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3.94/5 (sur 9 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1907
Biographie :

Les éditions Grasset sont une maison d'édition française, fondée en 1907 par Bernard Grasset et devenue en 1967, par fusion avec les éditions Fasquelle, les éditions Grasset & Fasquelle.

Grasset publie de la littérature française et étrangère, des essais, des romans et des ouvrages de sciences humaines, entre autres.



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Petite parenthèse florale avec Alain Baraton pour son dernier livre : " le livre de la rose " aux Editions Grasset et Fasquelle Un moment qui sent bon le printemps, un instant qui sent bon le bonheur ! Retrouvez son ouvrage directement sur notre site internet : https://tinyurl.com/yuavurkt


Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Nous avions tous vu des présidents prendre de mauvaises décisions en matière de défense. Cette fois, c’était d’un autre ordre. Aucun de nous n’avait souvenir d’une telle désinvolture. Dans une Maison-Blanche normale, les décisions de cette ampleur se prennent au terme de froides délibérations. Elles sont l’objet de réunions (parfois trop) où s’échangent des informations sensibles, pour veiller aux moindres détails. On pare à toutes les éventualités, on répond à toutes les questions. Comment nos ennemis vont-ils interpréter la chose ? Que pouvons-nous faire pour peser sur leurs calculs ? Comment nos partenaires vont-ils réagir ? Surtout, comment procéder pour protéger au mieux le peuple américain, et notamment les hommes et les femmes qui portent l’uniforme ? Aucune de ces questions n’avait reçu de réponse préalable.
Non seulement cette décision était irresponsable, mais plusieurs membres de l’administration avaient témoigné sous serment de ce que l’État islamique n’avait pas encore été éliminé. Ils avaient aussi fait la promesse publique que les États-Unis n’abandonneraient pas la lutte en Syrie. À présent, le président affirmait à tort que Daech avait cessé d’exister, parce qu’il venait de décréter que c’était la vérité du jour. Il envoyait à l’ennemi le message que l’Amérique se dirigeait vers la sortie. « On va nous traîner devant le Capitole, on va se faire clouer au pilori », se lamenta un membre éminent du gouvernement.
Au Congrès, la réaction fut prompte, y compris au sein du parti de Trump. « Depuis douze ans que je suis ici, je n’ai jamais vu une décision pareille, déclara aux journalistes, atterré, le sénateur Bob Corker, alors président de la Commission des affaires étrangères du Sénat. On a du mal à imaginer un autre président prenant une initiative de ce genre au saut du lit, en communiquant aussi peu, avec si peu de préparation. » Même le sénateur Lindsey Graham, qui pourtant à cette période s’efforçait de se gagner les faveurs de Trump, fustigea cette annonce. Il déclara aux journalistes que cette nouvelle avait « déstabilisé le monde ».
Ce fut aussi un tournant pour d’autres raisons. Cet incident précipita la chute de protagonistes essentiels qui croyaient pouvoir introduire un peu d’ordre dans le chaos de cette administration. L’un d’eux en particulier jugea que c’en était trop.
Le jour de ces tweets syriens, le secrétaire à la Défense James Mattis annonça sa démission. Dans une lettre au président, il écrivit : « Ma ferme conviction quant à la nécessité de traiter nos alliés avec respect tout en restant lucide sur les acteurs malfaisants et sur nos rivaux stratégiques repose sur les quarante années au cours desquelles je me suis plongé dans ces questions. […]
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Dans l’administration Trump, ce fut un début de journée comme un autre. Nous étions le mercredi 19 décembre 2018 et la Maison-Blanche traitait un problème de communication. La veille, le département d’État avait décidé de dévoiler un programme d’aide au développement économique en Amérique latine, les experts estimant que cela permettrait de réduire la violence et l’instabilité dans la région. Il y avait juste un os. Le président était sur le point de tout annuler. Il craignait apparemment que ce ne soit trop coûteux et menaçait de liquider l’accord d’un simple tweet. Les architectes de ce programme paniquèrent : le président allait provoquer un incident diplomatique.
Comme c’est souvent le cas, l’événement majeur fut relégué au second plan. Le président n’était pas encore descendu de ses appartements privés pour entrer dans le Bureau ovale. Nous savions tous pourquoi. Pour son flux de tweets, c’était l’heure de pointe, et à 9 h 29, depuis sa résidence officielle, il lâcha un véritable missile : « Nous avons vaincu l’État islamique en Syrie, seule raison d’être de la présidence Trump. » En quelques minutes, la nouvelle que le président avait décidé de retirer nos troupes de Syrie se répandit comme une traînée de poudre. Il tweeta par la suite : « Après notre victoire historique contre Daech, il est temps de ramener nos magnifiques jeunes gens à la maison ! »
Cette annonce se répercuta dans tout Washington. C’était l’inverse de ce qui lui avait été recommandé. Du sommet de la hiérarchie du Pentagone jusqu’aux chefs de la communauté du renseignement, la plupart des conseillers du président l’avaient mis en garde contre tout retrait unilatéral et improvisé de nos quelque deux mille hommes stationnés en Syrie. L’État islamique restait une menace de taille, lui avait-on rappelé, et la sortie de l’Amérique permettrait à la phalange terroriste de se reconstituer et de fomenter d’autres attaques meurtrières. Un retrait trop précoce laisserait aussi le champ libre à un dictateur, Bachar el-Assad, qui n’hésitait pas à employer des armes chimiques contre son propre peuple, à un régime de Téhéran hostile aux États-Unis qui élargirait son influence dans la région, et à la Russie. Qui plus est, cela entraînerait sans doute le massacre des forces kurdes qui nous avaient aidés contre les terroristes. À tous égards, ce retrait nuirait aux intérêts américains.
Le président fut inflexible. Au lieu de réunir ses conseillers de la sécurité nationale pour débattre des diverses options, il venait de les contrer d’un simple tweet.
« Enfin, merde, il y a des gens qui vont mourir à cause de ça », fit remarquer un haut conseiller, très en colère. Nous nous sommes tous évertués à comprendre ce qui s’était passé et quels étaient les projets de Trump. Les alliés des États-Unis étaient sidérés, et alarmés. Le département de la Défense était dans le flou : on ne voyait pas du tout comment répondre aux questions de la presse puisque c’était une décision à laquelle le Pentagone n’avait pratiquement pas pris part. Au sommet de la hiérarchie militaire, on était furieux de l’absence de planification : à cause de cette annonce soudaine, les soldats sur le terrain risquaient de se transformer immédiatement en cibles, potentiellement vulnérables à une attaque lancée par des adversaires opportunistes qui les voyaient battre en retraite. L’armée échafauda en toute hâte un plan d’urgence pour s’assurer que les forces américaines ne seraient exposées à aucun danger.
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Nous connaissons tous par cœur le mode trumpien du " Vous m'avez compris, je n'ai rien dit". Il laisse entendre qu'il a le pouvoir d'ordonner à quelqu'un de faire quelque chose, mais espère ne rien avoir à dire d'explicite afin de n'être lié en rien aux conséquences. Ces petites allusions de sa part sont en fait des demandes illégitimes déguisées en innocentes suggestions.(...)
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C'est que les mots comptent. Historien de formation, j'ai toujours cru le langage d'un président particulièrement important, parce que cet homme ( ou pour un futur proche, cette femme) s'exprime ven notre nom à tous. Ses mots façonnent notre manière d'entrer en relation les uns avec les autres et de répondre aux besoins du pays. Ils influencent notre manière d'affronter les épreuves et de coopérer au sein d'un même gouvernement. Les mots d'un dirigeant deviennent le cri de ralliement des causes que nous partageons, de ce contre quoi nous nous élevons (..,) ou ce que nous défendons (...). Malheureusement, les mots de Trump n'encouragent guère la civilité de la nation. Ils la rongent.
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La guerre de ce président contre nos institutions démocratiques a pour effet de reléguer le gouvernement des États-Unis au niveau d'une des sociétés de la Trump Organization : une entreprise mal gérée, pilotée par un sociopathe endossant un costume de chef de l'exécutif, traversée de luttes intestines, aux prises avec des procédures judiciaires, s'enfonçant dans la dette, allergique à toute critique interne ou externe, ouverte aux combines les plus douteuses,car soumettant à des contrôles sommaires, uniquement au service de son unique propriétaire, lui - même surtout soucieux de sa propre personne, le tout aux dépens de ses clients.
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(...) mais face à ces questions conflictuelles, il est responsable d'avoir donné le ton, de ne pas avoir su choisir ses mots avec soin et d'avoir entretenu un climat d'intimidation susceptible de cultiver la violence.
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Une idée avait surgi de nulle part dans son esprit et il la trouvait brillante, du simple fait qu'il y avait pensé.
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La Corée du Nord renouait avec le même numéro qu'elle avait sempiternement joué pour ne plus avoir l'Occident sur le dos, en tendant une fausse branche d'olivier pour alléger la pression jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle administration américaine.
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Dans toute son argumentation, c'est l'un de ses procédés favoris : attaquer ses détracteurs pour les intimider et les réduire au silence. C'est sa méthode depuis des décennies.
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L'ignorance délibérée, telle est la manière la plus juste de définir l'attitude du président envers ses ennemis. Il voit ce qu'il a envie de voir.
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