ISBN : 2814503294
Éditeur : publie.net


Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
(édition numérique)
Des voyageurs sans nom, des lecteurs silencieux, des promeneurs invisibles – tous habitants de pays qu’on ne trouve sur aucune carte – voilà les personnages de ces récits courts, entre contes, fables et poèmes en prose.

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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 25 juin 2010

    brigetoun
    Comme dans les deux autres textes de Laurent Margantin publiés chez Publie.net, un univers où je me sens bien, plus nettement peut-être encore cette fois, alors qu'il se présente comme une suite de fragments. Avec toujours cette façon de dévier insensiblement, d'entrer dans l'inexpliqué, parfois dans le rêve, ou plus franchement l'étrange, un pas à côté de la réalité. En fait des liens souples existent entre les différents éléments. Pour un certain nombre, la vision qu'a un ancien enfant sur ce qu'il lui semble avoir vécu, connu, vision qui garde intacte les interrogations de l'enfant, mais endossées par celui qui écrit. Une histoire de princesse enfermée qui revient, de plus en plus transformée, jusqu'à se dissoudre, dans plusieurs textes etc...
    Plus nettement, le retour dans les titres de quelques mots qui introduisent chaque fois à des regards, des histoires différentes : homme, pays... et surtout voix, mots, lecture, car l'enfant, le conteur, l'adulte, celui dont on parle ont presque toujours rapport avec l'écriture.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 25 juin 2010

    À un moment, il reprit – brièvement – la parole, d’une voix plus lente et plus profonde :
    – Tu sais qu’à l’époque j’étais secrètement amoureux de toi ? Allo ? Allo ?
    Le passé avait raccroché au bout du fil. Alors le marchand de journaux moustachu referma le portable, le
    mit dans sa poche, et retourna dans sa boutique.
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  • Par brigetoun, le 25 juin 2010

    On passait devant la porte et les fenêtres closes, puis on jetait un coup d’œil dans l’ancienne étable : l’absence des animaux avait quelque chose de pesant, de sinistre même, et l’on se demandait bien comment des hommes qui n’avaient pas connu ces lieux au temps où l’on exploitait encore les terres environnantes pouvaient venir chercher le repos ici. Car la ferme, par sa masse et son abandon, nous faisait peur à nous les enfants du coin.
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  • Par brigetoun, le 25 juin 2010

    Ce qui était au-delà des murs du jardin ne l’intéressait pas. Est-ce pour cela qu’on le disait vieux, dans la maison ? Il ne s’en occupait pas, concentré sur sa tâche. La fin du monde n’était-elle pas arrivée ? Un soir, vers minuit, les bateliers firent sonner les sirènes de leurs péniches, sur le fleuve à quelques kilomètres de là.
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  • Par brigetoun, le 25 juin 2010

    Plus vieux, il observait parfois les enfants qui, comme lui jadis, suivaient le premier venu du regard, captivés. Que signifiaient pour eux, qu’avaient signifié pour lui ces gens inconnus, sinon la possibilité d’un récit dont ils auraient été à la fois les auteurs et les personnages, transformant les lieux qu’ils habitaient en un monde nouveau, surprenant ?
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  • Par brigetoun, le 25 juin 2010

    la présence de ces petits cailloux s’expliquait par un rite ancien d’après lequel les hommes oubliés de leur vivant venaient se recueillir devant cette tombe, au moins une fois par an. Cela se passait la nuit, me disait-elle. Et elle me raconta qu’on avait vu des attroupements se former chaque nuit du solstice d'été.
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