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Critique de kathel


kathel
  18 février 2018
En 1895, Robert, un adolescent de treize ans, assassine sa mère, Emily, plus ou moins avec la complicité de son frère cadet. A ce moment son père, steward sur un paquebot, était en train de traverser l'océan en direction de New York. La famille vivait dans les faubourgs de Londres, un quartier de petites maisons mitoyennes, ils menaient une vie un peu plus difficile que leurs propres parents, avaient un peu de mal à joindre les deux bouts, sans être dans la misère. Après le meurtre, les deux garçons continuent de vivre comme si de rien n'était, alors que le corps de leur mère est dans la pièce d'à côté, et racontent aux voisins qu'elle est en voyage. Ils tentent d'emprunter de l'argent, de gager des objets de famille, pour pouvoir aller s'amuser, puis pour se nourrir. Ce comportement posera beaucoup de questions et permettra à l'avocat de Robert de trouver une ligne de défense, de plaider la folie.
Kate Summerscale, journaliste et auteure anglaise, plonge pour la troisième fois dans des documents d'archives, après L'affaire de Road Hill House et La déchéance de Mrs Robinson. Je n'ai pas lu les deux premiers, mais j'avais écouté un entretien passionnant avec l'auteure lors des Assises Internationales du Roman l'année dernière.
L'époque victorienne est minutieusement reconstituée par Kate Summerscale, la vie de famille, la rue, l'école, les métiers harassants, la justice et même dans ce livre, la psychiatrie. Ce dernier point ne manque d'ailleurs pas de surprendre. L'hôpital psychiatrique dont il est question dans le roman, et où Robert est le plus jeune détenu, ne suivait pas les méthodes en usage à l'époque, et beaucoup de commentateurs trouvaient que les meurtriers qui passaient pour fous ou malades étaient enfermés dans des conditions passablement clémentes, voire luxueuses selon certaines exagérations. J'ai trouvé ce roman captivant, jusqu'à la fin où l'auteure recherche en Australie les traces De Robert, émigré après sa libération et la guerre.
Maintenant, entre les romans classiques d'époque victorienne et les romans contemporains qui s'emparent de cette période historique, il faut ajouter les livres de Kate Summerscale.
L'éducation dans cette deuxième moitié du dix-neuvième siècle, la façon dont sont considérés enfants et adolescents, la crainte que les petits romans d'aventures vendus quelques pennies, que les jeunes lisent abondamment, ne leur corrompent l'esprit, ces questions sont particulièrement bien cernées par l'auteure. Elle a recherché de nombreux documents d'archives et en a tiré le meilleur parti. Je prévoirais volontiers de lire les deux autres livres qu'elle a écrits, si mes listes à lire n'étaient pas déjà aussi longues !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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