Le mois de décembre pointe déjà son nez tout froid, c'est le moment ou jamais de songer à préparer les cadeaux pour Noël. La librairie Point Virgule vous propose donc une sélection d'ouvrages particulièrement jolis qui seront du plus bel effet sous le sapin.
- L'Anthologie illustrée du monde aquatique, Sam Hume, Auzou, 19,95
- Les Fées, L'encyclopédie du merveilleux, Sébastien Perez & Bluebirdy, Albin Michel Jeunesse, 23,90
- Tout noir, Amandine Piu & Gilles Baum, Amaterra, 29,90
- Les 4 filles du docteur March, Louisa May Alcott & Nathalie Novi, Tibert éditions, 32
Nous avons tous la clef de nos futurs châteaux en Espagne, dit Jo ; reste à savoir si nous saurons ouvrir la porte ou non.
Il y a de nombreuses Beth dans le monde, timides, tranquilles, vivant pour les autres si naturellement que personne ne s'aperçoit des sacrifices qu'elles font jusqu'à ce qu'elles disparaissent, laissant le silence et l'ombre derrière elles.
Ce dîner de Jo resta bien longtemps célèbre dans toutes les mémoires comme un sujet de rires sans fin. Sans doute, elle avait fait de son mieux ; mais elle découvrit, ce jour-là, que, pour faire une cuisinière, il faut quelque chose de plus que de l'audace et de la bonne volonté.
- Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de belles dames qui se soient autant amusées que nous ! Nos cheveux brûlés, nos vieilles robes, nos gants dépareillés et nos bottines trop étroites qui nous donnent des entorses quand nous sommes assez bêtes pour les mettre, répondit Jo, n'ont rien ôté de ses agréments à la soirée.
... vous devriez vous souvenir que vous êtres une demoiselle.
- Je n'en suis pas une, et si mes cheveux relevés m'en donnent l'air, je me ferai deux queues jusqu'à ce que j'aie vingt ans, s'écria Jo en arrachant sa résille et secouant ses longs cheveux bruns. Je déteste penser que je deviens grande, que bientôt on m'appellera Miss Marsch, qu'il me faudra porter des robes longues et avoir l'air aussi raide qu'une rose trémière ! C'est déjà bien assez désagréable d'être une fille quand j'aime les jeux, le travail et les habitudes des garçons. Je ne me résignerai jamais à n'être pas un homme. Maintenant c'est pire que jamais, car je meurs d'envie d'aller à la guerre pour vaincre ou mourir avec papa, et je ne puis que rester au coin du feu à tricoter comme une vieille femme !
Espérons et travaillons, voilà notre devise.
- C'est très bien d'avoir des talents et d'être distingué, mais non d'en faire parade ou de se pavaner parce qu'on en a, reprit pensivement Amy.
- Il faut laisser aux autres le soin de les remarquer ; chercher à les faire valoir, c'est leur faire perdre tout mérite, dit Mme Marsch. "Quand on se paie soi-même, les autres ne vous doivent plus rien"...
Tante Marsch lui répliqua aigrement qu’une fortune à faire n’était pas une fortune faite ; qu’une position à conquérir n’était pas une position conquise, et que la seconde déclaration qu’elle la priait de faire à Meg était que, bien qu’elle se fût proposée de lui donner 50 000 dollars le jour de son mariage, elle devait se tenir pour dit que, si elle se mariait avec M. Brooke, « un homme sans le sou », elle ne lui donnerait rien du tout.
Jo, indignée, n’avait pu se retenir de répliquer à tante Marsch qu’elle trouvait la raison qu’elle donnait du changement de ses dispositions envers Meg absolument inique, attendu que plus Meg épouserait un homme pauvre, plus sa libéralité aurait eu sa raison d’être ; tandis que, si elle épousait un homme riche, elle n’en aurait que faire.
-[...] Tu le regretteras plus tard, petite péronnelle; quand tu te retrouveras dans une chaumière, tu t'apercevras vite qu'on ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraîche.
-En tout cas, ça n'est sûrement pas pire que de vivre dans une belle maison, sans amour du tout, rétorqua Meg.
La pauvre Meg, qui les voyait dépenser sans compter en frivolités qu'elle-même était bien incapable de se payer, se plaignait rarement, mais parfois un sentiment d'injustice la rendait amère. Elle en voulait alors au monde entier, car elle n'avait pas encore appris à estimer à leur juste valeur les bienfaits dont elle était comblée et qui font le véritable bonheur.