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Par solasub, le 26/01/2012
La Route des Flandres de
Claude Simon
comme une tache d'encre aux multiples bavures se dénouant et se renouant, glissant sans laisser de traces sur les décombres, les morts
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Par brigetoun, le 01/11/2009
Les Géorgiques de
Claude Simon
lorsque l’entêtante odeur d’encens, les clignotements des cierges, la profusion de lumières, de chasubles et de surplis brodés, les choeurs des voix cristallines, le tonnerre des orgues s’interrompaient soudain et que, étirant le cou, et prêtant l’oreille, il parvenait à distinguer sur la gauche de l’autel, le vieil évêque couvert d’or….. en même temps qu’on entendait, à peine perceptible, la voix chevrotante, cassée, si faible, si ténue dans le monumental silence… parvenant pour ainsi dire en trébuchant au bout de la courte phrase modulée plutôt que chantée
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Par solasub, le 26/01/2012
Histoire de
Claude Simon
Épigraphe :
"Cela nous submerge. Nous l'organisons. Cela tombe en morceaux. Nous l'organisons de nouveau et tombons nous-mêmes en morceaux." (Rainer Maria Rilke)
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Par solasub, le 26/01/2012
La Route des Flandres de
Claude Simon
"nulle part mille ans ou deux mille ans plus tôt ou plus tard en plein dans la folie le meurtre les Atrides, chevauchant à travers le temps"
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Par brigetoun, le 01/11/2009
Les Géorgiques de
Claude Simon
voici comment vous pourrez avoir des bouteilles, il faut faire vider dans un barricot les bouteilles de vin de cassis, ce vin qui viellit m'a paru se gâter, vous tirerez un certain nombre de bouteilles le lendemain que vous recevrez ma lettre et vous aurez soin d'écrire le jour que vous l'aurez tiré, vous pouvez aussi en mettre dans des dames-jeannes, vous mettrez deux ou trois grains d'orge dans chaque bouteille et deux ficelles en croix sur le bouchon.......j'aimerais mieux que vous m'ayez fait cent écus de dettes que de m'avoir manqué une année comme vous l'avez fait, parce qu'avec cent écus je ne rachêterai pas la jouissance que j'aurais eu de boire du bon vin venu de chez moi, qualité qui tient à être mise en bouteilles dans le plein de la lune de mars qui ne dure que huit jours, c'est ainsi que par inattention quand j'arrive chez moi, je ne trouve ni jardinage, quoique j'ai payé le jardinier pendant deux ans toute l'année, point de fruits parce que l'on ne se donne pas la peine de les conserver, quoique mon père les conservât fort bien,c'est ainsi que je trouve ni lentilles, ni pois, ni haricots, qioique mes terres soient bonnes pour les porter.
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Par brigetoun, le 01/11/2009
Les Géorgiques de
Claude Simon
les graciles et minces bras nus, les joues délicatement rosies par une fièvre, une excitation elle aussi bienséante, se propageant de proche en proche, le discret bourdonnement des voix mêlé aux timides essais des instruments de l’orchestre en train de s’accorder, à l’anarchique désordre de cordes pincées, de soupirs, de brefs arpèges, annonçant (ou faisant partie d’) un cérémonial…. et qui, confusément , lui parut relever d’une clandestinité d’autant mieux protégée qu’il n’y avait là en apparence rien de défendu, de caché, qu’il se trouvait là non par fraude ou par ruse…. mais qu’il avait cependant l’impression de voir pour la première fois, métamorphosés, les jeunes femmes ou les jeunes filles en partie dénudées, parées, les membres de l’assistance unis, comme les associés d’une société secrète, par une sorte de complicité que trahissaient leurs chuchotements, leur maintien compassé, sévère, assemblés là pour participer à un de ces rituels à la fois sacrés et barbares dont, lorsque après l’exécution de l'ouverture le solennel rideau se fut levé
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Par sarasvati, le 29/11/2010
La Chevelure de Bérénice de
Claude Simon
p.7/dune qui dessinait deux bosses molles le fond du creux entre les deux coupé par la ligne horizontale de la mer grise le ciel au-dessus gris aussi plus clair toutefois : un plafond immobile de nuages aux ventres pâles boursouflés Sur le flanc lisse de la dune le vent avait dessiné des stries parallèles dans le sable sinueuses comme les veines d'une planche
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Par brigetoun, le 01/11/2009
Archipel et Nord de
Claude Simon
fleurs tonnantes de feu étraves bardées de fer de grands voiliers poussant dans les détroits leurs figures de proue les volutes de leurs jupes sculptées claquant au vent leurs visages de bois peint levés vers le ciel imperturbables une main cachant l'un de leurs seins peinturlurés leurs masques crayeux fardés de rose leurs yeux bleu faïence leurs épaisses chevelures de goudron flottant sous le beaupré l'eau séparée par l'étrave en chevelure d'écume.
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toutes les fleurs sauvages, coupelles campanules naines marguerites folle avoine lichens gris vert ou jaunes comme des pièces de monnaie mordant les unes sur les autres taches d'encre jonquille s'agrandissant sur un buvard constellant le cuir lilas des roches
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Par sarasvati, le 21/03/2011
Le tramway de
Claude Simon
p.98/Entouré de tous côtés par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'hôpital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus récents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une espèce d'îlot noyé au milieu du tumultueux et fragile désordre comme une sorte d'entité en soi, d'univers en réduction, fermé sur lui-même, ripoliné et fini, du service d'obstétrique à la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condensé) les successifs états de la machine humaine de la naissance à l'agonie en passant par toutes les déviations et anomalies possibles jusqu'à sa définitive corruption.
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Par solasub, le 19/01/2012
La Route des Flandres de
Claude Simon
la guerre pour ainsi dire étale pour ainsi dire paisible autour de nous, le canon sporadique frappant dans les vergers déserts avec un bruit sourd monumental et creux comme une porte en train de battre, agitée par le vent dans une maison vide, le paysage tout entier inhabité vide sous le ciel immobile, le monde arrêté figé s'effritant se dépiautant s'écroulant peu à peu par morceaux comme une bâtisse abandonnée, inutilisable, livrée à l'incohérent, nonchalant, impersonnel et destructeur travail du temps