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Antonio Lobo Antunes

Antonio Lobo Antunes

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Note moyenne : 3.93/5 (sur 105 notes) Antonio Lobo Antunes

Biographie et informations

Nationalité : Portugal
Né(e) à : Lisbonne , 1942

Biographie :

António Lobo Antunes est un écrivain portugais né en 1942 à Lisbonne. Son père est brésilien, sa grand-mère allemande. Issu de la grande bourgeoisie portugaise, il fait des études de médecine et se spécialise en psychiatrie. À l'âge de treize ans, il publie son premier recueil de poèmes et se passionne pour la littérature française (notamment Louis Ferdinand Céline que son père lui propose de lire à 14 ans et avec qui il aurait entretenu une correspondance), bien qu'il se reconnaisse pour maître William Faulkner.

Son service militaire, effectué en Angola de 1971 à 1973 en tant que médecin, a inspiré directement ses trois premiers romans : Mémoire d'éléphant, Le Cul de Judas et Connaissance de l'Enfer qui le rendent immédiatement célèbre dans son pays. Depuis 1985, il se consacre exclusivement à l'écriture.

La guerre, l'absurdité du monde, la folie, l'hypocrisie d'un côté contrebalancé par l'apaisement que procure la présence de la femme aimée sont quelques thèmes récurrents de son œuvre. Ses histoires font souvent revivre une bourgeoisie complice du régime salazariste sans épargner pour autant la démocratie actuelle. Sans concession, il montre la trivialité, la mesquinerie et l'hypocrisie de la société portugaise.

Il démontre à travers son œuvre la nécessité de « rompre avec la ligne droite du récit classique et l'ordre naturel des choses », le roman constituant selon son propre aveu un exercice nécessaire de « délire contrôlé ».

António Lobo Antunes a reçu le Prix Camões en 2007.
> lire la suite Source : Wikipedia
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Etiquettes

roman   chroniques   satire   fables   fiction   littérature étrangère   enfance   dictature   empire   labyrinthe   enfer   baroque   cauchemars   obsessions   guerre   littérature lusophone   espagnol   portugal   afrique   littérature portugaise  

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A l'occasion de la parution de «Je ne t'ai pas vu hier à Babylone», Antonio Lobo Antunes s'entretient avec Sylvain Bourmeau pour Mediapart.
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Citations de Antonio Lobo Antunes

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  • Par nadejda, le 31/05/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    A Paris, un directeur de théâtre argentin m'a expliqué qu'après cinquante ans on est plus près de la harpe que de la guitare. Je suis plus près de la harpe que de la guitare et j'aimerais écrire encore deux ou trois romans, en me souvenant d'un proverbe hongrois qui affirme : les petits ruisseaux font les grandes rivières, dit le rat, et il fit pipi dans la mer. Je crois qu'il me reste encore quelques pipis en réserve. J'écris cette chronique sans savoir où les mots me mènent, en tâtonnant contre les murs avec ma plume en guise de canne : ça et là, une marche, un coin de rue, un dénivelé qui fait cahoter ma phrase.
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  • Par cprevost, le 30/12/2011

    La splendeur du Portugal de Antonio Lobo Antunes

    (…) puisque notre malheur
    expliquait mon père
    C’est d’être nait dans la vieillesse de Dieu comme d’autres naissent dans la vieillesse de leurs parents, d’être nés avec un Dieu déjà trop vieux, égoïste et fatigué pour se soucier de nous, n’écoutant plus que ses propres organes avec une attention fébrile, l’automne de son estomac, les élégies de son foie, l’oignon ou le chrysanthème de larmes concentriques de son cœur, un Dieu tombé dans l’oubli de lui-même et qui nous considère de son fauteuil avec une stupeur farouche
    expliquait mon père
    tout comme les cubains dans la forêt qui séparait Dala de Marimbanguengo, lorsqu’ils tombaient sur les mercenaires de l’Unita ou les pelotons de Katangais dont on ne savait pas au juste pour qui ou contre qui ou pour quelle raison ils se battaient de la même façon qu’on ne savait pas qui les commandait et les payait, ils s’exprimaient dans une langue qui était une sorte de français aboyé, avançaient parmi les broussailles dans une anarchie féroce qui consternait les corbeaux, empalaient ceux qui leur barraient le chemin sur la pointe des huttes, je me souviens de la reine de Dala embrochait avec ses enfants sur le mât du drapeau que les Portugais avaient laisséà l’entrée du bourg, du pilote sud-africain planté sur une hélice enfoncée dans le sol, une guerre où ce n’était pas les vivants mais les morts qui combattaient en se terrassant les uns les autres à coup d’odeurs nauséabondes et molles (…)
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  • Par nadejda, le 08/06/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    J'ai appris très tôt qu'on ne peut être victorieux qu'au prix de défaites successives, si l'on entend par défaite l'aridité de l'ambition sans audace. Bien évidemment, le prix en est élevé, mais cela vaut peut-être la peine d'émerger des villes sépulcrales intérieures dans lesquelles nous nous confinons, encore que le fait de défier la trivialité engendre inévitablement une profonde incompréhension.

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  • Par nadejda, le 08/06/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    Ecrire, pas vraiment des romans : des visions, les habiter comme un rêve dont la texture est notre propre chair, dont les yeux, tels ceux des aveugles, comprennent le mouvement, les odeurs, les bruits, l'essence souterraine du silence. Tout est absurde et grotesque, sauf la révolution implacable qui conduit au pur noyau de la terre, et tout cela se trouve, à chaque pas, dans ce que nous jetons, dans ce que nous abandonnons, dans ce qui ne nous intéresse plus.

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  • Par ster, le 20/05/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    Quand est-ce que je vais rentrer à la maison? Des arbres qui parlent dans une autre langue, des nuages qui ne m'appartiennent pas, le patriarche communique avec la cour céleste au moyen de son téléphone portable : c'est un homme grand avec des petites mains, délicates, sensibles : elles tiennent les couverts par la pointe, avec la pince de leurs phalanges. Des moines sous une tonnelle : je ne les reverrai jamais plus. A Nuremberg des cathédrales, des églises, l'anneau en or, accroché à des grilles, que l'on tourne pour qu'il porte bonheur. Mon pays très loin d'ici : si je pense à lui, un battement de cœur comme avant un baiser. Après les autographes, pendant que j'écris dans ma chambre, des heures médiévales à une horloge perdue quelque part. Sur mon oreiller un chocolat pour traverser le sommeil, cadeau de la direction. On me tend un marqueur pour signer une affiche avec ma photo dessus : j'en profite pour cacher ces traits qui ne sont pas les miens, pour leur dessiner une moustache. Je crois que mon idée n'a pas plu : ça se voit à leurs yeux encore plus transparents, à une petite crispation bien élevée sur leurs visages incroyablement blancs. Quand est-ce que je vais rentrer à la maison, zut?
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  • Par nadejda, le 31/05/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    Je suis assis dans un coin, attendant, vivant le moment étrange et pour ainsi dire magique où le livre, presque malgré moi, commence à se former tout seul, de vagues filaments qui s'approchent, des substantifs fortuits qui flottent de-ci de-là, des odeurs, des silhouettes soit d'ombre soit de lumière, des choses sans importance qui prennent corps, finalement pas des choses, ce que j'ai entendu, ce que j'ai vécu, ce que je devine.

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  • Par cprevost, le 30/12/2011

    La splendeur du Portugal de Antonio Lobo Antunes

    Quand j’ai dit que j’avais invité mon frère et ma sœur à passer le réveillon de Noël avec nous
    (nous étions en train de déjeuner dans la cuisine et on voyait les grues et les bateau après les derniers toits de l’Ajuda)
    Léna a rempli mon assiette de fumée, et pendant qu’elle disparaissait dans la fumée sa voix a embué les vitres avant de s’évanouir à son tour
    - Voilà quinze ans que tu n’as pas vu ton frère et ta sœur
    (sa voix en couvrant les carreaux de vapeur a emporté avec elle les buttes d’Almada, le pont, la statue du Christ en train d’agiter tout seul ses ailes au-dessus de la brume dans un battement désemparé)
    à mesure que la buée s’est diluée Léna a peu à peu réapparu les doigts pointés vers la corbeille à pain
    - Voilà quinze ans que tu n’as pas vu ton frère et ta sœur
    de sorte que je me suis soudain rendu compte du temps qui s’était écoulé depuis notre arrivée d’Afrique, des lettres de ma mère de la plantation d’abord et de Marimba ensuite, quatre huttes sur un versant planté de manguiers (…)
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  • Par nadejda, le 31/05/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    Voilà que commencent à arriver les nuits où le jour se prolonge encore grâce à une sorte de lumière qui tarde à disparaître dans les arbres, sur les toits, et même en moi. Une petite clarté très douce même une fois que les fenêtres sont éclairées, que les voisins se font plus rares dans la rue, que mon fils est couché. Les yeux de ma femme différents. Ses gestes plus libres.

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  • Par nadejda, le 01/06/2011

    Livre de chroniques : Tome 4 de Antonio Lobo Antunes

    Les artistes qui m'intéressent sont ceux qui me font comprendre de façon intelligente et moi-même et le monde, ceux qui, comme le conseillait Jules Verne, me font savoir qu'il me faut prendre des leçons d'abîme. Et me prêtent des ailes comme d'autres louent des bateaux pour aller faire des promenades sur le fleuve.

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  • Par Gine, le 12/01/2011

    La mort de Carlos Gardel de Antonio Lobo Antunes

    Graça se penchait vers son amie, feignant de ne pas me voir, me regardant enfin comme si j'étais une inconscientes, une criminelles, comme si je portais toutes la responsabilité
    - Si c'était ça que tu vous lais, tu as réussi
    et j'ai eu droit à trois jours de deuil passés à surveiller les pigeons de la fenêtre, avec le fantôme de Nuno qui surgissait devant moi et s'évanouissait, Nuno, mains attachées sur la poitrine, apparaissait quand j'éteignais la lumière, disparaissait quand je l'allumais, et la bonne, que mes malheurs poussaient à une sollicitude loquace
    - Vous voulez un digestif, madame ?
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Livres de Antonio Lobo Antunes (31)

    • Le cul de Judas
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    • Mon nom est légion
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    • Mémoire d'éléphant
    • La splendeur du Portugal
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    • La mort de Carlos Gardel
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