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Citations sur Les âmes englouties (17)

Souri7
Souri7   11 mars 2019
Se retrouver chez son ancien voisin, en tant qu’adulte, était une sensation étrange. Elle aurait préféré réaliser que tout était terminé, que des tonnes d’eau avaient coulé sous les ponts de l’enfance. Mais c’était plutôt le contraire qui se produisait. Assise dans la maison de Göran, elle prenait conscience que, pendant toutes ces années, l’eau s’était en fait figée. Qu’elle avait attendu son retour pour dégeler. Qu’elle avait attendu qu’elle y replonge les pieds pour s’animer.
Elle raconta à Göran qu’elle avait fait des études de biologie et lui parla ensuite de sa thèse.
— Sur les marécages ? répéta-t-il, un petit sourire aux lèvres. Choix de sujet intéressant pour quelqu’un qui vient de la région…
Elle lui fit un sourire hésitant en réponse, pas certaine de comprendre ce qu’il insinuait. Elle lui expliqua qu’elle avait loué la petite maison appartenant au Manoir de la Tourbière.
Le vrai sujet qu’ils auraient dû aborder restait suspendu au-dessus d’eux. Aucun des deux ne voulait l’évoquer, redoutant sans doute les conséquences.
— Ce n’est pas le premier, dit finalement Göran.
— Quoi ?
— Tu sais bien ce que je veux dire. Celui à qui tu as sauvé la vie.
— Comment tu le sais ?
— Je parle avec les gens, Nathalie. Et je lis les journaux. Je sais additionner deux plus deux. Ce n’est pas le premier, répéta-t-il d’une voix grave. Et tu le sais, toi aussi.
Nathalie le dévisagea.
— Il a eu de la chance, poursuivit Göran. Que tu le retrouves. Mais, depuis que tu es partie, beaucoup de gens ont disparu.
Il tourna la tête vers la fenêtre et resta un moment silencieux à regarder dehors.
— Plus que d’ordinaire, en fait.
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Souri7
Souri7   10 mars 2019
Après avoir tour à tour sauté et s’être traîné sur le sentier, il fit une pause et jeta un œil sur la tourbière. C’est alors qu’il réalisa qu’il ne pleuvait plus. Et que le vent était tombé. Tout était calme et paisible.
C’était si étrange.
La lune apparut derrière les nuages dans le ciel sombre. La brume prit forme et se déroula lentement sur le sol humide.
Il eut l’impression d’entendre un bruit. Était-ce le vent ? Ou un animal ? On aurait presque dit des gémissements. Ou des cris lointains.
Il perçut un rai de lumière un peu plus loin sur le sentier.
Une lampe de poche. Quelqu’un !
— Hé ho ! cria-t-il.
Aucune réponse.
— J’ai besoin d’aide. Je me suis fait mal…
Le faisceau lumineux s’approcha jusqu’à l’éblouir. Il fut obligé de mettre sa main en visière pour se protéger les yeux.
— Hé !
La lumière pointa dans une autre direction et, l’espace d’un instant, il put à nouveau voir.
Qu’est-ce qui se passe ? eut-il le temps de penser.
Puis tout devint noir.
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Ptitgateau
Ptitgateau   26 février 2019
La lumière des lampes à pétrole projetait de grandes ombres vacillantes sur les murs. On aurait dit des chauves- souris dans la nuit.
La chaleur de la maison faisait craquer les boiseries. Le sol aussi émettait des petits bruits.
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Fortuna
Fortuna   16 mars 2019
Mais des phrases qu'elle avait lues ces derniers temps lui revenaient. Sur la tourbière qui pendant des milliers d'années avait été considérée comme un lieu possédant une âme, difficile à définir et à catégoriser. Un non-pays détrempé et inexploitable hors du contrôle de l'homme. un lieu où des sources d'énergie invisibles attiraient les gens, prenaient et donnaient ce qu'elles voulaient.
Un pays limitrophe entre la terre et l'eau, entre le sec et l'humide, entre le stable et l'instable. Entre la vie et la mort.
Le croassement d'un corbeau rompit le silence. Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration.
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nadiouchka
nadiouchka   04 décembre 2018
Ce qui n’existe pas
S’immisce dans tout
Et lui prend sa place
Ann Jäderlund
Djupa härlek ingen (Amour profond)
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leolechat
leolechat   15 mars 2019
Pour elle, son corps était un organisme rempli de compost. Comme n'importe quelle espèce de plante ou d'animal. Ça lui donnait un sentiment de liberté totale. Semblable à un chuchotement venu d'en haut, venu de l'intérieur, lui disant de lâcher prise. L'espace d'un instant, elle s'était sentie comme une feuille qui se détachait d'une branche pour virevolter dans les airs avant de tomber sur le sol où le processus de décomposition prendrait le relais.
Libre de tomber.
Comme une simple feuille.
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nadiouchka
nadiouchka   01 mars 2019
Elle pensa justement à la photographie qui était à la fois le signe d’un sentiment de nostalgie et une manifestation du présent. D’un clic, on arrêtait le flot des changements. Les images de lieux de crime embaumaient les morts à leur manière. L’image étant la preuve. Ceci a eu lieu. Ceci a existé. Voilà à qui ça ressemblait.
P.104
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Bazart
Bazart   03 mars 2019
Elle était donc venue ici. Dans cet endroit désolé. Les tourbières entre le Dasland et le Värmland Et c'était peut etre cela le plus important."
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Leslecturesdemystic
Leslecturesdemystic   16 avril 2019
... vous savez sans doute qu'on enfonçait un pieu dans le corps des sacrifiés pour qu'ils ne remontent pas à la surface et peut-être aussi pour qu'ils ne puissent pas venir nous hanter.
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nadiouchka
nadiouchka   10 décembre 2018
Ceux qui parmi ses collègues du monde entier qui travaillaient sur des questions semblables avaient surtout réalisé des études dans les régions polaires. Des superficies énormes toujours gelées. Maintenant que le réchauffement climatique avait pour conséquence le dégel de ces régions, des processus s’amorçaient dans les sols qui dégageaient encore plus de gaz à effet de serre. 
P.30
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