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Par torevan, le 06/02/2012
Madeleine de
Amanda Sthers
Madeleine n’a pas l’habitude de ce genre de situation. Comme tous les gens aimés pour la première fois, elle est méchante avec Rémi. Elle découvre la joie et le dégoût que cela provoque. Elle ne respecte pas Rémi Kerguikou. Un type qui l’aime ne peut pas être un homme valable. Il ne comprend pas, et comme c’est la première fois qu’il aime, il l’aime encore plus.
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
Ce ne sont pas les paroles d'un ami qui m'aident, c'est la promenade que je fais avec lui. C'est l'herbe, les racines, c'est la nuit qui tombe et le jour qui lui succède, c'est tout ça qui me rassure.
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Par Mouna, le 12/12/2008
Le vieux juif blonde de
Amanda Sthers
Ça fait vingt ans que j'appelle mon père papa parce que je ne me souviens plus de son prénom.
Forcément mon vrai père s'appelait Moshé, et celui-là fête les rameaux alors il doit plutôt s'appeler Jean quelque chose ou Pierre quelqu'un...
Je ne pense pas qu'il se doute que je ne connais pas son nom, ça lui ferait de la peine.
J'ai bien pensé à me marier, pour qu'on décline son état civil, et celui de ma mère, et le mien à haute voix, que je sache enfin... La vérité...
Mais me marier avec qui?
Quand on est un vieil homme on a du mal à embrasser un jeune con. Alors l'épouser, vous pensez bien...
Ma mère s'obstine.
Elle me dit " Sophie".
Je sais, on sait, j'ai sûrement de vieux amis dans la salle qui le savent, je m'appelle Joseph Rosenblath! Mais elle m'appelle Sophie...
" Sophie" elle me dit "Ne sois pas juif, juste ce soir, ne soit pas ce vieux juif. Tes grands-parents sont là. Ça va finir par mal tourner."
Je crois qu'elle fait çà pour me protéger.
Je crois qu'elle n'a plus toute sa tête.
" Les allemands sont partis" je lui dis "on n'est plus obligés de faire semblant."
Elle s'en va, en pleurant.
Avec mon père, ils se prennent dans les bras, et ils se disent "elle s'en sortira".
J'ai longtemps cru qu'ils parlaient de la France mais j'ai des soupçons. J'ai l'impression, j'ai la nette impression qu'ils parlent de moi, Joseph Rosenblath, comme d'une fille, de leur fille de vingt ans."
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
L'amour c'est s'oublier, pas pour devenir l'autre mais pour devenir rien, rien ensemble.
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
Tout le monde n'est pas obligé de m'aimer. D'ailleurs, je n'aime pas suffisamment de monde pour l'exiger des autres.
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Par Nanne, le 18/10/2010
Le vieux juif blonde de
Amanda Sthers
Elle s'en va en pleurant. Avec mon père, ils se prennent dans les bras, et se disent « elle s'en sortira ». J'ai longtemps cru qu'ils parlaient de la France mais j'ai des soupçons. J'ai l'impression, j'ai la nette impression qu'ils parlent de moi, Joseph Rosenblath, comme d'une fille, de leur fille de vingt ans. C'est vrai, dans le miroir, les apparences sont trompeuses. Mais moi je n'ai pas de miroirs, je les ai tous cachés. Et puis dans les yeux des gens, quand même ! On ne peut pas confondre un type de 77 ans élevé à la carpe farcie, déniaisé par une pute de la rue Tournefort en 1946 avec une gamine qui surfe sur internet.
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
Je pense que les souvenirs sont différents des rêves quand ils sont partagés. se rappeler ensemble, ça fait croire en la vie, au temps qui passe, ça fait croire qu'on est quelqu'un puisqu'on est deux.
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
Et j'ai appris, plus tard encore, à admettre que les histoires d'amour n'appartiennent qu'à ceux qui les vivent et qu'on ne peut pas les juger, encore moins les comprendre.
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
Je crois qu'on devient grand quand on a honte de plonger sa tête dans la barbe à papa, quand on a peur de croiser quelqu'un avec le visage en sucre.
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Ma place sur la photo de
Amanda Sthers
A l'époque, nous la trouvions injuste et cruelle.
Elle l'était sans doute, même si je suis capable aujourd'hui de mesurer comme il devait être dur d'avoir en permanence sous les yeux trois preuves persistantes d'un amour passé.