendre service et tous profitent d'elle jusqu'au jour où elle doit héberger Serge, un «Français de France», tombé en panne dans ce trou perdu. La neige l'y retiendra longtemps et, malgré la méfiance envers lui, l'étranger , il se rend indispensable car il a vécu mille expériences, celle des tranchées, des grands restaurants parisiens et surtout il est vétérinaire. Avec Marie, il offre des dîners succulents à tous les habitants, il intervient lors d'accouchements difficiles, bref il se rend non seulement utile mais il initie le village à une vie plus légère, à des plaisirs plus raffinés si bien qu'à part trois mégères aigries, tous finissent par l'aimer et Marie la première, bien sûr.
Marie recueille un homme qu'elle a croisé, immobilisé sur une route en rase campagne en pleine nuit suite à une panne de moto. C'est Serge. Ce deuxième tome s'ouvre sur son réveil qui ne passe pas inaperçu, le trio de bigotes locales ne tardant pas à s'offusquer auprès de l'autorité religieuse de la présence de cet homme sous le toit d'une jeune veuve. La curiosité mêlée à une méfiance de bon aloi, c'est selon, sera la première réaction que suscitera cet « extérieur » qui s'avère avoir un vécu assez dense. En l'absence de la majorité des hommes valides partis au bois pour l'hiver, ses savoirs, son implication dans la vie locale et sa faculté d'adaptation faciliteront grandement son intégration. Dans le même temps, sa délicatesse toute en retenue parait apprivoiser Marie. Dès lors, l'avarie mécanique qui le maintenait au village n'est plus le seul motif le poussant à rester, il va s'employer à donner un second souffle au magasin général et par là même à sa gérante. Ponctuellement, la « voix off » du défunt Félix prend à témoin le lecteur pour lui faire part de son ressenti.