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L`Aube

Fondées en 1987 par un groupe d`intellectuels, parmi lesquels Jean Viard, Les Editions de l`Aube sont une maison d`édition située dans le Vaucluse, à La Tour-d`Aigues. Elle publie une cinquantaine d`ouvrages par an au sein de différentes collections. Deux collection portant sur la littérature nommées Regards croisés et Regards d`ici, quatre collections d`essais nommées Monde en cours, Ère planétaire, Urgence de comprendre et Conversation pour l`avenir, et enfin, une collection polar nommée Aube Noir.

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Collections de L`Aube



Dernières critiques
PhilippeCastellain
  21 octobre 2021
Un général à la retraite de Huy Thiep Nguyen
Plongée dans un Vietnam à la fois modernisé et éternel. A travers quatre nouvelles, nous parcourons un pays complexe, aux apparences trompeuses, que nous croyons pouvoir saisir avec nos esprits d’occidentaux cartésiens, avant qu’un élément radicalement irrationnel ne surgisse.



Deux des nouvelles se déroulent en ville. Dans la première, qui donne son titre au recueil, un vieux général vietnamien vient vivre chez son fils et sa bru. La cohabitation n’est pas toujours simple entre le vieil homme pétri d’idéaux aussi bien nationalistes que communistes, et la jeune génération qui de fait s’est déjà engagée dans le capitalisme, pas particulièrement par choix, mais simplement parce qu’on ne va pas contre son époque. Quand le vieux soldat découvre les ressorts de leur business, tout à fait légal mais tout sauf ragoutant, les choses se compliquent…



La deuxième nouvelle urbaine met elle en scène un jeune homme pauvre, travailleur et studieux, mais ambitieux. Quand il rend un appréciable service à la mère d’un de ses amis, celle-ci lui offre en remerciement un billet de loterie. Mais elle en achète un pour elle aussi, et le fait bénir à grande pompe (et à grand frais) dans un temple pour obtenir la bienveillance des génies de la bonne fortune. Et l’envie s’empare de celui qui jusqu’ici avait toujours mené une vie chiche mais honnête : quel génie résisterait à tant d’attentions ? L’autre billet va gagner, c’est sûr…



Puis, une nouvelle en milieu rural. Très simple, et sans vraiment d’intrigue. Simplement un adolescent qui passe une nuit à chasser les grenouilles dans les rizières, et des tranches de la vie quotidienne des paysans. Et enfin, une histoire qui fait le lien entre les deux. Celle d’un jeune paysan prometteur, gros bosseur, qui attire l’attention du Parti. On l’envoie en ville pour qu’il reçoive une formation en agronomie, en comptabilité, en économie… De quoi transformer un paysan modèle en agriculteur moderne en somme. Bon, c’est un échec total : malgré son enthousiasme, il est incapable de retenir quoi que ce soit – il n’est tout simplement pas fait pour les bancs de l’école. En revanche, il fait la connaissance d’une jeune fille. Elle est baptisée, elle porte un prénom chrétien, et pourtant il en est sûr : c’est un génie des eaux…



Plongée dans un pays entre deux ères, entre deux temps, entre deux mondes. Mais qui n’en est pas pour autant écartelé. On n’écartèle pas un pays comme le Vietnam.
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domi_troizarsouilles
  20 octobre 2021
Eté rouge de Daniel Quiros
(commentaire rédigé le 29/01/2021)

Bien plus qu’un simple policier, on a là un véritable thriller politique, comme l’auteur l’indique d’ailleurs très justement dans sa postface.

Don Chepe, ancien fonctionnaire costaricien ayant participé autrefois aux guérillas sandinistes au Nicaragua, a pris une retraite anticipée dans une petite ville de la côte Pacifique, nommée ironiquement Paraíso (= le Paradis !) alors qu’il y fait aussi chaud qu’en enfer et que les habitants luttent chaque jour contre une éternelle poussière qui s’infiltre partout et colle au corps. C’est dans ce contexte extrêmement bien rendu, de façon lancinante mais tellement réaliste, on a l’impression d’être nous aussi envahi par cette poussière omniprésente ! ; bref, c’est dans ce contexte qu’une amie de Don Chepe, appelée par tous « l’Argentine », est retrouvée tuée sur une plage. Don Chepe, qui participe de-ci de-là à des petits « travaux » pour aider la police, décide de mener l’enquête…



Cette enquête le mènera bien au-delà de ce qu’on peut attendre d’un policier classique ! Le lecteur est replongé dans une page méconnue de la guérilla sandiniste et de la contre-révolution très probablement soutenue par les États-Unis, et notamment un attentat qui serait peu à peu retombé dans l’oubli, malgré les quelques victimes innocentes (dont des journalistes étrangers) qu’il a alors faites. Quand j’ai compris que l’auteur prenait ce chemin-là, j’ai très vite été découragée : c’est que, même si on s’intéresse un tant soit peu aux différentes guérillas et autres (contre-)révolutions qui ont émaillé l’Amérique centrale au cours du XXe siècle, on s’y perd très vite tant c’est entouré de secrets, de héros d’un jour qui deviennent l’ennemi le lendemain, d’interventions plus ou moins larvées de l’éternel puissant voisin du Nord… c’est à y perdre son latin !

Mais en s’accrochant un peu, on voit très vite que l’auteur a une approche très didactique de son histoire : non seulement les choses sont expliquées de façon plutôt claire au long de divers dialogues que Don Chepe tient avec l’un ou l’autre personnage secondaire, mais en plus ce même Don Chepe nous offre ensuite un bon récapitulatif de toutes les infos qu’il a glanées, car il finit par s’y perdre lui-même ! Avec ça, on comprend assez vite qui est l’assassin de l’Argentine, ce n’est pas ça l’intérêt de l’intrigue, mais bien comment parvenir à l’arrêter pour de bon, car ledit assassin est lui aussi un ancien guérillero, extrêmement bien entraîné…



En outre, l’auteur profite de cette enquête, dont certains aspects paraissent très « américains », du moins l’image qu’on peut en avoir en Europe (tout le monde est armé et c’est normal, comme il semble normal de torturer des petites frappes pour obtenir un demi-aveu…), pour dénoncer l’enlisement socio-économique de son pays : ça va des inégalités sociales parfois criantes, à l’absence d’un service postal organisé, en passant par une certaine spéculation immobilière sur les très belles (mais très pauvres) plages de la côte Pacifique. Il nous présente une galerie de personnages très typés, qui attirent une certaine sympathie du lecteur, malgré le fait que, comme Don Chepe, ils passent un temps incroyable à boire bière après bière, puis l’eau-de-vie locale en terminant par du whisky la nuit, et ils fument, fument, fument cigarette sur cigarette !



Mais surtout, il présente l’envers du décor d’un Costa Rica de carte postale, qui n’en est pas moins un Costa Rica attachant, et que l’auteur semble aimer profondément, assez en tout cas pour contaminer le lecteur.

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PhilippeCastellain
  20 octobre 2021
Le coeur du tigre de Nguyen Huy Thiep
Un petit voyage au Vietnam ? Bien sûr. Qui n’a pas envie de voir la baie d’Halong, les temples au bord des rizières, les rives du Mékong ?



Remontons un peu le temps. Avant la mondialisation, les plages couvertes de plastique, les murs de béton. Encore avant. Avant la guerre avec l’Amérique, les bombes, l’agent orange. Avant l’arrivée des Français ? On peut rester dans ces eaux-là. Maintenant marchons un peu. Laissons la mer de Chine et les plaines. Grimpons dans les montagnes et les jungles du nord. Là vit (ou plutôt vivait) le peuple Hmong.



Or voilà qu’un tigre a fait son apparition dans les montagnes. Un tigre différent, affamé, furieux. Un tigre dont la seule obsession est de traquer et tuer impitoyablement les hommes. Et une rumeur se répand : le cœur de ce tigre serait de glace. Et il aurait le pouvoir de guérir toutes les maladies et toutes les blessures…



Trois autres nouvelles suivent. Des scieurs de long partent en forêt à la recherche de troncs à abattre. Une jeune mariée débarque dans une famille regroupant cinq frères et un vieux père acariâtre. Un exil se prépare…



Quatre tableaux d’un Vietnam à la fois figé dans ses traditions et profondément bouleversé par la guerre. L’écriture, simple, sans fioriture, raconte un mythe aussi bien que la vie quotidienne dans ses détails les plus triviaux avec le même calme, la même application. Et, même dans les eaux sales et les odeurs de graillon, il y reste une indéfinissable touche de poésie, comme quelques notes de musiques flottant encore au-dessus des déchets un lendemain de fête.
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