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Note moyenne 4.35 /5 (sur 10 notes)

Né(e) : 1975
Biographie :

Arno Calleja a étudié la philosophie et a commencé à publier en revues au début des années 2000.

Il vit dans le sud de la France. Ses textes se caractérisent par une parole libre, déraillante, saisie avant toute censure et laissée à son auto-engendrement. Sans majuscule ni ponctuation, sa langue avance en spirales et en éclatements. S’alléger du poids du temps, recouvrer le flux du monde dans un flux langagier, voilà l’ambition de cette parole qui de toute pulsion fait texte.

Il co-dirige la revue "Muscle" avec Laura Vazquez.

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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Charybde2   20 novembre 2019
Un titre simple de Arno Calleja
Puis je vais lire un livre mouillé et je ne sentirai rien du livre. Et je donnerai le livre à un mort. Et je prendrai un soleil à la place. Je vais ouvrir ma maison dans ma tête pour qu’un soleil entre. Et le soleil me refera le sang par le cul. Je serai neuf.

Je vais perdre ma maison. Et un soleil va me mettre le compte. Ce sera une super partie tragique. Et je dirai mesdames messieurs ma maison est à vous dans la tête. Et tout le monde m’entrera par le cul. Et dansera en soleil toute la nuit. Une super partie tragique.

Et quelqu’un m’oubliera son paquet de clopes au dedans et je ne dirai rien.

Les morts me referont le sang. Les morts sont des ouvriers très occupés. Des abeilles que je gobe bouche ouverte. Qui me refont tout l’intérieur.

Je vais être indifférent aux travaux.
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Charybde2   01 avril 2016
La performance de Arno Calleja
Et puis vient le jour où tu fais le voyage. Tu pars au Mexique. Et malgré le groupe d’amants et malgré la troupe d’amis tu pars seule, tu pars seule au Mexique faire le voyage. Tu baisses un peu le régime d’alcool et tu marches des jours et des jours, la frénésie. Tu achètes des chaussures bleues, des chaussures fortes pour aller aux cailloux, et tu marches.

À ce moment venu tu ne parles plus. Tu remarques alors que la marche beaucoup, que l’alcool moins, et que la parole plus du tout, font tomber l’angoisse. Alors tu souris et les mollets pompent la route, et tu avances.

Aussi tu poses la question. Comment, pourquoi l’angoisse tombe dans la solitude qui avance aux cailloux traversant les couleurs et la langue étrangère, espagnole, c’est la question tu te la poses. Le soir sous la tente. Pourquoi l’angoisse de la mort dans le sein, qui me bouffe, me quitte ici dans la marche, dans la solitude, dans la bière le soir, un peu. Tu sors les pieds des chaussures bleues, c’est le soir sous la tente et tu fais la question.

Et c’est la question je le sais qui t’a ouverte, les derniers jours, en marchant, tu étais, tu es, complètement ouverte, complètement dépliée, devant la montagne de Taxco, et tout toi regardais, je veux dire, tu regardes tout devant, ouverte, à fond ouverte une dernière fois, devant la montagne, le trois novembre deux mille un, avant que tu meures, trente heures plus tard, le cinq novembre, dans un hôpital de Mexico, le cœur dans le sang nécrosé les métastases, à l’arrêt, donc, une dernière fois.
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Charybde2   20 novembre 2019
Un titre simple de Arno Calleja
Je vais faire une page. Mais pas une vraie littérature. Juste un bruit sur ton crâne, sur ta foule. Un gros bruit de pluie, de salive, d’humeurs, tout ce qui coule.

Je vais faire une page sans ombre, qui coule. Ensuite il ne faut pas s’en approcher. Personne personne. À part toi. Je vais faire une page, que personne la boive. C’est ta rivière maintenant. Que personne y mette son bec, ses pattes.

Je vais faire une foule qui te fera un bruit au crâne, un gros boucan de tonnerre. Un grand moulin qui claque. Un réel qui tourne.

Je vais faire et ce sera réel.

Je vais faire une grosse douleur qui t’emplira le poumon. Une grosse douleur de gros bruit de page. Et pas le petit bruit d’une vraie littérature, non, juste le gros bruit de pluie d’une page sans rien.

Je vais faire une page comme on fait une montagne. Comme on perd son enfant dans le lac.

On ne fait pas une montagne, en vrai. Mais on perd son enfant dans le lac, en vrai.

Je vais faire la page comme montagne est sortie de terre. Comme elle s’est faite elle-même. très lentement. je vais faire une très lentement page.

Je vais étouffer la maladie parlante jusqu’à ce qu’elle démoule sa forme à la page. Lentement qu’elle éclose. Je vais appeler les morts et ils vont venir et ils vont refaire le sang humain à partir. Je ne vais rien dire. Je vais me déshabiller avec les morts et ils vont me refaire le sang à partir de ce qu’ils ont vu dans la mort. Et je nagerai.
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Charybde2   01 avril 2016
La performance de Arno Calleja
Dans le village de Lagnes, qui est un petit village, où il y a encore un peu des paysans, des paysans qui font de la terre et de la vigne et des trucs bio, des légumes. Des légumes qui nourrissent le peuple, qui nourrissent le bon vieux peuple, qui ne voit rien, le bon vieux peuple qui ne voit pas ce que voient deux enfants au bord d’une route dans les vignes, un soir, parce qu’ils dormaient tous, bien sûr que le bon peuple dormait.
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Charybde2   01 avril 2016
La performance de Arno Calleja
Le côté coincé du cul et coincé du mental des bourgeois presque ça leur donne un charme une sorte d’aura à eux, alors que les prolos ce n’est pas un charme que ça leur donne leur coince mais c’est un poids, et c’est un poids pathétique et qui n’est pas charmant du tout comme poids. Parce que le pathos que ça leur donne aux prolos leur coince du cul et du mental est un gros pathos flippant qui fait qu’avec un pareil pathos qui leur coince tout ils ne pourront jamais les prolos, et c’est ça qui est terrible, ils ne pourront jamais relever la tête c’est terrible. Parce qu’il faut quand même un peu d’élan, et un peu de légèreté pour relever la tête et se sentir l’envie de vivre de manière moins lourde et moins pathétiquement lourde mais là, aux prolos, leur grosse coince du cul et leur grosse coince du mental et du social elle plombe tout le monde et le monde jamais ne pourra se relever d’une pareille plombe qui est pire qu’une cuite de gueule de bois de plomb qui est pire que tout finalement c’est terrible.
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Charybde2   20 novembre 2019
Un titre simple de Arno Calleja
Je vais faire un poème qui tombe. Au début il tient. C’est à la fin qu’il tombe. C’est normal.

Au début le poème il a un renard dans la gorge. Ensuite le poème il a un loup dans le ventre. Des fourmis dans les couilles et des hirondelles dans les ovaires. Le poème. Il avance un moment avec toute sa faune. Puis il arrive face à la montagne. Les uns s’enfuient, les autres s’envolent. C’est là qu’il tombe, face à la montagne.

Maintenant, je vais dire le récit de la domestication.

Au début il n’y a que des loups. Ils se déplacent en meute. Il y a un chef de meute, il décide. Un jour arrivent les hommes. Les hommes encerclent la meute. Avec des pierres des bâtons les hommes tuent le chef de meute. Ils ne gardent que les petits. Les petits sont nourris au lait de femmes. En grandissant, les petits ne sont plus des loups, ils deviennent des chiens.

Voilà, c’était le récit de la domestication.

C’est un vrai récit qui n’est pas un poème. Je vous l’ai dit.
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Charybde2   01 avril 2016
La performance de Arno Calleja
Finalement, à l’analyse, je fais partie de ceux qui ne respirent pas au bon endroit de la phrase, c’est ça. C’est un truc qui me suit depuis l’enfance, il m’a toujours manqué ce recul, du fait que je suis confondue à la phrase sans respiration. Je ne vis pas dans un milieu, comme vivent les abeilles par exemple, mais je suis le milieu même dans lequel je vis. C’est ce que j’ai trouvé à faire pour survivre, j’ai fait mon milieu, m’y suis fondue, j’ai fait un avec ma vie collée dans mon appartement sans pensée, avec les garçons parfois mais toujours sans pensée. Il y a des gens qui font de l’aérophagie et qui restent la bouche ouverte au beau milieu du salon, moi je suis de celles qui ont toujours parlé sans distance et sans aération de pensée entre soi et la phrase. C’est comme ça.
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