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Par LydiaB, le 22/01/2013
La reine morte de
Henry de Montherlant
Inès : II redoutait cette colère.
Ferrante : II savait bien qu'un jour il devrait la subir, mais il préférait la remettre au lendemain, et sa couardise égale sa fourberie et sa stupidité. Il n'est plus un enfant, mais il lui est resté la dissimulation des enfants. A moins que... à moins qu'il n'ait compté sur ma mort. Je comprends maintenant pourquoi il se débat contre tout mariage. Je meurs, et à l'instant vous régnez ! Ah ! j'avais bien raison de penser qu'un père, en s'endormant, doit toujours glisser un poignard sous l'oreiller pour se défendre contre son fils. Treize ans à être l'un pour l'autre des étrangers, puis treize ans à être l'un pour l'autre des ennemis : c'est ce qu'on appelle la paternité. (Appelant) Don Félix ! Faites entrer don Christoval, avec trois officiers. Madame, ce n'est pas vous la coupable, retirez-vous dans vos chambres : on ne vous y fera nul mal Don Félix, accompagnez dona Inès de Castro, et veillez à ce qu'elle ne rencontre pas le Prince.
Inès : Mais don Pedro ? Oh ! Seigneur, pour lui, grâce !
Ferrante : Assez !
Inès : Dieu ! il me semble que le fer tranche de moi mon enfant.
Ferrante : Don Christoval je vous confie une mission pénible pour vous. Avec ces trois hommes de bien, vous allez arrêter sur-le-champ le personnage que j'ai pour fils. Vous le conduirez au château de Santarem, et vous l'y détiendrez jusqu'à ce que j'aie désigné qui le gardera.
Don Christoval : Seigneur ! Pas moi ! Un autre que moi !
Ferrante : Vous, au contraire, et nul autre que vous Cela vous fait souffrir ? Eh bien, maintenant il faut que l'on commence à souffrir un peu autour de moi.
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Les Célibataires de
Henry de Montherlant
Tout ce temps, M. Elie malaxait une boulette de mie de pain qu’il avait rapportée du restaurant, boulette que sa salive et la saleté de ses doigts avaient rendue si noire et si brillante qu’on l’eût prise pour une boulette de goudron. À certain moment, il s’arrêta net dans une évocation sentimentale qu’il était en train de faire, et se mit à fureter sous les meubles, avec des yeux hagards. « Qu’est-ce qu’il y a, l’oncle ? » demanda Léon, inquiet. « J’ai perdu ma boulette », dit le vieux, le visage bouleversé. Léon, s’agenouillant, la chercha avec lui. Quand il l’eut aperçue, il eut une courte hésitation : puis il songea que c’était son dernier soir auprès de son oncle, et au nom du passé, au nom de la famille, au nom du souvenir de sa mère, il ramassa l’immonde petite chose et la lui tendit.
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La reine morte de
Henry de Montherlant
INÈS - Ne me dites pas que j'ai du courage : je le perdrais dans l'instant.
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La reine morte de
Henry de Montherlant
Je hais le vice et le crime. Mais, en regard de la naïveté, je crois que je préfère encore le vice et le crime.
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Par Austral, le 08/05/2013
Henry de Montherlant
Se faire des amis est une obligation de commerçant. Se faire des ennemis est une occupation d'aristocrate.
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Par zazimuth, le 25/09/2010
Les Célibataires de
Henry de Montherlant
Nous l'avons dit et nous le répétons : ce qu'il y a de tragique chez les anxieux, c'est qu'ils ont toujours raison de l'être.
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Par Pingouin, le 24/06/2012
Série Les Jeunes filles, tome 1: Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
Je vous rappelle que je n'ai pas la foi. Si je cherchais Dieu, je me trouverais.
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Par gill, le 08/01/2013
La vie en forme de proue de
Henry de Montherlant
Quoi qu'il en dise, et peut-être quoi qu'on en pense, Montherlant cherche sans cesse à convaincre. Il se fait du bien et du mal, et cela depuis son premier livre, une idée qui n'est peut-être pas toujours rigoureusement orthodoxe, mais qui est toujours des plus nettes.
Il a une conception du monde qu'il s'efforce de nous faire partager.
Il y revient, il se répète, il y emploie le raisonnement, l'image, l'intrigue romanesque, l'éloquence, l'invective, l'argutie, la boutade.
Et il s'irrite s'il ne nous entraîne pas.
Ce dilettante est un homme à principes, ce détaché un prosélyte, et exigeant.
A l'exception d'un petit nombre d'entre eux, chacun de ses ouvrages contient un certain message, qui porte sur l'homme, sur l'amélioration de l'homme, sur ce que l'homme doit être et ne pas être...
(extrait de la préface " service de Montherlant" signée Pierre Bouchet-Dardenne et insérée en début du volume paru aux éditions "Grasset" en 1942)
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Par litolff, le 03/04/2012
Série Les Jeunes filles, tome 1: Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
Ce magnifique royaume de l'amitié homme femmes serait donc une terre interdite ! La femme serait parquée dans le domaine "coeur-sens", incapable d'être élevée à un monde plus noble et plus subtil. Et enfin, crainte de les décevoir, l'homme devrait n'avoir plus aucun rapport de société avec celles des femmes jeunes qu'il ne destine pas à son lit, légitime ou illégitime, c'est-à-dire malgré tout, avec l'immense majorité des femmes.
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Par Outis, le 08/06/2008
Série Les Jeunes filles, tome 1: Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
La femme, au contraire, se fait une idée positive du bonheur. C’est que, si l’homme est plus agité, la femme est plus vivante. Ah ! ce n’est pas elle qui demandera, comme le jeune homme de tout à l’heure : « Qu’est-ce que vous entendez par vivre ? » Elle n’a pas besoin d’explications. Vivre pour elle, c’est sentir. Toutes les femmes préfèrent se consumer en brulant, à être éteintes ; toutes les femmes préfèrent être dévorées, à être dédaignées. Et dans ce « sentir » quelle mobilité, quelle ampleur des réactions ! Quand on voit qu’une femme, si l’homme qu’elle aime semble l’aimer moins – ne fût-ce qu’un peu moins – souffre autant que s’il ne l’aimait pas du tout ; quand on voit qu’ensuite, si elle reconnait qu’il l’aime autant, non seulement elle en éprouve une joie merveilleuse, mais elle ajoute à sa joie cette nouvelle joie, de se faire pardonner de l’avoir soupçonné, quand on voit cela, et qu’on voit en regard la lourdeur des hommes, on donne un sens au mot vivant.
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