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Critique de miriam


miriam
  04 janvier 2017
Nicholas Fox Weber est un écrivain et journaliste qui se consacre depuis 40 ans à la Fondation Joseph et Anni Albers .Plusieurs ouvrages ont été traduits en français: La bande du Bauhaus, C'était le Corbusier, Balthus ainsi que L'Art de Babar. D'autres écrits en anglais sont consacrés à Joseph et Anni Albers, et d'autres artistes comme Miro, Kandinsky.

La bande du Bauhaus est un gros (et lourd) pavé de 600p. divisé en six biographies, Gropius, le fondateur, Klee, Kandinsky, artistes déjà consacrés en 1919 au début du Bauhaus, Joseph Albers, Anni Albers, Ludwig Mies van der Rohe. Une centaine de pages pour chacun de ces personnalités.

J'ai moins aimé la première partie consacrée à Gropius, génial inventeur du concept du Bauhaus, architecte articulant l'idée de bauhütte, reliée au compagnonnage, aux bâtisseurs des cathédrales, à l'artisanat et en même temps au monde industriel, ancrant l'école dans la production moderne. Dans la fondation de l'école, Alma Malher, épouse de Gropius, est présente, séductrice et aimant attirant les meilleurs talents d'alors. L'évocation très détaillée d'Alma Malher m'a un peu agacée, j'y ai trouvé une somme de ragots mondains et l'auteur ne la montre pas sous un jour sympathique.

Les biographies de Klee et Kandinsky sont passionnantes, elles montrent les recherches esthétiques en cours. Ces deux artistes s'appréciaient, se fréquentaient et se promenaient dans les parcs de Weimar puis de Dessau.

Mais c'est dans l'évocation de Joseph et d'Anni Albers que l'auteur se révèle comme un biographe chaleureux et comme un ami. Ces relations très proches se sentent dans l'écriture. La correspondance de Albers et de son ami Perdikand est une approche précieuse tout comme les rencontres avec Anni Albers qui révèlent la personnalité de l'artiste, à la période du Bauhaus comme par la suite aux Etats Unis.

A travers ces histoires individuelles, c'est aussi tout un pan d'histoire qui est raconté : de la vie artistique viennoise avec Malher (Freud en un clin d'oeil), Klimt qu'a fréquenté Alma Mahler.Berlin, ville cosmopolite ou à Munich. La Première Guerre mondiale a été traversée diversement, selon les artistes. A l'issue de la Grande Guerre on devine tous les bouleversements, l'inflation et les luttes d'influences pendant la République de Weimar. Ces luttes politiques ont eu une grande influence sur le Bauhaus qui dut quitter Weimar pour Dessau, puis finalement Dessau.

On voit la montée du nazisme, l'antisémitisme (déjà présent) s'étend et le Bauhaus cosmopolite n'échappe pas au recensement des juifs, des étrangers.

Grande richesse des rencontres du Bauhaus où des mazdéens suivant Itten pratiquèrent leur culte, des socialistes rêvèrent d'un monde nouveau, des peintres éttaient aussi d'assez bons musiciens pour donner des concerts....où le théâtre était assez pris au sérieux comme un atelier de menuiserie ou de tissage..

Une leçon d'Histoire de l'Art mais aussi une leçon d'Histoire tout court.

Seul reproche (qui n'en est pas vraiment un), j'aurais aimé plus d'illustrations encore. Les photographies en Noir et blancs présentent des portraits à travers le texte mais les oeuvres en couleur sont regroupées en deux cahiers, j'aurais aimé en voir plus. Mais alors le livre -déjà très lourd-aurait été intransportable et aurait donné des crampes au lecteur.

J'ai donc feuilleté le livre Bauhaus de magdalena droste au cours de ma lecture du livre de Nicholas Fox Weber à la recherche des images manquantes. Et j'y ai trouvé une iconographie magnifique. Les meubles, les objets de design occupent une place importante ainsi que l'architecture qu'on voit à peine dans la Bande du Bauhaus.
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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