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Seijoliver
  29 octobre 2019
Asagao (éclosion) de Eloi Larchevêque
Asagao est un premier roman prometteur, à l’écriture agréable qui nous plonge avec érudition, mais sans ostentation documentaire, dans le Japon médiéval du XII° siècle. Nous y suivons l’épreuve de la santé défaillante de Masako, la femme de Yorimoto Minatomo le plus puissant militaire de l’époque. L’époux et son beau-père sont très touchés et inquiets de cette maladie qui progresse sans espoir de rémission. Mais le père de Masako, Tokimasa, a une solution : il décide de rencontrer la déesse Benzaiten et le dragon Gozu-Ryu pour leur demander leur aide.

Le roman alterne entre la souffrance de Masako, soignée - comme il peut - par un moine, et le pèlerinage de Tokimasa, avant que celui-ci ne rejoigne sa fille avec le remède prescrit par Benzaiten (« tu devras faire prendre un bain de fleurs à ta fille , en plaçant dans l’eau chaude le fleur et le fruit de ma fille. Le lune devra être pleine, et à son zénith. Ta fille devra être pure, d’âme et de corps ») qui il l’espère la sauvera. Mais Masako est-elle « pure » pour être guérie ? Que cache son ambition ? On s’apercevra qu’elle et son père ne sont pas en paix avec leur conscience...

L’auteur convoque croyances et légendes du Japon traditionnelle, son récit plongeant dans le fantastique (sur l’île, Tokimasa rencontre des esprits, en l’occurrence la déesse et son-aimé, un dragon à cinq têtes ; dans le bain qu’il fait prendre à sa fille, les fleurs deviennent lianes et recouvrent le corps de la femme ; rêve et réalité se mêlent pendant que l’esprit de Masako voyage dans ses souvenirs en même temps qu’elle rencontre Asagao (l’asagao est une sorte de liseron appelée aussi « belle de jour »), la plante qui doit la guérir, et qui s’incarne en une jeune femme.

Un petit bémol pour cette confrontation finale parce qu’elle n’était pour moi pas toujours très claire…
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Anaid07
  28 octobre 2019
Asagao (éclosion) de Eloi Larchevêque
J'ai adoré ce livre, dévoré très vite car l'univers où il se déroule est envoûtant.

Évidemment il faut aimer le Japon médiéval, son raffinement, sa rudesse, sa cruauté et sa subtilité.

On croit être dans un héroic fantaisy (pour les plus jeunes lecteurs) dans une estampe d'Hokusai ou dans un rêve onirique. C'est une écriture précise, très poétique.

Les personnages sont attachants malgré l'époque évoquée, cruelle et féodale.

C'est un beau roman initiatique qui je l'espère, aura une suite, très vite.

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Krout
  23 octobre 2019
La disciple et les Sabres Invincibles de André Cognard
Etrange livre que celui-ci. Des étiquettes ? Arts martiaux, Aïkido, Zazen, Karma, Esotérisme, Quête, Bouddhisme, Shintoïsme, Spiritualité, Roman ? Réducteur, quel besoin de normer, comme la nécessité d’un talisman pour éloigner l’inconnu. Tentons ceci : porteur de, ou même, porte ouverte au mystère. Mystère dans le sens de réalité insondable. Et là je me raccroche à l’avertissement « La réalité se trouve dans ce partage entre la scène de nos représentations et celle des autres. Croire qu’il existe une seule réalité, c’est se perdre dans son imaginaire. » (p.11)





Livre qui a trouvé son chemin jusqu’à moi, plutôt que l’inverse. Ceci me conduit en des temps pré-babelioniens et ma lecture de La parfaite Lumière d’Eiji Oshikawa récit des exploits du samouraï Miyamoto Musashi dont le résumé de l’éditeur commence ainsi : « Soudain, il vit la vérité : les techniques de l'homme d'épée n'étaient pas son but ; il cherchait une Voie du sabre qui embrassât toute chose. … » Mais à l’époque j’étais resté sur ma fin. Trop violent, trop « picaresque », trop … Bref, envie de prolonger en plus moderne, c’est donc par le biais des sabres invincibles que j’ai été attiré à le noter en pense bête, à le chercher en vain en bibliothèque, à finir par l’acheter.





Dès les premières pages j’ai eu l’impression forte, sorte d’intuition, que ce roman exigeait de me départir de mon style de lecture habituel, rationnel et réflexif pour me laisser porter par le récit d’Alan Vilfort relatant sa relation avec Omori Sensei, son maître en aïkido. Par quelques signes infimes, j’avais décelé une part de merveilleux. Merveilleux au sens littéraire comme dans ces récits du moyen-âge aux exploits inimaginables. Mais alors que pour Don Quichotte -et tant d’autres récits de jeunesse où j’étais devenu proche compagnon de Toutankhamon d’Hans et Gretel, de Robinson des Roches ou de Bader vainqueur du ciel- , j’étais carrément rentré dans le récit, cette proximité me semblait déplacée vu mon ignorance des univers (cf. étiquettes) déjà cités. J’évoluai donc entre ces deux extrêmes, attentif et me laissant porter, m’imbibant comme un buvard.





Heureux étais-je de mon inspiration pour ce détour préalable par La papeterie Tsubaki qui m’avait rapproché du Japon et fait ressentir à travers l’art de la calligraphie toute l’importance de l’apprentissage du geste ancestral. C’est d’ailleurs un très beau passage que cette rencontre d’Alan Vilfort et son amitié avec Yamanaka Sensei maître calligraphe suivant la Voie du pinceau finalement si proche de celle du sabre. Qu’importe lorsque la perfection du geste est telle que simultanément l’esprit est dans le geste et le geste guide l’esprit au point qu’à cet instant corps et esprit ne font qu’un.





Mystère aussi que ces trois étoiles à la moitié du chemin. Ce livre ayant trouvé moyen d’arriver jusqu’à moi, et l’ayant ainsi absorbé, finira bien par une longue décantation à trouver son chemin en moi. Peut-être plus jeune est-on plus perméable et donc le lire vers 12-14 ans ? Ou peut-être la maturité permet-elle de toucher du doigt cette sagesse ? Quand déjà l’on ressent le souffle d’une immense liberté : « Quand on est libre, on ne souffre pas et on ne recherche rien. » p.156 Qui sait ?

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