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Je remercie une fois encore Babelio pour sa Masse critique, et les éditions Zinédi (Textures). J'ai toujours beaucoup de plaisir à recevoir un livre.

Celui-ci est un recueil de 7 nouvelles assez originales, déroutantes parfois, qui touchent au quotidien d'apparence banal, et qui laissent parfois une impression de vide, voire d'inachevé. Derrière les apparences se cachent parfois des surprises, et ici, on n'est pas vraiment dans
le « feel good » !

Mais c'est la vie, simplement ! Avec ses coups de gueule, ses coups de blues, ses coups à boire, ses coups du sort.

Ce n'est pas mon recueil préféré du genre, peut-être à cause du style que je n'ai pas su apprécier ? L'ange du garage ne m'a pas vraiment trouvée dommage.
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Il y a des polichinelles dans le tiroir...
Et des anges qui choisissent des voies de garages.
L'écriture de Daniel Pasquereau nous renvoie à des références culturelles poussées. Certaines descriptions, allant jusqu'au nom d'un thé, sont comme des tableaux. Cette précision d'orfèvrerie sème le trouble. le lecteur est dans le réel précis, intact et vivant. Pourtant, il y a quelque chose qui "cloche". Un monde parallèle laisse son empreinte dans le quotidien; un monde tantôt poétique (une question de choix), tantôt angoissant (noël de plomb), tantôt implacable.
Il y a de quoi avoir une érosion de FOI, de cervelle et du reste. La "Géographie de l'évasion" est une science bien inexacte.
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Quand la banalité du quotidien s'infléchit, les personnages ordinaires vivent des tranches de vie souvent implantées dans leur mémoire, extrayant la nostalgie confinée en eux.

Souvent des souvenirs enfouis en eux et qui remontent à la surface à cause d'un petit fait, du retour inopiné d'une personne oubliée ou au contraire d'un membre proche de la famille, d'un conflit familial, ou tout simplement parce que nos « héros » se trouvent être les témoins d'un événement tragique.

Dans Comme des bêtes, le professeur Capra, qui vient de transférer un brevet pharmaceutique, le dépouillant du reliquat de ce qui lui restait, retourne chez lui, heureux de retrouver sa femme Barbara. Il voyage en autorail, la Micheline de son enfance, avec cette nostalgie qui sommeille en lui depuis son enfance. Mais, afin de conclure rapidement ce marché de dupes et malgré ses réticences, il a un peu trop bu.



Noël n'a pas été prénommé ainsi par hasard puisque justement il est né le jour de Noël. Agacé par la présence de son voisin, Léon Hitchens, un romancier nordique venu s'installer chez eux depuis son veuvage, Noël sent monter en lui la colère, et peut-être une pointe de jalousie. Les sujets de discussions avec sa femme Véronique et son jeune fils Romain se sont effilochés au fil du temps, leurs relations sont quasi inexistantes, et il couche seul dans son bureau depuis un énième algarade. Puis Sabrina s'est greffée dans sa vie, il y pense souvent en buvant plus que de raison moult verres de whisky. Noël de plomb relate la déliquescence d'une famille ordinaire, à cause d'une rencontre inopinée et de souvenirs familiaux issus de l'enfance



Paul et Sophie viennent de se marier dans la joie et la bonne humeur et ils partent au petit matin vers Menton, un voyage de noces qui promet. Ils sont jeunes, ils sont beaux, enfin surtout Sophie, et le démon de midi les chatouillant, ils décident de faire une pause câlin dans une clairière. Seulement, ils assistent à l'exécution d'un jeune homme par deux individus accompagnés d'une femme. Ils ne peuvent retenir un cri et ils ont obligés de s'enfuir. le début d'un Engrenage tragique.



Dans Une question de choix, un chat noir perturbe le soir le narrateur. le matou s'installe sous sa fenêtre et miaule à fendre l'âme. Comme un appel, une invitation à le suivre, auquel le narrateur ne résiste pas. Et c'est comme ça qu'il va faire la connaissance d'Angie.



Entre le narrateur et sa femme, la guerre larvée s'est installée peu à peu. Ils se sont mariés vingt-cinq ans auparavant, ce n'était que mamours, appels téléphoniques, mots doux, et puis les sentiments se sont délités. Il est écrivain, vain, et se prend pour Bukowski, surtout par le nombre de verres d'alcool qu'il ingurgite. Mais depuis un certain temps Patricia, sa femme pour l'état-civil mais pas pour les draps, a tendance à sortir avec ses copines, rentrant fort tard dans la nuit. C'est l'Erosion du foie, de la cervelle et du reste.



L'homme-grenouille s'installe progressivement dans la tête du narrateur, que son frère aîné Marco appelle constamment Fiston comme s'il voulait le rabaisser. Fiston, après tout pourquoi pas, ce qui importe à David, c'est Louise, une amie d'enfance qu'il a retrouvée par hasard. Et depuis elle vient le rejoindre de temps à autre, délaissant en province son mari.



Il y a un ange dans le garage, affirme Zoé à son père Xavier. Il vient d'hériter une confortable somme d'argent de sa mère récemment décédée, et en sortant de l'office notarial il a aperçu à la vitrine d'une agence immobilière la photo d'une ancienne ferme à vendre qui correspond en tous points, ou presque, à la résidence de leur rêve. Yola, sa femme, est tout de suite emballée, par la demeure principale et les dépendances, dont ce fameux garage. Or en visitant le bâtiment, les souvenirs affluent dans la tête de Xavier. Des souvenirs d'enfance, lorsqu'il venait passer ses vacances à la campagne, et des premiers baisers échangés avec Nelly.



Pourquoi on aime tant ce qui a disparu, cette phrase qui figure dans le dernier texte pourrait être le mantra qui se répercute dans tous les autres ou presque.

Et le lecteur quelque peu âgé ressentira à leur lecture comme des bouffées de nostalgie, des réminiscences de sa propre enfance, de ce qu'il a vécu peut-être, de ses aspirations, de ses désirs, de ses manques aussi, et de ses histoires d'amour contrariées élevées à un statut d'images iconiques. Tout n'est pas rose, les différents protagonistes, des hommes principalement, seront les victimes d'événements, qui s'imposent à eux ou leur échappent, qui guideront leur choix sur le chemin d'une liberté mortifère. Parfois s'en dégage un petit côté fantastique comme des interférences oniriques qui subliment les textes, leur offrant une nouvelle dimension, et permettant au lecteur de prolonger, s'il le désire, les épilogues.

Daniel Pasquereau est un auteur trop peu prolixe qui mérite d'être lu et connu. Ses nouvelles empruntent à l'amour, mais ne sont pas parfumées à l'eau de rose. Elles dégagent cette odeur d'encens que l'on retrouve lors des enterrements, sans pour autant posséder une connotation religieuse.



Sommaire :

Comme des bêtes

Noël de plomb

Engrenage

Une question de choix

Erosion du foie, de la cervelle et du reste

L'homme-grenouille

Il y a un ange dans le garage
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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Je n'ai pas l'habitude de lire des nouvelles, elles me laissent toujours un goût d'inachevé, de questions sans réponses, j'ai constamment un manque. Ce livre ne déroge pas à cette règle. sept petites nouvelles, sept vies différentes, des tranches de vies ou la folie, les émotions, les souvenirs, les choix, les colères se mêlent pour justement les faire basculer, ces vies si fragiles par le biais du grain de sable ou de l'étrange, du mystérieux, de l'insaisissable, de tout ce que nous ne maîtrisons pas.
Je ne suis pas vraiment rentrée dans ces histoires, elles se lisent vite et très facilement mais je n'ai pas été transporté.
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Le commentaire de Nathalie :
On passe à travers sept nouvelles où chacun des personnages devra faire un choix selon leurs liens avec l'amour qui diffère les uns des autres. On a tous, un jour ou l'autre, dû faire un choix qui modifie notre vie. Est-ce le bon, ça il n'y a que nous pour le savoir.
Que ce soit Capra qui fait le choix de vendre son oeuvre pour sauver sa femme au profit de sa santé mentale. Noël qui fait le choix d'utiliser la manière forte pour ne plus souffrir. Il y a aussi Sophie qui fait le choix d'user de patience et de chance pour venger son amour. Ou encore, celui de choisir de suivre un chat qui le guide vers le bonheur. Pour Fred, il fera le choix de la fuite pour ne pas souffrir et on termine avec Xavier dont le choix sera fait par héritage et par souvenir.
Leurs choix, étaient-ils les bons peut-être, c'est en le lisant que vous pourrez vous faire une idée. Auraient-ils pu prendre une autre direction : sûrement, mais nos choix ne sont pas toujours rationnels. Mais on doit les assumer parfois avec joie, mais souvent avec regret et déception.
L'auteur nous transporte d'une nouvelle à l'autre avec un très belle plume à la fois émotive, franche et sensible. On vit avec les personnages leurs émotions, leurs amours divers, leurs joies, leurs peines et leurs drames. Une lecture rapide mais sensible et intrigante pour nous. Avons-nous toujours fait le bon choix par acquis de conscience ou par amour ?
Lien : https://lesmilleetunlivreslm..
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Les héros de Daniel Pasquereau boivent, fument et conduisent trop vite comme dans les films de Claude Sautet.
Les personnages de ce recueil ne sont ni bons ni mauvais et se débattent dans une existence qu'ils maîtrisent peu. Ce sont des « anti-héros », en général un peu minables.
Les femmes sont souvent plus honnêtes, et le payent, comme Sabrina dans Noël de plomb. D'autres réussissent à prendre le dessus, ainsi Sophie, l'héroïne d'Engrenage, partait pour une vie heureuse et se retrouve dans la fuite et la vengeance.
Le style fluide et rythmé, les univers singuliers traversés d'éléments étranges, inexplicables de ces nouvelles donnent l'impression de lire les chapitres d'une seule et même fiction et font de ce livre un véritable page turner.
Lien : https://www.zinedi.com/pages..
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