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Citations sur Azilis, Tome 1 : L'épée de la liberté (16)

Kian remonta en selle de son mieux, affectant un air détaché. Mais ses regards se tournaient sans cesse vers Azilis. Il l’avait perçue sous un jour nouveau, il avait senti les ondes mystérieuses qui émanaient d’elle lorsqu’elle le soignait. Une crainte superstitieuse s’ajoutait maintenant à la fascination qu’elle exerçait sur lui. — Merci, Rhiannon, dit Azilis. Je te ferai porter du pain, des fruits et du gibier. Mon frère est allé à la chasse aujourd’hui. — Pas de viande, petite. Plus je vieillis, moins je la supporte. Mais je n’ai rien contre un bon fromage. Azilis lui fit un signe de la main, sauta sur sa jument et s’éloigna, suivie de Kian.
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Ils se rapprochaient de l’enceinte : hauts murs construits cent cinquante ans plus tôt, après les premières invasions, pour abriter un fragile univers d’ordre et de luxe. Une silhouette stationnait devant le porche. Les deux lourds battants de bois restaient clos. Des éclats de voix leur parvenaient, de plus en plus nets. Le portier refusait l’entrée à un visiteur. Azilis distingua des vêtements poussiéreux étrangement colorés, une longue chevelure noire et, par terre, un ou deux sacs.
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L’homme se retourna et Azilis eut un choc en découvrant son regard enflammé par la colère. Son cœur s’accéléra. Elle le connaissait. Uniques étaient ces yeux noirs et brillants. Elle détailla les longs cheveux retenus sur le front par un bandeau rouge, le teint hâlé qui évoquait des climats ardents, la barbe hirsute. Elle aurait déjà rencontré pareil miséreux ? Et cet accoutrement ! La tunique aux couleurs passées était banale, la fibule ronde qui la fermait pouvait être bretonne, mais les braies étaient ornées de motifs fleuris étranges et inconnus. L’homme portait aux poignets et au-dessus d’un coude des bracelets celtes en cuivre que le soleil faisait rutiler. Sur son dos était accroché le long fourreau d’une épée. — Je ne suis pas un mendiant, dit-il d’une voix chaude et sonore. Je suis le neveu d’Olwen ferch Gwallog, épouse d’Appius Sennius, et je demande à être reçu immédiatement. Alors Azilis sauta à terre, se précipita vers lui comme elle l’avait fait maintes fois tant d’années auparavant. Lui, visiblement, ne semblait pas la reconnaître. Et elle s’arrêta avant de se jeter à son cou.
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Il est resté prostré après la mort de maman. Et puis son état s’est amélioré. Enfin, nous le pensions. Un matin il est parti chasser avec mes frères. Les chiens ont rembuché un sanglier énorme. Naturellement Marcus et Caius ont cédé à papa l’honneur de le mettre à mort. Mais lui s’est précipité sur la bête. Elle l’a fait voler comme un fétu de paille. Il voulait se tuer et il serait mort sans le javelot de Caius. Depuis, il ne peut plus marcher, et… il passe son temps à boire.
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La jeune fille la fixait d'un air implorant. Azilis comprit pourquoi elle l'avait suivie On la prenait pour un être aux pouvoirs extraordinaires parce qu'elle avait apporté Kaledvour à Arturus. Devenait magie la moindre déduction logique de sa part. Car qui ignorait que les jeunes gens se mariaient à l'automne, après la saison des combats et des moissons?
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Ne voyez-vous pas le chemin du vent et de la pluie ? Ne voyez-vous pas les chênes qui se heurtent ? Ne voyez-vous pas la mer fouetter la mer ? Le voyez-vous pas le soleil se hâter dans le ciel ? Ne voyez-vous pas les étoiles tomber ? Ne voyez-vous pas le monde en danger ?...
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Azilis, troublée, voulut changer de conversation. D’ailleurs elle doutait de ce qu’elle venait de vivre. Rhiannon ne pouvait avoir pénétré son esprit. Ce devait être une coïncidence. — Tu me donnes des conseils de prudence, Rhiannon. Mais n’as-tu pas peur pour toi ? Les prêtres ne t’aiment pas. Ils disent que tu bafoues l’Église, que tu pratiques des cultes païens interdits par la loi. Ils pourraient te faire emprisonner.
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Le problème avec les forces noires n’est pas de les appeler, murmura-t-elle gravement, mais de les contrôler. Je te l’ai dit, tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu ne connais pas la puissance de certaines formules, de certains rituels. Ne compte pas sur moi pour t’apprendre cette sorte de magie. Tu es trop jeune, tu t’y briserais l’âme. Et je suis trop jeune aussi pour me soucier de transmettre ce savoir-là, même à la plus douée des élèves. — Je ne comprends pas, Rhiannon. Tu soignes, tu guéris. Pourquoi faire le mal ? — Rhiannon ne fait pas le mal. Rhiannon passe parfois par la porte des ténèbres parce que les ténèbres nous entourent. Mais les prêtres du Christ ont raison de condamner cette porte. Que leur Dieu me pardonne !
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Elles rejoignirent Kian assis au soleil. Alors, comme l’Ancienne le lui avait enseigné, Azilis ferma les yeux puis les rouvrit pour fixer un point devant elle, la branche d’un aulne dans le soleil. Elle fit le vide dans son esprit, reprit contact avec chaque partie de son corps, laissa sa respiration ouvrir son cœur et son âme. Et quand elle se sentit prête, le désir de soigner surgit et tout son être se tendit vers ce seul et unique but. Sous l’œil attentif de Rhiannon – mais Azilis avait à peine conscience de sa présence – elle posa l’emplâtre avec des gestes rapides et précis. Elle ne vit pas le sourire de l’Ancienne qui l’admirait avec la fierté du maître satisfait de son élève. — C’est fini, fit la jeune fille en se redressant. Elle cilla deux ou trois fois, essuya la sueur qui perlait sur son front en regardant autour d’elle d’un air perdu. Comme toujours quand elle donnait des soins, il lui fallait un moment pour sortir de l’état de transe dans lequel elle s’était plongée.
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Un de plus ! déclara-t-il. Je ne t’ai pas non plus appris à poser des collets, ni à pêcher à la main dans la rivière. Et tu ne vas pas voir Rhiannon pour apprendre je ne sais quelle sorcellerie qu’une jeune fille bien née n’a pas à connaître. — Exactement ! dit-elle, riant à son tour. Et, en t’écoutant, je me demande si je ne devrais pas te faire arracher la langue ! Tu en sais trop et tu deviens insolent !
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