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3.38/5 (sur 4 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Angers , 1529
Mort(e) à : Laon , 1596
Biographie :

Jean Bodin est un jurisconsulte, et économiste, philosophe et théoricien politique français, qui influença l’histoire intellectuelle de l’Europe par la formulation de ses théories économiques et de ses principes du « bon gouvernement ». Il est connu pour avoir introduit plusieurs concepts qui connaitront par la suite un fort développement :

la souveraineté: il se fait l'avocat d'une plus grande tolérance religieuse, soumise à une plus grande autorité royale. Père fondateur de la théorie de la souveraineté moderne : Puissance de commandement, puissance absolue, puissance indivisible, puissance perpétuelle.
la théorie quantitative de la monnaie : il en perçoit les premiers contours qu'il développe à l'occasion de la controverse qu'il entretient avec Monsieur de Malestroit1.

On cite souvent par ailleurs son aphorisme : « Il n’est de richesses que d’hommes ».
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Citations et extraits (8) Ajouter une citation
Et parce qu'il y en avait qui trouvait le cas étrange et quasi incroyable, je me suis avisé de faire ce traité, que j'ai intitulé ''Démonomanie des sorciers'' pour la rage qu'ils ont de courir après les diables, pour servir d'avertissement à tous ceux qui le verront, afin de faire connaître au doigt et à l'oeil qu'il n'y a crimes qui soient à beaucoup près si exécrables que ceux-ci, ou qui méritent peines plus graves. Et en partie aussi pour répondre à ceux qui par livres imprimés s'efforcent de sauver les sorciers par tous moyens, en sorte qu'il semble que Sathan les aient inspirés et attirés à sa cordelle pour publier ces beaux livres, comme était un Pierre d'Apone, médecin, qui s'efforçait de faire entendre qu'il n'y a point d'esprits, et néanmoins il fut depuis avéré qu'il était des plus grands sorciers d'Italie.

(Orthographe modernisé)
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Or l'impunité des sorciers de ce temps là fut cause qu'ils prirent un merveilleux accroissement en ce royaume, où ils abordèrent de toutes parts, et mêmement d'Italie [...], et depuis ont continué, en sorte que le sorcier Trois-Échelles Manceau ayant eu sa grâce après le jugement de mort contre lui donné à la charge de déférer ses complices, dit qu'il y en avait plus de cent mille en ce royaume, peut-être faussement et pour amoindrir son impiété ayant si belle compagnie. Quoiqu'il en soit, il en déféra fort grand nombre, mais on y donna si bon ordre que tous ou la plupart réchappèrent, encore qu'ils confessasses des méchancetés si exécrables que l'air en était infect.

(Orthographe modernisé)
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Ménage est un droit gouvernement de plusieurs sujets, sous l’obéissance d’un chef de famille, et de ce qui lui est propre. La seconde partie de la définition de la République que nous avons posée, touche la famille, qui est la vraie source et origine de toute République, et membre principal d’icelle. Et par ainsi Xénophon et Aristote, sans occasion, à mon avis, ont divisé l’œconomie de la police : ce qu’on ne peut faire sans démembrer la partie principale du total, et bâtir une ville sans maisons, ou bien par même moyen il falloir faire une science à part des corps et collèges, qui ne sont ni familles, ni cités, et sont néanmoins partie de la République. Mais les jurisconsultes, et législateurs, que nous devons suivre, ont traité les lois et ordonnances de la police, des collèges, et des familles en une même science. Toutefois ils n’ont pas pris l’œconomie comme Aristote, qui l’appelle science d’acquérir des biens, qui est commune aux corps et collèges aussi bien comme aux Républiques. Or nous entendons par la ménagerie, le droit gouvernement de la famille, et de la puissance que le chef de famille a sus les siens, et de l’obéissance qui est due, qui n’a point été touchée aux traités d’Aristote, et de Xénophon. Tout ainsi donc que la famille bien conduite, est la vraie image de la République, et la puissance domestique semblable à la puissance souveraine : aussi est le droit gouvernement de la maison, le vrai modèle du gouvernement de la République. Et tout ainsi que les membres chacun en particulier faisant leur devoir, tout le corps se porte bien : aussi les familles étant bien gouvernées, la République ira bien. Nous avons dit que République est un droit gouvernement de plusieurs ménages, et de ce qui leur est commun avec puissance souveraine. Le mot de plusieurs ne peut être signifié par deux au cas qui s’offre, car la loi veut du moins trois personnes pour faire un collège, et autant pour faire une famille, outre le chef de famille, soient enfants, ou esclaves, ou affranchis, ou gens libres qui se soumettent volontairement à l’obéissance du chef de ménage, qui fait le quatrième, et toutefois membre de la famille. Et d’autant que les ménages, corps et collèges, ensemble les Républiques, et tout le genre humain périrait, s’il n’était repeuplé par mariages, il s’ensuit bien que la famille ne sera pas accomplie de tout point sans la femme, qui pour cette cause est appelée mère de famille : tellement qu’il faut à ce compte cinq personnes du moins, pour accomplir une famille entière. Si donc il faut trois personnes pour faire un collège, et autant pour un ménage, outre le chef de famille et sa femme : nous dirons par même raison, qu’il faut du moins trois ménages pour 
faire une République, qui ferait trois fois cinq pour trois ménages par
faits. Et à mon avis que les anciens appelaient pour cette cause un peuple quinze personnes, comme dit Apulée, rapportant le nombre de quinze à trois familles parfaites. Autrement s’il n’y a qu’un ménage, encore que le père de famille eût trois cents femmes, et six cents enfants, autant qu’en avait Hermotimus Roy de Parthe, ou cinq cents esclaves, comme Crassus : s’il sont tous sous la puissance d’un chef de ménage, ce n’est pas un peuple, ni une République, ains un ménage seulement, encore qu’il y eût plusieurs enfants, et plusieurs esclaves, ou serviteurs mariés ayant d’autres enfants, pourvu qu’ils soient tous en la puissance d’un chef, que la loi appelle père de famille, ores qu’il fût au berceau.
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Poursuivons donc par le menu, et le plus sobrement que faire se pourra, les moyens qui sont illicites, pour s'en garder, et les bien considérer quand on viendra à juger de ceux qui en usent. En quoi je me trouve bien empêché. Car de montrer, et toucher au doigt et à l'oeil la façon, les moyens, les paroles desquelles il faut user, ce serait enseigner ce qu'il faut ensevelir d'une éternelle oubliance.

(Orthographe modernisé)
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L'Aristocratie est une forme de République, où la moindre partie des citoyens commande au surplus en général par puissance souveraine, et sur chacun de tous les citoyens en particulier ; en quoi elle est contraire à l'état populaire, où la plupart des citoyens commande à la moindre en nom collectif, et néanmoins semblable, en ce que ceux-là qui ont commandement souverain en l'une et l'autre République ont puissance sur tous en nom particulier, mais non pas en nom collectif et général. La puissance du Monarque est plus illustre que les deux autres, d'autant que son pouvoir s'étend sur tous en général, et sur chacun en particulier.
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Les vraies marques d'un grand Roi. C'est donc la vraie marque de la Monarchie Royale, quand le Prince se rend aussi doux, et ployable aux lois de nature, qu'il désire ses sujets lui être obéissants : ce qu'il fera, s'il craint Dieu sur tout, s'il est pitoyable aux affligés, prudent aux entreprises, hardi aux exploits, modeste en prospérité, constant en adversité, ferme en sa parole, sage en son conseil, soigneux des sujets, secourable aux amis, terrible aux ennemis, courtois aux gens de bien, effroyable aux méchants, et juste envers tous.
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La propriété du mot Tyran était honorable anciennement. Le mot de Tyran, qui est Grec, de sa propriété était honorable, et ne signifiait autre chose anciennement, que le prince qui s'était emparé de l'état sans le consentement de ses citoyens, et de compagnons s'était fait maître ; celui-là s'appelait Tyran, [bien] qu'il fût très sage et juste prince. Aussi Platon récrivant à Denys le tyran, lui donne cette qualité par honneur : Platon à Denys le tyran, salut ; et la réponse : Denys le tyran à Platon, salut.
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L'erreur est venue de ce qu'Aristote ne définit point que c'est d’Aristocratie. De dire que c'est où il n'y a que les riches, ou les gens de bien, qui aient part à la seigneurie, il n'y a point d'apparence, car il se peut faire que de dix mille citoyens, il y en ait six mille qui auront deux cents écus de rente, et part à la seigneurie, et néanmoins l'état sera populaire, attendu que la plupart des citoyens tiendra la souveraineté, autrement, il n'y aura point de République populaire.
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