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PedroPanRabbit
  24 février 2019
La tierce personne de Henry James


D'Henry James, on connait bien évidemment la célèbre nouvelle Le tour d'écrou, l’archétype même de l'histoire de fantôme gothique, publiée en 1898 et encensée depuis par de nombreux auteurs, de Joan Lindsay (Pique-Nique à Hanging Rock) à Susan Hill (La dame en noir). On connait peut-être moins ses autres contes fantomatiques mais tous restent néanmoins plus connus que cette nouvelle publiée en 1900. Et pour cause, La troisième personne (ou La tierce personne, dans l'ouvrage intégral Les œuvres complètes) fut très peu diffusée en France, quoi qu'elle eut droit à une adaptation remarquée à la télévision hexagonale en 2006 sous le titre Le pendu, avec un casting trois étoiles...



Nous parlions du Tour d'écrou un peu plus haut : oubliez-le. Avec La troisième personne, Henry James donne à voir un tout autre genre d'histoires de fantôme dans lequel on l'ignorait exceller autant que dans la terreur : le pastiche. Car cette nouvelle (on aurait pu dire novella si le terme avait existé, car elle tient peut-être davantage d'un roman court) est loin de faire appel à l'horreur ou à l'angoisse. On peut le sentir dans les premières lignes, dès lors qu'il dresse le portrait de ses deux protagonistes, ces deux vieilles filles de natures contraires aux parcours aussi différents que le sont leurs passions, sur un ton à la légèreté appuyée. Le contraste entre les deux cousines dont on suit bien vite le quotidien "domestique" suffit à faire sourire et, que ce soit Susan - l'aînée, grande voyageuse un peu vieille école et dessinatrice - ou Amy - de dix ans sa cadette, plus glamour, plus mondaine, mais néanmoins auteure d'un petit roman -, toutes deux se jaugent en silence, l'une se refusant de céder un poil de terrain ou de quitter le manoir avant l'autre.



Ce pourrait presque devenir une sympathique satire familiale si un fantôme ne faisait pas irruption entre les deux. Un fantôme, vraiment? Ou les affabulations de deux vieilles dames un peu trop romanesques qui s'ennuient? Car en fait, on ne voit jamais l'esprit à l’œuvre, on n'assiste à aucune de ses apparitions, et celles-là nous sont toujours rapportées indirectement par l'une ou l'autre des deux cousines qui viendrait de l'apercevoir. La trame fantastique et l'existence de ce spectre ne tiennent donc dès lors qu'au crédit qu'on accorde au discours des personnages et à leur confiance mutuelle...



Car c'est dans ce personnage en creux, cette vraie/fausse présence qui va jusqu'à donner son nom à la nouvelle que se construit toute l’ambiguïté de l'histoire. D'autant que, loin de les effrayer totalement, le fantôme supposé de Cuthbert Frush est bientôt très apprécié des deux vieilles célibataires : enfin un homme à la maison! Elles en viendraient presque, dans le secret, à rechercher chacune sa présence et à s'en venter à l'autre, se trouvant à se crêper le chignon pour un homme ...qui n'existe peut-être pas, ou du moins est mort depuis belle lurette.



Henry James pousse le pastiche jusque dans le style même de son histoire, qu'honore la traduction d'Evelyne Clavaud : préciosité appuyée à l'extrême, phrase ponctuées et enchevêtrées à l'excès, vocabulaire abusivement soutenu... La plume du dix-neuvième siècle chère à la romance sociale est ici parodiée avec délice et malice, ajoutant encore un peu plus à l'écart entre le propos, les événements racontés, et les réactions des personnages, qui fait toute l'originalité de cette nouvelle.


Lien : https://books-tea-pie.blogsp..
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Pecosa
  03 décembre 2018
Impossible Sinaï de Max Aub
Impossible Sinaï, publié dix ans après la mort de Max Aub, est considéré comme son testament poétique.

Invité à donner des cours de littérature et de culture espagnoles et latino-américaines en 1967 à l'Université Hébraïque de Jérusalem, Aub se rend pour la première fois en Israël et décide de consacrer une oeuvre à la Guerre des Six Jours, sans mentionner ni bataille, ni autre fait de guerre.

Impossible Sinaï se présente comme un recueil de textes et poèmes trouvés dans les poches et les sacs de soldats tombés au cours de ce conflit. La première partie de l'ouvrage est composée de six textes rédigés à la manière d'articles de presse sobres et factuels, relatant les évènements survenus du 05 au 10 juillet 1967.

La seconde partie, et la plus conséquente, est consacrée aux 28 poèmes rédigés par des soldats retrouvés morts, des soldats israéliens, séfarades ou ashkénazes, et des soldats arabes, nés en Egypte ou sur le Mont Ararat…Dans cet ouvrage antimilitariste ressort ça et là la mordante ironie de Max Aub que l'on aime tant, et son goût pour les jeux littéraires.

Il créé de toutes pièces ces soldats, leur attribuant une origine, un patronyme, un passé. Il remercie étudiants et universitaires pour leur aide apportée à la traduction des textes recueillis. Dans Impossible Sinaï, des personnages "plus vrais que nature", si justement esquissés grâce au talent de voleur d'âme d'Aub, des figures de fiction, militants de la cause arabe, juifs de Salonique parlant ladino, sabras ou ressortissants européens..- , la multiplicité des voix qui parlent de la guerre, s'inscrivent dans des évènements réels et deviennent des témoins de l'Histoire. Une grande oeuvre assurément, comme tous les écrits de Max Aub.
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Myrinna
  21 août 2018
Catalan Psycho de Gil Graff
Catalan Psycho est assez décevant pour moi. Il est gore et glauque à souhait mais cela reste brouillon. Je ne le trouve pas assez bien ficelé et la fin me laisse vraiment sur ma faim. Le titre « Catalan Psycho » de Gil Graff ne tient pas ses promesses et n'est pas à la hauteur de son titre.

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