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Note moyenne 4.53 /5 (sur 54 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Poète et romancière, Ile Eniger est née en 1947 dans le Thor, de la même glaise que René Char.

Imperméable aux modes et aux jeux de coulisses littéraires, elle avance vers un dépouillement de plus en plus riche de sens, dans une quête de l’essentiel où chaque mot retrouve sa force initiale.

« Les mots trahissent qui ne disent pas juste, pas assez, pas vraiment. Qui ressemblent à d’autres, portés et retournés. L’effet miroir, tiroir, dentelles réchauffées, je fuis. L’imagination même ramène des pétards. Je veux la lave, le pur jus de volcan. Le dire. Le faire."

Elle vit dans un petit village de l’arrière-pays niçois, entre le feu et la glace.




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Rob ~ La matière ~ Poème d'île Eniger C'est d'un cahier ouvert sur le coin de la table que je ne dirai rien. Les jeux, les séductions, les germes d'artifices, j'y pense quelquefois mais le rien quotidien porte tant et encore que mes pensées se taisent, que mes mains se dénouent. Se pousse l'illusion. Le simple me rattrape. L'éternuement d'un chat, le sang d'un géranium, une jacinthe pâle accouchée de la nuit, la mer à ma fenêtre. Toute chose accoudée à la table du jour. La grâce de ce peu décape l'inutile, épingle des fous rires sur la pince des lèvres. Et nettoie les outils. La soupe dans le bol, le repos de la terre, écrivent mieux que moi une lettre d'amour. L'hiver est un cadeau quand les gestes s'épuisent. La pointe du crayon a troué mon papier, la lumière s'engouffre dans le moindre interstice. Dans cette odeur dressée, je renifle la matière et son bruit de sonnailles. C'est un temps de très près. Paysanne penchée sur la vigne des mots, j'écoute la patience dans les lignes du bois, je touche le présent et ce qui dit je t'aime.
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Citations et extraits (158) Voir plus Ajouter une citation
Ile Eniger
Sirenna   29 juin 2018
Ile Eniger
Je vois la vie partout

Au périple des feuilles arrachées

Aux lampes des gros soirs d’hiver

Au bric à brac des vieilles remises

À l’immobilité de ce qui ne sert plus

Dans ce qui ne dit plus



Je vois la vie partout

Aux cadences martelées des villes

Aux silences lancinants des campagnes

Aux cris des plaies

À la solitude des pleurs

Dans l’air des comptines



Je vois la vie partout

Aux voyages des regards

Aux confiances des bêtes

Aux odeurs de fleurs allumant la table

À l’horloge des rides

Dans la nature offerte



Je vois la vie partout

Aux feux des vieilles racines

Aux forêts humides de recommencements

Aux paroles sans ramage ni séduction

À l’amble de l’amour

Dans la présence désencombrée

Je vois la vie partout
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Ile Eniger
Sirenna   21 juin 2018
Ile Eniger
Je pense au silence de neige, à tous les silences emplis de voix aimantes et justes, les voix des origines.
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Ile Eniger
Sirenna   28 mai 2018
Ile Eniger
Je veux une averse d'étoiles sur les villes sales,

des arbres qui dansent dans les pas fatigués des passants,

le tournesol d'une robe jaune sur la grisaille des tristesses,

le souffle pur d'une terre haute,

l'eau glacée d"un torrent éclatant de rire,

des étincelles de nuit faisant battre le cœur des mots pour nettoyer

celui des hommes, un petit matin clair, irrévérencieux, insolent, confiant,

où des fées en espadrilles font le ménage du jour.
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Moovanse   18 septembre 2015
Du feu dans les herbes de Ile Eniger
Ce n'est pas tant la solitude qui garrotte les vies,

mais le pain sec des morales,

la vieille fille des obligations,

la hache sur le monde,

le verrou des indifférences, les habitudes.

Et la normalité, ce collectif grégaire qui assure ses peurs,

confiture ses certitudes, enterre ses rêves.

Ombres de mort.



Alors vivante,

je marche dans la tension d'aimer qui me nomme jusqu'à l'insurrection.

Un torrent ceinture ma taille et mes seins,

je me courbe sous le vent, sans obscénité --- vivante.

Du tournesol à la faim de l'oiseau --- vivante.

Le soleil en plus.



Je marche loin des gestes de cire.

Peu de choses, mais tellement moi.

Je désabonne les grimaces, convoque les glaciers, acclimate les braises.

Ma rue principale n'abandonne jamais.

Je marche au centre du dessin.

Vivante.





(p51) (Du Feu dans les Herbes)

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Ile Eniger
Sirenna   06 juin 2018
Ile Eniger
Elle a laissé quelques images,

pierres blanches qui veillent et allument la route :

du pain émietté pour nourrir les oiseaux,

les battements de l'âme sous ses paupières closes,

sa passion des mots,

de la musique,

des fleurs,

et son amour du jardinier.



Elle a laissé bien plus,

que je découvre encore lorsque les heures se taisent.
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Ile Eniger
Moovanse   10 octobre 2015
Ile Eniger
Hors saison.

Je n'écris plus que dans les herbes en attente d'hiver,

sur l'écorce grenue des arbres, contre le ronronnement des chats,

dans le souvenir piquant de flocons de neige.

Je dis "A Dieu" aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu.

L'inconséquence de l'espèce me fatigue, j'y suis étrangère.

Comment en est-on arrivé là,

ces papiers gras, ces souillures, ces mensonges,

cette cacophonie ou chacun tire à hue et à dia pour quelques sales miettes d'illusions.



Hors saison.

Je n'écris plus qu'avec la voix des ruisseaux,

le silence des terres, la trajectoire des oiseaux, les heures libérées des horloges.

Où s'est perdu l'espérance du premier cri, le crédit d'enfance,

le miroir des lacs de montagne, ce qui faisait la joie possible ?

Où est passé la vie, les belles et bonnes choses lentes ?



Hors saison.

Je quitte les tocsins, le ravage des pouvoirs,

les paroles douteuses, les gouffres d'eaux croupies.

Les cartes s'abattent, elles volent loin des châteaux de sable,

des jeux truqués, des foires ou meurent les pantins.



Hors saison.

J'écris de la bonté lointaine des étoiles,

des pluies sur les reins des maisons, des anciennes graines,

du linge qui danse dans le vent, de la caresse des laines au dos des bêtes,

d'une vieille main penchée vers l'amour.



Hors saison.

Je dis "A Dieu" aujourd'hui, sans doute n'en serai-je pas capable le moment venu.







Ile Eniger - Hors saison -

(Recueil à paraître en 2016 aux Éditions Chemin de Plume)

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Ile Eniger
Sirenna   25 août 2018
Ile Eniger
Arrête les agitations, les verbiages, les illusoires rassemblements,

les réseaux de basses-cours, les discours menteurs,

les sentences insensées, les égoïsmes barbares,

les suffisances mortelles.



Libère la respiration primale, la parole nue, la silencieuse, la pudique, l'exemplaire qui sonne clair comme un bol tibétain.

Lave la vie aux hautes sources, conduits à l'indivisible.



Et si je ne te sais, si je ne sais t'entendre, laisse rugir ton silence, l'écho sacré.
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Ile Eniger
Moovanse   05 septembre 2015
Ile Eniger
Elle sait les manques,

les chemins à rebrousse jeunesse,

les miroirs perfides, les carrefours, l’embuscade des sillons, tous les fléchissements.



Elle sait les traîtrises d’automne,

la lumière crue, la lumière nue qui appelle le corps par son âge.



Elle sait l’inconfiance malgré la violence des désirs.



Alors, elle voile la chute, protège l’intime, cherche la distance.

Elle masque la peur,

marche et sait qu’elle ne court plus.

La cruauté naturelle ne laisse aucun doute, la route est plus courte.



Pourtant, elle y boit toujours le soleil d’un trait.

Encore son pas réunit l’eau et le galet.



Doit-elle dire « je » quand elle parle d’Elle ?

A les voir se chercher,

je me dis qu’il faut du temps pour joindre les deux bouts d’une femme.





(Extrait de "L'inconfiance" aux Éditions Collodion)
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Ile Eniger
domisylzen   30 octobre 2017
Ile Eniger
L’âme ne vieillit jamais, simplement, le temps terrestre, de temps en temps, lui rappelle qu’elle est en voyage.
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Moovanse   28 septembre 2015
Le bleu des ronces de Ile Eniger
C'est un rosier-coquelicot.

Rouge trace de choses, d'hommes et de pollens.

Une grâce troublante, ostensible présence.

Piqûre fulgurante, cette marque sanguine sur la paume du jour, des doigts, des yeux et du soleil,

saigne le paysage.



Le savent-ils ceux-là et même toi qui vas,

combien le temps est court pour naître et flamboyer ?



L'effronté fait son sang sur cette terre pauvre.

Le velours de sa peau invite les caresses.

Sensuel, il effleure le rigide du mur.

"C'est beau tes yeux, j'en ferai un phosphore pour éclairer mes nuits".



C'est un rosier de transversales en verticales,

gifle d'une beauté qui luit d'impertinence.

Un rosier rouge fou, fils de passions occultes.

Fils de rien, que ce cri par hasard échoué à l'angle du grand mur.

Rouge d'avant les pierres, rouge d'avant les murs, rouge d'avant le rouge

Un rosier qui déplie son talent incarnat.



Je vois l'air le toucher et s'en aller comblé.

L'amour a un corps maintenant.





(P24)

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