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Critique de Pois0n


Pois0n
  13 novembre 2020
Si la plume du regretté Clive Cussler me fait vivre de mouvementées aventures sur papier depuis presque deux décennies, ce second volume des enquêtes d'Isaac Bell est ma première lecture en compagnie du détective susnommé.

Le début du livre fait fortement penser à un polar, mais par la suite, le doute n'est plus permis. Si, dans le premier tiers de l'ouvrage, le suspense repose sur l'identité du Saboteur, celle-ci nous est en effet révélée plus rapidement que ce que l'on pourrait croire et l'intrigue tourne au duel entre entre le redoutable criminel et l'armée de détectives qui tente de l'arrêter. Car là où nous, lecteurs, savons qui est le Saboteur, ce n'est pas le cas d'Isaac Bell. En outre, le Saboteur, lui, n'ignore rien de son adversaire et prend un malin plaisir à le narguer autant qu'à déjouer sa surveillance pourtant vigilante. Un jeu du chat et de la souris mortel entre le terroriste et les forces de l'ordre.

Contrairement aux autres séries de Clive Cussler, il n'y a donc pas la moindre parcelle d'aventure, de trésor ni de catastrophe écologique à éviter ici : c'est de l'enquête pure et dure. S'il y a bien quelques moments d'action (et les inévitables explosions, terrorisme oblige), le côté spectaculaire propre à l'auteur se veut bien plus discret qu'à l'accoutumée, à tel point que j'ai eu du mal à reconnaître sa patte... comme à chaque collaboration (et, d'après les critiques sur ses différents livres ici même, plus personne n'est dupe depuis longtemps), on ignore ce que l'on doit à Cussler et, ici, à Justin Scott, mais l'on peut s'en faire une idée assez précise. Une chose est sûre : l'on n'a pas l'habitude d'intrigues aussi tordues chez Cussler, mais celle-ci se révèle si maîtrisée que l'on ne s'en plaindra pas. Car si, paradoxalement, l'histoire se veut plus calme et moins tape-à-l'oeil que dans les autres séries, son rythme haletant rend le livre difficile à lâcher, plaçant l'ouvrage dans le haut du panier, peut-être même juste derrière « Atlantide » et « The Emperor's Revenge » dans mon classement perso, c'est dire. du très très bon « Cussler &co », donc, même si l'on se demandera tout du long pourquoi Bell ne percute pas plus vite.

Puisqu'on est dans un récit historique, exit donc les prouesses technologiques aperçues sur le navire Oregon : ici, on démarre encore les voitures avec une manivelle et les garages s'occupent autant des moteurs que des chevaux ! Dans ce bouquin, tout est d'époque, y compris le racisme décomplexé de certains personnages, heureusement critiqué par d'autres. Cependant, les amateurs de technique pourront se consoler avec les nombreux détails donnés sur les trains et les chantiers de chemin de fer. Plus qu'un décor, l'industrie ferroviaire est ici un personnage à part entière et pendant les quatre jours de ma lecture, j'ai lu train, bouffé train, dormi train, avec les traverses enduites de créosol, le creusage de tunnels à travers des montagnes, les lignes télégraphiques disposées le long des voies, la pression dans les chaudières, les locomotives titanesques et les rails qui tremblent, sans oublier les voitures luxueuses dont il ne reste plus grand-chose aujourd'hui hormis quelques convois de légende comme l'Orient-Express.

Vous recherchez une bonne lecture hivernale sans pour autant attaquer le stock de romances de Noël ? Alors bienvenue à bord ! A défaut d'être paisible, le voyage sera tout de même sacrément agréable.
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