AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2742722777
Éditeur : Actes Sud (29/04/1999)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Avant de connaître la consécration, Paul Auster a tiré le diable par la queue.

De ses tentatives pour rompre la difficulté, et des mésaventures qui y sont liées, il fait ici le récit dans une allègre chronique des années de galère. Une chronique qui va des querelles budgétaires, responsables de la séparation de ses parents, à la parution de son premier livre. Mais, en vérité, c'est son rapport à l'argent, au travail et à la création qu'il met en évide... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  10 juillet 2018
Je remercie abondamment l'ami, lecteur compulsif comme moi, qui, par ses derniers commentaires fort convaincants concernant ce récit autobiographique...
m'a donné l'envie immédiate de le découvrir !
Je reconnais, avec quelque honte, ne jamais avoir rien lu de cet écrivain...
On m'a offert, il y a quelques années "L'invention de la solitude", qui attend toujours patiemment , sur mes rayonnages, mon bon vouloir !
Cette fois, je me suis décidée à me commander en Babel, "Le Diable par la queue", dans lequel je me suis aussitôt plongée avec grand intérêt. Ce texte très personnel donne une idée très riche et précise de cet éminent écrivain, de son parcours, de ses convictions, de sa volonté très jeune de ne pas adhérer au moule social conformiste proposé par la société américaine, et par ricochet, ses parents...
Il nous raconte l'Amérique des années 50, l'Argent-Roi, la société consumiériste...Des valeurs matérialistes qui très tôt, ne lui convenaient pas ! Il rêvait d'autre chose...tout en ignorant précisément ce qu'il souhaitait obtenir, en dehors de ce besoin irrepressible d'écrire. Une attirance certaine vers l'anarchie, et les "sentiers...non battus " !!
"L'argent fut la ligne de faille, il était devenu l'unique et incoercible source de désaccord entre eux. (...)
Je n'ai jamais réussi à comprendre comment un sujet aussi peu important, toute proportion gardée, a pu causer entre eux tant de difficultés. Mais l'argent, bien entendu, n'est jamais seulement l'argent. C'est toujours autre chose, et c'est toujours quelque chose en plus, et ça a toujours le dernier mot. "(p. 14)

Des portraits, des rencontres [ dont celles avec l'écrivain, Jerzy Kosinski, le poète, Jacques Dupin, directeur des publications à la galerie Maeght ], ses goûts, sa passion pour le cinéma (à tel point qu'il a songé un moment faire l'IDHEC, et devenir réalisateur ],ses aventures à Paris , aux Etats-Unis, comme au Mexique, sans oublier ses embarquements sur des pétroliers, pour travailler et voir le monde !...
De petits boulots en petits boulots, il engrange images, souvenirs, personnages...Il a cependant incessamment affaire avec les mots, entre ses travaux de traduction ou de chroniqueur littéraire, et ses propres tentatives....
"Si je considère aujourd'hui cette époque, je trouve quasi impossible d'assimiler le nombre de livres que j'ai lus. Je les dévorais en quantités stupéfiantes, je consommais des pays, des continents entiers de livres, jamais je n'en avais assez. Auteurs dramatiques élisabéthains, philosophes présocratiques, romanciers russes, poètes surréalistes : je lisais comme si mon cerveau avait pris feu, comme si ma survie même était en jeu." (p. 41)
En lisant le parcours, les anecdotes de la jeunesse, les années de précarité de Paul Auster, j'ai l'impression de naviguer entre Panaït Istrati et Jack London !!!
Le même refus du profit, de la loi de l'argent, la défense des opprimés, des pauvres, des exclus du système...

Une lecture très tonique, très vivifiante, dans nos sociétés de plus en plus marchandes...et âpres, économiquement. Les deux grands axes de cette autobiographie : les mots, l'écriture, les livres...et les rapports complexes que l'auteur entretient avec l'argent...et la normalité sociale. La persistance à rester aux confins du système !!!

"Je n'ai jamais eu faim, je n'ai jamais eu froid, je ne me suis jamais senti en danger de rien perdre de ce que je possédais. La sécurité allait de soi et pourtant, en dépit de l'aisance et du bien-être qui régnaient chez nous, l'argent y était un sujet de conversations et de soucis incessants.
Mes parents avaient tous deux connu la Crise, et aucun des deux ne s'était complètement remis de ces temps difficiles. Ils avaient l'un et l'autre été marqués par l'expérience de la disette, et chacun en portait la blessure à sa manière. (" le Diable par la queue suivi de "Pourquoi écrire ?" , Babel, 1999.p. 13)
**** un petit opus très vivant et coloré... qui me sera sûrement précieux pour que j'aborde ses romans, avec une attention accrue, et un oeil plus averti !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
lafilledepassage
  09 juin 2019
Encore un livre qui trainait dans ma bibliothèque depuis une vingtaine d'années. Et encore un livre que les souris ont épargné. C'était l'époque où je dévorais tous les romans de Paul Auster et où je mettais un point d'honneur à TOUT lire de cet auteur. Ah, les tocades de jeunesse ….
Ce diable par la queue est complémentaire au dernier roman d'Auster traduit en français, 4 3 2 1, puisqu'il revient ici sur sa jeunesse et sur les débuts de sa carrière d'écrivain. Et ce diable tombe donc au bon moment, puisque c'est un peu comme s'il avait attendu gentiment dans ma bibliothèque qu'Auster publie son 4 3 2 1 et que je le lise.
On y trouve une formidable leçon d'opiniâtreté, de confiance en soi et d'abnégation, car Auster, avant d'être l'écrivain reconnu et traduit dans le monde entier, a galéré pendant une bonne dizaine d'années, accumulant les échecs mais sans jamais capituler. Position d'autant plus difficile à défendre dans une Amérique matérialiste et normative. Et là je dois bien dire que je suis très admirative devant cette persévérance, cette force de caractère, qui caractérise peut-être le mieux les artistes qui « ont réussi ».

Auster pose aussi la douloureuse question de l'argent et de l'art … car oui les artistes sont des hommes et des femmes comme vous et moi, ils doivent eux aussi se loger, se nourrir, se chauffer … La création artistique est essentielle dans nos sociétés démocratiques et doit être considérée comme un travail à part entière, qui mérite rémunérations et reconnaissance. Et non comme un sacerdoce, un passe-temps, une futilité. Malheureusement la plupart des artistes sont acculés à créer des produits qui plairont, qui se vendront, au lieu de laisser libre cours à leur imagination. Ou alors ils sont poussés à changer de voie, et l'humanité se prive peut-être des chefs d'oeuvres à jamais mort-nés.
Le livre se termine par un très court « essai ». Enfin je suppose qu'essai est le nom qu'il faut donner à cette tentative de répondre à la question « pourquoi écrire ? ». L'auteur y raconte cinq petites anecdotes, où le hasard joue le rôle principal. Paul Auster veut-il insinuer qu'il ne serait écrivain que par le fait du hasard ?
Travail assidu et hasard, la recette du succès selon Paul Auster. Et il a probablement raison.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          244
Louis_LUCAS
  30 avril 2017
"Le diable par la queue" est une véritable leçon pour ceux qui rêvent de vivre un jour de leur plume ! A travers son expérience personnelle, Paul Auster témoigne de la vie de l'écrivain dont il s'emploie à montrer les coulisses de le création littéraire.
Loin des prix littéraires, des échanges avec la presse, du soutien des lecteurs, l'écrivain américain nous raconte le doute, le travail incessant, la souffrance de l'accouchement, les remises en question qu'entraînent les refus, les doutes qui surgissent lorsqu'un projet tombe à l'eau.
Ecrivain, c'est une vocation, un choix de vie, celui de consacrer une partie importante de la sienne à coucher sur papier les fluctuations ingérables d'un esprit créatif, parfois inspiré, parfois asséché, tour à tour lucide, opportuniste ou exagérément exalté.
Avant d'atteindre le Saint-Graal, la reconnaissance publique et/ou critique, la route est plus ou moins longue, semée d'embûches, de faux espoirs, de grandes victoires et de défaites dont il faut tirer les enseignements. L'écriture nourrit rarement et plutôt tardivement son homme et nombreux auteurs ont dû multiplier les emplois alimentaires pour maintenir intact la flamme de leur passion.
"Le diable par la queue" s'intéresse à cette période de la vie de Paul Auster, celle qui précède la parution de son roman policier "Fausse balle", écrit sous le pseudonyme de Paul Benjamin.
Autobiographique mais jamais autocentrée, le livre propose une succession d'anecdotes romancée, chronologique mise en valeur par un style sobre qui rend la lecture particulièrement agréable, un plaisir renforcé par l'approche factuel de ces instants de vie dont certains seront largement développés et de façon plus introspective quelques années plus tard dans "Excursions dans la zone intérieure".
A aucun moment, Paul Auster n'entre dans l'intimité de son couple ni ne dévoile ses secrets, ses méthodes d'écriture, il nous parle seulement avec justesse des expériences professionnelles qui ont jalonné son parcours avant qu'il n'embrasse exclusivement une carrière littéraire. En découle une ribambelle de souvenirs et d'anecdotes qui démontre, si besoin était, ses talents de conteur.
De chaque étape de cette "avant-vie", Paul Auster semble avoir tiré des enseignements et ne jamais rien regretter. Ne dit-on pas que toute expérience est bonne à prendre et que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ? C'est en tout cas, les enseignements que l'on devine en filigrane, tout au moins ceux que l'auteur semble vouloir faire passer et, force est de constater, que cela fonctionne.
Il faut ajouter à ces deux maximes/proverbes que le hasard des rencontres fait parfois bien les choses et qu'il faut savoir saisir les opportunités, ne pas hésiter à remettre en cause les fondements de son "oeuvre" et surtout ne pas avoir peur d'abandonner un projet qui bat de l'aile même s'il est aussi saugrenu que de créer un jeu de cartes sur le baseball.
Malgré sa brièveté, "Le diable par la queue" est empli d'enseignements pour les écrivains en devenir et d'anecdotes - une rencontre furtive avec John Lennon, l'écrivain Harold L. Humes qu'il héberge un temps chez lui pour ne citer qu'elles - qui raviront les fans de l'auteur en quête d'éléments biographiques. Le livre est suivi de "Pourquoi écrire ?" qui réunit quelques souvenirs en une petite vingtaine de pages, de courtes nouvelles en quelque sorte dont la dernière surtout sort du lot.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Ciryaher
  10 août 2013
En quelques mots :
Un carnet d'écrivain avant tout autobiographique -comprendre, pas de conseils d'écriture- et de nombreuses anecdotes, relevées par la présence de personnages authentiques de l'Amérique moderne.
Mon avis :
Pour commencer, je n'ai lu aucun livre de Paul Auster, tout du moins, aucun qui ne me revienne en mémoire. Je lis beaucoup de carnets d'écrivains, parce que le sujet me concerne d'abord, ensuite parce que je les sais capables de descriptions uniques, et finalement parce que j'espère toujours, naïvement, faire des parallèles avec mes propres expériences, et y trouver, par extension, un encouragement tout aussi naïf. Auster ne déroge pas à la règle, et on croise dans le récit de sa vie des personnages singuliers, formidablement dépeints, dans une langue à la fois légère et riche en images.
L'exemple le plus parlant est celui de l'extrait ci-dessus, sa rencontre avec l'écrivain Harold L.Humes, qui se fait alors appeler "Doc" et traîne avec des étudiants, squattant leurs canapés, avec le projet de faire dérailler la base financière des Etats-Unis. Un autre passage avec ces danseuses de bar d'un genre unique est particulièrement délicieux :
Ces girls étaient la pierre angulaire de l'opération, l'élément qui distinguait l'établissement de Big Mary de tous les autres -et un regard suffisait à s'assurer que ce n'était pas pour leur beauté qu'on les engageait, pas plus que pour leurs talents de danseuses. le seul critère était le poids. Plus elles sont grosses, mieux ça vaut, professait Big Mary, et plus vous grossissiez, mieux vous étiez payée. L'effet était plutôt troublant. C'était une exhibition de monstres, une cavalcade de chair blanche bondissante,et quand quatre d'entre elles dansaient ensemble sur l'estrade derrière le bar, le spectacle faisait penser à une audition pour le choix du rôle-titre dans Moby Dick. Chaque danseuse était à elle-même un continent, une masse de lard palpitant paré d'un string et, comme les équipes ne cessaient de se succéder, les yeux subissaient un assaut sans rémission.
Dans les bars, à Paris, au fin fond de l'Amérique, on continue de suivre la course d'Auster, toujours dans le sens de l'écriture, freinée par le manque d'argent, mais toujours animée par ceux qui croisent sa route. C'est un insoumis dépendant pourtant de sa propre liberté, qui ne voyage que par besoin. On sent ce désir presque maladif de liberté dès l'introduction du livre, qui met aussi en avant cette thématique de l'argent qui sera prédominante dans le récit :
Mon problème était que mener une double vie ne m'intéressait pas. Ce n'était pas que je ne voulais pas travailler, mais l'idée de pointer de neuf à dix-neuf heures à un emploi quelconque me laissait froid, totalement dépourvu d'enthousiasme. J'avais à peine vingt ans, et je me sentais trop jeune pour m'établir, trop débordant d'autres projets pour gaspiller mon temps à gagner plus d'argent que je n'en désirais ou qu'il ne m'en fallait.
Auster raconte, toujours avec cette linéarité et ce sens de la description remarquables, l'Amérique profonde, la division nordistes/sudistes et les relents de racisme, il raconte les petits boulots, son travail d'homme de ménage sur un bateau, les livres qu'il traduit, le jeu de cartes qu'il invente dans l'espoir de le vendre et d'arrondir ses fins de mois, sa courte expérience dans le cinéma.
Le livre se termine sur la publication de son premier roman, un polar publié son pseudonyme, et qu'il écrit avant tout pour le vendre. Là encore, cette obsession de l'argent, dont il a souvent manqué, et qui introduisait son récit, marque brutalement les dernières lignes d'un pessimisme étrange :
Et voilà comment on écrit des livres pour faire de l'argent. Voilà comment on se vend.
En bref, un reflet personnel et réaliste d'une Amérique lointaine, et d'un écrivain-voyageur au talent d'observation stupéfiant.
Les anecdotes qui ont fait sa vocation d'écrivain sont écrites en quelques pages dans la seconde partie "Pourquoi écrire ?" On y trouve de tout, du camarade électrocuté sous ses yeux au cours d'un orage en forêt, à la chute de sa fille dans un escalier qu'il rattrape au dernier moment, en passant par ce dernier récit de sa rencontre avec un joueur de base-ball à la fin d'un match; rencontre qui décidera, d'une curieuse façon, de sa carrière future.
Et on ferme le livre avec cette certitude : ce sont bien les histoires qui font les écrivains, et non pas l'inverse.
Lien : http://latheoriedesmasques.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
bdelhausse
  02 mars 2016
Anecdotique Paul Auster... qui nous revisite sa vie en la romançant un chouilla. C'est toujours zarbi d'avoir un auteur vivant, et pas si vieux qui nous balance une sorte d'autobiographie sur un mode "je me la pète mais je fais comme si c'était pas si vrai que ça"... Son ajout "Pourquoi écrire" est peu convaincant.
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   08 juillet 2018
Casey et Teddy étaient copains depuis plus de dix ans, et ils formaient une paire, une équipe indissoluble, une unité dialectique. Tout ce qu'ils faisaient, ils le faisaient en tandem, voyageant de lieu en lieu et d'un boulot à l'autre comme s'ils n'étaient qu'un. Ils étaient compères à vie, les deux doigts d'une main, camarades. (...)
Casey et Teddy étaient les classiques vagabonds américains, chemineaux de notre temps qui paraissaient sortis tout droit d'un roman de Steinbeck, et pourtant ils étaient si drôles ensemble, si facétieux, si pleins d'ivresse et de bonne humeur que leur compagnie était irrésistible. A certains moments ils me faisaient penser à quelque duo de comédie oublié, un couple de clowns du temps du music-hall et du cinéma muet. (p. 37)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Louis_LUCASLouis_LUCAS   01 mai 2017
Nous avons gardé le contact pendant quelques temps, en nous téléphonant de temps à autre pour échanger les dernières nouvelles, mais nous avons fini par nous perdre de vue et quand Arthur est mort de leucémie, il y a plusieurs années, je ne le souvenais même plus de notre conversation. Et puis il y a eu le suicide de Kosinski. Et puis il y a eu le meurtre de John Lennon, plus de dix ans auparavant, et presque tous les témoins de cette période de ma vie ont disparu. Même l'ami d'Arthur, Robert Motherwell, le bon artiste responsable du tableau qui avait provoqué le commentaire de Lennon, n'est plus avec nous. Arrivé à un certain moment de sa vie, on s'aperçoit qu'on passe ses journées en compagnie des morts autant qu'en celle des vivants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
fanfanouche24fanfanouche24   09 juillet 2018
Si je considère aujourd'hui cette époque, je trouve quasi impossible d'assimiler le nombre de livres que j'ai lus. Je les dévorais en quantités stupéfiantes, je consommais des pays, des continents entiers de livres, jamais je n'en avais assez. Auteurs dramatiques élisabéthains, philosophes présocratiques, romanciers russes, poètes surréalistes : je lisais comme si mon cerveau avait pris feu, comme si ma survie même était en jeu. (p. 41)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
lafilledepassagelafilledepassage   24 mai 2019
Les raffineries où nous chargions et déchargions notre cargaison étaient d’immenses structures infernales, des réseaux labyrinthiques de tuyauteries sifflantes et de tours de feu, et quand on se promenait la nuit dans l’une d’elles, on avait l’impression de vivre à l’intérieur de son plus mauvais rêve. En particulier, je n’oublierai jamais les poissons, les centaines de poissons morts irisés qui flottaient sur l’eau rance et saturée d’huile entourant les quais des raffineries. Ils étaient le comité d’accueil standard, le spectacle qui nous souhaitait la bienvenue chaque fois que les remorqueurs nous halaient dans un port. La laideur était si universelle, si profondément liée à l’activité lucrative et au pouvoir que donne l’argent à ceux qui le gagnent – au point de défigurer les paysages, de chambouler complètement l’univers naturel -, qu’elle commença, bien malgré moi, à m’inspirer une sorte de respect. Si on va au fond des choses, me disais-je, c’est à ça que le monde ressemble. Quoi qu’on puisse en penser, cette laideur est la vérité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
fanfanouche24fanfanouche24   09 juillet 2018
Etre avec lui pouvait devenir épuisant, mais sa façon de créer la pagaille avait aussi un côté admirable. Elle avait un caractère quasi scientifique, comme s'il se livrait à des expériences, comme s'il secouait les choses pour le pur plaisir de voir où elles se poseraient une fois que la poussière serait retombée, Teddy était un anarchiste et, parce qu'il était également dépourvu d'ambition, parce qu'il ne désirait pas ce que les autres désirent, il n'avait jamais besoin d'observer d'autres règles que les siennes. (p. 39)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Videos de Paul Auster (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Auster
Coffret Noël littérature étrangère https://www.lagriffenoire.com/100784--coffret-litterature-poche.html - Les inséparables de J. Cohen éd. Mercure de France - Miss Jane de Brad Watson éd. Grasset - Les fureurs invisibles du c?ur de J. Boyne éd JC Lattès - L'Arabe du futur - volume 4 (4) de R. Sattouf éd Allary https://www.lagriffenoire.com/125718-achat-bd-l-arabe-du-futur---volume-4.html - Indélébiles de Luz éd. Futuropolis https://www.lagriffenoire.com/131207-achat-bd-indelebiles.html - Je vais m'y mettre de F. Oiseau éd Pocket https://www.lagriffenoire.com/90782-divers-litterature-je-vais-m-y-mettre.html - Je suis Jeanne Hébuterne de O. Elkaim éd. Points https://www.lagriffenoire.com/109376-divers-litterature-je-suis-jeanne-hebuterne.html - Mille jours à Venise Mille jours à Venise de M. de Blasi éd. Folio https://www.lagriffenoire.com/123385-poche-mille-jours-a-venise.html - Les Cygnes de la Cinquième Avenue de M. Benjamin éd. Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/103936-divers-litterature-les-cygnes-de-la-cinquieme-avenue.html - Hollywood Boulevard de M. Benjamin éd. Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/103936-divers-litterature-les-cygnes-de-la-cinquieme-avenue.html - Valentine ou la belle saison de A-L. Bondoux éd. Fleuve https://www.lagriffenoire.com/127219-divers-litterature-valentine-ou-la-belle-saison.html - le roi chocolat de T. Montoriol éd. Gaïa https://www.lagriffenoire.com/121462-divers-litterature-le-roi-chocolat.html - Habemus piratam de P. Raufast éd. Alma https://www.lagriffenoire.com/127247-divers-litterature-habemus-piratam.html - Vidocq, du bagne à la préfecture de B. Roy-Henry éd. Archipel https://www.lagriffenoire.com/133369-encyclopedie-vidocq--du-bagne-a-la-prefecture.html - Alain Decaux raconte l'histoire de France de A. Decaux éd. Perrin https://www.lagriffenoire.com/134981-article_recherche-alain-decaux-raconte-l-histoire-de-france.html - L'Affaire Rose Keller de L. Miserole éd. French Pulp https://www.lagriffenoire.com/124185-divers-litterature-l-affaire-rose-keller.html - Ça raconte Sarah de P. Delabroy-Allard éd. de Minuit https://www.lagriffenoire.com/123573-divers-litterature-ca-raconte-sarah.html - 4 3 2 1 de P. Auster éd. Actes Sud https://www.lagriffenoire.com/102638-divers-litterature-4-3-2-1.html - J'ai couru vers le Nil de A. El Aswany éd. Actes Sud https://www.lagriffenoire.com/123188-divers-litterature-jai-couru-vers-le-nil.html - L'immeuble Yacoubian de A. El Aswany éd. Babel https://www.lagriffenoire.com/23382-poche-l-immeuble-yacoubian-babel-843.html - Femme à la mobylette de J-L. Seigle éd. J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/126808-romans--femme-a-la-mobylette.html - Chien-Loup de S. Joncour éd. Flammarion https://www.lagriffenoire.com/121299-divers-litterature-litterature-francaise---chien-loup.html - Tu t'appelais Maria Schneider de V. Schneider éd. Grasset https://www.lagriffenoire.com/120585-divers-litterature-tu-t-appelais-maria-schneider.html - Un fils obéissant de L. Seksik éd. Flammarion https://www.lagriffenoire.com/121295-divers-litterature-litterature-francaise---un-fils-obeissant.html - La Croisière Charnwood de R. Goddard éd. Sonatine https://www.lagriffenoire.com/131891-nouveautes-polar-la-croisiere-charnwood.html - Tout cela je te le donnerai de D. Redondo éd. Fleuve https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=109560&id_rubrique=338 - Concours pour le Paradis de C. Renucci éd. Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/121084-divers-litterature-concours-pour-le-paradis.html - La vérité sort de la bouche du cheval de M. Alaoui éd. Gallimard https://www.lagriffenoire.com/121725-romans--blanche---la-verite-sort-de-la-bouche-du-cheval.html - le douzième chapitre de J. Loubry éd. Calmann-Lévy https://www.lagriffenoire.com/124878-nouveautes-polar-le-douzieme-chapitre.html - Les fantômes du vieux pays de N. Hill éd. Folio https://www.lagriffenoire.com/122638-essai-les-fantomes-du-vieux-pays.html - Présumée disparue de S. Steiner éd. Les Ar
+ Lire la suite
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Paul Auster

Sous quel pseudonyme a-t-il publié un roman ? (indice : ce pseudonyme est également le nom de certains de ses personnages)

Paul Dupin
Paul Retsua
Paul Benjamin
Paul Palace

10 questions
232 lecteurs ont répondu
Thème : Paul AusterCréer un quiz sur ce livre