> Carlos Batista (Traducteur)

ISBN : 2020362104
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
A travers les monologues alternés d'une mère et de ses trois enfants, derniers rejetons déchus d'une riche lignée de colons portugais en Angola, ce roman dresse le sombre bilan d'un processus historique d'avilissement d'une catégorie d'êtres humains. Au fil d'évocations... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Diotima, le 08 octobre 2011

    Diotima
    Puissant roman qui retrace la chute de l'empire portugais à travers l'histoire d'une femme refusant de quitter l' Afrique malgré la guerre et le chaos

    Lien : http://www.christianbourgois-editeur.com/
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Citations et extraits

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  • Par cprevost, le 30 décembre 2011

    (…) puisque notre malheur
    expliquait mon père
    C’est d’être né dans la vieillesse de Dieu comme d’autres naissent dans la vieillesse de leurs parents, d’être nés avec un Dieu déjà trop vieux, égoïste et fatigué pour se soucier de nous, n’écoutant plus que ses propres organes avec une attention fébrile, l’automne de son estomac, les élégies de son foie, l’oignon ou le chrysanthème de larmes concentriques de son cœur, un Dieu tombé dans l’oubli de lui-même et qui nous considère de son fauteuil avec une stupeur farouche
    expliquait mon père
    tout comme les cubains dans la forêt qui séparait Dala de Marimbanguengo, lorsqu’ils tombaient sur les mercenaires de l’Unita ou les pelotons de Katangais dont on ne savait pas au juste pour qui ou contre qui ou pour quelle raison ils se battaient de la même façon qu’on ne savait pas qui les commandait et les payait, ils s’exprimaient dans une langue qui était une sorte de français aboyé, avançaient parmi les broussailles dans une anarchie féroce qui consternait les corbeaux, empalaient ceux qui leur barraient le chemin sur la pointe des huttes, je me souviens de la reine de Dala embrochait avec ses enfants sur le mât du drapeau que les Portugais avaient laisséà l’entrée du bourg, du pilote sud-africain planté sur une hélice enfoncée dans le sol, une guerre où ce n’était pas les vivants mais les morts qui combattaient en se terrassant les uns les autres à coup d’odeurs nauséabondes et molles (…)
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  • Par cprevost, le 30 décembre 2011

    Quand j’ai dit que j’avais invité mon frère et ma sœur à passer le réveillon de Noël avec nous
    (nous étions en train de déjeuner dans la cuisine et on voyait les grues et les bateau après les derniers toits de l’Ajuda)
    Léna a rempli mon assiette de fumée, et pendant qu’elle disparaissait dans la fumée sa voix a embué les vitres avant de s’évanouir à son tour
    - Voilà quinze ans que tu n’as pas vu ton frère et ta sœur
    (sa voix en couvrant les carreaux de vapeur a emporté avec elle les buttes d’Almada, le pont, la statue du Christ en train d’agiter tout seul ses ailes au-dessus de la brume dans un battement désemparé)
    à mesure que la buée s’est diluée Léna a peu à peu réapparu les doigts pointés vers la corbeille à pain
    - Voilà quinze ans que tu n’as pas vu ton frère et ta sœur
    de sorte que je me suis soudain rendu compte du temps qui s’était écoulé depuis notre arrivée d’Afrique, des lettres de ma mère de la plantation d’abord et de Marimba ensuite, quatre huttes sur un versant planté de manguiers (…)
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