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Critiques filtrées sur 4 étoiles  
« le Glacis, au nord de la ville, c'était une grande avenue plantée d'acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène. »Le décor est planté. El-Djond, une petite ville, au temps des évènements d'Algérie, au temps où le mot guerre d'Algérie était impensable…
Deux communautés face à face, les « français », militaires, riches familles terriennes implantées de longue date, les indigènes du commerçant aisé à l'ouvrier, au simple manoeuvre, à l'ouvrier agricole tous sont considérés comme quantité négligeable même les plus instruits et les plus cultivés.
Débarque à El-Djond, Laure, vingt-cinq ans, nommée professeur de lettres dans le lycée de jeunes filles de cette petite ville de l'Oranais. A peine sortie du Quartier-Latin, de la seconde guerre mondiale, elle débarque dans un monde étrange .Déroutée puis choquée par ce qu'elle voit, elle commence à s'exprimer, et se retrouve vite mise au banc de la société bien-pensante d'El-Djond. Rien ne plait ni l'endroit où elle vit, ni ses fréquentations, ni ses amours, bref bien vite elle va se retrouver prise dans un tourbillon tel qu'elle finira par avouer : « ce pays, je ne lui appartenais pas, je m'y trouvais par hasard. J'y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d'une frilosité à fleur de peau, incapable d'adhérer à aucun des mouvements qui s'y affrontaient »
Monique Rivet a écrit ce texte poignant à la fin des années 1950 et ce n'est donc que 50 ans plus tard que ce livre parait….
L'écriture épurée donne à ce roman une tonalité particulière. le temps a passé depuis ce sombre passage de notre histoire mais les cicatrices qu'il a laissées sont je crois toujours aussi sensibles. Ce roman a le mérite me semble t'il de parler de cette époque sans parti pris , c'était une gageure qu'il fallait tenter La réussite est là.
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Laure, une jeune professeure de lettres, débarque dans une petite ville de l'Oranais en pleine guerre d'Algérie. "La guerre. Bien sûr que les évènements, c'était la guerre. Je la reconnaissais au rythme qu'elle donne à la vie, à sa disparate, ses à-coups, sa façon de s'évanouir comme si elle n'avait jamais existé et de réapparaître comme si elle était notre état naturel."

Penchant entre naïveté, constat de l'injustice et générosité sans être pour autant militante, elle et aimantée par le "glacis", cette frontière tacite délimitant la ville noire et la ville blanche. "Le mur de verre qui nous séparait de leur quartier m'était d'autant plus invisible que tous les jours des individus le franchissaient pour venir travailler dans la ville européenne et qu'aucune loi ne nous interdisait de e traverser, en sens inverse, si nous avions quelque chose à faire dans le "village nègre" - mais il était suspect d'avoir à y faire quelque chose ..."

Dans la guerre sans y être ("ce pays qui n'est pas le mien"), elle porte un regard détaché et étonné sur l'Algérie des années 1960, et se trouve bien malgré elle beaucoup plus impliqué qu'elle le voudrait. D'après son expérience, Monique Rivet déroule un récit qui sonne juste, dans une prose simple mais efficace, entonnant un bel hymne à la tolérance et à l'humanisme, empreint d'une grande tristesse pour la terre et le peuple meurtris d'Algérie.

"Beaucoup d'Européens parlaient ainsi. Jusqu'au bout ... Quel est donc ce bout des choses, pensais-je, que nous attendons ? Quel cataclysme, quelles cruautés nouvelles, quelles horreurs constitueront-elles ce jusqu'au bout à quoi tant de gens se disaient disposés sans savoir eux-mêmes s'il marquerait le retour à la vie d'avant ou la fin de tout espoir ? Quelle est cette ligne de démarcation au-delà de laquelle nous allons déclarer forfait ? Célébrer une victoire ou déplorer une défaite ? Et après quelle traversée infernale où nous aurons perdu, chacun d'entre nous, un peu de notre estime de nous-mêmes, un peu de notre confiance dans les autres, à force d'avoir épié sur les visages familiers le grignotement douceâtre de la trahison ?"
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Après une longue période d'occultation des mémoires, la guerre d'Algérie a donné lieu à bon nombre de romans et de récits plus ou moins autobiographique ces dernières années.
« le Glacis » de Monique Rivet aurait pu n'être qu'un livre de plus sur la guerre d'Algérie. Ce n'est pourtant pas le cas.

Laure, une jeune parisienne de 25 ans, quitte son quartier latin pour enseigner le français dans un collège de filles en Algérie. Ses idéaux se heurtent alors à la dure réalité de la société algérienne des années 1950. Elle découvre un pays plongé en pleine guerre - que les Français s'acharnent à appeler « les événements » - où les injustices et la ségrégation sont omniprésentes, où elle est sans cesse épiée et jugée.

« le Glacis » est un roman initiatique où l'on suit le passage à l'âge adulte de Laure : elle découvre tout en même temps, un nouveau pays, son métier d'enseignante, l'engagement politique, etc. Encore amoureuse d'un avocat français, Jean-Paul, qui défend des poseurs de bombes, elle entame une aventure avec Felipe, un Espagnol mal vu dans le quartier et qui s'avère être accusé d'être sympathisant des rebelles.

Un roman autobiographique qui a une belle histoire puisque Monique Rivet a écrit ce livre alors qu'elle était elle-même jeune professeur en Algérie à la fin des années 1950 et qu'elle l'a publié aux éditions Métailié en 2012 alors qu'elle pensait qu'il ne verrait jamais le jour.

Au-delà du témoignage éclairant sur une époque trouble, ce livre a toutes les qualités d'un bon roman : des personnages forts, complexes et pour certains attachants, une écriture maîtrisée et un thème universel (la quête de la liberté et l'émancipation intellectuelle dans un pays en proie à la violence).

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"Ce qu'on appelait glacis, c'était une large avenue coupée d'un terre-plein et bordée, côté indigène, d'une rangée de boutiques arabes.".
Le glacis, c'est un quartier de la ville d'El-Djond dans laquelle Laure, vingt-cinq ans, vient y occuper un poste de professeur de lettres dans un lycée.
El-Djond, ville au nom fictif, est située en Algérie, et c'est au cours des années 50 que Laure y arrive, en pleine guerre qui ne veut pas encore dire son nom mais dont l'horreur est déjà bien installée de le quotidien de tous les habitants.
Laure est jeune, naïve, elle ne réfléchit ni à ce qu'elle dit ni à ses fréquentations, elle ne comprend pas vraiment ce qui se passe : "Le mur de verre qui nous séparait de leur quartier m'était d'autant plus invisible que tous les jours des individus le franchissaient pour venir travailler dans la ville européenne et qu'aucune loi ne nous interdisait à nous de le traverser, en sens inverse, si nous avions quelque chose à faire dans le "village nègre" - mais il était suspect d'avoir quelque chose à y faire ...", et elle mesure encore moins la portée de ses paroles et de ses actes, ni des conséquences qu'ils pourraient avoir.
Je nuance en précisant que Laure n'est pas inconsciente, son père est mort en déportation à Dachau et cela l'a profondément marquée, mais ce sont ses côtés légers et naïfs du fait de son âge qui l'empêchent de se rendre compte de la situation et ce n'est qu'au fur et à mesure des évènements qu'elle ouvrira les yeux et prendra conscience de bon nombre de choses.
Elle finira par se demander comment sera perçu son absence d'engagement par ses élèves : "Je pensais aussi : elles m'en voudront un jour ou l'autre de ne pas avoir pris le parti des leurs. de n'avoir pris parti pour rien, de ne m'être intégrée à rien, d'être restée dans mon splendide isolement.", quelle est la raison de sa présence et si l'exercice de son métier a encore une raison d'être : "Il me semblait que ma vie se terminait là, que quelque chose s'était cassé, j'avais tout raté, mon métier n'avait pas de sens, car à quoi bon mettre de la littérature ou de la grammaire dans la tête des gens si c'est pour qu'on les retourne du pied sur une voie de chemin de fer, un trou dans la poitrine ?".
Mais sa légèreté et sa naïveté seront définitivement anéanties avec son arrestation, sa journée passée en prison, l'interrogatoire qu'elle subira et la confiscation de ses papiers jusqu'à son expulsion d'Algérie : "Je suis prisonnière de ce pays qui n'est pas le mien, de cette ville sans âme, de cette guerre sans nom, où les employés des postes ont des manières de policiers, où on ne sait pas si on couchera dans son lit le soir ni, à supposer que l'on y couche, si l'on y sera pas égorgé par un émissaire dont personne ne saura jamais quelle cause il a prétendu servir en vous assassinant.".

Ecrit par Monique Rivet au même âge que celui du personnage de Laure, ce livre a dormi dans un tiroir pendant toutes ces années, ce qui est fort regrettable car il livre une vision sans concession de la Guerre d'Algérie.
Parce qu'à l'époque il n'était pas bien vu de parler de cette guerre, parce qu'il ne fallait surtout pas dire ce qui se passait en Algérie, parce qu'il fallait essayer à tout pris de conserver cette colonie française, parce que nous, français, n'avions pas encore compris que c'était inexorable et inévitable que l'Algérie devienne un pays indépendant.
Sans doute pour toutes ces raisons et pour bien d'autres encore, ce livre n'avait jamais été publié jusqu'à présent.
"Le glacis", c'est le récit initiatique de Laure, une jeune femme qui va beaucoup apprendre sur les autres et sur elle, et qui va évoluer et mûrir au cours de ce récit.
C'est aussi la rencontre et le télescopage de personnes aussi différentes les unes des autres.
Il y a de nombreux personnages dans ce roman, le principal étant Laure, ils apportent tous quelque chose au récit et ont un rôle à y jouer.
Et même si Monique Rivet a écrit ce livre très jeune, elle arrive à analyser avec finesse et justesse les relations difficiles et contradictoires entre les différents personnages : l'univers des français vivant en Algérie d'un côté, celui des algériens se battant pour obtenir leur indépendance de l'autre, et au milieu, quelques personnes qui essayent d'échanger, de se mélanger, de former un tout uni.
Ecrit dans un ton en majorité léger, à l'image de Laure, ce récit arrive à faire la part entre une narration à la première personne par Laure et une narration à la troisième personne pour tout ce qui concerne les évènements dramatiques, comme si ces derniers étaient vécus par un oeil extérieur, démontrant ainsi le recul pris par Laure sur le drame qui se déroule sous ses yeux.
Monique Rivet évoque avec pudeur et sans concession aucune les exactions commises par l'armée française en Algérie, elle arrive à dépeindre la cruauté de cette guerre et à faire circuler des émotions et un ressenti entre son récit et le lecteur.

"Le glacis" est un beau livre ayant valeur de témoignage, écrit avec beaucoup de pudeur et tout en retenu par une jeune femme dans les années 50, et qui lève une partie du voile sur la Guerre d'Algérie à travers le personnage de Laure en évoquant avec sincérité et réalisme les évènements qui s'y sont déroulés.
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Laure, vint-cinq ans, est nommée professeur de lettres dans une petite ville de l'oranais pendant la guerre d'Algérie, cette guerre, appelée pudiquement « événements » par ses compatriotes.
Laure est à l'image de « Marianne », elle croit à la devise patriotique LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Pour elle, ce ne sont pas de vains mots et, dans sa candeur, elle ne peut imaginer la noirceur de l'humanité.
Monique Rivet raconte comment Laure, qui débute sa vie de professionnelle, va se comporter et réagir face aux « événements », comment elle se retrouve au centre d'une guerre qu'elle ne reconnaît pas, une guerre qui n'est pas la sienne.
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Laure a 25 ans. Elle est professeur de lettres. Elle a été envoyée en Algérie parce qu'il y avait un poste à pourvoir au lycée français. Elle n'avait pas le choix mais s'attache à ses jeunes élèves. Elle termine une liaison amoureuse avec un avocat, et se lie intimement avec Felipe, un immigré espagnol, sans jamais s'engager réellement.
Nous sommes au milieu des années cinquante, au milieu des événements, de cette guerre qui ne veut pas dire son nom. Laure est insouciante, elle ne voit pas, elle ne comprend pas qu'elle n'est plus au Quartier Latin, et que les belles idées qui y sont professées, si elles restent belles, ne sont pas à dire dans cette ville coupée en deux. le Glacis est cette démarcation bien réelle entre la ville européenne et le village indigène. Impossible d'aller de l'un à l'autre sans suspicion, sans délation. La haine (racisme, antisémitisme) ne prend même pas la peine de se dissimuler. Il suffit d'un rien pour qu'elle éclate et que la violence se déchaîne.
J'ai pensé, maintes fois, que l'action aurait pu se passer dans un village français, pendant la seconde guerre mondiale, tant les attitudes étaient les mêmes, tels ces gens bien pensants qui mettent discrètement à l'écart les jeunes filles "indigènes" du lycée français, telles ces boutiques que les français pillent avec bonne conscience, sans se soucier de devenir l'ennemi intime de ceux qu'ils volent. Laure assiste à ce qui se passe mais, pour raconter la violence, sans pathos ni complaisance, elle abandonne le "je" pour adopter une tournure plus impersonnelle, mettant ainsi les deux camps à égalité dans leurs débordements.
Je ne voudrai pas non plus que vous pensiez que Laure est une passionnaria. Non : sa naïveté, sa légèreté l'empêchent de prendre conscience de la gravité des gaffes qu'elle commet. Ce n'est que peu à peu qu'elle se rend compte que son insouciance n'a pas droit de cité à El-Djond. S'aveugle-t-elle, elle dont le père est mort en déportation ? Est-elle trop égoïste pour s'engager dans un camp ou dans un autre ? Elle voit, pourtant, certains faits, et jusqu'au bout, refusera de voir les risques qu'elle prend ou qu'elle fait courir. Son départ (son expulsion serais-je tenté de dire)
Beaucoup de personnages dans ce court roman, écrit dans les années cinquante et publié en 2012 parce que la guerre qui ne dit pas son nom a enfin droit de cité. Ces brèves rencontres nous montrent toutes les facettes, les contradictions de ces gens qui, contrairement à Laure, ont du choisir leur camp.
Une belle lecture dans le cadre du Prix Océans.
Lien : http://deslivresetsharon.wor..
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La guerre d'Algérie est encore un sujet tabou que toute une génération n'a pas étudié à l'école ou si peu. C'est en grande partie ce qui m'a poussée vers ce roman où le lecteur est parachuté à l'intérieur de ce pays dans une guerre qui ne dit pas son nom dans le camp des colons. Laure est une jeune enseignante en lettres, dont l'attitude de ses concitoyens français, issus du même milieu bourgeois qu'elle, vis-à-vis de ce qu'ils appellent les "indigènes", (quand ils sont bien lunés), va de plus en plus la choquer. Ses collègues vont la bouder peu à peu. Elle va finir par se brouiller avec sa meilleure amie, Elena, parce qu'elle ne lui fait plus confiance, dans cette société à l'atmosphère paranoïaque. Jamais elle n'aura la preuve de la responsabilité de son amie dans ce qui va se passer ensuite (et je ne peux pas le révéler !), mais Laure se trouve embringuée contre son gré dans cette guerre à laquelle elle ne voulait pas participer. Elle n'aura pas à choisir elle-même un camp, on va lui en assigner un.

Voici un roman fort, qui, s'il ne m'a pas vraiment appris grand chose de nouveau sur cette page de l'histoire de France, m'a tout de même surpris par la perversité, la sournoiserie de tout un système savamment orchestré. Un monde à deux vitesses et à deux justices, l'officielle et puis l'autre, beaucoup plus expéditive.
El Djong, la petite ville où vit Laure est un apartheid non officiel, avec d'un côté une ville européenne et de l'autre une ville indigène, appelée, également "ville nègre"... "Le "glacis", au nord de la ville, c'était une grande avenue plantée d'acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène. Une frontière non officielle, franchie par qui voulait et gravée pourtant dans les esprits de tous comme une limite incontestable, naturelle, pour ainsi dire, à l'instar d'une rivière ou d'une orée de forêt."
L'héroïne, dont la famille a été déportée pendant la Seconde Guerre mondiale, se rend compte que ses amis ne supportent rien de ce qui n'est pas comme eux : ni les juifs, ni les Espagnols et encore moins les Arabes... C'est un portrait féroce qui est fait ici de la bourgeoisie "pieds-noirs".

Un livre court (130 pages) mais percutant, écrit dans un style neutre, sans colère ni amertume mais néanmoins sans concession.
A lire !


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Court roman aussi concis que percutant, le glacis peut également être appréhendé comme un beau témoignage d'une jeune femme ayant vécu de l'intérieur une guerre qui ne disait pas son nom, et qui qui lui a été imposée par la puissance administrative de l'époque.
Nous suivons pas à pas Laure, jeune enseignante de français, nommée à Alger au moment des « évènements » comme on le disait pudiquement à l'époque.
Rien n'est noir ou blanc. Tout passe par les multiples nuances de gris, pur monter que dans cette affaire, aucun camp n'avait raison sur l'autre. Chacun défendait ce qu'il croyait être sa terre, son pays, ce qui faisait l'essence même de sa vie. Au milieu de tout cela, des gens comme Laure, venus, ou envoyés là pour travailler.
Monique Rivet retrace très bien le climat de violence, la défiance des uns ou des autres à l'égard de la communauté adverse. Ces communautés vivent les unes à côté des autres, sans se comprendre. L'écart culturel est bien trop grand pour que chacun parvienne à faire un pas vers l'autre.
La naïveté de Laure, fraichement débarquée de Paris, et multipliant les gaffes, faux pas ou du moins comportements diversement appréciés, précipitera sa perte.
Une belle découverte dans le cadre du Prix Océans 2012.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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