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Critique de Kaya


Kaya
  20 juin 2019
J'oublie parfois ma chance. Celle de vivre en Belgique en 2019 et de pouvoir aimer qui je veux, peu importe son genre, sa religion ou sa couleur de peau. Celle de pouvoir élever ma fille et d'être reconnue officiellement comme étant sa maman, même si elle n'est pas sortie de mon propre ventre. A quelques centaines de kilomètres d'ici, cela devient déjà nettement plus compliqué…

Billie et Eva, les personnages de « Mémoire D elles », sont tombées amoureuses dans les années 60 dans une Amérique puritaine qui ne tolérait pas le mariage mixte et encore moins les homosexuels. J'ai été très touchée par leur histoire d'amour, mais aussi par la lassitude que leur procure leur vie conjugale. Billie et Eva vivent avec des hommes qu'elles n'aiment pas, elles supportent leurs humeurs, leurs fureurs et élèvent leurs enfants du mieux qu'elles le peuvent malgré leur peu de liberté. Elles volent des instants d'intimité qui ne sont jamais assez.

Ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est qu'il n'est pas qu'une histoire d'amour lesbien mais qu'il explore aussi d'autres thèmes, comme la condition de la femme, la vie conjugale, l'éducation des enfants. La toile de fond est cohérente et on sent que les années 60 n'ont pas été choisies par hasard. Contrairement à d'autres romans sur le même thème, il reste assez pudique et l'auteure n'a pas besoin d'entrer dans les détails de la sexualité de ces deux femmes pour rendre leur histoire belle et poignante.

J'aurais pu me passer du twist final. Plus j'approchais de la fin, plus je me disais « non… elle n'a pas osé ? ». Mais ça n'est pas trop mal amené et j'avoue, j'ai failli verser une petite larme lors des dernières pages…

Je publiais il y a quelques temps la critique de « Libres d'aimer » d'Olivier Merle qui parle également d'amour entre femmes en un temps où c'était interdit. Les deux livres n'ont rien à voir. L'écriture de T. Greenwood est belle et subtile, colorée et fluide. Lors de la rédaction de mon mémoire sur l'avortement clandestin en littérature, j'évoquais l'écriture féminine comme étant souvent « liquide » (voir l'oeuvre d'Hélène Cixous) et c'est clairement le cas dans ce roman où l'eau a une grande importance.
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