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Les Célibataires de
Henry de Montherlant
Tout ce temps, M. Elie malaxait une boulette de mie de pain qu’il avait rapportée du restaurant, boulette que sa salive et la saleté de ses doigts avaient rendue si noire et si brillante qu’on l’eût prise pour une boulette de goudron. À certain moment, il s’arrêta net dans une évocation sentimentale qu’il était en train de faire, et se mit à fureter sous les meubles, avec des yeux hagards. « Qu’est-ce qu’il y a, l’oncle ? » demanda Léon, inquiet. « J’ai perdu ma boulette », dit le vieux, le visage bouleversé. Léon, s’agenouillant, la chercha avec lui. Quand il l’eut aperçue, il eut une courte hésitation : puis il songea que c’était son dernier soir auprès de son oncle, et au nom du passé, au nom de la famille, au nom du souvenir de sa mère, il ramassa l’immonde petite chose et la lui tendit.
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Henry de Montherlant
Une des horreurs de la guerre sur laquelle on n'attire pas l'attention, c'est que les femmes y sont épargnées.
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Par cathcor, le 22/05/2012
Montherlant : Théâtre de
Henry de Montherlant
Oui, les valeurs nobles, à la fin, sont toujours vaincues; l'histoire est le récit de leurs défaites renouvelées; Seulement, il ne faut pas que ce soit ceux-mêmes qui ont mission de les défendre qui les minent.
LE MAITRE DE SANTIAGO I,4
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Par Outis, le 08/06/2008
Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
La plupart des hommes ne demandent pas mieux que d’avoir le bonheur du sage. Au fond, c’est cela qu’ils aiment : comme ils aspirent à la retraite ! Mais on ne les croirait pas heureux, on croirait qu’ils ont renoncé, ou n’ont pas été capables, et alors ils partent sur l’autre rail, font les importants, s’engagent dans la honteuse et ridicule agitation où nous les voyons, donnent beaucoup de coups de téléphone, et bientôt une journée de bonheur devient pour eux une journée où ils ont été très importants.
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Par micky05, le 11/05/2012
H. de Montherlant. Les Jeunes Filles. Pitié pour les femmes de
Henry de Montherlant
P.S. Mon amie Raymonde sort d'ici. Je l'ai toujours tenue au courant — en gros — de notre liaison. Elle m'a demandé où ça en était. Quand je lui ai dit qu'il n'y avait rien de plus, elle s'est écriée : « Tu n'as pas encore compris qu'il se fiche royalement de toi ? » Je lui ai expliqué comment votre réserve était la preuve'de votre amour; elle m'a ri au nez.
J'ai honte d'être femme, quand je vois des femmes d'une telle grossièreté. Cependant, je voudrais que vous m'autorisiez à lui écrire — dans un laps de temps convenable — qu'enfin vous me rendez heureuse. Je serais ainsi plus à mon aise pour lui parler quand elle reviendra. Oui, autorisez-moi à dire, non seulement à Raymonde, mais à une ou deux autres amies sures : « Costa est mon amant. »
Vous me donneriez l'ombre de ce bonheur dont vous me refusez la réalité. Et puis, vous me devez bien ça.
(Cette lettre est restée sans réponse.)
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Par Outis, le 08/06/2008
Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
La femme est faite pour un homme, l’homme est fait pour la vie, et notamment pour toutes les femmes. La femme est faite pour être arrivée, et rivée ; l’homme est fait pour entreprendre, et se détacher : elle commence à aimer, quand, lui, il a fini ; on parle d’allumeuse, que ne parle-t-on plus souvent d’allumeurs ! L’homme prend et rejette ; la femme se donne, et on ne reprend pas, ou reprend mal, ce qu’on a une fois donné. La femme croit que l’amour peut tout, non seulement le sien, mais celui que l’homme lui porte, qu’elle s’exagère toujours ; elle prétend avec éloquence que l’amour n’a pas de limites ; l’homme voit les limites de l’amour, de celui que la femme a pour lui, et de celui qu’il a pour elle, dont il connait toute la pauvreté.
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Par litolff, le 03/04/2012
Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
Ce magnifique royaume de l'amitié homme femmes serait donc une terre interdite ! La femme serait parquée dans le domaine "coeur-sens", incapable d'être élevée à un monde plus noble et plus subtil. Et enfin, crainte de les décevoir, l'homme devrait n'avoir plus aucun rapport de société avec celles des femmes jeunes qu'il ne destine pas à son lit, légitime ou illégitime, c'est-à-dire malgré tout, avec l'immense majorité des femmes.
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Par Outis, le 08/06/2008
Les jeunes filles de
Henry de Montherlant
La femme, au contraire, se fait une idée positive du bonheur. C’est que, si l’homme est plus agité, la femme est plus vivante. Ah ! ce n’est pas elle qui demandera, comme le jeune homme de tout à l’heure : « Qu’est-ce que vous entendez par vivre ? » Elle n’a pas besoin d’explications. Vivre pour elle, c’est sentir. Toutes les femmes préfèrent se consumer en brulant, à être éteintes ; toutes les femmes préfèrent être dévorées, à être dédaignées. Et dans ce « sentir » quelle mobilité, quelle ampleur des réactions ! Quand on voit qu’une femme, si l’homme qu’elle aime semble l’aimer moins – ne fût-ce qu’un peu moins – souffre autant que s’il ne l’aimait pas du tout ; quand on voit qu’ensuite, si elle reconnait qu’il l’aime autant, non seulement elle en éprouve une joie merveilleuse, mais elle ajoute à sa joie cette nouvelle joie, de se faire pardonner de l’avoir soupçonné, quand on voit cela, et qu’on voit en regard la lourdeur des hommes, on donne un sens au mot vivant.
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Par zazimuth, le 25/09/2010
Les Célibataires de
Henry de Montherlant
Nous l'avons dit et nous le répétons : ce qu'il y a de tragique chez les anxieux, c'est qu'ils ont toujours raison de l'être.
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Par ZetaZeta, le 08/04/2010
Les garcons de
Henry de Montherlant
Il me dit : "après mes parents, c'est toi que j'aime le plus. Je t'aime plus que mon oncle. La façon dont je t'aime perpétue l'espèce. - Qu'est-ce que tu veux dire ? - Le prof a dit que l'amour permettait de perpétuer l'espèce."