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Critiques de Marie-France Labrecque (2)
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Féminicides et impunité Le cas de Ciudad Juárez
  22 décembre 2020
Féminicides et impunité Le cas de Ciudad Juárez de Marie-France Labrecque
Bon l'oeuvre est remarquable, mais en France alors ?

Bon an mal an, nous étions à un féminicide tous les 3 jours, à tel effet que ça commençait à causer dans les chaumières, il y avait même une fumée blanche qui sortait de l'Elysée ; à l'entrée de 2020, nous sommes passés à un féminicide tous les 2 jours, glups ! Des cautères sur des jambes de bois ont été déclinés par Schiappa ! La Covid est passée par là qui avec ses confinements n'était pas faite pour arranger les choses et calmer l'ardeur des hommes-monstres, j'ai entendu quelques rares voix s'en indigner, mais les vrais chiffres ne remontaient plus, silence radio, comme sur les Ehpad.



J'ai entendu tout récemment dans un média une dame s'en alerter en brandissant le chiffre de 95 au compteur déjà pour 2020 ?? J'ai un petit cerveau, je sais compter jusqu'à 5. Qu'on m'explique, j'ai dû rater une séance !



Je ne peux me résoudre à l'indifférence générale quand en ce temps de l'Avent, je sais qu'au moment même où j'écris mes jérémiades, mais pas chimères ni démagogie puisque c'est la vérité, une femme en France et où qu'elle soit est en train de subir des coups, des tortures de son conjoint et qu'elle va mourir, et que celui-ci est encore moins inquiété qu'avant puisqu'il sait qu'au moment même où il commet l'insoutenable il est encouragé par le silence des gens non pas né de l'ignorance mais de situations archi-connues.
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Féminicides et impunité Le cas de Ciudad Juárez
  28 décembre 2012
Féminicides et impunité Le cas de Ciudad Juárez de Marie-France Labrecque
La violence exercée à l’endroit des femmes mexicaines est binationale dans sa forme



Comme l’indique Diane Lamoureux dans sa préface « il est des »évidences » qu’il faut sans cesse réitérer, parce qu’elles sont loin d’en être pour tout le monde, surtout nos autorités politiques » et elle ajoute « Les femmes assassinées de Ciudad Juarez en sont un exemple criant, tout comme l’étaient les populations civiles irakiennes ou afghanes, relevant de la réification des »dommages collatéraux » des bombardements des États-Unis et de leurs alliés ». La préfacière conclut : « Les droits des femmes ne sont pas une province (reculée?) des droits humains, ils sont au cœur de leur dispositif, car un droit qui n’est pas universel n’est pas un droit mais un privilège ».



Le livre de Marie France Labrecque permet de « voir plus clairement les intersections de classe, de race et de genre sur lesquelles s’appuie le capitalisme transnational ». Dans son introduction, l’auteure insiste sur la méthode : « S’il existe un fonds commun de misogynie derrière tous les féminicides, il importe de les contextualiser le mieux possible » ou « En replaçant les meurtres de femmes dans leur contexte, j’espère éviter d’essentialiser le phénomène, c’est-à-dire de l’attribuer à des caractéristiques inhérentes aux acteurs ». Il convient donc saisir « un ensemble de facteurs sociaux sur une multiplicité d’échelles qui favorisent les dynamiques locales » pour comprendre les réalités et les modifier.



Table des matières :

Préface de Diane Lamoureux

Introduction

Chapitre 1: Ciudad Juárez : ville frontalière

Chapitre 2 : Féminicides ou assassinats de femmes ?

Chapitre 3 : Défendre les droits humains des femmes et interpeller l’État

Chapitre 4: Comprendre les féminicides

Conclusion



Ciudad Juarez est une ville à la frontière des États-Unis et du Mexique, frontière, faut-il le rappeler non ouverte pour les mexicain-ne-s qui souhaiteraient aller au nord. Frontière surlignée par le « mur de la mort » sur plus de cent kilomètres. Dans cette zone sont implantées de très nombreuses maquiladoras, aux syndicats charros, dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui « a créé de meilleures possibilités pour la circulation du capital et pour les entreprises, ainsi que de nouvelles modalités d’exemption d’impôts… ». Droit du capital mais non droit au syndicalisme pour les centaines de milliers de salarié-e-s. Libre circulation du capital mais pas pour les êtres humains, le néolibéralisme en pleine action. Sans oublier les cartels de la drogue largement favorisés par la politique de prohibition et la corruption généralisée permise par cet argent sale mais respectable dans son recyclage par les institutions financières.



L’auteure débat des définitions : fémicide « assassinat de femmes et de filles parce qu’elles sont des femmes », féminicide comme crime d’État « La mise en cause de l’État constitue le cœur de cette définition et c’est en ce sens qu’elle va plus loin que celle de fémicide ».



L’auteure souligne que « les définitions du féminicide ouvrent sur deux voies convergentes et complémentaires ; celle de l’analyse intersectionnelle de la violence qui se base sur la prise en compte simultanée de la classe, du genre et de la race, et celle des revendications sur le plan légal et institutionnel qui confrontent plus directement l’État ».



Les analyses de l’auteure sont particulièrement riches, et ne se laissent pas réduire aux caractéristiques statistiques qui gomment les spécificités des violences envers les femmes.



J’ai notamment apprécié les analyses du chapitre « Comprendre les féminicides », l’insistance mise sur « les différentes formes de violence que peuvent subir les femmes sont interreliées », le « continuum de la violence » et les liens entre fonctionnement du système capitaliste, réellement existant dans ses versions néolibérales, mexicaines et étasuniennes et l’impunité pour les auteurs de ces féminicides.



« Si la misogynie et la haine des femmes sont généralisées, la façon dont elles s’expriment est tributaire d’un ensemble de facteurs qu’il est urgent de circonscrire si l’on souhaite éradiquer la violence contre les femmes ».


Lien : http://entreleslignesentrele..
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