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Citations de Antonin Crenn (19)


Ils s’étaient tous les deux lassés de se débattre dans l’épaisseur du trait : il leur était apparu comme une évidence qu’ils ne pourraient plus repousser d’un iota les contours de la ligne. Alors, plutôt que de rester prisonniers, ils avaient préféré trouver une astuce et ils avaient troqué l’épaisseur contre le volume. C’était un bon moyen de s’échapper du plan et de donner, du même coup, de l’épaisseur à leur existence qui était encore mince.
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Une fois, quand j’étais petit, un grand qui s’y connaissait m’a dit que c’étaient des plantes rudérales : ça voulait dire que c’étaient des plantes qui poussaient n’importe comment sur les gravats ; elles n’aimaient pas la jolie campagne, elles ne se plaisaient que dans des merdiers comme ici, avec de la caillasse et des vieux bouts de bâtiments qui tombaient en pièces. Il y en avait une qui me plaisait plus que les autres parce qu’elle jaillissait de ce foutoir et qu’elle se dressait avec de grands épis, des épis verts, et ça donnait un côté sauvage au lieu. Le grand m’avait dit que celle-là, elle s’appelait : passerage des décombres – parce qu’elle poussait dans les décombres et parce qu’elle passait pour soigner la rage. j’avais trouvé ça marrant. On la voit encore, cette plante-là, et puis d’autres aussi : les herbes un peu dingues qui pullulent, ça ne s’est pas arrangé. Au contraire : avec ce qui s’est passé, elles sont encore plus folles, les plantes qu’on voit maintenant.
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Il ne saurait pas, Théo, que les façades de ces bâtiments sont affligées du même gris : on ne peut découvrir cette réalité qu’en regardant les murs en face-à-face, depuis le plancher des vaches – à hauteur d’homme ou à hauteur de maison, c’est la même chose. Il ignorerait encore, à cette étape de son périple, que la brique ocre-rouge n’est pas au programme de cette ville, ni de cette contrée. Ici, c’est la pierre de granit. Il l’apprendrait en un clignement d’œil, si seulement il descendait du viaduc pour se balader dans les ruelles. La ville qu’il arpenterait ne serait pas colorée comme dans son imagination : sa palette serait uniquement composée d’une gradation de gris. C’est par la lumière seule que les yeux de Théo seraient happés et séduits : la pierre du pays serait incrustée de minuscules éclats de minerais et de cristaux, qui luiraient pauvrement sous la pluie comme les ardoises des toits, et qui scintilleraient au premier rayon de soleil. Mais, Théo ne verrait pas cette magie à l’occasion de ce voyage : il se contenterait d’embrasser la forme de la ville par les airs, en baissant les yeux sur elle depuis le côté gauche du train. Il ne verrait pas non plus la mer, car celle-ci ne serait visible que depuis les fenêtres de droite et que, si Théo sait se placer du meilleur côté quand il prend la ligne 6 du métro parisien, il ignorerait encore les astuces de cette ligne qui fend le pays breton à toute allure, trop loin de la côte, n’offrant aucune vue sur la mer. Il ignorerait que c’est seulement ici, en cet endroit précis, alors qu’on est happé par le spectacle de la ville et qu’on ne pense plus à elle, qu’on peut l’apercevoir enfin : depuis le viaduc de Morlaix, au débouché de ce fleuve qui coule entre les arches et qui s’élargit déjà pour mêler son eau douce à l’eau salée de la rade.
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Pour descendre cette ligne depuis Paris, il avait suffi à Alexandre de se laisser glisser sur le plan. Mais pour rebrousser chemin comme on remontait le cours d’une rivière, sur plus de mille kilomètres, l’effort eût été hors de sa portée. Il lui avait fallu cette énergie, qu’il n’avait pu conquérir qu’en gravissant les sommets pour mieux les dévaler. Il s’échappait du plan parce qu’il lui avait donné une nouvelle dimension : la verticale. C’était fini, cette histoire de traits et de prisonniers.
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Tes monuments, tes rues, tes boulevards… Tu ignores à quel point je suis loin de tout cela, moi, mon vieux.
— Et alors où es-tu, Eugène ?
— Quand toi tu passes tes journées à parcourir les trois rues du quartier, moi je ne peux plus les voir en peinture. Elles me sortent par les yeux, ces rues. Alors je passe mes nuits (oui, mes nuits, afin de ne pas contrevenir au règlement du lycée, parce que je ne me crois pas, moi, au-dessus de celui-ci), je passe mes nuits à étudier le plan. À tenter de comprendre comment il est fait ; comment en tourner la page ou la creuser, comment m’échapper au travers. Je cherche le moyen de mettre les bouts. Si tu savais comme je rêve d’un avion ! Alors toi, quand tu t’apitoies sur le petit train de bois du jardin de Reuilly, tu me fais bien rigoler.
— Un avion, Eugène ? Pour t’échapper d’ici ?
— Évidemment. Je ne vais pas passer ma vie dans un appartement avec une pliure au milieu.
— Je te parle de nos souvenirs d’enfance ; je te parle de la lumière à l’horizon, et toi tu me parles d’un appartement confortable et d’un fauteuil moelleux. Eugène, je ne te reconnais pas.
— Prends une tartine au lieu d’être sentimental.
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Le trait d’ombre sous le regard de l’homme s’était épaissi, Alexandre en aurait donné sa main à couper. Il aurait voulu en avoir le cœur net en se rendant au Petit Palais, mais ce jour-là était un lundi et le Petit Palais était fermé. Alors il resta au lit ; et, de toute façon, que ce fût un lundi ou un autre jour ne changeait pas grand- chose pour lui. Cela faisait belle lurette qu’il ne pouvait plus sortir de son quartier.
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Les gens en général, et les Parisiens en particulier, gardaient souvent dans un tiroir de leur bureau – ou en évidence sur le petit guéridon de l’entrée – un plan de la ville. C’était bien commode pour se repérer quand on s’y aventurait. Il existait notamment de ces guides à la couverture toilée, de petit format, qu’on pouvait glisser dans sa poche. Le découpage de Paris qu’on y avait opéré était très logique : chaque arrondissement était représenté sur une double page du livre, à l’exception des bois qui étaient dessinés à part, à la fin. Le découpage du plan était rationnel, certes, mais Paris ne l’était pas. Aussi, ce système de répartition qui réservait la même surface de papier à chaque arrondissement était trop évident pour être satisfaisant. Peut-être était-il le moins mauvais des systèmes ; en tout cas, il avait pour conséquence inévitable de créer un déséquilibre. Les petits arrondissements, tout étriqués dans le monde réel, s’épanouissaient librement, tandis que les grands retenaient leur souffle pour ne pas déborder. De ce fait, on pouvait supposer que l’on allait trouver des informations plus précises sur les cartes des petits arrondissements, parce que le dessinateur y aurait eu plus de place, et qu’en revanche le plan des plus grands aurait été simplifié, voire bâclé ; mais il n’en était rien. Et c’était là que l’on admirait le travail du cartographe : il avait mis le même soin à indiquer ces petites impasses, ces passages, ces cités, ces cours et ces villas – qui n’étaient pourtant pas faciles à représenter – aussi bien dans le centre de Paris que dans les quartiers périphériques. Rien ne manquait.
L’important, lorsqu’on se référait à l’un de ces guides, était de trouver son chemin, sa « route ». L’important, c’étaient les circulations. Elles avaient donc été privilégiées aux dépens des volumes : voilà pourquoi chacun de ces minuscules passages était représenté. Et, puisque chacun portait un nom, tous les noms avaient été indiqués. Alors forcément, il avait fallu composer avec les contraintes de l’espace. Les noms trop longs avaient été abrégés, parfois jusqu’à des limites qu’on n’aurait pas osé franchir soi-même : certains toponymes étaient tronqués après leurs deux ou trois lettres initiales seulement. Cela paraissait un peu fou, mais c’était efficace. On comprenait que ces plans s’adressaient à ceux qui connaissaient déjà la ville et qui se contenteraient de points de repère. On parlait un langage d’initiés.
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Dans la langue de Martin, on utilise le même mot pour désigner deux concepts qui, dans une autre langue peut-être, serait nettement différenciés. A l’intérieur d’un groupe solidaire dont Martin ferait partie (un groupe théorique qui serait constitué, par exemple, d’amis – mais Martin a-t-il des amis?), il parlerait de lui en disant moi et, pour désigner ses amis, ces personnes qui seraient physiquement distinctes de lui mais si proches par leurs qualités, il dirait : les autres. Ce seraient toutes les personnes de son groupe à l’exclusion de lui-même. A l’inverse, dans une autre configuration plus proche de la réalité, où l’on est forcé de constater que la population se divise en deux catégories ennemies et irréconciliables, il existe une barrière entre Martin et le reste du monde. Pourtant, il est obligé de désigner ces êtres contraires, ceux de l’autre côté, par ce même mot, les autres, qui aurait dû servir à qualifier ses semblables.
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Le garçon crie. Il va mourir dans un instant. Il le sait, et c’est pour cette raison qu’il crie. Sa mort est imminente : elle l’est depuis près d’un siècle. Ce garçon, puisqu’il est en bronze, on ne sait pas s’il est brun ou s’il est blond. Ses cheveux sont peut-être d’une couleur changeante, comme ceux de Martin qu’on ne sait jamais comment qualifier, qui tirent vers le roux à la fin de l’été. La couleur des cheveux du garçon (une tignasse dense dans laquelle on ne pourrait pas passer la main), c’est la même que celle de son visage et de son uniforme : un vert pâle, un vert-de-gris. Et ce soir, c’est surtout un gris-tout-court, car il est tard et que c’est l’hiver : la nuit est arrivée tôt, elle est déjà installée dans le square depuis longtemps. Sur le piédestal de pierre s’élève un garçon gris, dur et froid dans un grand ciel noir.
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Soudain, un rapprochement : plus de chaleur encore, une chaleur différente. On ne connaît pas son nom, mais on connaît le goût de sa langue : c'est chaud, et frais en même temps, un peu sucré [...] On ne cherche pas à savoir, ni à se revoir. On sourit, on se quitte. On reprend un verre, on parle à quelqu'un d'autre. On ne s'étonne de rien. C'est la nuit.
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Désir de pas grand-chose, désir quand même. Colère contre tout. Surprise de sentir que le corps marche encore quand la tête ne tourne pas rond : goûter un rayon de soleil, manger, faire l’amour. Dégoût de tout ce qui me dégoûtait déjà : rien ne change, rien ne s’arrange. […] Envie d’écrire quand même.
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« On attend d’un immeuble haussmannien qu’il soit bâti en pierres ; ses fenêtres sont garnies de garde-corps en fonte ; au deuxième et au cinquième étage file un balcon ; le sixième est mansardé et le septième l’est encore plus, s’il n’est pas réduit carrément à la fonction de grenier. Ces caractéristiques sont archiconnues. Souvent, on ne sait pas qu’on les connaît, mais on les reconnaît d’instinct. Ce sont des informations que nos yeux ont enregistrées une fois pour toutes, comme la couleur du ciel ou des feuilles dans les arbres. On n’analyse pas le pourcentage de rétractation de la chlorophylle dans la feuille du platane pour déduire, rationnellement, que l’automne arrive – on sait qu’il approche, on le sent. C’est tout. Le même mécanisme du cerveau est à l’œuvre lorsque, au retour d’un long sommeil ou d’un séjour sur une planète étrangère, on est déposé sur le sol parisien : on ouvre les yeux, on n’a pas besoin de compter les fenêtres, les balcons – on sait où l’on est, simplement. »p.17
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Ces mêmes copains qui, lorsqu’ils devaient former des équipes de foot, refusaient toujours de te prendre, ces mêmes copains te disent ce soir : « Prends-moi. »
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Théo est imprégné de cette sensation tenace : quelque chose, à cet endroit, le concerne. Il voudrait élucider la nature du lien qui le raccroche à ce point géographique, et il se doute bien qu’il serait nécessaire, pour mener ce projet efficacement, de se pencher sur son passé. Il éprouve cette envie, oui, mais vaguement. Elle n’est pas assez puissante pour mettre en branle un véritable plan d’attaque. Pas assez, en tout cas, pour qu’il dérange sa mère avec cette histoire.
Théo voit sa mère le samedi ou le dimanche. Pas tous les week-ends, mais quasiment. Quand il ne se rend pas dans les Yvelines pour déjeuner chez elle, il lui donne rendez-vous à Paris : il l’attend dans un café ou à la sortie d’une station de métro. Par exemple, ils bavardent en terrasse sur le boulevard de la Bastille, puis ils descendent sur le port de plaisance et, arrivés au bout du quai, ils empruntent la passerelle métallique pour traverser l’écluse. Là, ils passent sous le pont Morland pour continuer leur balade sur les berges de la Seine : la mère de Théo n’aurait pas cru qu’il fût possible de se faufiler par là et de marcher si loin sans quitter le bord de l’eau, et c’est précisément ce genre d’expériences que Théo aime partager avec elle. D’autres fois, ils papotent au soleil à la même terrasse de café, puis ils gagnent la rue de Lyon et gravissent les escaliers derrière l’opéra. C’est le départ d’une promenade aérienne au-dessus des boulevards, portée par les arches robustes de l’ancienne voie ferrée de la ligne de Vincennes. Théo a l’impression que tout le monde vient passer ses dimanches sur cette oasis suspendue, que c’est une sorte de point de ralliement incontournable, mais, étrangement, sa mère découvre ce lieu grâce à lui. Elle a pourtant vécu à Paris autrefois ; à défaut de connaître l’état actuel de cet espace vert insolite, elle aurait pu se rappeler sa destination précédente : le chemin de fer – car elle a fréquenté ce quartier à la fin des années 1970 avant sa transformation. Alors, soit elle a oublié les choses qu’elle a vues à l’époque, soit elle n’y a jamais prêté attention. Elle n’a pas la passion de Théo pour les tracés urbanistiques et les mille-feuilles topographiques : elle prend plaisir à se laisser guider par lui, et c’est déjà beaucoup.
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Mais il est possible que, dans le fond, la réalité matérielle n’intéresse pas Théo et qu’il préfère s’abîmer dans des conjectures, dans des fantasmes.
« Le passé n’existe pas, prétend-il. Si on est visité par des souvenirs si tenaces, si l’on parle du passé, si on le désigne par un mot (quel qu’il soit), si l’on est habité par son idée même, alors il est présent. Présent et vif. »
Il a sans doute raison quand il dit : « vif », car cet adjectif qualifie, à la fois, le caractère gai, virevoltant, d’un enfant plein d’énergie ; et la douleur piquante d’une blessure qui n’est pas encore fermée. Décrivant l’attitude de Théo, le mot est doublement juste : quand il s’adonne à la promenade dans les jardins parisiens, quand il dédie plusieurs heures chaque jour à la conversation avec son ami, il le fait avec une énergie absolue, qui n’est pas celle que la plupart des gens consacrent aux plaisirs innocents. Ce que fait Théo dans ces moments-là, il le fait sans légèreté : il fonce tête baissée dans un dérivatif puissant qui lui fait oublier sa blessure ouverte. Il emploie toute sa force à éviter de parler de la seule chose qui l’intéresse vraiment. Il trace donc, à force de la contourner, des cercles concentriques de plus en plus serrés autour de cette chose. Il se rapproche d’elle inéluctablement.
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La dernière fois qu’il a retrouvé l’ami, il y a quelques semaines, il est tombé sur lui au square. Leur rencontre a été soudaine. Inattendue. La fois précédente avait eu lieu de la même façon déjà : c’était quelques années plus tôt, entre les rayons d’un magasin. Ils s’étaient fréquentés deux mois d’été, puis quelque chose avait dû se passer, on ne savait pas quoi.
À l’époque, Théo avait dix-huit ans et six mois. Cette précision est importante pour comprendre qu’il était déjà étudiant : il avait eu le bac à dix-sept ans et demi sans, pour autant, être en avance sur son âge. Il avait l’habitude d’expliquer à ses camarades qu’il était né au début de janvier et que, pour cette raison, quelqu’un avait décidé qu’il serait pratique de le faire entrer à l’école en même temps que les enfants nés l’année d’avant, qui n’étaient âgés, au fond que de dix jours de plus que lui. Il répétait son raisonnement sans jamais se demander s’il suffisait à justifier sa jeunesse relative, car il avait reçu ces arguments de ses parents, forcément pertinents. Ils auraient pu lui servir une autre fable, plus audacieuse que cette logique comptable, et il l’aurait avalée tout rond avec la même innocence. Rien n’étonnait Théo : les choses étaient normales ou bien merveilleuses, mais jamais bizarres. Il s’était habitué à être jeune, un petit peu plus jeune que tout le monde.
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Martin n’aime pas les mathématiques. S’il s’adonne ce soir à la théorie des ensembles, c’est parce qu’il préfère farcir sa tête avec des idées abstraites plutôt qu’avec le sang bouillant qui bat derrière ses tempes. Contempler l’intersection des sous-ensembles, c’est un peu comme calculer le débit de la rivière : ça occupe. Pendant que Martin réfléchit, les fluides qui irriguent sa cervelle ont le temps de retrouver une température convenable. Et lundi prochain, Félix demandera à Martin avec sa petite gueule d’ange : « Tu es parti tôt, l’autre soir ? ».
Juste après le pont, on débouche sur une place. Le jour, deux fois par semaine, elle sert de marché. Le reste du temps (et la nuit en particulier), on gare des bagnoles dessus. On voit très bien la statue depuis la place, parce qu’elle est juste à l’entrée du square derrière le portillon. On la voit de loin, mais Martin pourrait aussi bien entrer dans le square pour la regarder de près, car le portillon n’est jamais fermé. Ce serait bien inutile de le verrouiller, d’ailleurs, car personne n’a jamais eu l’idée de venir ici le soir. Quand il fait noir, les gens restent chez eux. Il faudrait être fou ou poète pour se balader dans les ténèbres, sur la pelouse humide. Les gens ne font pas des trucs pareils ici. Il y a eu une exception, tout de même, une fois : quelqu’un est venu dans le square, la nuit. C’était une histoire très spéciale : on en reparlera plus tard.
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Bon, mais ce n’était pas toujours comme ça. On pouvait être sages aussi. Quand on en avait marre des jeux débiles, on s’arrangeait pour avoir de quoi s’occuper : un coup c’était Titus qui ramenait un jeu, un coup c’était moi. Titus avait apporté un jeu de dominos : je n’ai jamais aimé les dominos parce que c’est pour les vieux ; mais avec Titus on rigolait bien, alors ça ne me dérangeait pas. On ne savait pas où les poser, les dominos, parce qu’on n’avait pas de table et que le sol c’était n’importe quoi, c’était un bordel avec des herbes bizarres et les dominos ne tenaient pas dessus. On avait essayé de descendre de la ruine et de se mettre en bas, mais c’était le même délire, avec les plantes et tout. Alors on remontait, on jouait un peu par terre quand même et, forcément, on paumait les dominos, on passait des heures à les chercher et on ne les trouvait jamais. On s’amusait bien. À plat ventre dans l’herbe, on faisait semblant de fouiller pour remettre la main dessus, mais on s’en foutait des dominos, on était surtout allongés dans l’herbe au soleil, et c’est ça qui était bien.
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Il pousse vraiment n’importe quoi dans cet endroit. Là, sous les arches, tout autour entre les tas de cailloux, et jusqu’au bout du terrain, vers le chemin de fer : il y en a partout. De l’autre côté, par contre, c’est beaucoup plus organisé depuis qu’il y a les immeubles, ils ont tout désherbé pour faire une allée bien propre, avec du béton et tout. Mais, au pied de la ruine, c’est fou les choses qu’on trouve, des plantes immenses qui grandissent à vue d’œil. J’aime bien, parce que c’est le fouillis ; sinon, les plantes, ce n’est pas trop mon truc. Je n’y comprends rien.
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Complétez cette citation : "Bienvenue, dit-il, Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à _ _ _ _. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Les voici : Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon ! Je vous remercie! "

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