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Critiques sur Filles (7)
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belette2911
28 novembre 2014
Me voici devant une critique fort peu aisée à faire. J'ai aimé le roman, mais… Ben oui, il y a un "mais".

Qu'est-ce qui m'a empêché de savourer le roman alors que les autres l'ont adorés ?

Serait-ce le manque d'action ? Non, pas vraiment. le récit prend son temps, certes, ce qui nous laisse tout le loisir de faire plus ample connaissance avec Jack, un ancien flic devenu vigile dans une université fréquentée par des gosses de riches.

Les personnages seraient-ils mal travaillés, alors ? Non, pas du tout ! Que du contraire ! Notre Jack est un homme blessé par la mort de sa petite fille et lui et sa femme, Fanny, ont bien du mal à communiquer entre eux.

Leur souffrance est latente, comme prête à exploser. Ils s'aiment mais chacun vit sa vie de son côté, lui travaillant la journée, elle la nuit. Leur couple ne tient que pas habitude, la souffrance vécue étant leur ciment. Ciment qui a tendance à foutre le camp…

Durant toute la lecture, j'ai tenté de deviner ce qu'il s'était passé avec leur enfant, de comprendre pourquoi Fanny avait l'air de reporter toute la culpabilité sur son mari. Comme si c'était lui qui faisait tout à l'envers, comme s'il ne souffrait pas assez, comme si Fanny était la seule à avoir du chagrin…

Comme si le couple voulait oublier les causes de la mort de leur enfant : accident, fatalité, meurtre, omission… Chape de plomb coulée sur la chose.

En tout cas, de ce point de vue là, je ne peux pas reprocher à l'auteur de ne pas avoir su me faire ressentir toute la souffrance de ce couple et de ne pas m'avoir démontré que la perte d'un enfant, dans un couple, pouvait le dévaster profondément. Ici, c'est à petit feu que tout se désagrège.

Alors quoi ? le fait que ce polar tienne plus du drame psychologique que d'une enquête dite "classique" ? Non, pas vraiment… Cela ne m'a pas trop dérangé que l'enquête sur la disparition de Janice Tanner passe un peu au second plan.

Jack n'est pas le meilleur enquêteur de cette petite ville de l'Amérique du Nord, il part parfois dans tous les sens, cassant la gueule à un petit dealer, omettant de fouiller aussi la chambre de la gamine, mais bon, ce n'est pas son job et il a accepté de s'occuper de l'affaire un peu à contrecoeur.

Le temps démoralisant m'aurait-il tapé sur les nerfs ? Non plus, la neige, tombant quasi sans discontinuer, donne un faux air de huis clos à ce récit et le rend même oppressant à force d'étaler tant de blancheur sur tant de noir.

En fait, mon problème est venu du style d'écriture de l'auteur auquel je n'ai pas accroché. Jack, le narrateur, du fait de sa souffrance intérieure, a une manière de nous raconter les choses et c'est là que le bât à blessé entre lui et moi.

Bon, vers la moitié, ça allait mieux, m'étant habituée…

Voilà pourquoi je râle en écrivant ma chronique : ce roman avait tout pour me plaire de par sa psychologie des personnages poussée très loin, leurs blessures profondes, un couple déchiré, un environnement sombre, noir, de la neige pour rendre l'affaire plus complexe et ajouter une note dramatique à une partition qui l'était déjà.

Et moi, je bloque sur le style et la manière de construire le texte…

Y'a des jours comme ça où un grain de sable fait dérailler toute une belle machinerie bien huilée. Malgré tout, no regrets, quand on aime les récits psychologiques, avec un tel roman, on est bien servi.

Lien : http://thecanniballecteur.wo..
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encoredunoir
27 février 2013
Jack, ancien policier militaire devenu chef de la sécurité d'une petite université privée du nord de l'État de New-York, accepte, parce que cet événement fait écho à son propre drame d'enquêter sur la disparition de Janice Tanner. Alors que l'hiver devient de plus en plus rude et que d'autres filles disparaissent, Jack s'enfonce dans la déprime, la culpabilité et les vaines tentatives pour effacer de sa mémoire la mort de sa fille.

Roman à l'atmosphère glaciale et hypnotique, Filles oscille entre le polar et le drame psychologique avec un talent égal bien que l'enquête sur la disparition de Janice Tanner soit avant tout le prétexte au dévoilement des blessures intimes de Jack et de sa femme, Fanny. Couple brisé par la mort de leur bébé et par le voile qu'ils ont jeté sur ce décès dont ils refusent de se rappeler les circonstances et dont ils ne savent plus s'il a été provoqué par la négligence, l'emportement de l'un ou de l'autre d'entre eux ou simplement par la fatalité.
En enquêtant, Jack ne cherche point le rachat, ce qui serait trop facile, mais une manière d'exutoire à sa frustration et à sa peine, au délitement inexorable de son couple, et sans doute aussi à se punir un peu. Tout ici se fait écho : la disparition de Janice Tanner fait donc écho à celle du bébé de Jack et Fanny, l'hiver glacial et interminable aux coeurs définitivement gelés de Jack et Fanny, le travail de protection des étudiants à l'incapacité de Jack à protéger sa propre famille et à sauver son couple.
Roman du désespoir et de l'absence, Filles n'est pas un livre qui réconforte le lecteur. Frederick Busch y parle de l'amour, certes, mais surtout de la souffrance qu'il entraîne en disparaissant, et nous montre à travers Jack et Fanny comment la gangue de douleur créée par l'absence, le soupçon et la culpabilité rend les hommes durs et éveillent en eux ce qu'ils peuvent avoir de mauvais, la tentation de faire souffrir l'autre pour ne pas être seul à avoir mal. Quelques lueurs d'espoirs existent et brillent parfois au fil du roman, mais Frederick Busch a tôt fait de les voiler elles-aussi et démontre une grande capacité à mettre mal à l'aise et à bouleverser le lecteur. Âpre mais généreux à sa manière, Filles mérite sans nul doute la bonne réputation qui est la sienne et l'on ne peut que se réjouir qu'il soit aujourd'hui disponible en poche.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Holon
13 janvier 2016
Un polar ennuyant et pourtant...

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BMR
01 mai 2013
On avait fait la connaissance de l'américain Frederick Busch avec son deuxième polar traduit en français : Nord.
Aujourd'hui voici le précédent : Filles.
L'air jovial de F. Busch cache des bouquins très noirs. Très très noirs.
Dans l'épisode suivant (Nord, donc), le sombre héros Jack, le flic qui ne retrouve pas les enfants disparus, était tombé très très bas.
Dans l'épisode précédent (Filles, donc), il est à peine plus haut sur l'échelle de la désolation : son couple n'en finit pas de finir, tout comme l'hiver qui sévit cette année-là. Jack est désormais déchu en vigile de campus et seul son chien puant semble pouvoir le supporter (ou réciproquement ?).
Malgré quelques jeunes filles disparues, il n'est pas vraiment question d'enquête policière (encore moins que dans Nord). Non.
Il s'agit tout simplement d'une descente aux enfers (enfin on est déjà tout en bas : Jack est déjà bien descendu) et F. Busch essaie de nous faire partager une souffrance.
L'indicible douleur de la perte d'une enfant (on peut se rappeler L. Tardieu dans un tout autre registre romanesque).
Les disparitions d'enfant (vous avez compris que le couple Jack-Fanny a perdu sa fille également) viennent hanter l'esprit de Jack, un peu comme les disparitions hantent les cauchemars islandais d'Indridason.
Au fin fond de l'enfer et de l'hiver, il y a Jack et son mal de survivre. Entre deux murs de neige.
L'écriture est sèche et un peu hachée. Peut-être est-ce la traduction ou bien un autre moyen de nous atteindre et de nous faire partager la douleur.
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Gr3nouille2010
18 avril 2013
Ancien policier militaire, Jack est maintenant chef de sécurité dans une petite université dans le nord de l'état de New York. Sa vie de couple avec Fanny se détériore à petit feu depuis la mort de leur petite fille encore bébé, incident qu'aucun des deux n'a envie de se souvenir et encore moins d'en parler. Pour échapper à son quotidien qui va de plus en plus en mal, ou pour se faire pardonner une quelconque culpabilité, Jack accepte d'enquêter sur la disparition d'une jeune fille, Janice Tanner.


« Filles » est un polar très noir qui met beaucoup plus en évidence la souffrance du couple liée à la perte de leur enfant, que l'enquête elle-même. Cette dernière est plutôt longue à se mettre en place et même à se poursuivre, elle n'est que le reflet de ce que ressentent Jack et Fanny depuis le drame. Leurs sentiments sont constamment mis en avant et très forts. On ressent la douleur les envahissant chaque jour, leur lien qui s'effiloche à cause de la souffrance et malgré l'amour qu'ils se portent, le poids de la culpabilité qui repose sans cesse sur Jack où l'on a l'impression qu'il vit pour vivre mais qu'il n'y prend jamais de plaisir...
Ce polar est de plus en plus oppressant à mesure qu'on s'y aventure, voire même dérangeant. L'enquête prend du temps à se résoudre et la vie du couple est tellement présente et encrée qu'elle en est pesante.


Frederick Busch était vraiment doué pour démontrer que l'amour, à cause d'une perte, peut être dévastateur. Il a décrit avec brio, bien qu'avec beaucoup de longueurs, cette volonté de faire mal pour ne pas être la seule personne à souffrir, l'amour qui s'en va petit à petit sans que l'on puisse rien y faire, sans que l'on ne voit rien venir. le lecteur s'en retrouve bouleversé voire épuisé par tant de déchirures et de dénis.
Je trouve simplement dommage que l'enquête soit mise au second plan. C'est tout ce que je pourrai y reprocher.
Lien : http://uneenviedelivres.blog..
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Godefroid
26 juillet 2015
Jack est flicaillon sur un campus universitaire fréquenté par la progéniture bourgeoise du coin. C'est l'hiver (très froid, plein de neige) et une fille a disparu. La copine de Jack bosse de nuit, et ça ne communique pas beaucoup entre eux. Malaises conjugaux, vieux traumatismes irréparables, enquête en pointillés et embrouilles avec un petit dealer arrogant. Une propension à l'analyse psychologique (pas très fine), pour faire plus littéraire peut-être, nuit à ce roman qui s'en serait bien passé mais qui reste tout de même d'un bon niveau.
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Ismerie
11 avril 2014
Sombre. Très sombre...
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