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Par hema6, le 13/02/2011
La Condition Humaine de
André Malraux
Les hommes ne sont pas mes semblables, ils sont ceux qui me regardent, et me jugent ; mes semblables ce sont ceux qui m'aiment contre tout, qui m'aiment et ne me regardent pas, qui m'aiment contre la déchéance, contre la bassesse, contre la trahison, moi, et non ce que j'ai fait ou ferai, qui m'aimeront tant que je m'aimerai moi-même -jusqu'au suicide compris.
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Par zorazur, le 04/11/2011
La Condition Humaine de
André Malraux
On ne possède d'un être que ce qu'on change en lui.
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Par Couperine, le 03/12/2010
La Condition Humaine de
André Malraux
Lentement empli du long cri d'une sirène, le vent qui apportait la rumeur presque éteinte de la ville en état de siège et le sifflet des vedettes qui rejoignaient les bateaux de guerre, passa sur les ampoules misérables allumées au fond des impasses et des ruelles ; autour d'elles, des murs en décomposition sortaient de l'ombre déserte, révélés avec toutes leurs taches par cette lumière que rien ne faisait vaciller et d'où semblaient émaner une sordide éternité. Cachés par ces murs, un demi-million d'hommes : ceux des filatures, ceux qui travaillaient seize heures par jour depuis l'enfance, le peuple de l'ulcère, de la scoliose, de la famine. Les verres qui protégeaient les ampoules se brouillèrent et, en quelques minutes, la grande pluie de Chine, furieuse, précipitée, prit possession de la ville.
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Par petitours, le 29/11/2010
Première phrase du livre
La Condition Humaine de
André Malraux
Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac ; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable en cet instant que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même — de la chair d'homme.
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Par hema6, le 13/02/2011
La Condition Humaine de
André Malraux
Il n'y a rien de plus prenant chez un homme que l'union de la force et de la faiblesse.
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Par Lilithboo, le 22/07/2011
La Condition Humaine de
André Malraux
On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, et si tant de vieillesses sont vides, c'est que tant d'hommes l'étaient et le cachaient. Mais cela même est sans importance. Il faudrait que les hommes pussent savoir qu'il n'y a pas de réel, qu'il est des mondes de contemplation -avec ou sans opium- où tout est vain...
- Où l'on contemple quoi ?
- Peut-être pas autre chose que cette vanité... C'est beaucoup.
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Par Couperine, le 03/12/2010
La Condition Humaine de
André Malraux
Les yeux fermés, porté par de grandes ailes immobiles, Gisors contemplait sa solitude : une désolation qui rejoignait le divin en même temps que s'élargissait jusqu'à l'infini ce sillage de sérénité qui recouvrait doucement les profondeurs de la mort.
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La Condition Humaine de
André Malraux
Ils lui étaient reconnaissants d'une bonté dont ils ne devinaient pas qu'elle prenait ses racines dans l'opium.On lui prêtait la patience des bouddhistes: c'était celle des intoxiqués.
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Par aleatoire, le 03/08/2011
La Condition Humaine de
André Malraux
Vous connaissez la phrase :"Il faut neuf mois pour faire un homme, et un seul jour pour le tuer." May, écoutez : il ne faut pas neuf mois, il faut soixante ans pour faire un homme, soixante ans de sacrifices, de volonté, de... tant de choses ! Et quand cet homme est fait, quand il n'y a plus en lui-même rien de l'enfance, ni de l'adolescence, quand, vraiment, il est un homme, il n'est plus bon qu'à mourir.
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Par norkhat, le 06/01/2010
La Voie Royale de
André Malraux
L’unité de la forêt, maintenant, s’imposait ; depuis six jours Claude avait renoncé à séparer les êtres des formes, la vie qui bouge de la vie qui suinte ; une puissance inconnue liait aux arbres les fongosités, faisait grouiller toutes ces choses provisoires sur un sol semblable à l’écume des marais, dans ces bois fumants de commencement du monde.
Quel acte humain, ici, avait un sens ? Quelle volonté conservait sa force ? Tout se ramifiait, s’amollissait, s’efforçait de s’accorder à ce monde ignoble et attirant à la fois comme le regard des idiots, et qui attaquait les nerfs avec la même puissance abjecte que ces araignées suspendues entre les branches, dont il avait eu d’abord tant de peine à détourner les yeux.
À sa surface, la lumière parcourue de longs frissons se décomposait en moire ; elle le pénétrait jusqu’à la stupeur, chacune de ses ondes venant mourir, tiède et souple sur sa peau en sueur ; il sombra dans une rêverie voilée de grandes tâches de sommeil.
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