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Alexein
  06 septembre 2017
Une saison en enfer de Arthur Rimbaud
La vertu de ce genre d’œuvre est de faire lâcher prise. Comment s’accrocher au texte pour tenter d’en comprendre le sens ? C’est un maelström, une tempête qui fait feu de tout, mélange, emporte. Il y a de la synesthésie, des associations de sens et d’idées inédites qui mettent l’esprit sens dessus dessous. La sensation est rafraîchissante. Ça ameublit le cerveau comme on bêche pour ameublir la terre. C’est nouveau, c’est baroque, c’est fulgurant.



Et probablement que l’on passe à côté de cette œuvre si l’on essaie d’y comprendre quelque chose. Il me semble que c’est surtout pour son effet de sidération qu’elle charme. M’envoûte-t-elle ? Non. Mais elle produit assurément un effet de relâchement très puissant. Les figures, les images glissent de manière tantôt suave et tantôt piquante sur ce toboggan de mots.



J’entre dans un palais aux miroirs, prodigieux labyrinthe où la fantaisie apparaît plus utile que la raison. Le texte semble me dire : « Laisse-toi emporter dans le vertige. » Était-ce un voyant ? Il garde encore aujourd’hui le bénéfice du doute. Il faut rappeler que cette rédaction suit un traumatisme (deux coups de revolver dans le bras). Qui sait dans quel état pareille épreuve pourrait jeter le plus cartésien des hommes, quelles affres il endurerait ? Faut-il être hypersensible pour percevoir et ressentir dans sa totalité l’émotion qui engendra ce texte ? Je l’ignore. Mais je crois que la distorsion extrême de cette œuvre embrouille trop le canevas pour que je puisse y broder des motifs bien définis et y trouver ma propre résonance.



Ici se déverse le langage sibyllin d’un être dont la sensibilité est excitée à l’extrême : les mots sont à fleur de peau : il les goûte, il les respire, il les étreint. Seule une expérience extrême permet un tel vertige. Et le récit d’une expérience transcendante ne pouvait être qu’énigmatique, et probablement pas entièrement intelligible pour son auteur même. Car c’est son subconscient qui parle et la langue qu’il emploie peine à porter un tel message. C’est comme un rêve, un délire : incongru, bizarre, abscons et dérangeant car fortement condensé. Dans une expérience traumatique, pendant un dixième de seconde élastique on voit défiler un tas d’images, ce qu’on résume par l’expression « voir sa vie défiler ».



L’aspect décousu donne une liberté immense à l’interprétation. Un mot peut chatoyer ou piquer, apaiser ou exciter. On peut même se détacher des images pour sentir uniquement la musique des mots et le souffle qui les embrase. Dans ce tourbillon, ce flux de pensée frénétique, Rimbaud semble mêler sous la dictée d’une voix intérieure d’oracle des symboles (ou des morceaux de symboles) très personnels et en assembler une fresque composite, un patchwork qui serait une mosaïque dynamique et qui ne se laisserait pas fixer par une interprétation définitive.



C’est néanmoins un lâcher-prise qui fait du bien, une sorte de fonte et de refondation de la notion de sérieux, un grand remue-ménage. La grande contribution de Rimbaud, c’est peut-être cette part d’insouciance retrouvée. Cette lecture m’a fait perdre la notion du temps et l’espace lui-même a pris une autre dimension. C’est le puissant effet hypnotique dû aux ellipses. Tous les repèrent fondent, s’évanouissent puis à la fin se refaçonnent. C’est un drôle de voyage.
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dcassa
  17 juillet 2017
Le Dahlia Noir : Autopsie d'un crime de 1947 à James Ellroy de Stéphane Bourgoin
j'ai trouvé ce roman plus simple à lire que les autres policiers de cet auteur. Très bien menée, l'enquête nous emporte dans le Hollywood des années après guerre.
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ATOS
  07 juin 2017
Les cahiers rouges de Pier Paolo Pasolini de Simon Guibert
Voyage au bout d'une vie. Transcription écrite d'un documentaire radiodiffusé sur les ondes de France Culture.

"Je crois que l'assassinat de Pasolini était un acte politique, décidé par une certaine partie de la société italienne, décidé par un groupe immature, sans culture, dévoué aux vieux mythes de la patrie, de la famille, de l'honneur, de la virilité, mythes que le fascisme avait glorifiés dans le pays.C'est un délit de sous-culture, perpétré avec férocité, un vrai projet politique punitif. " Alberto Moravia.

"Ici tout pue a merde. Mais n'aie pas peur, je me sais assez puant moi même pour ne pas me sentir rattaché à cette merde". P.P Pasolini, 1943, lettre à un ami, extrait.

"Je regarde avec l'oeil d'une image les préposés au lynchage.

J'observe mon propre massacre avec le courage serein d'un savant. "P.P Pasolini.

Intéressant article ( entre autres) de Daniel Guibert autour du concept de l’intellectuel organique d'Antonio Gramsci.



à Pa.



Astrid Shriqui Garain



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