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Critique de lafilledepassage


lafilledepassage
  09 juin 2019
Encore un livre qui trainait dans ma bibliothèque depuis une vingtaine d'années. Et encore un livre que les souris ont épargné. C'était l'époque où je dévorais tous les romans de Paul Auster et où je mettais un point d'honneur à TOUT lire de cet auteur. Ah, les tocades de jeunesse ….

Ce diable par la queue est complémentaire au dernier roman d'Auster traduit en français, 4 3 2 1, puisqu'il revient ici sur sa jeunesse et sur les débuts de sa carrière d'écrivain. Et ce diable tombe donc au bon moment, puisque c'est un peu comme s'il avait attendu gentiment dans ma bibliothèque qu'Auster publie son 4 3 2 1 et que je le lise.

On y trouve une formidable leçon d'opiniâtreté, de confiance en soi et d'abnégation, car Auster, avant d'être l'écrivain reconnu et traduit dans le monde entier, a galéré pendant une bonne dizaine d'années, accumulant les échecs mais sans jamais capituler. Position d'autant plus difficile à défendre dans une Amérique matérialiste et normative. Et là je dois bien dire que je suis très admirative devant cette persévérance, cette force de caractère, qui caractérise peut-être le mieux les artistes qui « ont réussi ».

Auster pose aussi la douloureuse question de l'argent et de l'art … car oui les artistes sont des hommes et des femmes comme vous et moi, ils doivent eux aussi se loger, se nourrir, se chauffer … La création artistique est essentielle dans nos sociétés démocratiques et doit être considérée comme un travail à part entière, qui mérite rémunérations et reconnaissance. Et non comme un sacerdoce, un passe-temps, une futilité. Malheureusement la plupart des artistes sont acculés à créer des produits qui plairont, qui se vendront, au lieu de laisser libre cours à leur imagination. Ou alors ils sont poussés à changer de voie, et l'humanité se prive peut-être des chefs d'oeuvres à jamais mort-nés.

Le livre se termine par un très court « essai ». Enfin je suppose qu'essai est le nom qu'il faut donner à cette tentative de répondre à la question « pourquoi écrire ? ». L'auteur y raconte cinq petites anecdotes, où le hasard joue le rôle principal. Paul Auster veut-il insinuer qu'il ne serait écrivain que par le fait du hasard ?

Travail assidu et hasard, la recette du succès selon Paul Auster. Et il a probablement raison.
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