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belcantoeu
  29 avril 2021
Les irréductibles mots gaulois dans la langue française de Jacques Lacroix
On dit souvent que les Gaulois ne nous ont laissé que très peu de mots, et l'auteur contribue à rectifier le tir. C'est un livre "grand public" et agréable à lire. Vu le créneau choisi, il passe à côté de certaines explications. Il faut d'abord savoir qu'au sein des langues indo-européennes, le gaulois était très proche du latin. Ainsi les mots latin en -us, correspondent à des mots en -os en grec, gaulois et latin archaïque. Les finales des déclinaisons sont les mêmes en latin et en gaulois, et les mots sont parfois les mêmes, ou ne varient parfois que d'une lettre. Cela explique la facilité avec laquelle la Gaule a été romanisée. Les professeurs de français et de latin n'ont pas étudié le gaulois, et la civilisation celte a été fort dépréciée alors que les Gaulois ont de nombreuses inventions à leur actif; char à 4 roues avec suspension, tonneaux en bois, ancêtre de la charrue, matelas, etc. C'étaient de grands exportateurs, notamment de vêtement et de céréales. Ce qu'on appelle routes romaines étaient des routes gauloises, certes aménagées et entretenues. Parmi les mots français venus du gaulois, on peut signaler gobelet, gosier, des noms de plantes et d'animaux (sapin, chêne, mouton, bouc,..), les mots rocher, caillou, boue, berge, gravier, talus, dune, barre, baume, canton, borne, ambassadeur, valet, vassal, glaive, lance, javelot, combattre, brio, arpent, sillon, jachère, tamis, blé, glaner, palefroi, jambe, mégot, crème, tanneur, budget, galoches, courroie, drapiers, braguette, manteau, cagoule, béret, mine, suie, bois, souche, habillage, barre, copeaux, charpente, auvent, bassin, ruche, barrique, bouteille, luge, chemin, lieue, jante, barge, quai, change, cloche, et bien d'autres. Pour chacun de ces termes, et une série d'autres, ce livre donne des explications en relation avec les technologies des Gaulois, bien plus avancées qu'on ne le dit parfois. Rappelons que les Celtes sont allés jusqu'en Turquie il y a 2000 ans. Là, ils s'appelaient Galates (mêmes consonnes C/G, L et T que le mot Celte). St Paul a écrit son épitre à ces Galates, et aujourd'hui encore, il y a à Istanbul la tour et le pont de Galata, et l'équipe de football de Galatasaray (sérail de Galata). C'est donc un excellent livre de base, très distrayant, pour mieux connaitre notre langue française à travers l'origine de ses mots. Bien utile pour les enseignants de français. Pour ceux que cela intéresse, il existe une Société Belge d'Etudes Celtiques qui publie un bulletin et organise des journées d'études par zoom, mais là, on est dans un domaine qui n'est plus de la vulgarisation mais de la recherche archéologique de haut niveau. La cotisation n'est que de 20 euros.
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leBoudoirdulivre
  16 mars 2021
« Moi, Eva Braun... » de Chloé Dubreuil
Quand j’ai vu la couverture si graphique, sobre et élégante, mystérieuse et envoûtante d’un roman sur l’histoire d’Eva Braun, je n’ai pas pu résister à l’envie de le lire et je n’ai pas été déçue bien au contraire. Je trouve dommage qu’il n’est pas bénéficié d’une belle mise en avant chez les libraires… Heureusement que ce livre bénéficie d’une mise en lumière via les réseaux sociaux.



C’est la première fois que je lis une histoire à la première personne où l’auteur se met dans la peau d’Eva Braun, ce qu’elle a vu, ce qu’elle a pensé, ce qu’elle a enduré pour passer de l’ombre à la lumière non comme ces artistes qui ne rêvent que de gloire mais comme la seule, l’unique, l’irremplaçable… femme d’Hitler, la personne la plus proche de celui qui a conduit aux pires horreurs de la Seconde Guerre mondiale… Une femme de l’ombre parmi tant d’autres, maîtresse puis épouse d’Adolf Hitler le temps de quelques heures… Mais qui a su marquer l’histoire en marche de par son amour indéfectible avec l’un des dictateur, responsable du génocide de tout un peuple.



C’est très particulier et troublant de comprendre une femme qui reste une énigme, comment être l’intime d’un dictateur, comment peut-on aller jusqu’à l’épouser… Cela paraît inimaginable et pourtant Eva l’a fait. L’aspect psychologique d’Eva, sa personnalité… sont intéressants, son enfance, son désir d’indépendance, ses objectifs, ses rêves, sa force pour gravir les échelons jusqu’à devenir ce qu’elle a voulu.



Comment a-t-elle pu aimer une personne qui en plus d’avoir l’âge de son père a mis en place tout un projet machiavélique et inhumain ? La réponse est peut-être dans son enfance stricte, dans son besoin de se sentir aimé, d’être indispensable, importante…



Préface de François Delpla, biographie des personnages mentionnés au fil du livre et sources utilisées pour l’écriture de celui-ci.



Récit à la première personne sur Eva Braun, réminiscence de sa vie tel le journal intime qu’elle aurait pu écrire, témoignage précieux de celle qui a été la plus proche d’Hitler, lui offrant corps et âme jusqu’à le suivre dans la mort. Une lecture fascinante, très instructive, très troublante… Au point que le lecteur a l’impression de lire le journal intime d’Eva Braun écrit de sa main.



30 avril 1945.



Dans ce bunker qu’elle déteste, Eva se prépare à son dernier acte d’amour qu’elle voue à Hitler, sa mort à 33 ans. Germania ne verra pas le jour mais à l’heure où les Bolchéviques sont aux portes du bunker, Eva est fière de son mari qui a insufflé à l’Allemagne un nouveau souffle, l’espoir d’une vie meilleure.



En 1929, Eva est une adolescente comme tant d’autres, éprise de liberté que son père lui interdit, ne voulant pas reproduire le schéma familial de ses parents et n’être qu’une femme au foyer.



Grâce à sa sœur Ilse, elle brave les interdits dans une Allemagne moribonde et devient vendeuse pour Heinrich Hoffmann, un photographe de presse. C’est ainsi qu’Eva est devenue un pion sur l’échiquier politique d’Hoffmann.



Trop crédule, trop naïve ou tout simplement calculatrice ?



A quelques heures de la fin de sa vie, Eva ne reconnaissait plus son mari dont les crises de colère rendaient comme fou.



De trahison en trahison, Eva n’a plus d’emprise sur Hitler mais en-a-t-elle seulement eu ?



La folie de cet homme qui a tout perdu ira jusqu’à fusiller le beau-frère d’Eva.



Après seize ans d’attente, Eva épouse Hitler, un mariage loin de ce qu’elle imaginait mais son rêve est enfin devenu réalité ne serait-ce que pendant quelques heures.



Les aspirations d’Eva, sa jalousie pour toutes les femmes à qui Hitler portait une attention particulière, sa rencontre orchestrée jusque dans les moindres détails avec Hitler, leurs rendez-vous secrets, ses tentatives de suicides parce qu’elle le voyait si peu, Eva a tout fait pour s’approprier celui pour qui elle a tout sacrifié, gravissant les échelons, passant de l’ombre à la lumière.



Malgré les mises en garde de sa sœur, Eva ne voit que ce qu’elle veut voir, occultant les pogroms, les autodafés, l’antisémitisme… Comme beaucoup d’Allemands emportés dans l’espoir d’une Allemagne conquérante… Pleine de promesses.



Eva Braun, entre ambitions et renaissance !



Joies et désillusions d’une jeune femme en quête d’attentions, celle d’un seul homme, son unique amour, Adolf Hitler.



Sous une apparence fragile voire naïve se cache une jeune femme amoureuse qui a su se hisser au rang de la femme la plus proche d’Hitler.



Calculatrice, amoureuse au point d’attenter à sa vie, en manque d’attention, à la recherche d’une certaine célébrité…



Grâce à petits films, Eva dévoile le Hitler qu’elle a aimé tel qu’elle le voyait et ce jusque dans l’intimité. Témoin rare car le plus proche d’Hitler, elle se dévoile également loin de l’image que les médias ont montrée.



Jusqu’où est-on prêts à aller par amour ?



Eva y apporte la réponse par son acte, celui d’une femme voulant rester avec l’homme qu’elle aime jusque dans la mort.



A travers ce livre, c’est toute la Seconde Guerre mondiale vue par les Allemands qui nous est raconté, des triomphes aux échecs de l’Allemagne nazie, à la propagande et aux mensonges… Tous les sujets sont abordés avec une richesse d’informations extraordinaires.



Le style et l’écriture à la première personne sont fluides et apportent un autre regard sur une femme qui dans sa vie si courte fut-elle laisse sa perception de la vie du IIIème Reich et d’Hitler.



Témoin intime et essentiel dans la vie d’Hitler, Eva Braun a elle aussi marqué l’histoire.



De son enfance à ses derniers jours, la vie d’Eva Braun fut mouvementée à l’image de l’ascension de celle de son indéfectible amour pour Hitler jusque dans la mort les liants à jamais.



Beaucoup d’informations permettent de cerner la personnalité d’Eva Braun et son amour obsessionnel pour un dictateur, responsable de l’extermination de milliers de personnes.



La guerre et ses conséquences, Eva le sait tout en ne le voyant pas ou ne voulant pas le voir, elle justifie les destructions, entend parler de politique, de camps mais ne s’y intéresse pas vraiment… Plus occupée par ses tenues, ses rivales, sa position, ses proches… Evoluant dans la sphère intime d’Hitler, organisatrice de la vie mondaine du personnage le plus important à cette époque, faisant en sorte que tout soit parfait… Elle ne voulait pas de la vie monotone de ses parents, elle a vécu dans le sillage d’Hitler avec ses hauts et ses bas telle une première dame enviée par des milliers d’Allemandes.



Il était tout à fait clair dans ma tête que j’allais vivre dorénavant comme si chaque jour était le dernier ».



Le portrait intime de celle qui fut critiquée, adulée mais jamais égalée !
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Lenocherdeslivres
  16 février 2021
La première marine de guerre romaine : Des origines à 241 av. J.-C. de Yann Le Bohec
Les guerres puniques sont des moments décisifs dans l’histoire de Rome. On a longtemps dit, à la suite de Polybe (l’historien grec du IIe siècle), que la victoire des Romains, lors de la première d’entre elles, était quasiment un miracle, puisqu’elle est intervenue sur mer. Or, la légende veut (toujours grâce à Polybe, entre autres), que les Romains ne soient pas des marins dans l’âme. On dit qu’ils ne sentaient à l’aise, en bateau, que quand ils apercevaient la côte. Aussi, l’idée qu’ils ne possèdent aucune flotte digne de ce nom faisait sens. Et rendait d’autant plus belle leur victoire finale sur Hamilcar, chef des troupes carthaginoises, en 241 avant notre ère.



Mais ce mythe est donc bien une invention, comme le démontre Yann le Bohec dans ce petit livre un peu sec, mais empli d’enseignements fort intéressants. Sec, car l’auteur ne s’embarrasse pas de recherches de style. Il va à l’essentiel et se montre parfois un peu abrupt. Il vaut mieux maîtriser le sujet pour profiter pleinement de cette lecture. Malgré tout, l’auteur pose tout de même les bases et retrace rapidement l’histoire qui précède la période qui nous intéresse. Il met en scène les quatre grands peuples dominant la Méditerranée à l’époque : Carthaginois, Étrusques, Grecs et, dans une moindre mesure alors, Romains. Il pose les pions avant le combat.



On apprend par exemple que le titre d’amiral n’existait pas au début. D’ailleurs, les mots qui désignaient les chefs militaires de la marine ont varié avec le temps. On découvre aussi la différence entre les navires « longs » (pour les combats) et les navires « ronds » (pour le transport). L’auteur évoque d’ailleurs les différents types de bateaux et leurs destinations, s’interrogeant sur certains noms problématiques (on s’interroge sur le nombre de rangs de rames et sur le nombre de rameurs, sans pouvoir trouver de réponse véritablement satisfaisante). On comprend, enfin, les différentes tactiques employées par les Romains (mais aussi par les Carthaginois). Yann Le Bohec est un spécialiste de la chose militaire et il parvient à faire passer un maximum d’informations dans un minimum de pages.



Après ces précisions, c’est parti pour la description des différents combats de la première guerre punique. Chacun est rapidement décrit : forces en présence, enchainement des faits. Et, sans cacher les vides laissés par le temps et le peu de sources fiables, l’auteur pose ses conclusions, parfois en désaccord avec certains de ses prédécesseurs (il faut dire que certains historiens se sont contentés de recopier ce que disait Polybe, sans esprit critique, sans vérification, ce qui est assez peu professionnel et source d’erreurs).



Le livre s’achève sur des textes de Polybe traitant des combats évoqués par Yann Le Bohec dans une traduction tout à fait accessible et assez agréable à lire. Enfin, cet ouvrage est illustré d’un assez beau et utile cahier couleur comprenant plusieurs cartes et des infographies représentant des mouvements lors de combats navals.



Une lecture rapide, mais fort intéressante, qui remplit parfaitement son office et donne envie de se replonger dans les textes de Polybe et dans l’histoire des si célèbres guerres puniques.
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