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EAN : 9782940583690
252 pages
5 sens éditions (07/04/2017)
4.56/5   9 notes
Résumé :
En guerre dès le matin est un roman de fiction à la première personne et relate les errements philosophiques et physiques d’un narrateur à la recherche de lui-même. De lui-même et de la vie à vrai dire. Ou de ce qui la compose. Il n’aura de cesse que de se battre et de tenter de résister à tout ce qui pourrait l’éloigner de sa vocation. On le retrouvera donc en confrontation avec l’impériosité d’un emploi, l’inspiration insaisissable, les moments de désespoir mais t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
J'ai commencé En Guerre Des le Matin lassé par des livres qui ne m'apportaient plus grand chose d'autre, depuis longtemps, que de vagues nuances de gris montées sur palette, fatigué de chercher des réponses qui jamais ne venaient.
Je ne l'ai pas lu au début, je l'ai regardé à peine. L'oeil vitreux, blasé, vaincu. Un oeil d'historien ha ha ha!

Et puis il s'est passé quelque chose.
Les meilleurs livres nous happent ? J'ai fusionné avec celui-ci. Quel putain d'ouvrage! Sa portée ne sera pas mesurée ce siècle, je le crains. Pas plus que sa puissance ne sera estimée. Mais un jour, sans aucun doute. Il ne saurait en être autrement.
Ce livre est à la hauteur des ambitions du narrateur : Un Manuel Pratique pour le Courage. Un anti-dépresseur. Un glaive enflammé.
Un héros à lui tout seul ce bouquin, de ceux que chacun de nous tenons en secret dans nos têtes, pour inspirer nos actes de bravoure, dans les moments les plus durs.
Et sur la forme ? J'ai traqué chaque rouage, suivi chaque fil caché derrière le décor, inspecté chaque structure portant le bordel : rien. Il y a bien trois coquilles sans importances disséminées dans le texte, mais pas une fausse note, pas le moindre défaut.
Rien à redire.

Il est pour le lecteur, cette jeune femme en robe blanche qui sourie sur un banc, et prête son épaule. Il a des réponses. Une présence. Il entrouvre les portes de quelque chose de Sacré, de Secret aussi, muselé et anesthésie par ce siècle, qui sommeille en chacun. Et indéniablement, il y a bien de quoi changer une vie, la-dedans.
Si demain je devais traverser l'Enfer, et qu'on m'accordait de ne prendre qu'un seul objet. Je délaisserais toutes les armes ou armures du monde. Je prendrais simplement ce livre. Et me dirigerais vers les Portes de l'Horreur en souriant.
Encore merci, et mes putains de félicitations à l'auteur pour ce chef-d'oeuvre incroyable.
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Je ne savais pas à quoi m'attendre quand j'ai ouvert cette guerre. Je ne savais pas qui combattait qui. Je ne connaissais pas les règles.
Et c'est assez facilement, naturellement, que je me suis laissée embarquer dans le quotidien de cet homme. Dans ses questionnements, ses tentatives d'adaptation qui me renvoyaient aux miennes. Et c'est comme un ami que j'ai rencontré ou retrouvé, je ne sais pas.
Le heurt des phrases brèves, leur succession mettent un rythme de course, d'essoufflement. Comme s'il cherchait à s'enfuir de quelque chose. Et je cours avec lui, et je pleure avec lui.
Il y a des moments de grâce dans ce livre où la poésie est partout. Jusqu'à ce gamin dans le tramway. Et nous voudrions tous pouvoir voir avec ses yeux. Et ça rassure de lire ce livre. Au fond du ventre. Parce qu'on se dit qu'on n'est pas seul.
Que les démons attaquent en silence et que le quotidien en est blindé.
C'est son combat solitaire et courageux qui se passe dans ces pages.
Parce qu'on a tous connu des boulots de merde, des situations de couples sourds, des mauvaises places.
Et que tous nous cherchons une place. Et c'est en lisant ce livre, que j'ai pu trouver le courage pour tenter moi aussi de trouver la mienne.
Parce que malgré toute cette merde alentour, il y a de l'espoir et c'est ce que Mike montre. Et ça fait du bien.
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Ces aventures d'un déprimé mégalo nietzschéen bipolaire alcoolique, qui m'ont fait penser à celles d'Ignatius dans « la Conjuration des imbéciles », sont une vraie réussite. le héros en fait des tonnes, gesticule (surtout dans sa tête), lance ses imprécations contre la bêtise du monde, des autres, de la société - couple et travail salarié en première ligne. Il a souvent raison mais ne se remet pas beaucoup lui-même en cause... Ce décalage entre ce qu'il croit vivre et ce que l'on comprend qu'il vit réellement est vraiment hilarant, et aussi touchant. A noter, sur le plan stylistique, un traitement original, habile et élégant des dialogues (qui du coup n'en sont plus). Une lecture qui m'a surpris et emballé, une trouvaille qui mettra du baume au coeur de tous les génies incompris seuls au monde…
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Je ne m'attendais à rien en achetant ce livre. Ce n'était pas du tout dans mes genres habituels, loin de là.

Puis j'ai commencé les premières pages et "oh mon Dieu, qu'est-ce que je suis en train de lire ?", "Ai-je vraiment dépensé 40 balles là-dedans ?", "Je crois que j'ai fait une terrible erreur." A été mes réactions à chaud. Lire les premières phrases font peur, car on a l'impression de lire qqch d'incompréhensible. Mais je me suis efforcée de continuer la lecture malgré mes préjugés. L'auteur veut partager une vision que je ne peux pas comprendre si je m'arrête à la deuxième page comme une imbécile.

Alors j'ai continué. Les pages défilent et je suis intriguée par les diverses émotions que le livre me procure. Passant du fou rire, à la tristesse jusqu'à l'émotion sur certaines scènes touchantes. Sans m'en apercevoir, je rentrais dans un livre que j'ai jugé négativement aux premiers abords. Même les phrases saccadés, chaotiques et incompréhensibles finissaient par devenir logique ou sensées.

Je l'ai lu la moitié le premier jour et je l'ai fini aux deuxièmes jours. Quand j'ai fini de lire la dernière page, c'est comme si j'avais quitté un vieil ami que je connaissais depuis longtemps. Ça a été triste et perturbant ensuite.

Je ne pourrais pas vous expliquer ce livre. Il est complexe, même le narrateur sans nom est complexe à définir. Alors je vous invite à le lire tout en faisant fi des premières impressions et vous comprendrez mes mots. En lisant, vous vous apercevrez des subtilités et finirez par comprendre tout le livre.
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Très bonne oeuvre, merci à son auteur pour cette découverte. Il nous transporte directement dans son univers, nous partage ses réflexions, ses jugements. le lecteur est mis face à l'absurdité de la vie quotidienne, de la société, mais aussi face à sa propre absurdité, ses rêves inatteignables, ses désirs inassouvis. Cette oeuvre est empreinte de vérité et de remise en question. le narrateur nous transporte entre réalité et déréalité, entre désir et besoin. C'est un voyage dur et agréable, mêlant plaisir et souffrance, aiguisant notre sens critique. La narration est parfaitement maîtrisée, très détaillée. L'utilisation de phrases très courtes m'a frappé en plein visage, c'est un procédé très intéressant et très fort.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Je me retrouve seul en pleine nuit. Des odeurs de fleurs sauvages. Des effluves fraîches et inédites. Les ombres partout s'emparant du monde. Je ne ressens plus que le froid. Un froid sans compassion. Sinon un murmure sinistre dans le lointain. Guettant sa proie. Les ténèbres surgissant comme des monstres rampants agressifs. Montrant les crocs. Dévorant les animaux faibles. Conspirant avec la nuit elle-même. Cris de chouettes sauvages et Voie Lactée éclatante. Les étoiles scintillant dans un ciel inaccessible. Cette impression de beauté partout ailleurs que sur la Terre.
Au loin la ville. Charnue. Putain. Ses lumières qui ne me sont pas destinées. Ne connaissant plus personne. Personne ne m'attendant plus nulle part. Aucune destination. Aucune direction à prendre. Uniquement l'errance. Le détachement. L'isolement. La solitude. N'étant plus que solitude. Cette pensée me serre le cœur. Je ne suis plus rien que la solitude. J'hésite. Où aller ? Je n'en ai aucune idée. Je me promène sur un chemin de terre avec quelques affaires sur le dos. Quelle désolation. Je ne suis plus rien. Rejetée de toute vie. De toute structure. Un navire à l'abandon. Errant sans but. Je souhaite mourir.
J'arrive près d'une forêt et sens son souffle chaud qui m'appelle. Qui me murmure des choses sensuelles. Des mots doux. Qui me caresse la joue. Je regarde la ville encore une fois. Elle n'a plus rien pour moi. Je ne me suis jamais senti aussi seul. Aussi vide. Rejeté. Misérable. J'entre dans le bois et vois une silhouette de femme. Argenté. Délicieuse. Qui m'appelle. Une femme aux reflets cristallins et aux courbes alléchantes. Je vais vers elle. La désire. Je ressens son amour. La possibilité d'un amour. D'une nuit éreintante et d'une tendresse féminine. Je ne souhaite plus que sa douceur. Je ne souhaite plus que m'abandonner en elle. Je ne souhaite plus que mourir dans ses bras. Me laisser porter. Espérer une réponse. Un refuge. Elle me tourne le dos lentement et se cache derrière un arbre. J’accélère le pas pour ne pas la perdre, mais elle n'est déjà plus là. Disparue. D'un coup. Sans aucun regard. Sans un mot. Me laissant encore plus seul.
Abandonné de tous.
Je ne suis plus rien que la Solitude.
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Et d'un coup ma propre solitude me serre la poitrine, m'oppresse. Me déchire. Comme des corbeaux voraces me dévorant de l'intérieur. J'entends leur piaffement agressifs sortir de ma gorge, et je sens leurs griffes et leur bec me grignoter le cœur dans une âpreté terrible. Alors je repense à tous ces gens. Ces couples qui ne se comprennent peut-être plus et qui n'arrivent pas à se séparer, ces ouvriers exténués ne trouvant pas de solution, n'ayant plus que des larmes comme consolation, ces femmes seules qui n'ont plus que de la tristesse et du désespoir sous un maquillage séduisant. Toute la file à l'Agence qui angoisse la nuit venue, se demandant ce que la vie leur réserve encore de diabolique, sans avoir la possibilité d'agir dessus. Tous ces gens qui finalement n'ont pas d'autres choix que de subir une vie qu'ils détestent peut-être et qui pleurent devant la nuit qui s'étend en pensant que le lendemain sera le même jour que la veille. Qui n'ont plus aucune envie de faire autre chose que de se laisser abattre conscients d'avoir renoncé mais ne trouvant plus la force ni l'envie de tenter autre chose, de se battre encore un peu. De sourire. De croire en des jours chantants. Et moi-même, ayant pourtant les armes, le courage, la lucidité pour affronter tout ça je me retrouve là, seul, sur un banc, puant le mauvais vin, ayant des vertiges, des troubles de la vision, bafoué par l'espace et le temps, incapable de faire mieux. Et je vois cette nuit et ces ténèbres et le froid qui les accompagne et comprends l'enfer qu'ils contiennent. Comprends qu'il n'y a là aucun rire ou aucune joie. Que la nuit n'offre aucun répit. Aucun sursis. Qu'elle n'est qu'un tombeau. Grandiose. Qu'elle n'a rien à offrir à l'homme que le reflet de sa vie. Que si la lumière et les ombres n'existent plus il ne reste que soi, sa propre personne confrontée à elle-même. Dans toute sa crudité. Sans aucun jugement extérieur. Sans personne pour regarder. Une chute directe dans ses propres abîmes. Et qu'il faut du cran finalement pour affronter la vérité. Sa propre vérité. Affronter son propre gâchis. Sa propre médiocrité. Que la nuit finalement ne fait qu'éclairer nos propres défauts. Nos propres peurs. Nos hontes les plus secrètes. Que tout notre blabla habituel, nos masques, nos barrières éclatent à travers le prisme de la nuit. Et que celle-ci oblige finalement à plonger ses mains dans le cœur de notre substance la plus viscérale, à en humer l'odeur profondément et à en subir les railleries les plus intimes.
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Je déambule dans la rue. Le trottoir m'a l'air plus égratigné que jamais. Pourri à vie. Usé. Sali par les milliers de primitifs qui le piétinent chaque jour sans s'en rendre compte. Sans se rendre compte de l'existence même du trottoir. De son importance. De l'empreinte qu'il gardera. De l'empreinte de leur pas fatigués, ternes, détestables, et malheureux. Ces godasses lourdes et navrantes usant le goudron, lui arrachant toujours un peu de plus de vie, matin, midi et soir. Dimanche et jours fériés. Sous la lune, la pluie ou un soleil cogneur. En pantalon ou en costume. Tailleur ou mini jupe. Le con flottant au-dessus de l’asphalte inutilement. Gosses, vieux, petits, maigres, chauves, ici et partout ailleurs sur toutes les routes du monde. Sept milliards d'humains usant et esquintant le sol. Ne laissant derrière eux que de la poussière et de la merde. De la sueur amère. Fade. Très peu de sang ou alors par tonneaux. On devrait cartographier la souffrance par la densité d'hémoglobine qui s'écoule dans la terre. Ou par la quantité de larmes.
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Et maintenant la folie.
Débridée. Chimérique. Lumineuse.
Nectar de toute démesure. Muse du grand chamboulement.
Atteindre la liberté mentale la plus pure. Usant de tous les excès et n'ayant d'autre ambition que d'incarner la vie. Portant en soi l'intransigeance des philosophies les plus rudes. Les plus risquées. Souhaitant s'élever là où quasi aucun homme n'a encore mis les pieds. Explorant les cimes les plus inaccessibles. Les solitudes les plus tenaces. Se frayant un chemin net et direct vers son Moi le plus authentique. L'en libérant de toute soumission. De toute gangrène. De toutes peurs. Lui faisant goûter les nourritures les plus sensuelles. Les plus jouissives. L'enivrant de toutes choses. De toutes sensations. De toutes joies. L'enivrant de souffrances vaincues. De guerres célestes.
L'enivrant jusqu'à le rendre fou.
L'enivrant jusqu'à en faire un soleil.
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Rien de tout ça chez moi. Juste la joie. L'instinct. L'innocence même. Morale et violente. L'innocence sauvage. Non pas la naïveté. En voilà une idée tiens. L'innocence, au final, n'est rien d'autre que la pureté de l'instinct. L'instinct débarrassé de tout désir d'idéal. De toute interprétation morale. De tout jugement. Qu'il vienne de soi, ou de l'extérieur. L'instinct sans jugement. L'instinct libre. L'instinct pur. Scintillant. S'exprimant avec sauvagerie et personnalité. Voilà l'innocence. Une bête fauve et créatrice. Capable du bien comme du mal car libéré du bien et du mal. Agissant seulement. Dans un but créateur. Non pas dans la destruction mais dans la propagation de son être à travers le néant. Dans le cri authentique émanant d'une rage vivante. D'une soif de vivre. D'un désir de percuter le néant de sa propre essence. De le mordre.
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Video de Mike Kasprzak (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mike Kasprzak
http://lesoccultes.com/catalogue/mons... Vidéo de présentation du recueil de nouvelles "Monstres" écrit par Mike Kasprzak, publié en Juin 2014 (version papier) par les éditions Les Occultés.
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