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Alors là ! Autant il est facile d'écrire sur beaucoup de livres , plus ou moins bien , autant là, c'est compliqué .
Tout d'abord, au delà du récit , ce roman est entrecoupé de passages en italiques relatant l'évolution du Japon de 1850 aux J.O de Tokyo de 1964. C'est érudit, franchement intéressant. Comment les américains ont choisi leurs cibles en 45, comment les conglomérats japonais se sont formés, les ravages de l'occupation...
Mais bon, on n'est pas venu pour ça. Reste ce qui se passe entre les passages en italique .
Et j'avoue que j'ai été dérouté. Trois femmes , peut être la même à différentes époques , servent de support à cette plongée dans l'histoire et à la vision d'un Japon contradictoire. Kyoto, la mer intérieure et ses iles sont les supports principaux ainsi que les JO de Tokyo.
J'ai cherché un fil conducteur , au delà de la petite histoire dans la grande . Pas sur d'y être arrivé , mais je retiendrai l'art comme supplétif aux ravages de la pollution , thème hautement d'actualité.
Reconquête d'espaces souillés par l'industrie, réhabilitation de lieux dévastés grâce à l'art . Un beau message.
J'aurais pu mettre deux , mais j'ai appris beaucoup de choses . et la dernière partie du roman mais bien plu. Pas sur que ce roman fasse l'unanimité cependant.

Pour la culture , Dejima est le nom d'une petite ile construite par les japonais , où lorsque le pays était fermé aux étrangers , l'on pouvait accoster. Et puis les américains ont changé la donne au milieu du XIX ème.
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Dejima est une île, dans la baie de Nagasaki. Nous suivons Mabel, jeune mariée en voyage de noces à Kyoto au tout début du XXième siècle. Elle découvre le Japon, ses paysages, ses traditions et ses habitants. Dans le même temps, par de courts chapitres, nous assistons au développement de la bombe atomique comme arme stratégique délibérément choisie pour accélérer la fin des hostilités, mais surtout asseoir la puissance américaine. le choix des lieux d'impact de cette arme est détaillé avec les critères précis qui furent mis dans la balance pour optimiser au mieux l'efficacité de la bombe. C'est froid, stratégique. Et derrière tout cela, il y a la vie d'enfants, de femmes et d'hommes encore insouciants de la tragédie qui se joue…
Nous retrouvons Mabel à la fin de sa vie. D'autres vies interfèrent, se superposent, se poursuivent dans des corps de passage… Cette gamine que l'on recherche, qui deviendra cette terrible Kumiko, Alice, cette française un peu en marge, passive, qui va reprendre le court de sa vie…

J'ai regretté le côté trop narratif du récit et quitte à rentrer dans une vision fantastique, onirique, j'aurais aimé qu'elle soit pleinement développée… mais ce fut un bon moment de lecture pour lequel je remercie les éditions du Seuil et Babelio pour ses masses critiques.
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Ce livre débutait très bien, avec l'histoire d'une femme ayant passé une partie de sa vie au Japon, qui alterne avec des passages explicatifs sur l'Histoire de ce pays.

Page 139, tout bascule : la vie de cette femme, et surtout le genre dans lequel s'inscrit ce roman, genre que j'aurais de la peine à qualifier, hésitant entre le délire mystique, ou le fantastique.

J'ai cependant poursuivi ma lecture jusqu'à la fin, en tentant de faire abstraction d'une grossière construction, aidé en cela par la qualité de l'écriture.

Je vous recommande la lecture des 139 premières pages de ce roman, puis vous pourrez aviser sur la suite à donner (même si vous vous arrêtez en chemin, vous aurez découvert des pans intéressants de l'histoire du Japon).
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Elles s'appellent Mabel, Kumiko ou Alice, elles sont américaine, japonaise ou française. Leurs vies s'échelonnent au long du 20e siècle, mais elles ont en commun un fort attachement au Japon. Un roman tour à tour historique, fantastique, érotique ou romanesque, par moments envoûtant, à d'autres trop didactique, pas entièrement convaincant et qui laisse sur sa faim.
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Stéphane Audeguy allie souvent la grande et la petite histoire. Ce dernier roman n'échappe pas à la règle. Les pages en italique sur l'histoire du Japon de l'ère Meiji à nos jours alternent avec les aventures de trois femmes. Ou plutôt d'une femme qui se réincarne au fil des décennies.
Mabel est une jeune américaine, elle vient d'épouser Henry, un brillant avocat de huit ans son aîné. En 1902, ils partent en voyage de noces à Kyoto. Pendant plusieurs mois, Mabel découvre la ville avec ses traditions et ses constructions avant-gardistes. Elle aime se promener au sanctuaire de la déesse Inari. Et pourquoi pas accrocher un bavoir rouge aux statues de renard pour la fertilité.
En 1946, veuve, elle revient à Kyoto. Elle a honte de survivre à tous ceux qui ont péri lors des bombardements atomiques. Aussi veut-elle sauver une enfant qui erre dans les bas-fonds de la ville en compagnie d'un chien roux.
Une quête qui la conduit à nouveau au sanctuaire d'Inari où elle se réincarne en renarde, intégrant tous les passés de ceux que l'animal a mangé. Une renarde qui prendra possession de Kumiko, jeune pupille de la nation en fuite pour échapper à un mariage.
Pendant les Jeux Olympiques de 1964, Kumiko attire les hommes et tue tous ceux qui veulent la pénétrer. Capturée par les yakuzas et enfermée sur l'île de Dejima, son âme se posera sur Alice, une jeune touriste française venue au Japon avec son petit ami invité à une conférence sur l'association de la nature et de l'art contemporain. Pendant que son ami travaille, Alice découvre ce pays à sa manière. Un pays qui, en ce début de XXIe siècle tente de réhabiliter les îles de la mer intérieure ravagées par l'industrialisation.
De 1641 à 1853, le Japon a pratiqué la politique de l'isolement. L'île de Dejima dans la baie de Nagasaki, ceinte de murailles et reliée au sol japonais par un pont étroit, était le seul lieu où pouvaient accoster les navires hollandais. Jusqu'en 1853 où quatre navires américains forcent la politique de fermeture du Japon.
A la fin du XIXe siècle, le Japon envoie quelques étudiants, futurs dirigeants, se former en Grande Bretagne et accueille des ingénieurs étrangers occidentaux.
C'est le début de la métamorphose du pays.

Ces chapitres sur l'histoire du Japon sont d'une extrême précision et particulièrement instructifs. L'auteur montre comment le pays s'est adapté à l'occupation américaine ( réseaux de prostitution, marché noir, réquisition de bâtiments et transformation de l'architecture suite aux déplacements et bombardements). Nous découvrons aussi les préparations de cette nouvelle arme qui conduira aux bombardements atomiques de villes choisies par le Target Committee. Puis comment le Japon a pu profiter des conséquences de la guerre pour développer son industrialisation. Au detriment de l'environnement et notamment de la nature des îles de la mer intérieure.

« Libéré de l'effort de guerre, le système économique japonais prend là une avance considerable sur la majeure partie de ses voisins asiatiques. »
Dejima est un roman foisonnant, instructif et passionnant. Stéphane Audeguy maintient un bel équilibre entre l'analyse historique et économique du pays et les aventures romanesques de Mabel, Kumiko et Alice. Les esprits cartésiens seront peut-être troublés par les métamorphoses des personnages. Mais si vous les acceptez, vous ne pourrez qu'être embarqués par la richesse et l'originalité de ce roman.
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Trois moments clés de l'histoire du Japon par le prisme de deux femmes. Etrangères, américaine pour la première, française pour la seconde.
Jeune mariée, Mabel débarquée à Kyoto en 1902 dans les bagages de son époux, diplomate, elle retourne en 1946 à Tokyo, dans l'archipel dévasté par deux bombes nucléaires. Plus de 60 ans plus, Alice découvre quant à elle l'île de Naoshima, transformée en musée d'art contemporain à ciel ouvert.
Entre ces trois périodes, se déroule toute l'histoire du Japon, complexe, secrète. Faite de conquêtes et de défaites, de replis et de rayonnement, mais aussi de tradition et de modernité. Entre les interstices d'une écriture tantôt documentaire, tantôt poétique, se glissent les images d'une renarde, d'une luciole qui apportent une touche étrange à la narration. Entre histoire et fantastique, Dejima esquisse un portrait d'un pays qui restera toujours une énigme pour les Occidentaux. du charme et uu dépaysement portés par une plume délicate.
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Après un premier séjour au Japon pour son voyage de noces au début du 20e siècle, Mabel y est revenue plusieurs fois.
A travers son témoignage et l'exposé de moments importants de sa vie, c'est l'Histoire de ce pays que l'auteur nous fait découvrir.

Outre le parcours émouvant de cette femme, j'ai particulièrement apprécié les chapitres intercalaires dans lesquels l'auteur résume des moments historiques clés pour ce pays, dont la seconde guerre mondiale et les années qui l'ont suivie. Ces passages, souvent brefs mais allant à l'essentiel, aident à comprendre l'intrigue.

J'ai beaucoup aimé ce livre touchant et enrichissant, et je remercie Babelio et les éditions du Seuil.
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L'auteur offre ici un regard subtil sur la création. mais ce n'est pas tout à fait le thème de son livre. Il traite également du souvenir prégnant d'une autre époque et nous renvoie à Tokyo en 1946. Mabel repense au Kyoto de sa jeunesse, découvert lors de son voyage de noces avec Henry, haut fonctionnaire civil bientôt chargé d'évaluer les conditions d'une nouvelle arme atomique. Débute une traversée du miroir où Mabel découvre de nouvelles formes d'existence...
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Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce roman. Autant le débit avec Mabel j'ai adoré, autant la fin avec Alice, je me suis beaucoup ennuyée. Une part de fantastique nous fait passer d'un corps à un autre, d'une vie à une autre. On sent une importance de la mythologie japonaise mais sans que cela ne soit expliquée donc je me suis retrouvée face à des lignes dont je ne comprenais pas du tout le sens, la portée ou la signification. de plus, la première transformation est "balancée" presque d'un coup sans aucun préparation, alors l'effet de surprise est super mais du coup je n'ai rien compris et j'ai dû continuer dans le flou attendant des explications qui ne viendront pas. Les passages historiques sont super intéressant mais trop nombreux et, à part pour Mabel, déconnecté du récit. Une lecture en demi-teinte qui me laisse très dubitative.
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Dejima, petite île ouverte au monde mais également incroyable roman, m'a bouleversé.

Je cherchais un livre qui pouvait me faire voyager. Dejima m'a permis de redécouvrir certains lieux cultes de l'archipel. Comme Mabel, je visite avec respect le sanctuaire d' Inari à Fushimi. Comme elle, j'arpente les rues au hasard et suis impressionné par le Japon pittoresque, le Japon traditionnel. Comme elle, je m'éloigne de la nouvelle capitale, fuyant la technologie, le tramway, l'ascenseur à bateau...
Je cherchais un livre qui me fasse remonter le temps. Avec Dejima, je déambule dans les rues d'Ueno, de Kyoto... avec un sentiment nuancé. La désolation d'abord celle provoquée par une guerre d'une ampleur incommensurable. le respect ensuite, celui provoqué par une société qui se relève dans la douleur et qui, presque malgré elle, "absorbé par le présent de sa survie", devient l'une des plus respectée.
L'étrange histoire d'Agrippa vient ponctuer ce récit. J'ai particulièrement apprécié la description de Karuizawa que je ne connaissais pas. Elle apporte un brin de poésie dans ce roman bien sombre.
Un roman de mélancolie, un roman de métamorphose, un roman de voyage, un roman onirique.
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