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ISBN : 2330098278
Éditeur : Actes Sud (03/01/2018)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 11 notes)
Résumé :

À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Ham- bourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Fifrildi
  21 janvier 2018
Depuis le temps que j'attendais cela (7 ans en fait) : Paul Auster a enfin sorti un nouveau roman, 4 3 2 1, un beau pavé de 1016 pages.
Je suis émue tellement j'ai savouré ces deux semaines en compagnie d'Archie Ferguson. Un énorme coup de coeur. Quand on est fan depuis un quart de siècle, ça fait du bien ! Quel pied !
Le 1er janvier 1900, Isaac Reznikoff arrive en Amérique. Suite à l'erreur d'un fonctionnaire, il va devenir Ichabod Ferguson « Un Juif russe transformé en presbytérien écossais de quinze traits au stylo sortis de la plume d'un autre. » Ichabod est le grand-père d'Archie.
Archie est né le 3 mars 1947 (un mois après Paul Auster ^_^ ) et c'est son histoire en quatre déclinaisons que Paul Auster nous propose. Au début, j'ai eu un peu de mal à resituer chaque Archie dans son contexte (vu que les histoires se chevauchent) mais en fin de compte, c'est tellement mieux que s'il avait découpé son roman en quatre parties distinctes. Quoi qu'il en soit, il est plus que probable qu'un jour je relise chaque vie séparément… juste comme ça, pour le plaisir.
On y retrouve tout ce qui fait l'univers de l'auteur : l'immigré juif, l'absence du père, la chance/le hasard (au choix), le base-ball, New York, etc. Mais aussi il y a tous ces petits clins d'oeil qui m'ont ravie : Laurel et Hardy (cfr sa pièce Laurel et Hardy vont au Paradis), Anne Frank, Paris, la traduction de poètes français, l'écriture, le Moon Palace et ces personnages qui sont venus faire une apparition : David Zimmer (Le livre des illusions) et Marco Fogg (Moon Palace).
C'est aussi un livre sur l'histoire de l'Amérique jusqu'en 1970. Bon, il y a avait quand même quelques passages un peu trop longs (sur les troubles survenus à l'Université de Columbia en 1968 par exemple) mais dans l'ensemble c'était quand même intéressant.
Le seul petit bémol (qui ne me fera pas baisser ma note de 5 étoiles) est que j'ai été un peu déstabilisée
C'est un roman remarquable avec une galerie impressionnante de personnages qui se croisent (ou pas) d'une vie à l'autre.
J'ai vraiment adoré la fin, que je n'avais pas vue venir (c'est encore mieux).

Challenge pavés 2018 (2-3)
Challenge multi-défis 2018 (69)
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Commenter  J’apprécie          383
ChatDuCheshire
  11 mars 2017
Découvert ce livre juste après la sortie de son édition originale anglaise (et lu dans cette langue donc, la traduction française n'étant pas encore disponible, Actes Sud a annoncé 2018) bien en évidence sur la table des nouveautés d'une librairie anglophone bruxelloise alors que j'attendais une amie pour aller dîner au restau d'en face. Une découverte de l'existence de ce livre somme toute très austérienne car le complet fruit du hasard. En effet si j'ai pas mal lu Auster il y a quelques années, j'ai un peu décroché récemment et n'avais aucune idée que ce livre était sorti et était visiblement très attendu (d'après de que j'ai pu glâner sur internet après son achat).
Certains décrivent ce livre comme son "chef-d'oeuvre". Je serais plus réservée car je préfère le Paul Auster des oeuvres plus anciennes, où sa "petite musique du hasard" s'alliait à une sorte de poésie confinant au fantastique. Les livres plus récents d'Auster m'ont moins emballée car si sa petite musique y est toujours présente, sa narration est devenue simplement réaliste et ce livre-ci n'y fait pas exception.
Cependant je comprends par ailleurs ceux qui y voient un livre majeur dans l'oeuvre d'Auster. Car il s'agit sans doute de son bouquin le plus personnel et, au surplus, sorti alors qu'il célèbre ses 70 ans, sans doute un livre "bilan", en quelque sorte.
J'ai lu quelque part qu'Auster était sorti "épuisé" de son écriture. Ca se comprend car "la bête" est i m p r e s i o n n a n t e, 866 pages d'un format assez grand et couvertes de caractères relativement petits pour une édition originale "harcover". L'édition française dépassera sans nul doute allègrement les 900 pages.
Une telle longueur, vraiment inhabituelle chez Auster, s'explique par le fait que ce livre est un "4 en 1" car il s'agit de raconter la vie d'un certain Archibald ("Archie") Isaac Ferguson (ou plutôt sa jeunesse, de sa naissance à l'âge de 23 ans) en quatre versions différentes. Il s'agit bien du même personnage entouré de la même famille mais un événement affectera son père dans sa petite enfance qui changera le cours de son existence. le père, doté d'un certain esprit d'entreprise mais, malheureusement pour lui, également encombré de deux frères "parasites", ouvre un magasin d'appareils ménagers. Dans la première vie d'Archie le magasin de son père est le théâtre d'un cambriolage orchestré par ses deux frères en manque d'argent. Dans la seconde vie d'Archie le magasin part en fumée à la suite d'un incendie provoqué par ses frères. Dans la troisième vie d'Archie, la même chose se passe que dans la seconde sauf - détail capital - que son père meurt dans l'incendie en question. Enfin dans la quatrième vie d'Archie, tout se passe bien du moins en ce qui concerne les affaires de son père rapidement débarrassé de ses frères toxiques.
Partant de ces prémisses, la vie d'Archie va prendre des orientations forcément très différentes, qu'il s'agisse des lieux où il va grandir, de l'évolution de ses parents et en particulier de sa mère (qui survit dans les quatre versions) rejaillissant sur lui, des écoles et universités qu'il va fréquenter, des amitiés et amours nouées etc. Toutefois il y aura deux constantes quel que soit l'Archie considéré : son attachement pour une certaine Amy et sa prédisposition pour l'écriture...
Comme je le disais il s'agit indubitablement de l'oeuvre d'Auster la plus inspirée par sa propre jeunesse. Comme Auster Archie est né en 1947 de parents juifs dans le New Jersey. Comme Auster ses Archie (à une intéressante exception près) vivront la vie de banlieusards aspirant à rejoindre New York pour y vivre la vie trépidante du citadin immergé dans la culture. Comme Auster, ses Archie passeront des périodes de leur jeunesse en France. Certaines anecdotes (j'ai lu ça ensuite dans des interviews) ou événements jalonnant l'enfance de ses Archie sont également inspirés de faits vécus par Auster (notamment lors de ses camps de vacances d'été). Le plus pénible pour un européen continental est que comme Auster ses Archie sont passionnés par le baseball. Il s'agit là d'un tic de plus en plus omniprésent, me semble-t-il, dans les bouquins d'Auster et, franchement, on baille profondément lorsqu'il consacre des pages à narrer les exploits d'obscurs héros baseballeurs des années 30 aux années 60 et on s'empresse de sauter le passage... Heureusement le décrochage des phases baseball ne nuit pas à la lecture et à la compréhension du reste (du moins je l'espère)....
Un conseil : n'entamez pas la lecture de ce livre si vous n'êtes pas sûr de pouvoir vous libérer des périodes de lecture significatives et rapprochées s'étirant sur plusieurs semaines. En d'autres termes il est à mon sens impossible d'en entamer la lecture, de le poser quelques jours et de le reprendre ensuite. La narration parallèle de l'histoire des quatre Archie n'est pas des plus aisées à suivre, d'autant plus que les différences de parcours entre eux sont parfois assez subtiles. Au début je me suis demandée si je ne devrais pas établir des fiches résumant l'histoire de chacun des Archie afin de ne pas tout mélanger (la structure est celles de chapitres se subdivisant en sous-chapitres pour chacun des Archies, on passe donc constamment de la vie de l'un à celle des autres). Puis je me suis dit que le mieux était probablement de me "laisser aller" et que, de toute façon, s'il s'avérait nécessaire de faire des fiches cela voudrait dire qu'il s'agit d'un mauvais bouquin. Mon intuition a été la bonne car une fois que l'on a pu passer les deux premières chapitres on s'habitue au mode de narration et que si l'on mélange probablement un peu cela ne prend pas des proportions gênantes et, après, tout il s'agit bien du même personnage en quatre déclinaisons. Il faut dire que la tâche se trouve au surplus facilitée du fait de la disparition très rapide (malheureusement pour lui) de l'un des quatre Archie (dès le second chapitre), ce qui nous laisse trois Archie pour l'essentiel du bouquin et, perso, j'ai trouvé trois Archie beaucoup plus gérables que quatre.
Au final quelle appréciation ?
Personnellement je regretterai sans doute toujours les oeuvres plus anciennes d'Auster. Ce bémol étant fait il s'agit d'un bouquin plus que "solide" et qui dépasse de très loin en qualité la plupart des livres sortis (trop rapidement et trop aisément encensés) aujourd'hui. Evidemment cette nouvelle variation sur la petite musique du hasard, qu'Auster a lui-même popularisée, ne surprend plus aujourd'hui (du moins si on a déjà lu du Auster) mais que l'auteur se l'applique désormais à ce point à lui-même ne manquera pas d'intéresser ses fidèles lecteurs. Quant à ceux qui ne le connaissent pas encore, il seront probablement impressionnés. Pour ma part, sans être totalement convaincue je suis contente de l'avoir lu. Au-delà de l'histoire d'Archie d'ailleurs j'ai particulièrement apprécié le récit des faits historiques (les années 60 contestataires, révélatrices d'une crise dont on dirait que celle-ci n'a jamais cessé depuis, personnellement je ne savais pas que les prémisses de notre "mal" actuel remontaient au-delà des années 70; à en croire le récit d'Auster il semblerait bien pourtant que ce soit le cas) accompagnant la petite histoire d'Archie. A ce niveau Auster, qui a connu l'époque mais qui a aussi pris le soin d'une recherche historique soigneuse - contrairement à pas mal d'auteurs plus jeunes -, nous distille une autre petite musique, celle du caractère circulaire de l'histoire et que, sans nul doute, notre époque gagnerait beaucoup à se réintéresser au passé pour en tirer les leçons appropriées...
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CelineArthemiss
  09 janvier 2018
Alors alors, que vaut le dernier Paul Auster ?
Tout d'abord, il faut que vous sachiez deux choses importantes sur « 4 3 2 1 » :
– il pèse 1,259 kg ! Oui, oui, vous avez bien lu… Au début je l'ai promené avec moi dans les transports mais franchement là, et ce n'est pas dans mes habitudes, je vous recommande de le prendre en ebook sur liseuse parce qu'il est lourd et ce même pour chez soi sur le canapé.
– il comporte 1 016 pages ! Oui, oui, vous avez bien lu aussi… Pour ceux qui aiment se plonger dans plusieurs ouvrages à la fois ou qui pensent s'arrêter pour faire autre chose, je vous le déconseille. Ce qui fait l'essence même de ce roman fait qu'il vaut mieux se l'enfiler d'une traite au risque de ne plus savoir qui on est ni où on crèche ! Alors préparez vos yeux et votre tête en conséquence. Perso, cela m'a pris le week-end mais j'étais motivée par la rencontre de samedi.
Et puis la nouvelle sélection des livres du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 va me parvenir donc, je n'avais pas trop le choix pour ne pas prendre de retard…
Et donc et donc…….. sinon ?
Cela faisait sept ans que l'écrivain n'avait rien proposé à ses lecteurs.
Avec ce quinzième roman, nul doute qu'il fait un retour remarqué !
Que serait devenue votre vie si … ?
Voici la question que pose ce livre.
L'écrivain nous propose quatre versions de la vie d'Archibald, ponctuées toutefois de quelques éléments persistants (Amy, l'écriture…).
1.0
1.1
1.2
1.3
1.4

Ou comment une circonstance, complètement anodine, peut bouleverser une existence…
A quel point cela ressemble à Paul Auster lui-même ?
Nous sommes en droit de nous poser la question laquelle, je l'espère, sera abordée à La Grande Librairie jeudi soir ou lors de la rencontre orchestrée par François Busnel à laquelle je vais assister samedi au Théâtre du Rond-Point.
Ce livre m'a fait penser à un film que j'avais beaucoup aimé et qui m'avait marquée en son temps (1998) : « Slinding Doors » (« Pile ou face » en français).
On peut aussi faire un parallèle (sans doute facile mais pas si idiot que ça à la réflexion à mon avis) avec un autre film que j'adore : « Forrest Gump ».
Pourquoi ? Eh bien lisez-le et vous comprendrez certainement à quoi je fais allusion !
Je suis loin d'avoir découvert toute l'oeuvre de l'écrivain.
En revanche je peux affirmer et je pense que je ne serai pas la seule à le dire que c'est un roman qui marquera par la force littéraire qui s'en dégage tant du point de l'histoire que de la construction et de l'écriture.

Lien : https://arthemiss.com/4-3-2-..
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djathi
  22 janvier 2018
Par quel caprice d'un jour je me suis décidée à me lancer dans cette lecture , alors que je n'ai aucun goût pour les pavés , que je n'ai rien d'une fan inconditionnelle de l'écrivain et que je ne suis pas une lectrice de littérature américaine ?
Pourquoi ne me suis je pas décidée pour d'autres ouvrages probablement plus motivant d'après ce que je suis ou ce je crois être ?
Pourquoi a-t-il fallu que ma liseuse refuse de télécharger la dernière partie et me condamme au renoncement ou à la lecture sur mon ordinateur avec promesse d'un regard aussi sexy qu'un lapin blanc atteint de myxomatose ?
Bon oui j'ai opté pour cette dernière option parce que , décidément , ça aurait vraiment été "ballot"d'avoir lu les trois quarts du bouquin et abandonner parce que le hasard a décidé ainsi .
Bon c'est un fait que je suis en train de vous raconter ma vie et que je suis encore là devant mon écran , en mode lapin blanc à la myxomatose et que ma dernière ligne droite pour aujourd'hui sur ce fichu écran sera pour vous donner quelques indices susceptibles d'éveiller votre motivation pour vous lancer dans la dernière aventure Austerienne.
Eh bien , Paul ne fait rien d'autre tout au long de ces 1000 pages que de s'interroger sur les hasards de la vie , les enchaînements de la vie qui font que ça bascule d'un côté ou d'un autre , qu'un individu , si déterminé soit-il au départ par la génétique et l'histoire de ses ancêtres porte en puissance un infini de possibles et que "si à ce moment là " et plus tard "c'est parce que ...que cela " et autres articulations orienteront le parcours d'une vie par là plutôt qu'ailleurs ,il n'en reste pas moins que toutes les autres potentialités de développement appartiennent à l'individu , de façon intrinsèque et que l'identité c'est bien plus que ce que nos actes et nos déterminismes en disent , que les contours et les limites ne sont que des petits arrangements de la vie .
Partant de cette idée , Paul Auster choisit de raconter l'histoire d'un certain Ferguson en déployant quatre destins différents . Mais parce que ça n'aurait pas été amusant et qu'il fallait donner du piment à tout ça , ce n'est pas quatre parties distinctes , mais un savant tricotage pour aboutir à une oeuvre complexe et ...destabilisante ou stimulante , usante ou reposante selon la position que vous aurez choisi d'adopter .
Certes c'est d'une formidable créativité fictionnelle mais toujours vissée à la personnalité et la vie de Paul Auster , à aucun moment je n'ai pu détacher Ferguson de son créateur dans toutes ces déclinaisons d'identités imaginaires et fantasques , la présence de l'écrivain peut-être ressentie comme oppressante .
Il faut du souffle car c'est un monument . Monument dans la densité avec des tas de références culturelles semées ici et là à travers l'histoire de son personnage multiple , monument dans le flux tonique d'une écriture qui ne faiblit à aucun moment , monument dans la fibre inventive géniale que l'on connait à Paul Auster et sur 1000 pages c'est un exploit .
Alors oui , c'est un fait que je ne suis pas une fan inconditionnelle de l'écrivain , que je n'ai qu'un goût modéré pour la littérature américaine , que je ne suis pas un lectrice de pavé non plus :que donc rien à priori rien qui me prédisposait à me lancer dans un tel ouvrage et qu'une simple lubie du moment m'a décidée et le résultat c'est que , même si j'ai survolé beaucoup de passages ( Auster et sa passion du base-ball par exemple entre autres) , j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les labyrinthes de 4 3 2 1 , en adoptant une position d'apesanteur parce que me coller scrupuleusement au texte pour chercher à recoller les morceaux de tout ce puzzle , ça m'aurait paru aussi vain que compliqué .
Et au final , pourquoi ai-je choisi cette lecture plutôt qu'une autre ?
Au final , 4 3 2 1 c'est juste le doigt là dessus .Et le prétexte pour se laisser emporter par les facéties d'un écrivain prestidigitateur .
L'occasion de réviser aussi l'histoire des états-unis , de rajouter des posts-its sur votre bureau vous promettant d'enrichir votre culture en allant faire des recherches sur tel artiste , tel écrivain et encore tant . ( même si , vous savez que dans deux jours vous serez passé à autre chose parce que la vie et ses rebondissements , c'est juste pas prévisible .) .
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BonoChamrousse
  20 janvier 2018
*** 4 3 2 1 ***
de Paul Auster  (traduction de Gérard Meudal)
Éditions Acte Sud
Connaissez-vous Saul Kripke ?
Pas celui de "Big Bang Theory" qui se prénomme Barry (quoique la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre 😉) mais le vrai, celui qui donne des cours de philosophie à l'université de la ville de New-York ? (NY ? tiens tiens 🤔) Eh bien les travaux de Saul Kripke ont portés, entre autres, sur la sémantique des mondes possibles (ce qui est vrai dans un monde peut être différent dans un monde parallèle).
Vous ne vous êtes jamais demandé ce qu'il se serait passé si vous aviez fait tel choix plutôt que celui-là ?
4 3 2 1 "... Je veux dire qu'on ne peut jamais savoir si on a fait le bon choix ou non. Il faudrait être en possession de tous les éléments pour le savoir et le seul moyen d'y arriver est d'être aux deux endroits à la fois, ce qui est impossible..."
Mais il n'a rien d'impossible pour un écrivain, non ? Surtout quand il s'appelle Paul Auster...
4 3 2 1 "... Ferguson comprit que le monde était fait d'histoires, tellement d'histoires différentes que si on les rassemblaient toutes pour les mettre dans un livre, celui-ci ferait neuf cents millions de pages..."
Eh bien dans "4 3 2 1", Paul Auster a donné vie à 4 personnages principaux...
4 3 2 1 "... Identiques mais différents, ce qui voulait dire quatre garçons ayant les mêmes parents, le même corps, le même patrimoine génétique, mais chacun vivant dans une maison différente, avec sa propre panoplie de circonstances..."
Pendant la lecture, les 4 Ferguson se mélangent légèrement, on perd pied avec la réalité, mais c'est pour mieux nous faire pénétrer l'intérieur de ces mondes parallèles où chaque Ferguson mène une vie différente, réagit différemment aux événements extérieurs (émeutes de Newark, guerre du Vietnam, politique américaine ...).
A aucun moment Paul Auster ne nous lâche la main pour, à la fin du livre, nous ramener au début dans un final qui ne doit rien au hasard.
"4 3 2 1" est un livre BRILLANT , GÉNIAL, un CHEF D'OEUVRE et, à mon avis, le MEILLEUR de Paul Auster.
Alors moi, si j'avais la chance de rencontrer Paul Auster, je n'aurais qu'une seule question à lui poser "Mr Auster, connaissez-vous Saul Kripke ?"
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critiques presse (5)
Lexpress   22 janvier 2018
L'auteur de la Trilogie new-yorkaise, star des lettres américaines dans les années 1980-1990, publie un magnifique roman somme, 4 3 2 1. Mille pages, pas moins.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   18 janvier 2018
Le plus francophile des écrivains américains revient avec "4321". Il est au sommet de sa forme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   10 janvier 2018
Auster inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant 4 scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. "4 3 2 1" est un roman exceptionnel.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint   08 janvier 2018
Dans « 4 3 2 1 », l'écrivain invente quatre vies à son héros, signant un roman sur l'impact de nos choix.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeMonde   08 janvier 2018
Le romancier américain est convaincu de la place centrale du fortuit dans toute vie. Il pousse cette obsession à son comble en imaginant quatre destins divergents au héros de « 4 3 2 1 ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   21 janvier 2018
Les souvenirs n'arrivent pas en flots continus. Ils jaillissent ça et là d'un endroit à l'autre et sautent par-dessus de longues périodes séparées par de grands intervalles et en raison de ce que mon beau-frère appelle l'effet quantique, les histoires multiples et souvent contradictoires que l'on trouve dans le carnet écarlate ne forment pas un récit continu. Elles ont plutôt tendance à se déployer comme des rêves, c'est-à-dire selon une logique qui n'est pas toujours lisible.
+ Lire la suite
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TitaniaTitania   20 janvier 2018
Ferguson et ses amis avaient compris qu’ils vivaient dans un monde irrationnel, un pays qui assassinait ses présidents, qui légiférait contre ses citoyens et envoyait sa jeunesse se faire tuer dans des guerres absurdes...
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PiatkaPiatka   21 janvier 2018
Quelle que soit la façon d’écrire, si elle est juste c’est la bonne.
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FifrildiFifrildi   18 janvier 2018
Écrire sur lui pendant les six mois qu'il avait mis à terminer son récit, ce livre de cent cinquante-sept pages, avait changé la relation que Ferguson entretenait avec lui-même. Il se sentait plus intimement en rapport avec ses propres sentiments et en même temps plus éloigné, plus détaché de ses sentiments, à la limite de l'indifférence, comme si pendant l'écriture de son livre, il était devenu paradoxalement plus sensible et plus froid, plus sensible parce qu'il avait dévoilé ses sentiments intimes et les avait révélés aux autres, et plus froid parce qu'il les avait observés comme s'ils appartenaient à quelqu'un d'autre, un étranger, un anonyme, quant à savoir si cette interraction nouvelle avec son activité d'écrivain était bonne ou mauvaise pour lui, si elle améliorait son état ou l'aggravait, il n'aurait su le dire.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   19 janvier 2018
Un monde irréel était beaucoup plus vaste qu’un monde réel et il offrait plus qu’assez de place pour y être en même temps soi-même et pas soi-même.
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Videos de Paul Auster (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Auster
4 3 2 1 de Paul Auster et Gérard Meudal aux éditions Actes Sud
A en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Hambourg et s'embarqua sur l'Impératrice de Chine qui franchit l'Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l'ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. A Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l'auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l'immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d'un même mouvement l'histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le "maître de Brooklyn" arpente les existences avec l'irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l'un des plus fameux romanciers de notre temps.
https://www.lagriffenoire.com/102638-divers-litterature-4-3-2-1.html
Vous pouvez commander 4 3 2 1 sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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