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darkdays
  27 février 2020
Tu m'as donné de la crasse et j'en ai fait de l'or de Thiellement Pacome
découvert par la précieuse contribution des éditions Massot lors de la généreuse opération Masse Critique Littératures : une avalanche de romans. mais ce n'est pas un roman. Pacôme Thiellement, journaliste, essayiste, nous parle de lui, de ses peines. avec son bagage culturel et spirituel, il se confie sur son côté obscur et nous fait don de ses réflexions.



cet homme barbu, (il a du vécu), nous présente, en couverture, un visage apaisé illuminé qui contraste avec la noirceur de l'arrière plan.

le décor qu'il plante c'est sa vie, sa jeunesse, ses trois amours (déboires amoureux et sexuel), sa dépression, l'amitié trahie, l'humiliation, la jalousie, sa folie, ses deuils, ses choix, sa compréhension de la vie et des rouages de la société.



ce qu'il nous explique ici, c'est l'origine de nos malheurs. il développe les concepts de preta, d'âme adventice, de Demiurge, de Sans Roi, qui ont fait l'objet d'un précédent livre, il le mentionne à plusieurs reprises. matraquage publicitaire ou invitation à en savoir plus ? ces idées sont ici suffisamment illustrées pour être comprises de tous sans recourir au tome précédent.



il livre ses combats :

- le végétarisme qu'il oppose au carnisme des chrétiens sur lesquels il s'acharne et qu'il décrit comme des mangeurs de viande, avides des souffrances animales,

- la télévision. je ne comprends ni ceux qui l'encensent, ni ceux qui la détestent, surtout s'il s'agit d'un inconditionnel d'une série américaine à laquelle il a consacré des essais. objet, écran et télécommande, un canal de diffusion.

- le désespoir politique.



je m'attendais à recevoir une connaissance plus approfondie de la religion. aucune exégèse du Coran, étonnant pour un tel érudit.

cet acharnement sur les chrétiens sans distinction, sa volonté de tuer un présentateur TV japonais, cette violence en lui dérangeante. un manque de nuance déplaisant. c'est pourtant la sagesse que j'espérais trouver.



il y a aussi cette écriture qui rend la lecture éprouvante. l'adresse aux lecteurs est toujours difficile dans les livres destinés à diffuser un savoir ou une nouvelle culture de soi. ce monologue que l'on ne peut que subir et qui se décline par des injonctions, les Commandements de Pacôme Thiellement. phrases répétées plusieurs fois telle une incantation, un psaume, une leçon d'auto-persuasion ?



les références spirituelles, culturelles, télévisuelles et musicales (Kevin Ayers, Jacques Monestier, de belles découvertes, pour moi), les réflexions sur la valeur de l'art, l'amitié, la mort, l'expérience de la mort de son chat, la disparition des oiseaux, sa relativisation de l'échec... autant de citations à venir, si elles ne sont pas déjà ici répertoriées.



je n'ai pas eu suffisamment de nouvelles pistes de réflexion. je n'ai pas acquis davantage de sagesse que je n'en avais déjà. et pourtant je sais très bien qu'il me reste tant à apprendre.

la crasse je l'ai bien perçue. l'or beaucoup moins.
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egare
  26 février 2020
Tu m'as donné de la crasse et j'en ai fait de l'or de Thiellement Pacome
Tu m'as donné de la crasse et j'en ai fait de l'or

Pacôme Thiellement

Massot Éditions, 16 janvier 2020



Tu m'as donné de la crasse et j'en ai fait de l'or de Pacôme Thiellement est un récit initiatique nourri des souffrances de l'auteur, en amour, en amitié, professionnellement, politiquement, dans le milieu familial, dans son corps, sa sexualité, ses voyages hors du corps, dans ses rêves et cauchemars … souffrances provoquées par ce paradoxe : nous aimons ce que nous n'aimons pas, nous voulons ce que nous ne voulons pas, nous savons ce que nous ne savons pas... ; nous sommes complètement à l'ouest, complètement à côté de la plaque, nourrissant les riches, les politiques, les célébrités, les journalistes main-stream qui nous chient dessus et nous bouffent et avec nous, les animaux, les végétaux, la Terre, en bouffant leur bouffe industrielle et empoisonnée, en allant voter, manifester, en regardant leurs émissions débiter leurs mensonges, en les enviant tout en leur en voulant. Focalisés sur ce qu'ils nous présentent, proposent, nous passons à côté de l'essentiel, notre pouvoir, le pouvoir d'aimer ce que l'on aime, de vouloir ce que l'on veut, de savoir ce que l'on sait, de faire ce que l'on fait, d'être ce qu'on est. S'appuyant sur l'art de la guerre de Sun Tzu, sur les 36 stratagèmes (Traverser la mer sans que le ciel le sache, Assiéger Wei pour secourir Zhao, Assassiner avec une épée d'emprunt, Attendre en se reposant que l'ennemi s'épuise, Profiter de l'incendie pour piller et voler, Bruit à l'est / attaque à l'ouest), sur les textes de la bibliothèque Nag Hammadi, découverts en 1945, écrits gnostiques fondant ce qu'il appelle la révolution gnostique ou La Victoire des Sans Roi (titre paru aux PUF en 2017), il décrit comment petit à petit, il s'est construit comme un guerrier d'un type particulier parce que le bonheur est un art de la guerre mené pour devenir comme dit Krishnamurti, mais aussi l'ami Marcel Conche dans son dernier livre La nature et la beauté p.30-31, indifférent, je me fiche de ce qui peut arriver, apprendre à « se foutre des choses sans cynisme, sans désespoir, avec une gentillesse sincère, une générosité authentique, une bienveillance totale » (pour Marcel, la bonté est la vertu suprême p.31), que cela arrive dans le monde ou nous arrive, rupture d'amour, d'amitié, échec professionnel, fin du monde en cours, politique du désastre et du chaos... ; sur fond de ce détachement, de cette indifférence peut se développer notre capacité à transformer, à transmuter la crasse en or ; un échec amoureux étant transmuté en amour de l'Amour (c'est moi qui brode), de multiples non-bandaisons ou troubles de l'érection étant transmutées en accueil de la part féminine (voilà une dimension qui semble avoir échappé à Pacôme, je la lui signale), des trahisons d'amitié étant transmutées en vigilance (de quels amis ai-je vraiment besoin, très rares nécessairement ; là encore, une dimension me semble lui échapper, la nécessaire solitude tendant vers le silence / apprendre à fermer sa gueule / Pacôme est pour le moment intarissable)... L'arme du combat avec et contre le monde du miroir, le monde du Démiurge, le monde de la culpabilité, de la participation à la mise à mort du vivant (entendre les cris des animaux conduits à l'abattoir devrait suffire à nous faire renoncer à la viande, manger cette vie violentée puis transformée en mal bouffe c'est accepter de devenir viande violentée à son tour), de la vie dont la nôtre, c'est le boycott, en premier de la télé, éteindre sans chercher à justifier, à sauver quelques émissions, boycott de la viande, de la mal bouffe, boycott du vote et de tout combat soi-disant politique ; ne pas ajouter de la violence à la violence ; non-violence, désobéissance.

Dans ce récit très intime, convoquant de grandes traditions spirituelles et guerrières, il y a deux moments particulièrement forts et émouvants, la mort de sa chatte, Yume et celle de son père. Par le fait de les avoir vus, après leur mort, il est amené à donner une interprétation de l'expression « ressusciter dans la vie ». Dans l'évangile de Philippe, Jésus dit « ceux qui disent qu'on va mourir et ressusciter ensuite sont dans l'erreur ; celui qui n'est pas ressuscité avant de mourir ne connaît rien et il mourra. » Il continue de parler à sa chatte, avec son père ; ce dialogue vivant avec les morts est l'occasion si on aime ceux qu'on aime de transmuter la souffrance du deuil en amour car ce que les morts nous transmettent, c'est de l'amour, ils sont devenus amour, force agissante, de l'or.

Pacôme Thiellement a 45 ans. Son univers est foisonnant, ses références surprenantes ; c'est un enfant de certaines BD, de Twin Peaks, des Beatles ; c'est un touche à tout, musique, écriture, cinéma. Il a une bonne pratique des réseaux, de certains médias, pas main-stream, il sait faire parler et parler de ce qu'il fait. Son livre me propose une vision du monde et de ce que nous pouvons y faire qui ne correspond pas à ce que je suis devenu avec presque 35 ans de plus mais à celui que j'ai été, un guerrier pour ce qui me semblait juste, que ce soit comme professeur de philosophie ou comme directeur d'un projet artistique ou comme citoyen engagé dans la vie publique (jusqu'en 2008). Le projet de transformer la merde en or, la crasse en or, la boue en or (Baudelaire dans l'épilogue de Mon coeur mis à nu) suppose d'abord de croire que le monde est de la merde (je l'ai cru jusqu'à il y a peu, l'arrivée de mic€on, de trump, bolsonaro au pouvoir me renforçant dans mon dégoût de ce monde mais je ne vois plus les choses ainsi; arrivés au pouvoir par des élections, ils y sont avec le soutien des gens les ayant choisis; les souffrances infligées au corps social, à la planète, volontaires, peuvent, doivent être conscientisées individuellement et collectivement pour une élévation de conscience), suppose ensuite un changement de regard, un changement de vision, une exégèse de la vie, de sa vie met l'accent sur un combat, le bonheur est un sport de combat, la justice, l'égalité sont des sports de combat avec leurs règles, leurs objectifs...
Lien : http://agoradurevest.over-bl..
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LeCombatOculaire
  25 février 2020
Tu m'as donné de la crasse et j'en ai fait de l'or de Thiellement Pacome
N'ayant jamais lu d'autre lire de l'auteur, je pourrai difficilement les comparer ensemble, néanmoins il semblerait que ce soit ici son livre le plus personnel - quand les autres sont plus centrés sur la culture cinématographique, musicale ou spirituelle. Je connaissais Pacôme Thiellement pour ses nombreuses interventions dans des émissions consacrées à Philip K. Dick, et je me disais qu'il était peut-être temps de découvrir ce qu'il faisait, lui. Il s'agit donc ici d'un livre à tendance autobiographique, qui retrace certaines périodes de vie, certains souvenirs - généralement de mauvaises périodes et des souvenirs désagréables, des deuils douloureux - et les utilise pour les transmuter, pour en tirer un enseignement, une certaine élévation, une opération alchimique pour transformer une chose "négative" en leçon "positive". Une sorte de mémoire sur papier pour se rappeler qui l'on est, afin de corriger sa trajectoire et devenir qui l'on a envie d'être.



Je n'ai pas réussi à accrocher avec le côté intime autant que je l'aurais souhaité, comme souvent quand je lis des récits très attachés à la vie privée : je ne m'y sens pas à ma place, et plus encore, je ne peux pas en juger ici. Une vie n'a pas à être soumise à mon opinion. Néanmoins, l'idée de base est intéressante : se mettre à nu, vraiment, insister sur les recoins sombres, travailler avec son ombre, s'affronter dans le miroir et comprendre ce qui déconne, ce qui devrait être mieux, ce qui nous rappelle trop celleux que l'on n'aime pas, et ce qui ne nous rappelle pas assez celleux que l'on aime.



Amour, famille, amitié ; envie, jalousie, mépris ; attentes, déceptions, rêves, folie ; maladie, mort, deuil ; corps, esprit, spectres... Beaucoup de thèmes abordés, à la fois dans le cadre de la vie privée, mais aussi d'un point de vue plus spirituel, voire religieux ou mystique. J'ai plus apprécié le côté alchimique de l'histoire, les thèmes qui ont déjà dû être abordés dans le livre précédent de l'auteur La Victoire des Sans Rois, par exemple, que je lirai probablement par la suite - des thèmes qui ont beaucoup en commun avec L'Exégèse de Philip K. Dick, donc, pas étonnant que ça me parle beaucoup.



Si je ne suis pas sûre que je retirerai beaucoup de ce livre - parce que je connais déjà les grands principes évoqués et que le reste est du domaine du privé -, je pense néanmoins que c'est un bon ouvrage pour ouvrir la voie à la bibliographie de l'auteur, et également une bonne alternative pour les personnes qui ne souhaitent pas se lancer dans un livre de développement personnel un peu creux ou dans un ouvrage approfondi de spiritualité gnostique ; pour les personnes qui apprécient la familiarité qu'offre à présent les réseaux sociaux pour faire le point sur sa vie et s'aider des expériences de soi et d'autrui pour améliorer son parcours. Je remercie Babelio et les éditions Massot pour la découverte de cet ouvrage !
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
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