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ISBN : 2070772500
Éditeur : Gallimard (27/01/2005)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 119 notes)
Résumé :
" Il est question de nuages et Virginie Latour commence à comprendre. Elle comprend qu'au début du dix-neuvième siècle quelques hommes anonymes et muets, disséminés dans toute l'Europe, ont levé les yeux vers le ciel. Ils ont regardé les nuages avec attention, avec respect même ; et, avec une sorte de piété tranquille, ils les ont aimés. " Akira Kumo est un couturier japonais. Il collectionne les livres consacrés aux nuages. Pour classer sa bibliothèque, il engage V... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  06 novembre 2017
Au programme de mon prochain club de lecture : « La théorie des nuages » de Stéphane Audeguy. Je me suis dit : « Chic moi qui aime regarder les nuages et les photographier quand c'est possible, ça devrait me plaire ». Mais je vous signale que je n'ai jamais la tête dans les nuages, au contraire. Et puis ce premier roman de cet auteur a obtenu le Grand Prix Maurice Genevoix de l'Académie Française. Donc, bonne référence.
L'auteur commence par une citation de Lutèce : « Tout ce qu'on voit encore se développer dans les airs et naître au-dessus de nous, tout ce qui se forme dans les nuages, tout enfin, neige, vent, grêle, gelées, et le gel si puissant qui durcit le cours des eaux et ralentit ou arrête çà et là la marche des fleuves, tout cela peut aisément s'expliquer, ton esprit n'éprouvera aucune peine à en comprendre et à en pénétrer le secret, du moment que tu connais les propriétés des atomes. » (préface).
L'histoire débute avec un vieux couturier japonais, Akira Kumo, grand passionné des nuages et qui leur consacre une grande bibliothèque. Il embauche une jeune femme, Virginie Latour, pour mettre un peu d'ordre dans ses livres et les classifier. Étonnée par la simplicité du travail et la rémunération importante qui lui est allouée, elle fait taire ses scrupules et se découvre un intérêt dans cette tâche ainsi que d'affection pour ce vieil homme qui semble rechercher de la compagnie.
L'ouvrage est composé de trois chapitres :
- Première partie : L'étude des ciels (avec une phrase de Constable : « What a glorious morning in this for clouds ! »).
- Deuxième partie : Vers d'autres latitudes (je vous épargne la préface du International Cloud Atlas car elle est aussi en anglais mais surtout longue).
- Troisième partie : le Protocole Abercrombie (« Chose assez curieuse, il ne m'arriva pas une seule fois, devant ces magies liquide ou aériennes, de me plaindre de l'absence de l'homme ». Baudelaire).
Ces trois histoires, en fait, forment un tout et se rejoignent.
Le texte est assez poétique mais il faut bien garder la tête sur les épaules car, finalement, on évolue vers les débuts de la météorologie – on y parle de Luke Howard qui est devenu célèbre grâce à son « système de nomenclature des nuages » ; surnommé aussi « le parrain des nuages », c'est lui qui a désigné trois principales catégories de ceux-ci : cumulus, stratus et cirrus.
On y parle aussi du fameux et très recherché Protocole de Richard Abercrombie ainsi que du peintre Carmichael et de Goethe. On passe du présent au passé.
Parfois j'ai trouvé des paragraphes un peu trop longs, complexes (instructifs certes mais j'ai fait un effort pour les lire). Il y est aussi question de la sexualité de Virginie (avec des descriptions plutôt crues, mais bon, si elle fonctionne ainsi c'est bien son droit…). On trouve aussi tout de même de l'amour.
Au milieu de tous ces nuages, le personnage d'Akira Kumo est touchant par sa sensibilité – il ne connaît pas vraiment son âge et lorsqu'il le découvre c'est la stupéfaction.
L'auteur a fait preuve de beaucoup d'imagination pour ce livre et on constate qu'il s'est bien documenté. Par exemple, il nous fait part d'évocations historiques avec la bombe d'Hiroshima...
Les personnages sont assez pittoresques dans l'ensemble, avec chacun leur particularité. Mais ce livre est également une réflexion sur le temps qui passe, le temps météorologique bien sûr au gré du vent qui fait défiler les nuages.
Au final, « La théorie des nuages » a bien mérité son prix car il n'était pas facile de faire passer autant de notions scientifiques en prenant, au départ, l'histoire d'un couturier japonais.
Les sentiments sont bien décrits, les thèmes écologiques font partie intégrante de la réflexion : on y trouve l'évocation du volcan Krakatoa en 1883…
Je vais donc pouvoir dire lors de mon club de lecture que, si j'ai plutôt aimé ce livre, il m'a laissée malgré tout un peu sceptique : sujet très intéressant, certes ; je n'ai rien (au contraire) contre les indications scientifiques… Mais (eh oui il y a un mais) : avait-on besoin de tant compliquer les choses ? Mais (un autre mais pour celui-ci çà va) : le livre se rattrape avec son humanité, sa tendresse, sa poésie. Mais (encore ?) : dommage pour le dernier geste tragique d'Akira (je ne dirai pas lequel).
D'un autre côté l'écrivain a bâti son histoire ainsi et il nous faut l'accepter (ce n'est pas à moi de récrire quelques passages).
En fait, ainsi va l'histoire qu'à la fin on se retrouve tout de même avec un joli premier roman, bien construit et, si l'on y réfléchit, ce n'était vraiment pas facile quand on pense aux chemins par lesquels on passe.
En conclusion, je donne un 4 étoiles qui vont briller dans les nuages.
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dancingbrave
  22 septembre 2014
Improbable et compliqué à souhaits

20 août
Je me lance dans la lecture de la « théorie des nuages », tout fier de l'avoir dégotté à la librairie du bleuet, vous savez le lieu improbable qui se trouve là où on était sûr de ne surtout pas le trouver…
Rapidement je comprends que le thème sera bien celui des nuages, une improbabilité qui me sourit.
Puis je rencontre des personnages un peu curieux, improbables eux aussi ; certains réels d'autres non.
Bref, tout cela semble annoncer un roman original (je vous fais grâce de l'ultime « improbable »)

Mais en fait il s'agit plutôt d'une histoire des sciences romancée…
Et là où je dis romancée, je devrais dire, compliquée gratuitement :
Compliquée par des personnages sans rapport aucun avec le thème, des personnages à la sexualité compliquée, surprenante et surtout dont l'étalage n'a absolument rien à voir avec le roman et ne lui apporte rien.
Compliqué par une syntaxe lourde, confuse, difficile.
(Je vous en donne quelques exemples plus bas).
20 septembre
A relire certaines phrases deux ou trois fois, à parfois m'endormir sur l'ouvrage (ben voui ...), je me suis retrouvé, vingt jours après à la page 141 et avec de gros doutes. Car, outre la lourdeur du style, en avançant laborieusement dans l'histoire de nouvelles pistes apparaissent, mais toutes font Flop ne menant vraiment vers rien de constructif.
Alors je prends sur moi en me disant que cela va s'éclaircir plus loin, que des liens vont unir tout cela et je commets l'erreur fatale : je vais sur notre cher Babelio et là je vois que même la toute nouvelle piste que l'auteur a avancée et sur laquelle je fonde encore quelque espoir s'avère être une Farce grotesque !
22 septembre :
Aller hop, c'est décidé ! Vue ma pile à lire si lourde de promesses et des appétits que je nourris, je décide de souffler sur ces nuages à la page 141 et de passer à autre chose.
Pfffft ...
Comme promis : quelques exemples de citations improbables et compliquées :

Richard Abercrombie l'entend arriver, lui sourit, l'arrête d'un geste, et, la poussant légèrement devant lui, il fait un geste large du bras...
(Pardon ?)

Mais il est épuisé ; et, comme une nappe d'eau qui a passé le point où elle peut se renouveler, avec le temps, Akira Kumo se tarit, sûrement et lentement.
(Vous pouvez répéter ?)
Diverses sociétés savantes ont fait envoyer [...] des couronnes mortuaires et des messages de condoléances, longs et vagues.
(Ben oui, comme votre roman)
Quand elle jouit, elle se cramponne à son mari comme une noyée. Sinon elle reste tranquille, heureuse comme un paysage.
(Image poétique ?)
Elle n'est pas belle, c'est autre chose en elle qui le chavire. de toute façon la beauté des femmes ne présente aucun intérêt pour Carmichael. Mais lorsque Mary Bickford entre dans un lieu public, il faut faire un effort pour ne pas la regarder, on pense à des choses douces et belles, on se sent vaguement triste aussi.
(Euh, elle est comment finalement ?)
...Dans un éclair la vérité lui revient, irréfutable : il n'est pas né en 1946, mais à la fin de l'année 1933. Et du moment où il a tiré ce fil minuscule, Toute l'étoffe ne vient pas d'un coup, naturellement ; mais bientôt il n'en restera rien.
(Plait-il ?)
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Apoapo
  06 février 2016
Ce roman, par l'interposition de deux personnages-narrateurs, contient la biographie romanesque et fantasque des quelques hommes du XIX siècle qui se passionnèrent de nuages en fondant les prémisses de la météorologie moderne. Ces biographies, de savants - Luke Howard, Richard Abercrombie, William Williamsson - et du peintre Carmichael, constituent la partie la plus détaillée et instructive du récit, mais s'y greffent aussi des éléments narratifs fort intéressants sur la vie du principal personnage-narrateur, le vieux styliste japonais Akira Kumo. Son récit adressé à sa bibliothécaire Virginie Latour, dans le cadre d'une relation amicale et sentimentale que la parole développe, lui permet à la fois de (se) préciser les raisons de sa nouvelle lubie de collectionneur d'ouvrages consacrés aux nuages, ainsi que, par là-même, de se remémorer son enfance et d'autres parties refoulées et obscures de sa propre biographie, à l'ombre du Nuage par antonomase, le nuage atomique d'Hiroshima.
Le lecteur avisé devine vite cette association historique, même s'il se laisse aller à la séduction du jeu de reconstitution progressive de mémoire, si bien mené. Il lui faut plus de temps pour déceler d'autres analogies plus subtiles, comme celle entre la sexualité (frôlant la perversion) de Richard Abercrombie et celle de Kumo lui-même. L'auteur suggère : "Ce que Virginie Latour avait d'abord perçu comme le long et doux cortège des amoureux de nuages comporte, elle s'en aperçoit maintenant, un peu trop de suicidés, de désespérés, d'amoureux éconduits et de solitaires tristes." (p. 280) : et c'est presque un "understatement"... Par contre serait-ce surinterpréter que de faire l'hypothèse d'une analogie entre tous ces amoureux de nuages et différentes formes de perversion sexuelle ?
Et sur cette question, le grand manque de ce roman, me semble-t-il dès le début, c'est l'impressionnant silence, l'énorme anémie narrative concernant le personnage féminin, cette Virginie Latour, qui ne sert presque que de catalyseur de récits, et qui ne possède de caractère qu'une caractéristique dysfonctionnelle relative, encore, justement à sa jouissance sexuelle...
Nuages-mort, nuages-perversions... ç'eût été véritablement passionnant. Et le seul personnage féminin était justement là, à portée de la plume !
Matière pour un autre roman, peut-être ? Voici en effet l'excipit:
"Virginie Latour pense aussi, sur sa petite île blanche au milieu des tempêtes, qu'elle va vivre sa vie. Mais ceci est une autre histoire."
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cyberugo
  26 mai 2012
On peut dire de ce roman qu'il est frais, rafraîchissant, divertissant, mais en même temps instructif et érudit. Il va nous retracer une partie de l'histoire de la météorologie de façon romancée, en nous faisant découvrir la vie de scientifiques concernés, avec la vie de l'époque. On va aussi suivre la vie d'un grand couturier censé vivre à notre époque, ainsi que de sa bibliothécaire qui sera le fil conducteur de l'ouvrage.
L'intrigue est construite sur des allers et retours entre flashbacks et époque contemporaine, en nous entraînant dans différentes intrigues pourtant toutes liées. Cela passe bien, sauf peut-être quelques passages un poil trop longs. de beaux sentiments se dégagent de l'ensemble, nous envoyant un petit nuage. Un comble !!
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folivier
  18 mars 2011
Un couturier japonais à Paris recrute une jeune bibliothéquaire pour classer et archiver sa collection d'ouvrages relatifs aux nuages et à la météorologie. L'auteur nous fait découvrir une histoire (réelle ou imaginée ?) de la météorologie et suivre le parcours à partir du XVIII° siècle de quelques personnages anonymes ou scientifiques amoureux des nuages. le nuage devient une allégorie de la vie et d'une certaine conception du monde (cycle perpétuel de l'eau). L'auteur fait des parrallèles et analogies entre la composition des nuages et celle du corps humain, la structure des nuages et celle du cerveau (avec une approche sur la théorie des fractales). le nuage est la métaphore du temps qui s'écoule. Il devient également le symbôle de notre société qui se déshumanise et aboutit aux horreurs du XX° siècle (nuage de gazs toxiques de 14-18, fumée des crématoires et le champignon de Hiroshima).
Cependant j'ai eu le sentiment que tous ces thèmes étaient effleurés, juste abordés. le livre manque de densité... mais peut-être est-ce volontaire pour être aussi léger qu'un nuage alors que ce dernier en fait représente un masse énorme...
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   09 novembre 2017
Dix ans ont donc passé et, le 20 septembre 1889, au premier jour du congrès, William S. Williamson discourt devant ses pairs ; il évoque Paris, et sa vocation de capitale universelle ; il parle de la fée Électricité et de l’orage ; il parle des lumières de la néphologie – car il propose ce terme pour désigner la nouvelle science des nuages, de cette néphologie qu’il faut répandre jusqu’aux extrémités du monde connu ; il parle de l’impérieuse nécessité d’universaliser la classification Howard, modifiée 1887. Et c’est ainsi, ajoute Williamsson pour terminer son oraison, que nous arracherons aux nuages leurs secrets.
P.181
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NievaNieva   11 août 2014
Maintenant il se tient debout sur la plateforme, il s'efforce de ne penser à rien, pour accueillir les signes délicats qui montent à l'horizon, là-bas. Toute la richesse de la région repose sur la justesse de telles observations : le Yorkshire vit du blé, ce blé qu'on vent à Londres sous forme de farine ; entre le blé et la farine se tiennent les moulins du père de Carmichael. Tel est le jeu, exaltant et brutal, du commerce des grains : la première région à acheminer sa farine à Londres est celle qui bénéficie du prix le plus élevé. Les moulins, eux, ont le vent pour meilleur ami et pour pire ennemi. Un vent modéré et constant est évidemment idéal ; mais, dans le Yorkshire, le phénomène est rare. Le minotier doit donc veiller au grain. Car un vent trop puissant, une rafale trop brusque peuvent détruire la voilure, ou même les bras du moulin, et c'est alors une catastrophe économique : pour ceux qui fabriquent les sacs, pour ceux qui transportent la farine à Londres, pour ceux qui la vendent en gros, pour ceux qui la débitent au détail. Aussi le minotier passe-t-il son temps à prier pour que le vent se lève ou tombe ; et la fonction du guetteur est redoutablement simple : au premier signe d'un vent suffisant pour faire tourner les meules, il doit lancer l'opération ; il doit l'arrêter dès que le vent, menaçant de faiblir, compromet le broyage du grain. Point de vent, les ailes du moulin ne tournent pas ; trop de vent, elles se brisent. Ainsi le guetteur doit anticiper la venue d'un vent excessif, et, dès qu'il menace, faire placer les ailes dans l'alignement du vent, ou même, si la tempête approche, affaler les toiles qui les couvrent, de crainte qu'elles ne se déchirent, sauvant ainsi les ailes et la voilure.
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coco4649coco4649   03 juin 2016
Pour la première fois de sa vie, Richard Abercrombie est confronté au vacarme obscène de la nature sous sa forme la plus grandiose et la plus véhémente : une jungle. Ce n'est pas tant le vacarme en soi qui l'abasourdit, mais, au sein de ce tohu-bohu, l'absence totale de sonorité humaine. La jungle bruit selon ses propres lois, insoucieuse des hommes qui croient l'explorer. Dans les forêts où l'homme vient régulièrement chasser, à proximité des villes, dans toute l'Europe et particulièrement en Angleterre, les animaux ont depuis longtemps appris à se taire à l'approche de l'homme, à le fuir comme le prédateur suprême : cette créature qui tue contre nature, sans que la nécessité de survivre l'y force. Le silence apaisant de nos campagnes n'est que le signe tangible de la terreur que l'homme fait régner.
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NievaNieva   11 août 2014
Dans le cas des nuages, le point décisif est la langue. C'est un temps très délicat de l'invention scientifique que le temps du baptême ; il y faut un talent particulier, qu'on peut juger dérisoire, mais qui se révèle essentiel. Car les noms de baptême des choses ne fonctionnent pas comme ceux des hommes. Les hommes reçoivent à leur naissance un prénom et un nom ; ensuite ils les accomplissent, ou bien les contredisent, ou les effacent, ou les modifient. Parfois ils traînent leur patronyme dans la boue ; parfois ils le portent aux sommets de la société ; parfois les deux, simultanément. Mais les choses, elles, existent en dehors de leur nom ; elles peuvent exister pendant des siècles, muettes et innommées. Pourtant il y a un nom qui est là, qui les attend dans le silence, un nom qu'il faut inventer, trouver en savant, en poète. Trouver ce nom qui porte la compréhension de la chose, trouver le nom des nuages, c'est justement ce que réussit Luke Howard, le premier parmi les hommes. Et maintenant nous voyons les nuées avec lui, grâce à lui : les cumulus et les stratus, les cirrus et les nimbus, tout est là désormais, tout est tellement simple.
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nadiouchkanadiouchka   07 novembre 2017
A vrai dire Luke Howard sait, depuis la minute où il a été désigné pour la prochaine conférence, sur quoi elle va porter. Il compte parler des nuages. Et il en parlera comme personne avant lui. Avant lui, les nuages n’existent pas en tant que tels. Ce ne sont que des signes. Signes de la colère ou de la félicité des dieux. Signes des caprices du Temps. De simples augures, bons ou mauvais. Mais signes seulement, sans existence propre. Or on ne peut pas comprendre ainsi les nuages. Pour les comprendre, prétend Luke Howard, il faut à un moment les considérer en eux-mêmes, pour eux-mêmes. Bref, il faut les aimer, et il est en réalité le premier à le faire, depuis l’Antiquité. P.15/16
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